16/05/2010

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (9)

 

De Lewis Carrol à Charlotte Lewis, y a-t-il plus qu'un pur hasard fantastique dans le renversement du patronyme? Attendre 28 ans avant d'oser passer de l'autre côté du miroir de ses souvenirs; du silence de l'oubli à la parole qui abasourdit? Et si Charlotte avait voulu briser ce qui l'empêchait d'être heureuse dans la vie? Soit le souvenir insoutenable d'une relation sexuelle forcée et dégradante.

« Quand les gens sont las de la vie et ne peuvent trouver le bonheur ni dans les villes ni dans les livres, alors ils se ruent vers les plages, afin de voir ce que les cabines de bains pourront faire pour eux ». Lewis Carrol

Elle a attendu Cannes et sa célèbre plage pour parler, lieu ou toutes les stars du cinéma se réunissent pour faire la fête. Mais d'abord pour parler et montrer du cinéma-vérité, du cinéma-mensonge, ou du cinéma-fiction. Elle a sans doute voulu que justice soit enfin rendue à son malheur d'adolescente, emboîtant le pas à de très nombreuses jeunes filles abusées par de jeunes hommes, voir des hommes d'âge mûr, qui n'osent pas s'exprimer avant des années.

Sur le moment, elle a pensé que le maître avait le droit d'abuser d'elle. Une admiration sans limite pour celui qui ferait d'elle une star. Il lui a fallu beaucoup de temps pour se rendre compte et accepter que cette relation était de l'ordre du sale, du mépris du corps féminin. Roman va-t-il enfin passer lui aussi de l'autre côté du miroir et se rendre compte de la saleté qui lui encombre l'esprit afin que la lumière du soleil revienne en lui. Des films de vampires, d'êtres humains violents et tourmentés, ne rendront jamais à un homme toute sa bonté. Pour cela, il devrait se rendre compte qu'il doit payer son dû aux demoiselles qui ont vécu une expérience peu positive avec lui.

Les avocats de Roman sont révoltés. Peut-être devraient-ils se poser la bonne question: Si Charlotte Lewis parle aujourd'hui, n'a-t-elle pas eu envie de mettre fin au cauchemar des apparences, d'une montée des marches rouges qui lui paraissait comme une vision d'Alice aux Pays des Merveilles, alors qu'en réalité elle portait les stigmates d'un deuil amoureux et la vision d'une relation sexuelle cauchemardesque avec son réalisateur? Une imposture. Un monde cruel et sans morale, ou il faut payer par une soumission, une souillure, l'accès au paradis des stars.

N'est-ce pas une ex Miss Suisse qui a dit il y a très peu de temps qu'il faut passer, à Hollywood, par la promotion canapé pour réussir à obtenir un premier rôle?

Revenons à Polanski et ses obsessions de viol. Rappelons qu'entre la terrible année 1977 et cette sombre année 1982, il y a eu un autre événement sulfureux: la sortie de Tess en 1979, film dans lequel l'actrice principale se fait séduire puis violée lors d'une scène du film... Un viol cinématographique de plus pourrait-on écrire. Une actrice mineure au moment de la première rencontre entre Nastassja Kinski et Roman Polanski... Des rumeurs persistantes de liaisons... toutes démenties par les deux protagonistes.

Il serait temps que Roman Polanski quitte le Bal des Vampires et nous montre la beauté de son cinéma, juste la beauté. Et qu'il laisse tomber la puissance machiste du mâle tout puissant qui se permet de trousser quand il a envie de trousser. Pour cela l'aveux sera indispensable. Ce serait une belle fin de carrière pour ce cinéaste qui a donné tant d'émotion à travers son art.

Trois clichés « maison » pour conclure cette 9ème chronique Zahia-Croisette: la montée des marches par quelques personnages de « La Tournée », film de Mathieu Amalric. Suivis d'une vidéo souvenir de Tess. Entre l'époque de Nastassja et celle de Zahia, il y a eu un sacré renversement de situation. Hier, la fille se couchait devant l'homme. Aujourd'hui, c'est la fille qui propose à l'homme de se coucher en lui demandant un cadeau en échange. Une tout autre approche de la domination sexuelle, et cette fois en ballotage favorable pour la femme...

 

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15/05/2010

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (8)

 

Good Morning, Everybody! Il fait toujours aussi merdique ce matin, et pas seulement dehors. Dans les coeurs aussi.

Tout s'envenime à Cannes. Côté cinéma, nous sommes gâtés. Le « live » risque d'être plus passionnant que ce que l'on verra sur les écrans. Règlements de comptes, départs abruptes et inopinés de grands acteurs ou réalisateurs semblent dans l'air. Cannes va-t-il exploser? Cela pourrait plaire au Président du Jury, Tim Burton, qui aime explorer la noirceur des âmes humaines et la monstruosité qui guette en nous. Cette Charlotte Lewis fou un sacré bordel parmi le mobilier luxueux de la Croisette. Après l'épisode nucléaire Zahia Dehar. 16 ans, l'âge idéal pour transformer notre société qui s'endort sur ses crimes.

