23/11/2020

Irresponsable!

Après huit mois de pandémie en Suisse, une première puis une seconde vague dévastatrice d'un point de vue à la fois sanitaire, psychologique, et même économique dans plusieurs secteurs professionnels, beaucoup de personnes ne veulent ou ne peuvent pas prendre leurs responsabilités individuelles.

Cela fait mal au coeur de prendre ses propres précautions pendant des mois, d'éviter trop de contact sociaux, d'essayer d'éviter aux autres ce qu'on ne voudrait pas qu'ils nous fassent en nous contaminant, et de savoir qu'au final, bêtement, on peut se trouver exposer dangereusement au virus parce que des personnes ne prennent toujours pas des mesures de protection immédiate quand elles ont des symptômes caractéristiques, comme de la fièvre et de de la toux, et qu'elles vont, malgré cela, faire des visites à domicile chez d'autres personnes... Savoir s'arrêter et se mettre à l'assurance-maladie devrait être aussi un geste barrière capital parmi les réflexes à prendre quand le virus sévit fortement.

A la fin, après plusieurs jours de cet état "grippal", à attendre stupidement avant de se faire dépister, ces personnes irresponsables  se voient déclarer positives au coronavirus. Elles oublient complètement que durant plusieurs jours, elles ont visité des gens extérieurs à leur famille, des gens qui eux-mêmes vont peut-être accueillir de la famille, voir un ou une ami-e, qui vont continuer à sortir en attendant peut-être de ressentir des symptômes de maladie et surtout d'être mis au courant de la maladie de ces personnes.

Mais comment peut-on aller chez des gens avec de telles symptômes quand on sait que la pandémie fait rage en ce moment!?

Ah oui. J'ai la réponse véridique sortant même de la bouche de ces gens. Ces personnes se croient invincibles face au coronavirus. Parce que cette maladie ne peut toucher que les autres et jamais sa petite personne...

Les gens qui ne savent pas préserver la santé des autres sont comme les hommes qui ne savent pas mettre le préservatif au moment d'un rapport à risque... Irresponsables...

 

22/11/2020

L'empereur Constantinus de Sion a (bien) parlé

On peut de plus en plus affirmer que le boss valaisan a une grande gueule et qu'il n'a certes jamais raison sur tout.

On peut aussi affirmer qu'il est parfois un brin mégalo et colérique mais que dans un pays où tout est trop feutré, trop lisse, trop petit, sauf nos montagnes et Roger Federer, il faut parfois des sacrés numéros 10 pour oser donner des coups de boule à la petitesse et à l'étroitesse de vue des beautiful people. Napoléon se voyait en pharaon d'Egypte. Constantinus de Sion se limite à faire rayonner un club de football au-delà du Valais et de la Suisse. Jusqu'à présent, il a relativement échoué à faire de Sion la grande nation européenne qu'il aurait voulu comme un certain Bernard Tapie avait fait des Bleus de l'Olympique de Marseille un grand club européen à une certaine époque, grâce au fric diront les mauvaises langues. Encore faut-il que les joueurs gagnent les matchs...

Dans la presse dominicale, Constantinus a répondu de façon désobligeante mais comique à la question du journaliste qui trouvait le nouveau maillot du F.C. Sion horrible. Lui, le trouvait beau et adapté au goût du temps covidien et que, par contre, il comprenait que cela ne correspondait pas au goût du journaliste, lui qui met des habits d'il y a dix ou douze ans...

Histoire de fermer le clapet à celles et ceux qui ne pensent pas que nous sommes dans une situation de guerre quasi atomique et qu'il faut adopter  le sérieux de la discipline militaire face à la situation globale de notre planète plutôt que de se mettre en évidence avec des habits de chiffonnier... Le journaliste a du apprécier.

A une autre question concernant Seydou Doumbia, qui l'a traité de fou pour l'avoir mis sous pression puis jeter comme un malpropre, il a répondu sans détour et d'une façon cinglante:

"Je lui réponds que j’aurais bien aimé qu’il se montre solidaire à un moment où son salaire correspondait à un gros multiple de celui d’infirmières qui bossaient très dur, dans une période où les joueurs n’en foutaient pas une rame."

Il m'arrive de bien aimé les empereurs parce qu'eux ils ont le droit à des commentaires radicaux qui respirent la vérité dans cette presse du dimanche.

