13/04/2018

Carmen et Camille, le papillon de la ZAD

Ils sont venus semer

le désordre et la terreur

sur le bocage.

Ils sont de tous les blocages.

Nous sommes de tous

les enfantillages.

Ils sont de tous les saccages.

Nous sommes de tous

les mirages.

Ils sont de tous les pillages.

Nous sommes de tous

les mariages.

Ils sont de tous les naufrages.

Nous sommes de tous 

les sauvetages.

 

Carmen et Camille

vivent du recyclage

de leurs déchets lacrymogènes,

de leur grenades criminogènes.

Ils dessinent des arabesques

et font des gestes barbares et grotesques

des forces du désordre

des contre-ordres anarchiques

créant des oeuvres subliminales,

des oeuvres sublimes et ultimes,

des oeuvres sans prix

et hors de prix.

 

Ne méprisez pas les Zadistes

et leur non-violence.

Ils créent l'avenir de l'Humanité.

Ne méprisez pas leur courage,

leur honneur, leur audace,

leur façon de se jeter dans la vie

comme ils se jettent dans les flammes

des gaz et des grenades

au risque de perdre leur vie.

 

Carmen et Camille

sont la vie future.

Carmen et Camille,

c'est le papillon que je t'offre

avec les restes des crimes

de ce gouvernement provisoire

qui a volé la parole du peuple

pour la donner aux violents,

aux violeurs de terres,

aux faiseurs de guerre,

à ces gens qui transforment

peu à peu le monde

en mille Syrie,

en mille Bagdad,

en mille désastres contemporains.

 

A toi ce papillon contemporain sans prix

et hors de prix,

cette oeuvre d'art née

du recyclage de leurs crimes,

cette oeuvre née sur la Zad

de Notre-Dame de la Lande.

 

https://reporterre.net/Zad-de-Notre-Dame-des-Landes-l-ope...

https://www.ouest-france.fr/environnement/amenagement-du-...

 

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CARMEN & CAMILLE

 

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Je suis le sage, le fou, le débile

 

Je viens du Sud,

je viens d'Orient,

je suis Normand,

je suis Paysan.

 

Je suis nomade

et mon coeur bat la chamade.

Je suis le chameau

qui chasse la fée Carabosse

et son gouvernement militaire.

De mon corps je protège la Zad.

 

Je roule des pelles

aux abeilles et aux papillons

tandis qu'ils détruisent

de leurs pelles mécaniques

des lieux de vie et d'émerveillement.

Je nique les armées

de mon petit air mutin

et je suis République la putain

qui tient la zone

de son pied de grue

accolée au tronc de son arbre.

Je suis la fée de Merlin

et je donne mon corps

au magicien de mon coeur.

 

Je suis le sage, le fou, le débile,

irradié de folie et de mots,

et je m'oppose

à l'association de malfaiteurs

qui fait des poètes des terroristes,

des hors-la-loi, des infréquentables,

des femmes, des enfants, et des hommes

à évacuer

au nom de leurs privilèges confortables,

des femmes, des enfants, et des hommes

à évacuer

loin de leur maison,

loin de leur poésie,

loin de leu lieu de vie

comme des malpropres,

comme des interdits

de territoire

comme des maudits

et des malfrats,

comme des migrants

s'installant sur une terre

qui ne leur appartient pas.

 

Propriété privée

mais d'où vient ce triste langage?

Propriété intellectuelle

mais d'où vient ce vaniteux verbiage?

Mon cerveau est libre

de donner gratuitement

à celle ou celui

qui veut de mon pain

quand je le veux

où je le veux

avec qui je veux.

Mon cerveau est libre

de poser mon chapeau

et à votre bon coeur

M'sieur Dame

si ma prose et mes vers

vous font bander de joie,

bondir de bonheur,

et cracher votre fiel sur le grand dictateur

vous pouvez jeter votre pièce

si le coeur vous en dit.

J'en ferai du miel et du jasmin.

 

Je suis le nouvel homme

qui ne croit plus

en leur bonne parole

et qui chasse les fascistes.

Je suis la nouvelle femme

qui ne vend plus son corps

pour du Boss ou du Klein

et se fait esclave du système.

Je suis tout et je suis rien.

Je suis Ulysse et je suis personne.

Je suis Camille et Carmen.

Je suis Cent Noms

et je me reconstruis

à chaque fois

que l'on me démolit.

Je suis poète et anachorète,

religieux sans religion,

amoureux de l'amour,

de la nature, et des gens.

