09/12/2020

Une stratégie de plus en plus invisible

On navigue à vue dans un brouillard covidien des plus épais!

Le pays, notre pays, ne sait plus où il va et avec quel capitaine il y va.

Il faudra comprendre la rage, la colère, l'incompréhension des restaurateurs et des restauratrices romand-e-s qui ont subi les décisions cantonales de fermeture de leurs établissements, il y a un mois de ça, afin de sauver le pays d'une expansion incontrôlée et dramatique de l'épidémie.

A l'époque, nous imaginions bien que tout cela allait finir par une fermeture globale pour toute la Suisse parce que le virus agit indifféremment qu'il terrasse Genève ou Zurich. Nous avons perdu 5 semaines dans notre lutte contre le coronavirus. Il aurait fallu que la Confédération décide et non qu'elle oblige les cantons à décider par eux-mêmes des mesures à prendre pour sauver les fêtes de fin d'année.

Nous avions déjà eu un avant-goût du désastre confédéral au printemps dernier lorsque certains cantons avaient voulu choisir leur propre chemin et croyaient bon de décider individuellement sur un sujet qui touche toute l'économie et la santé du pays. La Confédération y avait mis fin avec souplesse mais fermeté. Nous étions dans une guerre contre une terrible maladie qui dévaste physiquement et moralement la population. Pas question que chaque canton apprête à sa sauce la lutte contre l'épidémie.

Nous n'avons pas voulu gérer ce virus comme une guerre et un ennemi mortel qui demandait pourtant un commandement sans faille et, dès lors, nous avons fait du tourisme régionale avec ces colonels et capitaines cantonaux qui inventent leur propre stratégie tournant essentiellement autour d'une économie comptable glaçante et des idées parfois farfelues qui heurtaient les milieux les plus concernés par les mesures (culture, restauration, commerce). Plus aucun QG central ne semblait alors existé avec un général respecté aux commandes, la Confédération. Plus de scientifiques et de spécialistes pour prévenir du danger imminent du prochain iceberg viral. Tout le monde avait été viré après la fin de la première vague et remercié pour bon travail accompli. Comme si le virus en avait fini avec nous. Comme si la guerre avait été gagnée définitivement. Comme si la Suisse avait été excellente à tous points de vue et qu'elle avait obtenu un bouclier d'or de droit divin contre le coronavirus.

Hier matin, anecdote totalement marginale, j'ai acheté mon abonnement mensuel pour aller travailler ce jour afin de préparer la réouverture du restaurant jeudi. Hier soir, j'écoutais la conférence de presse de dernière minute du Conseil fédéral. Berne ne se rend pas compte. Les patrons et patronnes, en Suisse romande, deviennent cinglé-e-s et perdent leurs nerfs. Ils frisent la dépression et ont un sentiment d'impuissance et de gâchis immense face à ce nouveau coup de théâtre. Quant aux employé-e-s, ils savent déjà que leurs salaires seront de nouveau revus à la baisse. Cela fait depuis mars dernier que le personnel subi des pertes salariales et qu'il est traité un peu comme du personnel à la demande par le patronnat qui peut ainsi profiter de la mise en place des RHT pour dire quand et à quelle heure il faut venir au travail et en repartir.

Les salaires de base étant parmi les plus bas du pays, cette situation est tout simplement scandaleuse. Les familles ne savent plus comment faire pour éviter l'endettement. Et on demande encore une fois à la branche de sauver le pays d'un désastre encore plus grand.

Si les bistrots ouvrent en journée et ferment le soir, ceux qui n'ouvrent que durant les heures de repas ne pourront pas survivre sans aide massive de l'Etat. Le service de midi étant celui des plats du jour - où la marge bénéficiaire est très réduite - et du manger bon marché, aucun patron ne pourra gagner sa vie sur un demi-service qui servirait alors à payer à raison de 40%-50% le salaire des employés. Le reste étant à la charge des RHT payés sur une base de 80% du salaire. Les patrons font leur (petite ou grosse) part de bénéfice en soirée avec les repas à la carte, les bonnes bouteilles de vin, les desserts, le renouvellement des tables - jusqu'à trois voir 4 fois - pour certains établissements qui font de très long horaires de service entre 18 heures et 23 heures.

