15/04/2019

Quand Macron part au charbon...

 

Quand Macron part au charbon

Petit Chaperon Rouge fait attention.

Le beurre, le miel, et la confiture

se présentent à ta porte

mais c'est une plus grande déconfiture

qui t'attend face à Mère-Grand.

 

Le loup n'est pas mort.

Il aiguise ses dents.

Il va t'endormir

dans un conte de fée

mais toi, tous les matins,

tu prendras ton métro,

ton rythme boulot, dodo,

et au bout de ta vie

rien n'aura changé

ni dans son monde

ni dans le tiens.

 

Tu porteras encore ta pierre

au creux de l'estomac

et lui sa mine d'or

et son regard souriant.

 

Rien ne change

au pays des dinosaures.

Ils ont conquis la Terre

et te laisse pour mort,

matériel inerte

bien utile à leurs délires

les plus dominants.

Crois-tu qu'ils vont te la rendre

et la partager avec toi

cette Terre exploitée

et ces territoires conquis?

Crois-tu que les âmes égarées

vont se réveiller

au discours ronronnant de Macron?

 

Crois-tu encore aux balivernes

de ce monde sans lumière

qui donne encore plus

à ceux qui ont déjà tout

et rien à ceux qui n'ont déjà rien?

 

Les puissants parlent entre eux.

Ils n'attendent rien de toi

et de ta parole.

Les puissants ont la maîtrise

de la com et de l'endoctrinement.

Ils savent comment séduire.

Ils savent comment corrompre.

Ils savent comment soumettre.

Pourquoi voudrais-tu

qu'ils tiennent un discours

de la libération?

Un discours révolutionnaire

digne de la démocratie?

Un discours qui redonne au petit peuple

son droit à la dignité et au partage

des richesses et des idées?

 

14/04/2019

Les sans-culottes et la France en colère...

Finalement c'est triste. On ne peut ni publier ni critiquer (pour le bien du peuple, sa liberté d'expression, et aussi pour dire son fait à ceux qui monopolisent trop l'attention) sur la page Facebook de la France en colère, la page d'Eric Drouet qui est bel et bien sa page de promotion et pas celles de tous et toutes les gilets jaunes.

Ecoute Eric, je ne crois pas être le dernier des enfants mal nés sur cette planète. Et je ne crois pas être le dernier à me battre pour une révolution des consciences et de l'Etat français. Je n'ai pas besoin de ta page pour me faire un nom si j'avais vraiment envie de me faire un nom dans ce monde médiatique. Je n'ai pas besoin de chef adoré que je suivrais aveuglément. Je suis un putain d'anarchiste, donc je reste ma propre locomotive sans wagons attachés à ma queue leu leu, et je me prononce librement sans forcément être d'accord avec tout ce que tu fais et tu dis pour notre combat collectif. Je m'en fous royalement de tes antécédents dans la vie et de tes fautes de français parce que la lutte appartient à tous et toutes et que la cause gilet jaune c'est une cause essentielle pour défendre l'esprit révolutionnaire d'une nation prise en otage par la caste des milliardaires.

Nous sommes des femmes et des hommes et, pour ma part, je suis un sans-culotte de coeur, un idéaliste anarchiste qui aimerait que nous soyons tous et toutes des locomotives de nous-mêmes dans la vie sans jamais suivre des maîtres qui nous dominent. Pas besoin de chef élu, pas besoin de petits dictateurs qui donnent leurs ordres dans l'entreprise, la vie privée, ou en tête de l'Etat. Des gens responsables qui travaillent dans la dignité et l'honneur commun de l'entreprise pour la faire prospérer collectivement sans hiérarchie et sans classe.

Voilà. Je sais que toi, tu n'es pas un anarchiste. Donc, tu n'es pas un sans-culotte dans l'âme. Tu es une graine de petit chef qui veut être chef mais sans les inconvénients du leader. Apparemment, en haut ils ont compris que tu n'étais pas un anar mais bien un leader masqué derrière tes déclarations de citoyen ordinaire. Donc, ils se méfie beaucoup de types comme toi. Et c'est un peu normal. Les dinosaures n'aiment pas que d'autres dinosaures tentent de les renverser...

Dommage que, lorsqu'on se veut leader, on dégage à chaque fois la critique et les anars qui dérangent dans la forme et le fond au nom de la liberté et de la démocratie, le droit à la critique et le droit à la parole.

Les gilets jaunes sont une oeuvre collective d'un peuple qui n'en peut plus de vivre sous l'aristocratie et ses airs arrogants, ses stars d'un système injuste et nocif, ses prédateurs sans foi ni loi qui se partagent les biens du pays entre eux au détriment de la démocratie et du peuple.