Amoureux de la plus belle fille

de la Terre.

Amoureux en guenilles,

épouvantail à capitalistes

tenant nos millevignes

afin que nos raisins de la colère

grandissent dans la paix

et produisent un vin divin.

 

"Irradié,
Irradié,
Irradié, je suis le sage, le fou, le débile.
Je suis du village l`idiot et j`entends les rumeurs de la
ville.
J`entends les passages cloutés berçants les piétons sages
Au rythme des feux verts dans le désert des embouteillages."
 

J'entends les clous de leurs bottes perçant les zadistes sages

au rythme de leurs feux rouges dans le désert de leurs engrenages.

J'entends les grenades de leur cervelle explosées nos coeurs fidèles

aux lois de la nature verte dans le désert de nos nuits volages 

 

Je suis le bocage normand

qui surgit derrière la futée

et je suis le sauvage irradiant

la terre de ses yeux amoureux.

Je suis une zone à défendre

contre l'absurdité de leur monde

et leur soif de tout voler

aux pauvres et démunis,

leur faim de tout saccager

et de détruire notre planète meurtrie.

 

Aux Zadistes, aux artistes de la jungle,

à Mowgly et sa copine

qui vivent à Notre-Dame des Landes.

12/04/2018

ZAD, Zone humide à défendre...attention gaieté et joie de vivre

Bel hommage de Marc Hatzfeld, sociologue et ethnologue, aux zadistes.

Par les temps qui courent et face à la désinformation des médias et des gouvernements, cela fait toujours du bien de lire quelques vérités autres que la propagande officielle qui sévit partout...

A celles et ceux qui ont envie de lire autre chose c'est ici. L'ouverture d'esprit ne se limite pas à ouvrir tous les micros à ce cher Emmanuel Macron et de faire passer sa parole pour parole d'Evangile néolibérale.

http://www.liberation.fr/debats/2018/04/11/honneur-aux-za...

On enterre Jacques Higelin cet après-midi au Père Lachaise. Alors honneur au poète.

 

Mais nous sommes déjà morts, cher Pascal!

Ensevelis par l'ultra-libéralisme,

décriés et démolis par l''ultra-catholicisme,

nous sommes bien morts

et j'étais déjà mort

dans les bras de maman

entre son curé de Dieu et son pape Paul XI

et les révolutionnaires maoïstes

qui m'entraînaient en enfer;

entre culpabilité du péché

de jouer avec mon zizi

et jouissance sans entrave

promue par les chevelus de Satan.

 

Allons Pascal.

Ne faites pas semblant

de croire que nous avons existé

ne serait-ce qu'un jour

au coeur de votre média.

Nous n'avons tout simplement

jamais existé,

rayés de la carte par les opportunistes

genre Dany le Rouge justement.

Rayés de la carte, hier,

par celles et ceux qui sont au pouvoir,

qui ont laissé et même bien participé

à la jouissance sans entrave

des dinosaures de l'ultra-capitalisme.

Rayés de la carte, aujourd'hui,

à notre Dame-des-Landes

pour insubordination à la Loi,

rêves utopiques d'amour et de paix,

d'amour et d'eau fraîche.

 

Éradiqués de nos droits

de vivre légers comme l'air

par ces poids super lourds

ces gougnafiers de la Bourse,

ces bons à rien

qui vivent de la rente

sur le dos des travailleuses et travailleurs;

ces Présidents providentiels

qui ont su leur octroyer légitimité tous azimuts,

leur droit d'écraser le peuple

sous des tonnes d'injures et de mensonges,

des plans médias diaboliquement tentant

pour le peuple qui y a cru si longtemps,

malgré des décennies de déclassement social,

des mises aux oubliettes

de leurs conditions sociales exécrables

mais bien secrètes.

 

Je suis un rescapé de la rue.

Je suis un revenant du bordel.

Donc, je peux en témoigner.

Je suis un miraculé de la dèche

et de l'oubli par les médias.

Mais j'ai tout perdu

dans cette affaire

sauf le goût du combat

et de la justice.

Et surtout tout perdu

sauf l'amour.

 

Allons Pascal.

N'écrivez pas

"Ouste. Encore une décennie

et ils seront tous morts

ces vieux croûtons soixante-huitards."

Nous avons été si souvent

morts plutôt que vivants

quand le fond du trou

nous appelait.

Alors, dans une décennie,

nous serons plus vivants

que jamais

nous les seul(e)s rescapé(e)s

de ce joli mois de Mai 68.