Le coup de massue imposé à la branche par la Confédération, en totale improvisation, fait de la peine à voir.

Aujourd'hui, je suis sensé aller organiser notre réouverture, mettre en place les frigos, préparer les mises en place. Je ne sais pas ce que nous allons faire ou pas faire comme préparation et je ne sais même pas que va décider notre patron. Laissera-t-il fermer le restaurant à cause des nouvelles directives fédérales? Ouvrira-t-il avec une carte très réduite pour le midi? Jeudi et vendredi soir seront-ils les seuls soirs où nous pourrons travailler avant le 20 janvier prochain?

Savent-il à Berne que des centaines de milliers de gens en Suisse ne savent plus combien sera le montant de leur salaire durant cet hiver 2020-2021 et s'ils auront encore un travail au printemps prochain?

Berne a voulu satisfaire les cantons et Gastrosuisse. Par son attitude un peu trop libérale, Il n'a fait que jeté plus de détresse et plus d'incertitude sur les patrons et les centaines de milliers d'employé-e-s de la branche.

Demain est un autre jour covidien.

 

 

 

08/12/2020

Le festin helvète en temps de peste

 

 

Boire ton calice jusqu'à la vie

 

Il est des pays trop sages

qui se hâtent à la Fête

 

Ils n'ont qu'en tête

ce que les divins mages

préparent au poison mortel

 

De leur élixir de jouissance

au sacrifice sur l'autel

ils tendent leurs cous délicats

au billot de la Grande Faucheuse

riant et butinant à la table

de fausses saintes religieuses

mêlant le vice au sacrifice

le requiem à la fin

l'amour à la mort

la peste au festin

le vin jaune au lubrifiant hydroalcoolique

le désinfectant infect à l'eau de l'alcoolique

la responsabilité dogmatique à l'ivresse libertine

le masque bleu hygiénique

au masque noir vénitien

 

Eros et Thanatos

invités au Bal des Sentiments Paradoxaux

froide distance sociale dans la rue

chaude licence nuptiale sous les jupes

ordre protocolaire fédéral respecté

désordre épistolaire sous la couette

 

Miroir aux alouettes

du vaccin protecteur et rédempteur

enfant Jésus de la science

et pirouettes cacahuètes

des tests covidiens

royaume de la reine des neiges

se brisant le nez

sur la chaise d'un télésiège

 

Il était un brave petit homme

habitant cet étrange pays

tout en cartoon de Chappatte

avec deux t et deux p

pour retomber sur ses pattes

un pays partant à vau-l'eau

enfermé dans son palais bidon

jouant au dindon de la farce

pour satisfaire à la gastronomie

sous les auspices de l'astrologue virologue

et son Joker ricaneur

 

Noël prenait alors des airs de sale garce

avec sa hotte pleine de dollars sinistres

les statistiques des pompes funèbres

et cette traîtresse au grand coeur

prêtresse protocolaire des orgies

Nouvel-An pris sous la glace

avec ses drôles d'allures

de vierges effarouchées

et de volcan en fusion

où les corps et les chairs déchaînés

s'entremêlaient dans une frénésie

de bacchanales secrètes

dont personne ne voulait plus voir

la tragique réalité

afin d'éviter tous les scandales

de ces morts pour rien d'autres

que la survie économique confortable

 

De Genève à Romanshorn

en passant par Verbier et Montana

les Helvètes avaient soif à la vie

soif de retrouver le goût

de l'odorat, du goût, du toucher

quitte à tout perdre

 

Cette frénésie portait un nom:

Libération post-pandémie

comme après l'armistice en quarante cinq

et la chasse aux nazis

 

Il fallait sauver la saison des amours

quitte à en mourir

Il fallait réinventer la liberté

quitte à affronter la camarde

sur un air du requiem de Mozart

Il fallait inviter Sade et le Mal

pour extirper le Bien de nos corps

Il fallait aller au festin de Pouchkine

au son des balaïka

et jeter à la peste notre défi ultime

face aux ukases de l'Ordre

et son Diktat criminel:

 

Ecrire des haïku percutants

des saignées sur ton corps pour revivre

des saillies sur ta peau:

 

Ton corps éveillé

ma solution inerte

génome couronné

 

De plaisir mourir

directives de tes mains

doigts gelés d'hydre

 

In fine

Boire ton calice jusqu'à la vie

 

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Andromède et Persée, Fritz Pauli, 1965

 

Pour aller plus loin, Le Festin en temps de peste, Pouchkine:

https://www.persee.fr/doc/litts_0563-9751_1994_num_30_1_1...

 

 

07/12/2020

Le grand feu festif puis la nuit?

Difficile de retourner au turbin avec le corps tranquille et détendu comme au printemps dernier.

Nous étions alors à moins de 50 cas d'infection en moyenne pour toute la Suisse au moment de rouvrir les bars-restaurants.

Aujourd'hui, à  J-3, nous sommes entre 50 et 100 cas quotidiens pour le canton de Neuchâtel sur la seule dernière semaine, soit la situation de la deuxième semaine d'octobre, soit à trois semaines de la fermeture des restaurants durant la seconde vague, acte I.

Car oui. Avec de telles statistiques, il y a de très fortes probabilités d'une seconde vague acte II avec un retour au confinement pour la gastronomie d'ici à fin janvier.

D'autant que nous allons traverser la période la plus risquée de l'année avec les réunions familiales et festives en milieu fermé.

Alors oui, vraiment, notre profession est à grand risque économique et sanitaire.

Personnellement, depuis le début de la pandémie, je n'ai visité mon père qu'après avoir observé un minimum de 4 ou 5 jours à la maison et je l'ai fait sans embrassade ni prise dans les bras.

En décidant de rouvrir les restaurants, il va de soi que les travailleurs et travailleuses de la branche risquent malheureusement d'exposer sérieusement leurs parents et leur famille à la covid durant les fêtes.

Nous pouvons évidemment croiser les doigts et prendre toutes les mesures d'hygiène nécessaire au sein même du restaurant mais il est clair que passer sa journée entre transports publics bondés et restaurant où les gens ne porteront pas de masque ne porte pas à un enthousiasme débordant et serein pour traverser les fêtes de Noël et Nouvel-An ainsi que de fêter avec nos parents à la retraite.

Sans compter que l'on voit poindre la réplique du séisme de novembre pour fin janvier déjà.

Qui a dit que les petits métiers étaient des métiers qu'il fallait mépriser et laisser à l'ombre des élites qui prennent tellement plus de risques et font tellement plus d'efforts pour réussir leur carrière et avoir ainsi droit à des salaires élevés bien au-delà du minimum vital?

 

 

 

 

06/12/2020

Gustave Courbet, Félix Pyat, et la colonne Vendôme

Gustave Courbet, le peintre; Gustave Courbet, le Communard.

Les journaux d'aujourd'hui parlent beaucoup du peintre et dessinateur célèbre Gustave Courbet, entre autre de son tableau "L'Origine du monde" qui a été très récemment censuré par Facebook.

Mais on y parle très peu, voir pas du tout, du rôle qu'il a tenu durant les évènements de la Commune qui l'ont poussé à émigrer en Suisse et à finir sa vie ici.

Le peintre a été l'instigateur de la destruction de la colonne Vendôme. Mais en réalité, il en aurait voulu seulement le déplacement dans un autre lieu de Paris. Ceux qui prirent la décision de sa destruction étaient alors membres de la Commune (décret du 12 avril 1871) alors que Courbet ne sera élu, lors d'une élection complémentaire, que le 16 avril, soit 4 jours plus tard. Le décret condamnant l'édifice a été écrit et proposé par Félix Pyat devant le comité d'exécution et les membres de la Commune ont voté en faveur de sa destruction ce 12 avril 1871. La colonne sera déboulonnée le 16 mai 1871.

