18/05/2019

Retour à la pompe pour l'Acte XXVII

Les Gilets jaunes tournent en rond malgré une belle prise de conscience ou d'inconscience, cela dépend du point de vue.

C'est donc un retour aux premiers jours des Gilets jaunes et à la manif contre la hausse du prix du diesel après six mois de lutte et de "guerre" dans la rue.

La démocratie ce n'est pas seulement la politique et des élus fiers comme des paons. La démocratie c'est tous les jours dans sa manière d'être et de partager son existence, Monsieur Macron. Et tant pis si parfois ça tombe sur un samedi et que vous mobilisez des bataillons de CRS contre les Gilets jaunes tout en dénigrant un mouvement qui vous donne de l'urticaire depuis de très longs mois. Comme en retour, vous donnez vous aussi de l'urticaire aux Gilets jaunes, c'est du donnant-donnant.

Cela dit, dans une semaine nous saurons si votre façon de faire satisfait encore une bonne partie des citoyennes et citoyens qui iront voter. Pour tous les autres qui ne se déplaceront même pas, on peut imaginer que leur petite vie s'arrête aux portes de leur routine quotidienne et qu'ils ne croient plus du tout au changement par la politique. D'ailleurs ils sont peut-être satisfaits de leur petite vie individuelle. Donc aucune raison d'aller voter pour eux ou de manifester dans la rue. Les autruches sont très nombreuses et leurs plumes servent au spectacle du Moulin-Rouge.

En ce samedi, c'est donc une nouvelle marche pour rien qui s'annonce, marche agrémentée copieusement, comme d'habitude, de gaz lacrymogènes (au fait c'est qui le principal actionnaire du fabricant de gaz?). Les femmes, en tête de la manifestation déclarée, sauront peut-être contenir les agressions répétées de vos flics. Et tout finira gentiment au Sacré-Coeur pour déboucher sur un joli parterre de Gilets jaunes pacifistes sur la colline et heureux de se promener tous et toutes ensembles dans ce Paris sans bouquet d'églantines.

Le prix du diesel à la pompe, à titre personnel, ne me touche pas du tout. Mais la démocratie, c'est normalement être solidaire les uns des autres pour un monde plus juste et en paix. Il y a des bouchers qui sont en train de détruire la France au nom d'une idéologie ultra-libérale radicale et la livrer aux mains brunes de l'extrême-droite et il y a des débouchés politiques populaires qui ont compris la gravité de notre temps et qui manifestent encore dans la rue...pour rien puisque nous avons à faire à un président autiste (désolé pour les gens atteint d'autisme mais il faut dire les choses comme elles sont).

Juste par devoir de résistance face à cet air du temps devenu quasi irrespirable, il faut faire les gestes qui nous semblent indispensables même si tout cela n'est qu'une perte de temps à force de se battre contre des moulin-à-vents qui se défilent. Ca tombe d'ailleurs très bien, le Sacré-Coeur est au-dessus du Moulin-Rouge.

 

17/05/2019

Urgence de Vous au Nez Rouge, Paris

Nous nous sommes rencontrés un jour. Je ne sais plus trop quand ni en quelle occasion. Mais nous nous sommes rencontrés un jour et nous nous sommes aimés. Pas vrai? Mais toi, dis-moi, qu'est-ce que vient donc faire cette histoire de nounou à Paris et de son enfant-public qu'elle a chéri sur ce bateau immobile du Nez Rouge? Ce nous à nous, était-ce donc juste le mobile d'une rencontre sur Seine et ce désir d'entreprendre un voyage au bout de l'amour? Ou alors juste un bouge d'une nuit pour enfants se sentant tristement abandonnés par des jours trop sombres et malades de la peste?

Nous sommes là tous réunis pour ce cabaret-spectacle. Nous nous sommes embarqués, nous les passagers et passagères, et nous nous attachons les uns aux autres à travers le récit en-chanté de Veronika Bulycheva et Jann Halexander. Nous voilà bercer sur les vagues de la mer de Kara proche de la frontière eurasienne et transporter par un couple d'artistes profondément sincères dans leur démarche artistique, tous deux reliés par un fil rouge nomade qui forge les identités multiples, trop rares, et si précieuses du métissage.