Mais si ta page devient ta page, si tu fais le tour de la France, avec ton clan, ta bande à Drouet, pour ta promotion et ta visibilité personnelle, c'est regrettable et plus que douteux. Tu contrôles la page nationale des gilets jaunes en refusant nombre de publications de gilets jaunes fâchés. Et tu censures les commentaires qui te critiquent en laissant ceux qui t'encensent. Tu mets en place une sorte de dévotion envers ta personne et tes proches. Peu à peu, tu deviens le gourou adoré de tes fidèles qui te suivront aveuglément partout quoi que tu fasses mais sûrement pas vers la réalisation d'une révolution réussie (sans les anars il n'y aura pas de révolution citoyenne mais juste de la cosmétique politique bourgeoise aux prochaines élections). 

Alors je te souhaite bonne chance parce que je sais que tu ne changeras pas d'attitude. Sinon, tu m'aurais écris au moins une fois après les commentaires que j'ai parfois laissé sur ta page (je n'ai jamais été admis au club Drouet et autorisé à des publications sur ta page malgré trois petites tentatives, deux au tout début, une récemment...). Pourtant, est-ce vraiment sans intérêt pour la cause commune que nous menons? Peut-être mais alors tu pourrais au moins en laisser juge le peuple en jaune. Pourtant, existe-t-il tellement de poésie sur ta page qui injurie bien trop souvent et à souhait les êtres humains que sont nos ennemis de la caste grand-bourgeois? 

Bref, Eric, je reste sur ta page pour m'informer mais je n'écrirai plus rien sur celle-ci. Je travaille pour la cause gilet jaune, donc du peuple qui souffre. Non pour la cause de leaders qui ne se disent pas leaders et qui le sont pourtant dans la façon de se construire une image idéalisée, contrôlée, et parfaite de leur petite personne. Dieu et maître, maîtres et esclaves, ce n'est pas pour moi. Désolé.

L'acte XXII arrive. Nous n'avons encore rien fait vers la réussite et une prise de conscience collective et majoritaire... Le peuple reste sans révolution et les sans-culottes de coeur ne sont ni écoutés ni entendus...

13/04/2019

De l'autre côté de l'amour

 

Quand je te regarde,

et que tes yeux mangent l'amour,

il y a des horizons lointains

qui se dessinent sur ton visage,

des baies sauvages

que personne d'autre n'a découvertes.

 

Tu es insoumise

aux hommes

et tes insoumissions exquises

ne font qu'attiser

ma soif et ma faim

de t'aimer encore

malgré la distance insupportable

à chaque fois que tu rentres au pays

et les années maudites qui nous séparent.

 

Parce que l'amour

se transforme tous les jours

en année lumière

avec toi.

Parce que l'amour

est à des années lumière

d'un fast-food sexuel

avec toi.

 

Notre cuisine respire

la simplicité des jours heureux

sans la complication et les mélodrames

d'une vie à deux.

Nos plats sont épicés

de piments et de couleur

et quand tu ajoutes des artifices

à tes paupières charmantes

tes yeux chantent les prières

d'une déesse millénaire

dont je cherchais l'origine,

les odeurs, les saveurs ardentes.

Et quand tu ajoutes des pigments rouges

à tes cheveux de sirène

je m'imagine ces belles insoumises

que les religions ont brûlé

à travers les siècles

sur les bûchers en flammes

sous prétexte de commerce

avec le diable

et ses danses sabbatiques.

 

Je crains comme l'enfer

ce jour où tu me quitteras

pour raison d'âge.

Je crains comme la peste

ce jour où tu me quitteras

pour aimer ailleurs

en me disant qu'il est temps

pour toi de me laisser

sur le quai sans plus aucun espoir

de monter dans ton train

et de faire le voyage avec toi

au bout de notre paradis.

 

Jaune est notre amour,

lumière du ciel et de la terre,

dernier acte d'amour

repoussé à plus tard.

 

Je vis d'impossibles extases

avec toi ma splendide Pégase.

 

Et sans toi,

je crains que notre jaune

ne se transforme

en ultime défaite mortelle

après le chant de la victoire.

 

12/04/2019

Acte XXII: les anarchistes à l'honneur, les femmes d'abord

 

Quand les langues

disent du mal des anarchistes,

c'est mon coeur qu'elles écorchent,

c'est ma pensée qu'elles blessent et ignorent,

c'est mon honneur qui est atteint.

 

Les anarchistes ne sont pas

des partisans du chaos pour le chaos.

Ils sont les partisans de la liberté,

de la démocratie, de la justice.

Les anarchistes ne sont pas

soumis à un système

ni à des gourous de la com.

Les anarchistes se donnent

et donnent au peuple

sans rien attendre en retour.

 

Et puis j'en ai ma claque

de ceux qui ferment les portes,

de ceux qui se réservent

la dominance pour dominer

dans leur petite prairie.

J'en ai ma claque

mais je ne  claque pas la porte

et la résistance continue.

 

Parce qu'au-dessus de ces petits chefs

qui se prennent déjà pour plus grands

qu'ils ne sont,

parce qu'au-dessus des clans,

il y a le chant de la résistance

et les anarchistes.

