31/08/2010

Tous les matins du monde

Au réveil du chant d'une hirondelle, il y eut l'éveil d'un être humain, la naissance d'une vision prenant forme sur la rosée perlant d'une rose rouge engourdie par le froid matinale et la brume légère embaumant les parfums libérés par l'humus. Dans le ciel, je la voyais, elle l'hirondelle, s'envoler avec grâce dans les airs, s'élancer à l'aurore comme une jeune fille à peine libérée de ses chaînes après la venue de la rosée divine, s'élever haut dans les cieux avec la maturité et l'assurance d'un vol élaboré de longue date, le sens de la mesure retrouvée, et de la direction à prendre, absente à cette crainte de retomber lourdement au sol comme le corbeau couard et agitateur, imitateur de mensonges mais jamais migrateur de vérité. Aux premiers rayons du soleil, elle, l'hirondelle, était venue danser dans mon coeur pour préparer le long jeûne du jour.

Il y avait la clarté et l'azur; l'arc-en-ciel, un ciel annonciateur de pluie, et le futur d'une parole neuve, plus ancienne que le Déluge, plus moderne que tous les jugements trop hâtifs sur le Passage de ses rivières odorantes réservées à l'Amour. Comme une délicieuse nourriture à venir gorger les veines purifiées des gens à jeun depuis l'aube, l'eau coulait au goutte à goutte sur les pare-brises des voitures célestes. Les couleurs de l'arc, dessinées par miracle comme signature de la Paix définitive entre les hommes et les peuples, marquaient mon regard de toute sa splendeur  comme l'Arche du Renouveau, l'invitation au long voyage vers la Parole véridique. Le Ciel et la Terre créaient ensemble une chorégraphie parfaite et son visage prenait la forme parfaite d'une calligraphie.

Au réveil du chant de l'hirondelle, il y eut l'éveil. Et depuis ce matin, tous les matins du monde seront différents. Teintés de l'azur de la vérité, il seront accomplis de plus de véracité et d'authenticité, de plus de calme et d'abondance, de plus de fraternité et d'échanges. N'oublie jamais le chant de l'hirondelle soufflant à ton oreille ô toi, mon frère et ma soeur, si tu as le désir de revoir le printemps éternel et son envol à la vie, comme une Symphonie céleste revenant après la nuit froide des hivers spirituels, comme Mozart créant, de la main gauche, tenant la plume sacrificielle de l'hirondelle abandonnée à la fenêtre; de la main droite, recevant la musique divine, celle venant de Dieu, pour l'envol gracieux d'un requiem et le retour de tous les matins du monde.

30 août 2010

07/04/2010

Faire la peau à la pédophilie en chantant...

Un moment onirique qui fait penser aux Beatles. Des images actuelles qui viennent transpercer l'actualité des prêtres pédophiles. C'est aussi ça le clip-vidéo. Une puissance poétique qui nous transmet une sensation, un sentiment, un désir de voir le monde changer. Visionnez ce clip ci-dessous. Il nous transporte et nous demande de changer l'ordre, de transformer l'horreur en beauté. Pour nos enfants, pour nous aussi...

Une Eglise qui n'en finit plus de scandaliser

Et cela continue! La Botte du Sud était épargnée jusqu'ici par le fléau. Mais voilà un nouveau cataclysme qui retourne la terre chrétienne, le berceau même de l'Autorité catholique. 130 prêtres d'Italie sont soupçonnés de pédophilie. Et ce ne serait que la pointe de l'iceberg! Certaines personnes soupçonnent même un véritable réseau pédophile au sein de la curie romaine! STOP!

Le problème avec ces gens-là ainsi qu'avec ceux qui les soutiennent mordicus sans jamais faiblir, c'est qu'ils refuseront toujours de voir la merde autour d'eux. La Sainteté ne saurait vivre au milieu d'une écurie, d'une e-curie... Et ce n'est que lorsqu'on les y oblige qu'ils commencent à reconnaître qu'il règne une odeur pestilentielle au centre même de l'autel du Seigneur. Et encore, ils se bouchent le nez et balancent l'encensoir pour éviter de penser que ça pue vraiment sous les bures et dans les narines.

Il est grand temps pour les fidèles de cette Eglise en perdition de dire à leurs élus de Dieu que Satan a pris le pouvoir, navigue et dirige le navire céleste de la chrétienté depuis pas mal de temps. Les matelots qui refusent les ordres d'en-haut sont jetés par-dessus bord comme des malpropres car ils osent, les scélérats, déclarer que l'infaillibilité pontificale faillit gravement à leurs convictions profondes. L'Eglise ne peut plus continuer ainsi. Il est venu le temps de redonner une image du Christ Rédempteur plus conforme à l'origine des premiers croyants, et plus conforme à notre modernité chahutée par toutes sortes de courants contradictoires. Les eaux de l' Océan sont vives et indomptables. Mais le marin qui guidera son navire dans la direction de Dieu ne peut pas perdre sa boussole si facilement...