Alors, je ne vais pas vous casser les pieds ce matin. On se réveille tout en douceur, on pose un petit bisou bien intentionné à sa petite copine ou à sa femme, et hop sous la douche avec deux des meilleurs braqueurs de mouise, pardon de miouse, de notre époque qui nous rappelle notre jeunesse, nos folies, nos rêves en bleu.

Au fait, les gars, vous ne voulez pas braquer le juke-box du Festival 2010? Mai 2010, moi, de la Révolution des Poudres à Lessive.

 

 

 

 

LA REVOLUTION EST DANS LA RUE !

 

 

Et n'oubliez pas d'aller mater "Seven Nation Army" de Ben, l'oncle Soul.

c'est sur Y Tube en pleine activité de lessive.

 

Irrésistible! Et un supplément pour danser et swinguer à l'apéro avec les girls...

Un soul Men pour faire danser la petite Zahia Dehar...


Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (7)

 

Ce soir, on reparle de Roman Polanski. On est presque entré dans une partie de castagne entre gens de cinéma. Bonjour l'ambiance! Une actrice irlandaise, Charlotte Lewis, qui a tourné le rôle de Dolores dans le film du réalisateur « Pirate » dans les années 80, accuse  le cinéaste d'avoir subi un rapport sexuel forcé et outrageant avec lui alors qu'elle n'avait que 16 ans! BHL, pendant ce temps, s'en prend à Tim Burton et sans doute aussi à Michael Douglas parce que tous deux refusent de signer la pétition en faveur de la libération de Polanski.

Si cette actrice, qui dit être marquée par ce qu'elle a vécu en 1982 à Paris, avance une vérité, alors Roman Polanski risque bien de se voir définitivement extradé vers Los Angeles. Un viol pratiqué sur une jeune fille de 16 ans 5 ans après le viol sur sa première victime déclarée n'est sans doute pas un fait qui aidera le pervers (car la répétition des actes violents prouverait alors sa perversion et non un simple égarement) a redoré sa réputation déjà entachée par la première affaire.

Difficile après cela d'imaginer un 63ème festival de Cannes qui finira bien. Pendant ce temps, flon-flon et paillettes sur la carpette rouge. Rouge de sang des vampires, peut-être.

Ciel bas et nuit d'ivresse. On prétend que tous ces gens n'ont rien à cacher, lisses, beaux, people, stars, grandioses, magnifiques, exceptionnels, hors-d'atteinte de la populace, intellectuels trop chics pour être trop chocs et parfois minables...aussi. L'art vit des oublis de nos vies, de nos écarts à l'ombre du normatif, de nos vidanges louches lors de soir de vendanges gloutonnes. Mais c'est la vie privée des gens. Cela ne regarde personne. Vivre d'apparence et d'artifices excessifs. Et finalement chuter par simple accident ou sur simple dénonciation.

Zahia, t'es une artiste de la balle. Mais ils te refusent parce que leur classe à eux se distingue de ta classe à toi. Castes d'intellos qui prétendent à l'ouverture, à l'humanité, à l'échange, à l'amour entre les êtres humains. Société de beaufs qui sont arrivés en haut et qui ne daignent plus poser les pieds en bas, là où la vie grouille d'animation, de fièvre, de nouveauté. Délabrement de l'intellectualisme. Mort et fin du cinéma.

Cela suffira pour ce soir. Une très courte séquence de vampires pour terminer la longue nuit qui vient réveiller les démons de Roman Polanski...avec Charlotte Lewis comme actrice.

 

14/05/2010

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (6)

Festival de Cannes... Festival de Beaufs... Donna Summer dans le juke-box pour la cantine festivalière. De vieux riches et des rombières avalent du caviar et autres petites spécialités locales sans même en retenir le goût ou la saveur.

Le cinéma se fait vieux. Il coulisse vers des temps révolus. Les filles de Mathieu Amalric font plutôt Old Burlesque que New Burlesque. Les fleurs présentées font années 20...pas 2020...1920. La Princesse de Montpensier remonte encore davantage les labours du temps. Des mots délicats, un vocabulaire châtié, des couleurs et des repas où la royauté cause, cause, cause...

Festival de Cannes... Des jeunes filles se font filmer leur anatomie complète lors de beuveries collectives organisées sur Facebook. De très jeunes filles en déroute qui planent dans leurs effluves éthyliques. Et puis les mots... Des mots très crus, de la chair qui déambule, maltraitée par de petits machos mal éduqués et sans respect, très sûrs d'arriver à leur fin... au bout de la nuit, au bout de l'orgie... Des fleurs qui ne savent plus s'ouvrir qu'elles sont déjà fanées à 15 ans dans des tournantes improvisées au coin d'un bar... Des étudiants et des apprentis... Nos enfants... et des interdits balancés par-dessus bord comme par dessus un navire ayant perdu tout gouvernail.