En réalité, on attribue le mérite de cet acte manqué à Gustave Courbet parce qu'il s'en accuse lui-même et s'en fait l'instigateur unique par un coup publicitaire en promettant d'en payer le coût de sa reconstruction à l'identique bien qu'il trouva cet objet d'art érigé à la Gloire de Napoléon laid et sans aucune valeur artistique.

Cela lui coûtera finalement son exil en Suisse pour tenter d'échapper à la ruine totale ( le Gouvernement français du président Mac Mahon lui confisquera tous ses biens et ses toiles en 1873 et le condamnera effectivement à payer le coût exorbitant de la reconstruction de la colonne alors qu'il n'a ni voté en faveur de sa démolition ni participé à la destruction de la colonne!

Félix Pyat et Gustave Courbet ne semblent pas avoir été les meilleurs amis du monde. En tout cas, il n'y a pas vraiment de trace qui lie les deux hommes par un lien affectif. Sauf une caricature énigmatique de Courbet, Jeu Caméléonien, où 4 personnages de la Commune, dont Courbet lui-même et Pyat, sont représentés.

On peut y voir un Félix Pyat plongé dans une marmite d'eau brûlante, les deux autres personnages représentés, Delescuze et Vermorel, sont aussi des élus de la Commune et tous les trois sont des journalistes de l'époque, entre autres casquettes. Courbet se représente quant à lui en élu de la République tandis que la tête de Delescuze repose sur le corps d'un animal (un lapin?) et que Vermorel a carrément sa tête à l'envers sortant comme un diable de sa boîte (partie de la boîte placée en bas de la caricature sous laquelle on peut lire:

"Découper le contour et le filet marqué au milieu.

Tous se transforment et n'en voient pas mieux."

Il n'y a hélas pas de littérature accessible sur le Web expliquant les tenants et aboutissants de cette énigmatique caricature de Courbet. Je ne peux donc vous fournir des infos à son sujet et si cette caricature a un quelconque lien avec la chute de la colonne Vendôme, la condamnation exclusive de Gustave Courbet, et la sentence phénoménale qui exige de lui qu'il participe dans sa totalité au coût de la reconstruction de la colonne historique!

En tous les cas, on peut éventuellement comprendre pourquoi Pyat et Courbet ne semblent pas avoir été les meilleurs amis du monde.

Gustave Courbet ne s'attendait sans doute pas à ce que lui seul se retrouve à porter le chapeau dans cette affaire.

Solidarité qu'ils disaient les Communards de l'époque. Parfois il est difficile de comprendre les motivations des uns et des autres. Un peu comme au temps des Gilets jaunes.

Jeu Caméleonien

(titre en référence au jeu Napoléonien?)

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Pour aller plus loin et références:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Courbet

https://www.pinterest.ca/pin/431149364296571673/

https://histoire-image.org/fr/etudes/colonne-vendome-debo...

https://macommunedeparis.com/2016/06/16/non-la-commune-na...

https://www.pariszigzag.fr/secret/histoire-insolite-paris...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonne_Vend%C3%B4me

https://www.rts.ch/info/culture/arts-visuels/10842397-gus...

 

  

03/12/2020

Un hiver suisse

Les coffres sont vides. Il n'y a plus d'or en Suisse.

Mais il reste des travailleuses et des travailleurs qui font tourner le grand Capital, des petits patrons qui n'attendent plus de pouvoir rouvrir leurs restaurants, des stations de ski qui veulent faire comme si la neige et le grand air permettaient d'abattre à la fois la morosité ambiante et le virus.

Dans une semaine, il faudra bien reprendre le travail. Mais comme en 14, je ne sais pas si nous, les plus âgé-e-s qui n'avons pas atteint l'âge de la retraite, on ne nous envoie pas à la boucherie pour finir  notre existence sur un lit d'hôpital étendu sur le ventre avec des tubes partout et une famille nulle part.

Il faudra aller au contact de nos clients et clientes ainsi que de nos collègues de travail. Il faudra travailler dans des locaux se remplissant chaque jour de plusieurs dizaines de personnes non masquées cédant leurs places à d'autres dizaines de personnes après avoir mangé rapidement pour laisser place libre. Au suivant! chantait Jacques Brel. Oui. C'est bien ça. Au suivant!