Le théâtre de ces deux bourlingueurs me rappelle tellement un autre théâtre littéraire que j'ai vécu. Celui de La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France. Le bateau a remplacé ici le train mais le voyage est tout aussi fabuleux. Veronika a la voie claire d'une matriona de l'Oural mais elle est tout aussi capable de se lancer dans un blues nègre pour éclairer sa nostalgie voir même de partir carrément dans un chant magique entre berceuse folklorique russe et saudade portugaise. Jann entre dans son jeu et se met soudain à chanter lui aussi en Russe. La vodka aidant, voilà nos deux poètes s'envolant dans une mystique de l'amour et de l'humour. Et nous, assis sur nos chaises, nous voulons connaître l'histoire qui défile devant nos yeux, connaître le goût des cornichons qui piquent et de la vodka qui coule dans leurs veines.

On y parle d'amour, de joie et de déception. Il ne m'a pas quitté, je ne l'ai pas quitté. C'est l'amour qui nous a quitté. On y parle de tragédie humaine à travers l'humour noir et d'un poisson dans l'assiette qui ressemble comme deux gouttes de sang à un migrant. Et ces repas familiaux interminables du dimanche qui finissent en queue de poisson pourri au bout de la table. On y parle du bien que nous portons tous et toutes, et du mal que nous inventons à des fins pas très glorieuses. On y chante même l'opéra et Carmen mêlée à une chanson russe traditionnelle. Nous tombons littéralement sous le charme charismatique de nos deux complices sur scène. Dommage que la chaleur de leurs voix ne viennent pas refroidir un peu la température de la soute à voyageurs. Nous avons chauds partout et au coeur surtout.

Il ne faut sous aucun prétexte manquer ce spectacle unique qui devrait durer dans le temps. Les spectateurs et spectatrices ont été conquis. Veronika, avec ses jambes pas très longues, sa chevelure pas très blonde et ses yeux pas très moscovites n'est pas une Russe pour les Russes et Jann, avec sa peau pas très blanche, ses cheveux très crépus, et son regard de braises, est un Français dessouché qui est né d'un voyage maternel effectué dans une soute à charbon gabonaise.

Entre ces deux-là, il y a une osmose qui s'est créée, un lien fort et puissant qui les réunit et nous, les voyageurs et voyageuses qui les rejoignons dans leur conte nomade, nous nous faisons inviter dans leur danse voluptueuse. Est-ce le voyage qui a fait l'homme ou l'homme qui a fait le voyage? Peu importe. Comme pour Blaise Cendrars l'important c'est que nous y avons cru et que sur ce bateau du Nez Rouge, Quai de l'Oise à Paris, nous nous sommes soûlés à l'amour en partant très loin au pays des métissages, tous et toutes habillé-e-s de leurs tissus africains, de leurs tapis d'Orient, de leurs peaux de chèvres de l'Oural, et de ce Paris, capitale culturelle de la France, pour illuminer nos cieux intimes d'aurores boréales et d'avenir qui chante. Nous n'avons pas du tout envie d'aller faire une cure de dégrisement au pays de la haine de celles et ceux qui ferment les frontières et cherchent la pureté française à travers des théories aussi immondes que factices du grand remplacement fantasmagorique.

En ces temps troubles, la culture reste plus essentielle que jamais pour garder le cap Amour comme notre horizon unique et chasser les sorcières brunes du fascisme.

Pour terminer, ne manquez surtout pas la vidéo ci-dessous et le petit clin d'oeil artistique à Sonia Delaunay, l'illustratrice de La Prose du Transsibérien, à travers quelques clichés que j'ai pris durant ce spectable, non, il n'y a pas d'erreur de frappe, c'est bien d'un spectacle à table entre deux nomades drapés d'une urgence de nous, deux nomades sur Terre venus à notre rencontre pour un spectable formidable.

Etait-ce de l'eau? Etait-ce de la vodka? Jann et Veronika gardent leur secret pour eux au fond de leurs yeux amoureux et les paris du public restent ouverts. Pour ma part, je serai assez partant pour autre chose que de la vodka, un subtil cocktail de Verovodka Halexander concocté par un barman céleste. 

Merci les artistes! Je n'oublie rien quand le goût du bonheur m'envahit.

 

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Si tu veux nous irons en aéroplane et nous survolerons le pays des mille lacs,
Les nuits y sont démesurément longues
L’ancêtre préhistorique aura peur de mon moteur
J’atterrirai
Et je construirai un hangar pour mon avion avec les os fossiles de mammouth
Le feu primitif réchauffera notre pauvre amour
Samowar
Et nous nous aimerons bien bourgeoisement près du pôle
Oh viens!