Les jeunes font leur cinéma sur Internet, leur musique sur Intenet, leur porno sur Internet. Tant de choses invraisemblables il y a si peu de temps encore. Des filles qui fument la pipe devant un parterre de copains et de copines qui dansent sans danser, qui aiment sans aimer, qui se trémousse dans un bain de bulle musicale ou la house déborde de ses haut-parleurs. Ce sont des nique-parties, des Bitch-drunking, des lieux glauques où les cinéastes ne posent plus les pieds tellement ça casserait hard la morale bien pensante des adultes.

Festival de Cannes... où les canetons sont absents, où Zahia n'a pas sa place parce qu'elle serait le vilain petit canard qu'il faut rejeter à la mer...malgré ses tout juste 18 printemps. Caché ce sein que je ne saurais voir... ou alors déshabillons-le avec vulgarité, obscénité, maltraitance... Et buvons jeunes hommes, buvons à votre santé pornographique puisque les adultes se contentent de vous jeter la pierre en refermant la porte à double tours sur vos orgies, votre prostitution, votre détresse, votre abandon, votre malheur d'être venus dans un monde qui ne vous fait plus de place tout en vous demandant d'être riches et d'assumer votre avenir... Un monde qui vous ignore sauf si vous suivez la règle hypocrite des vieux beaux et des pénibles rombières qui causent, causent, causent, avec Donna Summer pour l'ambiance dans le juke-box... La règle d'or: « Jeune fille ou jeune garçon, fais ce que je te dis de me faire. Mais ne fais rien qui puisse penser que je t'ai dis de me faire des choses hors de la morale que j'expose au monde pour me faire bien voir ».

Des mots bleus pour Zahia qui a un gros bleu à l âme en ces jours de festivité ou personne parmi ces vieux pas très sages n'a songé un instant à l'inviter pour s'exprimer sur son monde à elle, ses rêves, ses délires... et son cinéma à elle.

 

P.S. Merci à Thierry Jobin du Temps pour sa carte postale d'aujourd'hui.

 

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Zahia Dehar a appris à piloter son propre navire parmi ce monde dangereux

 

13/05/2010

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (5)

Yannick Noah sera dès ce soir à Cannes. Défendant Franck Ribéry dans l'affaire Zahia Dehar, il chantera son nouveau tube dentifrice « Angela » qui fait référence à la philosophe Angela Davis sympathisante du Black Panther Party en 1968. Elle tenta de faire évader trois prisonniers politiques surnommés les Frères de Soledad qui se solda par la mort d'un juge californien. Elle fut emprisonnée durant 16 mois avant d'être acquittée. Elle fit ensuite une carrière politique au sein du parti communiste.

Et si nos trois footballeurs, Govou, Benzéma, et Ribéry étaient nos trois Frères de Soledad et Zahia la Scandaleuse, la libératrice de ces hommes en demandant la clémence pour eux et le droit à la présomption d'innocence au juge chargé de cette affaire?

Pourquoi les Français ne prennent pas la défense de cette demoiselle mais au contraire la démolissent au marteau piqueur et au gourdin? Combien d'hommes vont aux putes, en France? Noah reconnaît lui-même avoir eu des affaires de tapin quand il était dans de mauvaises passes personnelles. Zahia est une fille qui lève le poing pour tous les hommes et toutes les femmes qui désirent leur liberté sexuelle et affective. Elle fait scandale sur le mur de nos conventions amoureuses, de nos signatures de contrat, de nos obligations d'entretien, de nos devoirs conjugaux. Tant de mots horribles s'ils sont autant de prisons, de barreaux, de boulets attachés à nos pieds.

La fidélité à un amour, à une cause, doit d'abord venir des tripes et du coeur. Toutes les trahisons ne sont que l'expression de vouloir fuir une sensation d'étouffement, de réduction, de chape de plomb qui nous fracasse notre liberté, notre indépendance, notre volonté d'avancer dans la vie de manière positive.

Si l'on trompe pour tromper son monde, c'est qu'alors nous ne sommes pas digne de confiance. Mais si l'on s'égare par désir de liberté, alors c'est que notre dignité veut encore et toujours faire confiance à l'esprit de liberté et d'entreprise de tout être humain.

Zahia sera-t-elle enfin considérée pour une personne digne de confiance ou pour une fille qui a trompé son monde? Tous ses commentaires tendent à dire que c'est une personne digne de confiance. Alors Zahia Dehar, une Angela Davis de notre temps? L'amour c'est communiste quand on le partage avec Zahia...