Vive l'empereur Constantinus! Quand il s'en ira de Tourbillon, il nous manquera très franchement. Je l'aime bien malgré tout son fichu caractère et son titre d'empereur des Alpes. En plus, il nous fait bien rire. C'est toujours beaucoup mieux que d'être un crétin des Alpes qui ne veut rien comprendre à la grandeur de certains propos radicaux...

 

 

 

 

Les bars-restaurants confirment le risque de propagation du virus. Hélas!

Cela semble se confirmer par une statistique grandeur nature à l'échelle d'un pays.

Le rösti graben entre Suisse romande et Suisse alémanique au sujet du maintien ou non de l'ouverture des bar-restaurants montre clairement que cette mesure prise par les cantons romands font diminuer plus vite les risques d'être infectés par le coronavirus dans les cantons qui appliquent cette mesure radicale.

Romands et Alémaniques partagent à peu près toutes les autres mesures obligatoires sauf celles de la fermeture des bars-restaurants où, évidemment, le masque ne peut pas être porté.

Si, en Suisse romande, la fermeture des bars-restaurants a eu un effet très net dans les deux semaines après les restrictions, en Suisse allemande la courbe descendante de l'infection est moins prononcée malgré les autres mesures prises en commun avec la Suisse romande (port du masque obligatoires dans les lieux publics fermés comme sur des places publiques bondées, rassemblement de maximum 5 personnes, etc.).

Donc, malgré toutes les mesures sanitaires prises par les restaurants (distance entre les tables, désinfection des mains à l'entrée, personnel masqué), le virus semble relativement bien circulé, de façon relativement importante loin du lieu d'origine de la propagation, à travers les micro-gouttelettes que nous laissons dans l'air quand nous parlons ou rions sans masque sur le visage.

Les bars-restaurants devront donc absolument faire respecter les distances et l'hygiène des mains à leurs clients lors de la réouverture et si possible inviter ceux-ci, par un visuel supplémentaire, à porter le masque quand ils ne sont pas en train de manger. Cette mesure supplémentaire étant très peu conviviale, il est à craindre qu'elle ne soit pas suivie et pire encore qu'elle fasse fuir carrément la clientèle qui préférera encore manger au bureau ou sur un banc public plutôt que de s'astreindre à cette mesure peu sympathique.

Désormais, il semble que le vaccin, une fois prouvé son efficacité et sa non dangerosité pour la population, soit devenu l'arme indispensable pour éviter tout autre confinement à l'avenir et que les gens puissent retrouver le sourire et la liberté de parler, de rire, et de s'embrasser sans craindre de transmettre ou d'attraper cette saloperie de virus. Encore faudrait-il que ce virus, comparable, semble-t-il, à celui de la grippe par sa capacité à muter, ne nous joue pas d'autre mauvais tours dans le futur.

Courage restaurateurs et restauratrices, cuisiniers et serveuses, plongeurs et dames de buffet, nous allons sauver notre profession car il est clair que sans bars ni restaurants, les villes et les campagnes ne pourraient survivre à ce désastre communautaire et économique.

Des restaurants et de la culture, même combat. Il ne faut pas baisser les bras. A Berne aussi, une place fédérale sans bistrots et sans bars c'est comme un désert sans oasis et sans joie de vivre ensemble dans une démocratie épanouie et heureuse.

 

 

21/11/2020

Filmer la police? Un droit de légitime défense et de citoyenneté

Pour que la justice d'un pays démocratique fonctionne, il y faut de l'équilibre et de l'équité.

Si, d'un côté, la police peut filmer ses propres intervention lors de manifestations publiques ou lors de l'arrestation d'un individu et que de l'autre l'oeil public ne peut plus apporter un témoignage visuel sur une scène de violence, l'équilibre démocratique est rompu et nous tombons dans la manipulation des faits à l'avantage des policiers dont la parole et le témoignage valent plus que la parole et le témoignage de simples citoyens. De plus, la police aurait l'avantage de ne montrer que les images qui l'arrangent devant la justice en détruisant ou en cachant les images qui ne la mettent pas à son avantage. Le témoignage filmé du public vient donc contre-balancer les éventuelles abus de pouvoir et la falsification toujours possible d'une intervention musclée. La police n'a pas pour principe de base d'accuser son propre corps à son détriment mais bien de défendre l'intégrité morale et la justesse de son intervention. Si un ou des flics dérapent lors d'une intervention, leur hiérarchie peut vouloir essayer de défendre les femmes et les hommes qu'ils ont sous leurs ordres au détriment de la partie civile adverse peut-être coupable d'un délit mais non coupable et finalement victime d'une dérive policière violente toujours possible et potentiellement plus grave que le délit lui-même.