La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France,

Blaise Cendrars

 

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16/05/2019

Notre-Dame de Paris en poésie et images

Il y a un mois exactement, Notre-Dame se réveillait à l'agonie. Ces murs de pierres avaient tenu in extremis malgré l'enfer des flammes et grâce à l'héroïsme des pompiers venus à son secours.

Alors voici en images (réalisées ce jour) et en poésie (Gérard de Nerval) un hommage à la vaillante cathédrale dont les accès nous sont interdits pour plusieurs années...

Notre-Dame de Paris

Gérard de Nerval, Odelette, 1834

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

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Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
— Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

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15/05/2019

Notre-Dame: un Etat qui ne veut porter aucune responsabilité

Il y a comme ça des Présidents élus qui veulent reconstruire un pays sans comprendre qu'ils sont eux-mêmes les incendiaires de la nation.

Il y a comme ça des Présidents élus qui donnent toute liberté aux milliardaires de déconstruire des lois solidaires en prétendant que cela est fait pour le bien de la nation et du peuple.

Il y a comme ça des Présidents élus qui vantent leur révolution qui n'est rien d'autre qu'une contre-révolution en marche depuis les années 80 pour tuer les acquis de la Révolution, ces acquis défendant d'abord un pouvoir exercé pour le peuple et par le peuple.

Il y a comme ça des Présidents élus qui voient sous leurs yeux l'incendie du millénaire déclaré dans leur propre patrie et qui n'en tire aucune réponse divergente à leur pensée obsessionnelle ni acquiert une clairvoyance quasi messianique autre que celle du toujours plus grand, toujours plus haut, toujours plus fort, toujours plus pyramidal...alors même que les négligences d'un Etat hypnotisé par ses options ultra-libérales ont condamné tout bonnement à une catastrophe nationale un des bâtiments les plus sacrés et symboliques de l'âme française, un bâtiment sauvé de la presque-ruine il y a deux siècles et qui a charrié, transmis à des générations entières non seulement le mythe révolutionnaire grâce à un Victor Hugo digne fils de la Révolution mais aussi généré un tourisme mondial croissant faisant les beaux jours des caisses de l'Etat, de l'Eglise, des hôteliers-restaurateurs, et des commerçants.

Il faut lire ci-dessous les griefs que l'on peut adresser de manière factuelle et référencée à un Etat marchant toujours droit dans ses bottes quelque soit les crises dramatiques vécues par le pays, un Etat et son Président ne se sentant nullement responsables du gigantesque incendie de Notre-Dame.

Le prochain incendie de ce Président est programmé pour le 26 Mai 2019... Mais lui, bien entendu, n'en sera pas responsable. C'est la chienlit jaune dans la rue qui sera accusée de tous les maux et d'avoir fait le lit du fascisme et son triomphe dans les urnes...à cause de leurs violences hebdomadaires dans la rue dénoncée par ce Gouvernement d'aveugles et de borgnes.

https://www.latribunedelart.com/notre-dame-la-faillite-de... 

I live deep in symmetry
Je vis profondément en symétrie
In my anonymity
Dans mon anonymat
Je t’adore, ma vie très difficile
Je t'adore, ma vie très difficile
I’ll take hours to perfect
Je vais prendre des heures pour perfectionner
In this room of disconnect
Dans cette salle de déconnexion
All I need are mannequins and me
Tout ce dont j'ai besoin se sont des mannequins et moi
Fabric straight from arm to arm
fabriquant tout droit de bras à bras
Rescuing my heart from harm
en secourant mon cœur du mal
All that I can see speaks of finesse
Tout ce que je peux voir parle de finesse
Radically my fashion dreams,
Radicalement de mes rêves confectionnés,
Costumed men and models scream
d'hommes costumés et des cris des modèles
Fame is nothing more than force duress
La célébrité n'est rien de plus que la contrainte forcée
Let them comment of my cold behavior
Laissez-les commenter mon comportement glacial
Beauty has a price that’s paid by greed
La beauté a un prix qui se paye par la cupidité