En qualité d'ancien servant de messe de cette Eglise, et en qualité de citoyen libre issu de ce milieu chrétien catholique, je me devais de pousser mon coup de gueule au milieu de la géhenne. Dieu est peut-être mort. Dieu n'existe peut-être pas. Ce n'est pas une raison suffisante pour laisser tomber nos âmes entre des mains malfaisantes.

Trouver le chemin de la Résurrection des corps et des âmes en s'immergeant dans le bain glacé de Dieu. Mort et ressuscité, il est revenu d'entre les morts pour affirmer la puissance de l'amour et la faiblesse de la chair.

05/04/2010

Bienvenue en Cosmunauté!

Klaas Hendrikse, un pasteur hollandais (lire le temps du samedi 3 avril) se déclare athée...mais croyant. « Dieu n'existe pas ». Mais il ajoute: « Ce qui m'intéresse vient juste après la virgule qui suit cette affirmation ». Dieu est une invention, mieux encore une invitation de l'esprit humain qui aide à nous construire individuellement et collectivement. Tout, dans l'histoire de l'humanité tend à prouver que Dieu n'existe pas mais que nous avons su le faire exister. Les dieux antiques étaient cruels et démontraient leur toute-puissance sur la condition des hommes. Les dieux modernes issus des trois grandes religions monothéistes sont restés des êtres surnaturels tout-puissants mais la cruauté originelle des dieux passés de la préhistoire laissera peu à peu la place, avec la naissance de l'écriture et de l'histoire, à des dieux de charité et surtout d'Amour.

Les constructions métaphysiques des hommes deviendront à partir de ce moment-là des ressources spirituelles d'un nouveau genre pour l'humanité. La soumission définitive aux Dieux fera place à une soumission qui tiendra compte de nos responsabilité en tant qu' humain et les notions de péché et de pardon s'installeront durablement dans les consciences. A travers les trois religions du livre, et en tenant compte aussi des grandes religions issues de l'Asie, l'humanité commence alors à se concentrer sur les notions de Bien et de Mal qui vivent en nous, Bien et Mal qui livrent bataille en permanence au sein de notre corporalité. La haine et l'amour seront de plus en plus considérées au coeur même de la croyance comme les marques de la satanité (les fléaux, les pestes, les guerres) ou de sainteté (l'abondance, la félicité, les béatitudes). Dieu reste cependant et essentiellement un Etre mâle au visage paternaliste qui est représenté sur Terre par un corps enseignant composé de maîtres spirituels que l'on ne peut contester ni discuter au sein des populations. Ces personnages exercent une toute-puissance, du haut de leur chaire, propre à maintenir les population croyantes sous une dictature confessionnelle d'un ordre modifiable et modifié au fil du temps uniquement par les leaders (papes, imams, rabbins) à travers des dogmes périmés et d'autres nouvellement établis.

Le clergé vit et survit ainsi durant presque trois mille ans pour la religion d'Abraham (celle qui va se scinder en trois courants religions principaux qui couvriront peu à peu la planète entière). La Révolution française et le siècle des Lumières vient alors secoués la sphère de Dieu. Des philosophes d'importance se proclament athées et déclarent que Dieu n'existe pas. Ils proposent une nouvelle forme de gouvernement qui chasse du pouvoir étatique le clergé. La laïcité est née. Tout le monde a le droit de croire ce qu'il veut et l'Etat est chargée de faire respecter la liberté de conscience et de religion tout en interdisant aux cultes de toutes confessions à se mêler des lois. La démocratie est née. Celle des formes et profils de Dieu aussi.

Il faudra attendre le début du 21ème siècle pour voir le déclin définitif des dogmes religieux et de la survivance toute puissante du clergé. La Chrétienté s'en sort alors un peu mieux que le Judaïsme et surtout que l'Islam qui ont beaucoup de peine à accepter la démocratisation du Sacré. Les difficultés rencontrées en terre d'Israël entre Palestiniens et Juifs ne sont sûrement pas étrangères à ce retard, voir cette régression, pris par ces deux dernières religions. Les actes terroristes étant les signes les plus probants de la perversion et de la distorsion qui envahissent les esprits soumis à des règles et des codes qui ne peuvent plus fonctionner normalement au sein de nos populations modernes.

