26/09/2020

Été - hiver; terre et lac

Atmosphère magnifique devant le lycée Jean Piaget, future Maison du livre et ancien Collège latin.

J'ai raté néanmoins le passage d'un-e cycliste portant pèlerine transparente qui volait dans tous les sens. C'est dommage. L'occasion ne se représentera jamais.

 

 

 

 

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C'est quoi ce drôle d'animal?

 

 

 

La liberté ne meurt jamais

Dans un pays où la liberté d'expression est sacrée, aucun censeur, aucun criminel ne peut détruire la liberté.

Les extrémistes islamistes peuvent blesser et tuer. Ils peuvent nous terroriser. Ils peuvent nous faire souffrir et nous atteindre dans notre chair et notre coeur. Mais jamais ils ne pourront tuer la liberté.

La France n'est pas plus exemplaire que n'importe quelle nation au monde. Mais elle peut s'enorgueillir de laisser la liberté d'expression et de croyance à son peuple. Elle peut s'enorgueillir aussi de laisser les religions en dehors du cénacle politique et des lieux publics. La protection et la défense de la laïcité entraînent la meilleure gouvernance démocratique possible des peuples. Le droit de choquer; le droit de contester; le droit de questionnement et d'ironie; le droit à l'humour même le plus crade ou le plus scandaleux, le droit de blasphémer font partie intégrante d'un pays qui respecte les principes de laïcité. Le droit au pardon aussi.

Les personnes qui ne se sentent pas à l'aise avec nos principes laïcs et notre libre expression, non négociables, des libertés individuelles et collectives, peuvent quitter nos terres et vivre sur des terres hostiles à la liberté où elles auront l'occasion et tout le loisir de s'entre-tuer avec d'autres personnes qui n'acceptent pas la liberté de l'Autre, la différence, la marginalité, les dynamiteurs et dynamiteuses de nos pensées communément admises par un groupe de personnes voir une société entière. La France est une terre d'accueil pour celles et ceux qui aspirent à la liberté, l'égalité, la fraternité. la solidarité, ainsi qu'à l'ouverture au combat démocratique par la dissidence non-violente et aux échanges forcément contradictoires et multiples. Elle n'est pas une terre d'accueil pour les terroristes, les intolérants, les fascistes qui veulent imposer leur propre loi au détriment de tous les autres.

Je suis Charlie et je le reste. La liberté ne meurt jamais.

 

 

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La liberté ne meurt jamais

(artefact réalisé à partir d'un fragment d'une des fresques de l'artiste-graffeur C215

qui se trouve près de l'ancienne rédaction de Charlie Hebdo où a eu lieu la nouvelle attaque terroriste)

 

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Le Diable c'est Charlie. Et ta soeur?

 

 

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Je suis Charb dit le coléoptère Charbonnier

" C'est peut être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux "

 

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La fresque de C215 dont sont tirés les artefacts ci-dessus

(merci pour accepter ici la reproduction sur ce blog)

 

24/09/2020

Madame Juliette

Saint-Germain-des-Prés

n'a plus que des ombres,

des allures jaunies d'antiquité,

de pâles lumières de feuilles mortes

emportées par le siècle

et les pestes brunes qui nous accablent.

 

Il y a des échos de Gréco

qui résonnent dans mes écouteurs.

Le temps file-t-il vers la tragédie,

Madame Juliette?

 

Mais non mon ami.

Nous vivons d'amour et de comédie

et si la tragédie nous frappe

alors nous continuerons notre chemin

en faisant ce que nous savons faire

de notre art.

 

Il y a de vieux parfums

sous mes brumes funéraires,

des oeuvres littéraires

qu'on ne lit plus vraiment,

des libertins libertaires

qui ont perdu l'attention des filles,

la trompette de Miles et de Boris,

des caves enfumées qui n'existent plus,

des vieilles gloires à la patine affolante,

des courbes qui se déhanchent,

des filles intelligentes et lascives

n'exigeant aucun cachet

en dévoilant l'art de leurs charmes.

Paris n'est plus.

Paris fait dans la réalité putassière

pour tenir le haut de l'affiche.