Evidemment. Il faut savoir rester optimiste, s'imaginer qu'on a une constitution robuste depuis le temps qu'on travaille comme des bêtes de somme. Il faut se dire que face au virus, on est comme des résistants anarchistes face au Grand Capital: "NO PASARAN!". Le covid ne passera pas la rampe de nos narines. Nous le terrasserons avant à coups de gel hydroalcoolique, de masques, et de distanciation sociale.

Il y a des jours où j'aurais aimé vivre au temps de Louise Michel et avoir le courage de paraphraser cette fameuse tirade de la passionaria du peuple à Alain Berset:

« Ce que je réclame de vous, c'est le poteau du Covid-19 (de Satory) où, déjà, sont tombés nos frères ; il faut me retrancher de la société. On vous dit de le faire. Eh bien, on a raison. Puisqu'il semble que tout cœur qui bat pour la liberté n'a droit aujourd'hui qu'à un peu de virus (de plomb), j'en réclame ma part, moi! »

J'ai un peu la bizarre impression que pendant que les jeunes s'éclateront sur les pistes, d'autres, plus vieux, dans les hôpitaux de la charité, des vieux médecins, des vieilles infirmières, des vieilles cuisinières, des vieux serveurs, des gens au service d'autrui, risqueront encore et toujours leur peau pour faire tourner l'économie ou sauver des vies avant de passer à leur tour sur un lit d'hôpital.

On dit que ce virus touche tout le monde. Oui. C'est vrai. Economiquement c'est vrai, quoi que. Du point de vue des restrictions, c'est vrai, quoi que. Mais si on y regarde de plus près, ce sont les vieux et les personnes dites à risques qui sont réellement décimés pour de vrai et définitivement par ce virus, les vieux qui se retirent et s'en vont dans un silence de plomb avec des statistiques de plus en plus effrayantes. Des homes pour personnes âgées touchés à 100% par le virus dans le canton de Neuchâtel. Cela fait froid dans le dos des montagnes neuchâteloises mais cela ne fait plus qu'une brève dans le journal du matin. Loin du bal, loin du coeur!

Un vieux, ça doit crever. Certes. Mais quand t'as marché toute ta vie au marche et crève pour tes enfants, les jeunes d'aujourd'hui, à travers une vie de boulot éreintante, tu aimerais bien jouir un tout petit peu des cotisations sociales que tu as versé durant ton existence avant de crever définitivement et tirer ta révérence sans forcément imaginer que c'est sans doute l'intubation et le coma artificiel qui t'attendent à la fin.

Et puis un vieux, une vieille, qui a bien vieilli ça possède une tête bien remplie, en général, et pas qu'une misérable cervelle de plomb très égoïste qui ne pense qu'à la prochaine diffusion du virus en boîte de nuit (je parle pour les quelques jeunes qui n'ont pas trop de cervelle, pas pour les autres qui ont des ailes bien faites pour voler dans la vie et qui s'éclatent avec respect).

Un vieux, une vieille, mine de rien, ça peut encore servir comme dirait un mécanicien qui s'occupe d'une vieille ferraille affichant des millions de kilomètres au compteur.

Enfin voilà. J'avais envie de vous faire part de mes états d'âme avant la reprise après le second confinement et le grand éclatement citoyen de Noël et Nouvel-An.

Toujours là pour vous servir, le cuisinier anarchiste saura encore vous nourrir rapidement et avec amour durant ces fêtes.

Au plaisir de vous retrouver, chères clientes et clients, en attendant la troisième vague et le chômage technique qui nous accordera le 80% de notre salaire pour faire baisser le taux de contamination nationale. Et encore, il faudrait pas que mon patron ferme définitivement sa boîte par lassitude et peur de se choper le virus, lui aussi. Pensez-y quand vous, braves gens qui n'avez pas perdu un seul centime durant la période covid, chausserez vos lattes et irez passer des soirées romantiques en bonne compagnie au coin du feu de votre chalet loué.