Dieu n'existe pas, … Intéressant. On dit aussi que la Suisse n'existe pas, … Et pourtant elle existe! Mais plus du tout de façon formatée par un dogme définitif et rigide, par une légende et une mythologie archaïque, par une nostalgie de vieille Suisse rétrograde et fictive. La Suisse existe que par et qu'à travers ce qu'elle a décidé de bâtir, que par son ouverture avec l'Autre, que par sa communauté désormais cosmopolite, diverse, différente, évolutive, éruptive, créative et productive.

Dieu n'existe pas, mais nous l'inventons et l'invitons chaque jour au repas démocratique pour le faire grandir avec nous. Les prophètes ne sont pas morts. Ils sont réinterprétés, mis en modernité, remodelés pour donner sens et renaissance à des croyances dépassées. Dieu est peut-être mort au coeur des humains. Mais il ne cesse de renaître de ses cendres sous des traits spirituels et culturels qui offrent une grande place à l'amour universel et aux droits humains. Ainsi va Dieu dans le monde. Un Dieu qui a sans doute encore des choses à dire à nos âmes spirituelles trop souvent en perdition dans un monde maniaque obsédé de son propre narcissisme et d'un messianisme au goût douteux et frelaté.

Bienvenue en Cosmunauté!

P.S. Mon fils et moi avons vu en ce dimanche de Pâque le film « La Rafle ». Si le génocide perpétré par les nazis sur les Juifs fait dire à beaucoup de gens que cette catastrophe humanitaire est la preuve ultime de la mort définitive et de l'inexistence de Dieu, je peux dire qu'à la fin de la représentation la cinquantaine de spectateurs présents dans la salle n'ont pas pu quitter leurs sièges avant la fin du générique tant l'émotion était forte parmi nous; comme une communion humaine se recueillant dans la souffrance subie par des êtres disparus; comme une évidence que Dieu persiste et raisonne en nous; comme un appel à la fin de toute guerre, de la torture, de la violence, du racisme, de l'antisémitisme, de la haine entre nous. Les photos ci-dessous ont été réalisées juste avant la séance de cinéma à l'exception de la couronne de fleurs qui a été photographiée ce Lundi de Pâque.

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17/03/2010

Jésus et nous

Excellent article ce matin sur la vie de « Jésus » écrit sur le blog « Vu de la place Victor Hugo »de Monsieur Pierre Hemerhach.

Je reprends ici juste un passage clef:

« Ensuite intervint, selon Baeck, un sérieux changement de perspective dans la littérature évangélique : de la religion de Jésus on est imperceptiblement poussé vers la religion autour de Jésus, de la foi de Jésus vers la foi en Jésus. Ce qui fait alors des récits évangéliques non point un document historique mais une histoire sainte :

Ce n'est plus l'enseignement de Jésus mais un enseignement sur lui, ce n'est pas la foi qu'il a porté en lui et irradié sur ses disciples, mais la foi en lui, qui occupent tout l'espace. On n'a plus affaire au commandement et à la consolation que Jésus adressait aux opprimés, aux égarés et aux souffrants mais au sacrement qui est dévotement reçu en son nom, il ne s'agit plus ici de sa vie, de son action ni de ce qu'il a enduré, mais de son incarnation, de sa mort et de sa résurrection, on ne lit pus rien sur sa prière adressée à l'homme, sa proclamation du royaume de Dieu, mais de son salut accordé à celui qui croit en lui, il n'est plus question ici de devoir et de confiance mais d'une grâce accomplie, d'une doctrine de la rédemption qui occupe une positon centrale et détermine absolument tout.  (L’Evangile, une source juive) »

Ce passage est extrêmement important pour comprendre comment l'on passe de la spiritualité individuelle d'un être humain à une spiritualité collective construite sur la base d'une philosophie à l'origine individuelle et unique. Ce passage nous éclaire et nous apprend combien il est important de conserver son sens critique envers les Eglises du monde et toutes les religions. Nous avons sans doute le même basculement de l'enseignement spirituel d'un homme en ce qui concerne Mahomet.

Ce passage nous dit enfin la vérité sur la façon dont on apprend à construire une religion dans un contexte politique, économique, sociale, et culturel. Cela ne remet pas en question l'importance de Jésus ou de Mahomet. Cela remet par contre en question nos attitudes fanatiques, dogmatiques, et totalitaires du monde.

Lire l'article de Mr Pierre Hemerhach pour toutes celles et tous ceux à qui la spiritualité est importante dans leur vie.