Les allumeuses de rêves

ont cédé la place

à des michtoneuses expertes

jouant les vraies petites amies

pour une seule heure au tarif.

Du cinéma de l'amour

ne reste que le sexe.

 

Il faut tout réinventer.

 

C'était alors des dames

et le temps de l'amour courtois

plutôt que celui de la chasse brutale

et de la drague vulgaro-commerciale

se lisant comme apothéose nuptiale

sur le bestiaire du menu kamasutrique

de ces demoiselles à la culture labiale.

 

Merci ma bite.

 

C'était alors des dames

et le temps où les filles

ne tournaient pas encore pour Jackie Michel.

C'était alors des dames,

libres et aventurières,

amoureuses et passionnées,

discrètes et secrètes,

des muses, des nymphes,

des sylphides, des sirènes,

les déesses des artistes.

 

Il y a des échos de Gréco

qui résonnent dans mes écouteurs.

Le tempo,

Madame Juliette,

le tempo,

le tempo du rodéo moderne

est-il devenu pornographique,

Madame Juliette?

 

Mais non mon ami.

Nous vivons d'amour et de comédie

et si le porno nous afflige tant

alors nous continuerons notre chemin

en faisons ce que nous savons faire

de nos tendres vertiges.

 

Merci Madame Juliette Gréco

de m'avoir laissé le goût de l'amour

dans la bouche.

 

 

Le pied par terre

Le pied par terre,

je tremble,

tremblement de terre.

Le pied en l'air,

je tremble,

tendrement d'univers.

 

J'étais enfant

et je jouais avec mon pied.

J'étais adolescent

et je prenais mon pied.

Je suis parent

et je regarde mon pied.

Je suis grand-parent

et je donne un grand coup de pied.

Gentil ou méchant?

Croyant ou mécréant?

Ange ou démon?

Artiste ou épave?

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En-haut: "Epave" Hans Erni, médaille inédite, Huguenin le Locle,

bronze-laiton, fleur de coin, création: années 60 (très probable).

En-bas: affiche de l'expo "A quoi jouent les enfants du monde",Hans Erni,

Musée d'Ethnographie, Neuchâtel, 1959.

 

 

Je vivais tout seul
J'avais tout mon temps
L'été, je m'en allais à l'océan
Pour quand je serai vieux
Mourir décemment
L'hiver, je travaillais pour de l'argent
Les yeux fermés, paradis vivant
Je rêvais en l'air
Le matin dans tous les journaux
Au ciseau, je changeais les nouvelles*
Et c'était beau
Mais aujourd'hui
Le pied par terre
Je vois tout autrement
Je parle et je me perds
Ici c'est beaucoup trop grand
Je ne pourrais jamais
Revenir en arrière
Je voudrais me cacher
Je ne suis pas bien méchant
Le pied par terre
Je vois tout autrement
Je parle et je me perds
Ici c'est beaucoup trop grand
Je ne pourrais jamais
Revenir en arrière
Je voudrais me cacher
Je ne suis pas encore méchant
J'étais bien parti
J'avais pas d'amis
Pourtant, les gens de partout m'aimaient bien
Je criais souvent
Sans savoir vraiment
Enfin, tout ça n'était pas important
J'ai recherché, le chemin d'en haut
Il n'existait pas
Les journaux annonçaient la guerre
J'aurais voulu pleurer
Mais en bas on ne peut pas
Et aujourd'hui
Le pied par terre
Je vois tout autrement
Je ne peux plus me taire
Et si mon coeur est grand
Je ne veux pas mourir, même décemment
A force de souffrir
Je suis devenu méchant
Le pied par terre
Je vois tout autrement
Je ne peux plus me taire
Et si mon coeur est grand
Je ne veux pas mourir, même décemment
A force de souffrir
Je suis devenu méchant**
 
*Je l'ai vraiment fait pour "Le Nouveau Quotidien" sans connaître cette chanson.
**Je le suis devenu qu'avec les méchants et les puissants.
 
 

"De nouveaux rivages prédisent un nouveau jour"

Nous sommes en 1930. Le crash boursier de 1929 entraîne le rapatriement des capitaux américains placés en Allemagne vers l'Amérique.