Where I am
Où je suis
I will stand alone
Je vais rester seul
I don’t need the money
Je n'ai pas besoin d'argent
I do want for much
Je veux faire beaucoup
These two hands
de Ces deux mains
Never will they mourn
Jamais elles ne feront le deuil
I’d rather you not love me
Je préfère que vous ne m'aimiez pas
Before you want too much
Plutôt que vous en vouliez beaucoup trop

Travelling I do forget
En voyageant je n'ai pas oublié
Every single last regret
Chaque dernier regret
Solitarily there is one quest
Volontairement il y a une quête
To my cause I will devote
Pour ma cause à laquelle je consacre
All my passion, note for note
Toute ma passion, note par note
To create and fill this emptiness
Pour créer et remplir ce vide
Freedom that lies underneath
La liberté qui se trouve au-dessous
Let it fall and let them breathe
Laisse tomber et laisse respirer
Bodies are not meant to be so bound
Les corps ne sont pas destinés à être ainsi liés
I’m the dancer of the dance
Je suis le danseur de la danse
Let the socialites in her hands
Laisse les mondains entre ses mains
Let them love me when I’m not around
Laisse les m'aimer quand je ne suis pas là
When they speak their words of my demeanor
Quand ils parlent avec leurs mots de mon comportement
I will let them fuel, wipe their fire
Je vais laisser leur carburant essuyer leur feu

Where I am
Où je suis
I will stand alone
Je vais rester seul
I don’t need the money
Je n'ai pas besoin d'argent
I do want for much
Je veux vraiment
These two hands
que ces deux mains
Never will they mourn
Jamais elles ne feront le deuil
I’d rather you not love me
Je préfère que vous ne m'aimiez pas
Before you want too much
Plutôt que vous en vouliez trop

Fading as I live in isolation
Déclinant comme je vis dans l'isolement
Information spreads that I have left
L'information circule que je reste
For them let it be an education
Pour eux, permettre une éducation
Those who cherish me will not let them forget
pour ceux qui me chérissent et ne laisseront rien oublier

Where I am
Où je suis
I will stand alone
Je vais rester seul
I don’t need the money
Je n'ai pas besoin d'argent
I do want for much
Je veux faire beaucoup 
These two hands
De ces deux mains
Never will they mourn
Jamais elles ne feront le deuil
I’d rather you not love me
Je préfère que vous ne m'aimiez pas
Before you want too much
Plutôt que vous en vouliez trop.

 

Andréa Kotarac, la fracture d'un sérac

La fonte de la République française se poursuit.

Pan après pan Françaises et Français cèdent au Rassemblement National de Marine le Pen. Le mur antifasciste se fissure de toute part et la séduction d'une nation ressoudée autour de valeurs brunes agit de plus en plus sur les consciences républicaines bousculées depuis des mois par le surgissement du mouvement des Gilets Jaunes et la dérive violente de Macron pour contenir et combattre les revendications légitimes de celles et ceux qui manifestent semaine après semaine sur les ronds-points et dans les manifs.

Faire barrage à LREM ne signifie pas ne plus faire barrage à la montée du fascisme. Les lois répressives votées récemment par LREM profiteront d'ailleurs pleinement à la politique d'un parti fasciste au pouvoir. Et Macron en sera le premier responsable tant dans l'avènement au pouvoir du RN que dans l'utilisation facilitée pour ce parti des nouvelles lois policières instituées contre les libertés du peuple qui, bien entendu, ne les abrogera certainement pas une fois le pouvoir conquis.

Il n'y a pas que la fonte des calottes glacières qui fait soucis. La fonte de la calotte républicaine, ce rempart permanent contre les dérives fascistes et dictatoriales d'un Etat démocratique, se poursuit inexorablement. La haine, les troubles interethniques, la guerre civile s'approche de nos vies et Macron Néron en est le grand incendiaire avec ses amis milliardaires qui ne craignent pas Le Pen ni d'ailleurs le pouvoir hégémonique de présidents comme Trump en Amérique ou Poutine en Russie. Plus le pouvoir devient autoritaire et à la botte des pouvoirs financiers plus les milliardaires nagent en toute liberté en mer océanique...alors que le peuple se voit assigner à obéir sous la contrainte d'un Etat policier et à respecter l'ordre des grands seigneurs de notre temps.

Gilet jaune, garde les yeux grands ouverts. Ta République française te trompe encore une fois, une ultime fois, avant la désolation de la guerre civile.

https://www.huffingtonpost.fr/entry/andrea-kotarac-etrill...