Plus grave, sans caméra "civile" la citoyenne et le citoyen seront démunis de leur seul outil de protection pouvant amener la preuve irréfutable d'une violence policière réalisée et, potentiellement, la population sera plus souvent soumise à des interventions musclées et des brutalités policières arbitraires qui auront alors les coudées franches pour "taper dans le tas" sans précaution d'usage et sans utilisation proportionnelle de la force policière. Donner ce pouvoir-là à la police est déraisonnable et injustifiable dans une démocratie qui respecte ses principes.

En France, pays particulièrement animé et agité par des manifestations de rue, il est impensable que la police puisse rendre aveugle les citoyens et citoyennes alors qu'elle garderait tout loisir de filmer à son avantage le déroulement d'une manifestation et les éventuelles dérives de violences de rue. C'est comme si, sur un terrain de football, l'équipe visiteuse était privée du visionnage des interventions litigieuses dans les seize mètres et que seule l'équipe à domicile pouvait voir les images et décider quand il y a penalty et quand il n'y pas penalty. Cette situation ouvrirait la porte à tous les abus de la part de l'équipe à domicile. La police n'est pas l'arbitre. C'est la Justice qui est la seule arbitre lors de violences de rue commis de parts et d'autres.

La démocratie ne peut pas exister sans justice. La police au service du peuple ne peut pas exister sans justice et équilibre des forces. Je rappelle un des slogans préférés des manifestants et manifestantes:

"POLICE PARTOUT. JUSTICE NULLE PART."

 

 

19/11/2020

Black Friday: watriner le Grand Capital par nos achats responsables

J'aurais du écrire dans le titre de ce billet: "défenestrer le Grand Capital par nos achats responsables".

Amazon et beaucoup d'autres remplissent leurs poches de Gargantua pendant que le petit commerce, les bistrots, la culture, crèvent et que nos infirmières, aide-soignants, docteurs et doctoresses luttent d'arrache-pied pour sauver des vies sans que le Grand Capital ne soit atteint ne serait-ce que d'une pichenette fiscale supplémentaire par nos Etats.

Dans les mesures d'urgence prises à Berne ce mercredi, aucune surtaxe Covid n'est encore prévue alors que les caisses fédérales et cantonales se vident gentiment de leur fortune.

Qui va payer à la fin? Ah oui. Les footballeurs parce qu'ils rapportent des impôts et qu'il faut donc les protéger durablement durant leur courte carrière de footballeurs. Après, ils ne paieront plus d'impôts sur le revenu mais un tout petit peu sur leur fortune fabuleuse...

Mais l'ouvrier, la caissière, la cuisinière, le serveur, eux tous et toutes vont continuer à payer des impôts sur leur salaire assez minable, réduit à 80% par ailleurs en temps de covid et de chômage imposé par l'Etat, et cela jusqu'à leur retraite et même après leur retraite. A la fin, c'est le footballeur, peut-être devenu handicapé physique (dixit Ueli Maurer), vieux et brisé à 30 ans après une carrière sportive de 10 ans, qui ne peut plus travailler et gagner un revenu, ou bien le citoyen de base qui fait tourner le pays et qui aura payé le plus d'impôt à la communauté pour un salaire dix à 20 fois moins élevé? Bonne ou mauvaise question?

Et puis voilà. C'est le jour maudit du Black Friday qui se pointe, modèle commercial américain qui fait courir les foules, affamées et mise en condition de servage par le matraquage publicitaire, dans les grandes surfaces pour profiter de remises de prix "extraordinaires". Mais actuellement, c'est bien pire encore. Dans certains endroits, les produits considérés non essentiels par l'Etat toujours, ne peuvent être distribués que par le commerce virtuel et les services de poste à domicile. Ce sont donc les géants de l'industrie mondialisée qui gagnent encore des parts de marché de plus en plus importantes sur le petit commerce et l'industrie locale qui crèvent sa race.

Si j'étais petit commerçant et devais inventer un slogan pour ce Vendredi Noir, je placarderais dans ma vitrine:

WATRINEZ AMAZON ET CIE

ET VISITEZ-MOI DES QUE POSSIBLE.

JE PENSE DONC JE SUIS BE-COMMERCE.

Cela devrait faire courir les gens sur Google afin de se renseigner sur l'origine du verbe watriner aux temps où les petites gens descendaient à la mine pour servir, à leur grand détriment, le Grand Capital de l'époque...

Mais cela est une autre histoire que je vous raconterai un autre jour à travers la double face d'une médaille inconnue...