L'Allemagne, humiliée par la défaite de 14-18, souffre encore de l'Occupation alliée et elle meurt lentement de faim. Le taux de chômage devient effrayant. Le bouc émissaire est tout trouvé par les partisans d'un certain Adolf Hitler, adepte de la race pure aryenne, qui intrigue depuis des années pour atteindre les pleins pouvoirs après avoir pourtant fait de la prison. Les Juifs et la démocratie sont ses ennemis jurés ainsi que le communisme. Il se taille une image intraitable de nouveau messie qui ne s'embarrasse guère d'écouter les autres. C'est lui et son combat et rien d'autre que lui et son combat.

La propagande, les fake news, les mensonges énormes et répétés de son parti feront le reste. De plus en plus de gens l'admirent et l'idolâtrent. Hitler sinon rien ni personne ne pourront sauver l'Allemagne de la misère et de la dégradation selon eux. Les artistes sont triés sur le volet pour servir eux aussi à la propagande nazie. Il y a les élus et les autres, les dégénérés, celles et ceux qui ne correspondent pas aux canons esthétiques et à l'idéologie nazie.

Tout est déjà écrit. Les nuages s'accumulent sur la démocratie. De coup de force en coup de force, de viol en viol de la vérité plurielle, de la démocratie bafouée, subissant symboliquement le supplice de la roue pour avouer des crimes qu'elle n'a pas commis (complot juif mondial, traîtres à la patrie au service de l'étranger, responsables du crash boursier) Hitler profite de la situation, de la désorientation des foules, et des complicités de son cercle pour asseoir son autorité funeste sur l'Allemagne.

Un artiste peintre, sculpteur, médailleur, qui obtiendra les bonnes grâces du régime, crée en 1930 une médaille visionnaire et prophétique en bronze où l'on voit un homme nu, tête rasée, au gouvernail d'une embarcation regardant  passer deux oiseaux dans le ciel qui le guident. Le médailleur s'appelle Gustav Adolf Bredow. Sa médaille, rétrospectivement, est à la fois fascinante et glaçante. Il y est écrit, en Allemand: " "Zu neuen Ufern lockt ein neuer Tag" " De nouveaux rivages prédisent un  nouveau jour" à gauche; et à droite "Gustav Adolf Bredow 1930". Adolf Hitler est en plein ascension. Le Führer donne l'espoir insensé au peuple d'une nouvelle Allemagne aryenne débarrassée, puissante, à l'esthétique musclée, blonde, et raffinée qui va créer l' über Nation, le surhomme, une race de guerriers et de guerrières sans peur et sans reproche s'attachant à aimer un seul leader, un seul guide, un seul et unique dieu élitiste et n'aimant qu'une seule race: la race aryenne germanique.

Les premières années du règne d'Hitler semblent promises à un succès économique sans précédant pour l'Allemagne. Le chômage recule d'une manière fulgurante grâce à l'industrie de la guerre qu'Hitler planifie avec ses généraux, entre autres. Les délires du Führer s'amplifient. Il a foi en ses vociférations et le peuple lui montre toute sa reconnaissance et même son amour. Les opposants doivent soit se taire, soit fuir, soit finir en prison ou assassinés dans la rue. L'Allemagne ne croit plus qu'en un fou halluciné qui les guidera vers la plus sinistre et funeste des perspectives, une aventure assassine, monstrueuse, une aventure des plus sanglantes et inimaginables de l'Histoire des êtres humains.

Que se passera-t-il donc en Amérique ce mois de novembre prochain?

 

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La médaille prophétique de Bredow à la patine sombre qui, par ailleurs, a créé un encrier surmonté de la sculpture d'un buste d'une femme aussi belle que mystérieuse ainsi que des très belles oeuvres picturales à l'atmosphère parfois fantomatique voir gore... Attiré par les sculptures-souvenirs aux morts également... Un artiste sans doute banni de la notoriété aujourd'hui à cause de ses sympathies nazies. Mais l'art survit aux idéologies et aux sympathies de leur créateur.