 

J'avais 9 ans en ce temps-là.

Mais Gavroche était aussi gamin

et mon petit frère m'appelait

justement "le gamin"

même quand j'eus, plus tard, 17 ans.

 

Qui sont nos gamins d'aujourd'hui,

cher Pascal?

Zadig le zadiste de la Lande?

« Paris a un enfant et la forêt a un oiseau ; l'oiseau s'appelle le moineau ; l'enfant s'appelle le gamin.
Accouplez ces deux idées qui contiennent, l'une toute la fournaise, l'autre toute l'aurore, choquez ces étincelles, Paris, l'enfance ; il en jaillit un petit être. Homuncio, dirait Plaute.
Ce petit être est joyeux. Il ne mange pas tous les jours et il va au spectacle, si bon lui semble, tous les soirs. Il n'a pas de chemise sur le corps, pas de souliers aux pieds, pas de toit sur la tête ; il est comme les mouches du ciel qui n'ont rien de tout cela. Il a de sept à treize ans, vit par bandes, bat le pavé, loge en plein air, porte un vieux pantalon de son père qui lui descend plus bas que les talons, un vieux chapeau de quelque autre père qui lui descend plus bas que les oreilles, une seule bretelle en lisière jaune, court, guette, quête, perd le temps, culotte des pipes, jure comme un damné, hante les cabarets, connaît des voleurs, tutoie des filles, parle argot, chante des chansons obscènes, et n'a rien de mauvais dans le cœur. C'est qu'il a dans l'âme une perle, l'innocence, et les perles ne se dissolvent pas dans la boue. Tant que l'homme est enfant, Dieu veut qu'il soit innocent.
Si l'on demandait à la grande et énorme ville : Qu'est-ce que c'est que cela ? elle répondrait : C'est mon petit. »

Victor Hugo

 

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2018/04/11/soi...

 

Pour vous, cher Pascal,

une chanson de gamin.

 

 

11/04/2018

Tu es Zad?

Tu es Zad?

Tuer la Zad?

Tu es Zad?

Je suis Zadiste.

Si je suis mort

alors je défie la mort.

J'occupe la zone à défendre

et la zone à défendre

c'est la France,

c'est Paris,

c'est Marseille,

c'est l'Hexagone

et puis les épigones de Zadig

nés de nos contes paysans.

 

Tu es Zad?

Ah oui. Tu es Zad?

Ah ça alors. C'est pas vrai!

Tu es barjot à ce point-là?

Ils veulent ta mort,

ta disparition, ton éradication

parce que tu déranges la Loi.

Ils veulent t'envoyer

les pitbull fachos

et dire que ce n'est pas eux

les responsables de ta mort.

Rigoles pas!

Ils sont les responsables

de tout ce désastre

qui rend fous les gens

et les font virer extrême-droite

dans ce climat de défiance permanent.

 

Mais qui détient la loi

quand c'est la loi du plus fort

qui domine ce monde

avec ces hommes de lois

qui défendent les plus riches?

Mais qui détient la loi

quand les pauvres sont réprimés,

pris pour des imbéciles,

méprisés et envoyés

dans les oubliettes

de leur grande Histoire;

leur légende mensongère

qui donne toute la place

à l'élite, à l'élite,

rien qu'à l'élite qui se prend

pour la crème Dubarry

avec leurs petites manières

aguichantes de te dire

de façon si vulgaire:

 

"Moi je pète plus haut que ton petit cul

de merde qui patauge dans la gadoue.

Je te pète donc au visage

pour te signifier ton insignifiance."

 

Ils évacuent la Zad?

La Zad s'installera à Paris

au joli mois de Mai.

Il évacuent la Zad?

C'est la faute à Voltaire,

à Zadig et ses nouveaux contes paysans.

 

Vous ne connaissez pas Zadig

le Zadiste?

Faudra vous y faire.

Il est partout.

Il est nulle part.

Il est partout

et sa seule loi

est une justice

à une seule vitesse.

Une femme pour une femme.

Un homme pour un homme.

Un pour tous tous pour un.

Pas d'empereur ni de roi,

pas un seul milliardaire

pour dix milles syriens

morts sous la torture et les bombes.

Pas un seul oligarque

pour dix milles abandonnés

dans la jungle moderne

de nos villes ghettos.

 

C'est la loi de Zadig

le Zadiste.

Et c'est la loi universelle

de la démocratie.