 

mai 8 @ 19 h 00 min - 21 h 00 min Mercredi 8 mai 2019 à 19h
 Maison du Peuple
Pl. Chauderon 5 – 1003 Lausanne

Présentation du livre « Dix petites anarchistes » par son auteur, Daniel de Roulet

C’est « l’extraordinaire épopée de femmes soudées par un amour farouche de la liberté, qui ont choisi de se réjouir de l’imprévu sans perdre la force de s’insurger. »

Pendant que Sud.E(collectif syndical de militantes) organise la grève générale des femmes le 14 juin 2019 dans la fonction publique et parapublique, après que notre fédération syndicale SUD a obtenu auprès de l’organe un acte de non conciliation rendant la grève licite dans le canton de Vaud, l’Unionpatronale Suisse déclare haut et fort que cette grève est illicite et menace, sans retenue, les travailleuses du secteur privé de représailles en cas de grève.

Il est indispensable s’arrêter sur le livre de Daniel de Roulet qui est un hymne à l’espoir. Il raconte l’histoire de l’émigration à partir de faits historiques. Il a imaginé l’aventure de dix jeunes émigrantes de Saint-Imier à la fin du 19ème siècle quittant le Jura pour la Patagonie.

« On était dix et à la fin on était plus qu’une ». C’est la première phrase de ce roman, s’inspirant de faits historiques pour imaginer une aventure politique et sociale portée par dix femmes travaillant pour la plupart dans l’industrie horlogère à la fin du 19ème siècle. Elles ont préféré quitter le Jura bernoisdans l’espoir de fuir la précarité, la souffrance, la soumission, la faim…

L’auteur fait référence aussi à la forte émigration qu’a connu la Suisse au 19ème siècle, émigrationpoussée par la misère. De nombreuses collectivités « invitaient », même avec insistance, les familles tombées dans la misère à quitter définitivement la Suisse pour l’étranger. Les communes ne se débarrassaient pas seulement des indigents, mais aussi des rebelles.

L’auteur reconstitue aussi l’esprit anarchiste qui couvait, à la fin du 19ème, à Saint-Imier, ville qui a accueilli le premier congrès anarchiste en 1872. Il met ainsi en avant le rôle important des femmes dans ce mouvement qui cherche à développer une société sans domination et sans exploitation où chaque individu-producteur est amené à coopérer librement dans une dynamique d’autogestion. Ce sont les débuts des mouvements libertaires en Europe et en Amérique latine, de nombreuses grèves et manifestions réprimées avec violence que Daniel de Roulet évoque… Ces femmes jurassiennes croiseront ainsi bien des figures historiques comme Louise Michel, Bakounine ou Malatesta.

Nous avons invité Daniel de Roulet pour nous parler certes de son livre sans nous dévoiler toute l’histoire, et pour nous présenter le mouvement libertaire et syndicaliste en Suisse, en Europe et en Amérique latine dans une période qui avait soif de liberté, d’émancipation, de justice sociale et de révolution.

Venez nombreuses et nombreux, n’hésitez pas à inviter vos collègues et ami.e.s.

Secrétariat syndical du SGFP.SUD

 

 

...

10/04/2019

La douleur d'une éborgnée

 

On cherche.

On cherche tous

une raison d'espérer encore.

On cherche.

On cherche l'amour

comme on cherche de l'or

dans la fièvre de la vie

dans cette ruée vers un port

qui nous accueille

et non qui nous condamne

à la mort.

 

On cherche.

On cherche encore

mais eux, ce 9 avril,

ils ont toujours la même vision,

la même vision borgne.

Il voit de l'oeil droit

mais de l'oeil gauche

ils sont à jamais aveugles

depuis que Thatcher et Reagen

ont promu l'ultralibéralisme

comme prophétie de la liberté,

comme ultime ruée vers l'or,

comme idéal indépassable

au genre humain.

 

Que celui qui domine

régne sur Terre.

Que celui qui oppresse

soit le maître de la Terre

et des êtres humains.

Que celui qui s'enrichit

sur la sueur du peuple

devienne l'incontestable propriétaire

du pouvoir oligarchique.

 

Pour réussir ce deal ignoble,

ils ont fait comme si de rien n'était.

Ils ont donné au peuple

l'illusion qu'il était l'élu,

qu'il trônerait au sommet

de la pyramide.

Le problème c'est que personne

n'a voulu ouvrir les yeux

sur qui allait rester perdant,

au pied de la pyramide

pour servir les maîtres,

de l'autre côté de la rue

parmi les pauvres et les relégués,

exclu, marginalisé, appauvri,

inexistant, zombie travailleur

au service du plus fort,

petite chose inconnue

des ivresses médiatiques,

des profondeurs télévisuelles,

de cette télé-réalité

poursuivant la ruée vers l'or

d'une jeunesse en compétition

qui se donne mais surtout se bat

contre l'autre, le frangin, la frangine,

pour avoir droit aux accès

et aux excès de l'Olympe.

 

Les dieux étaient odieux.

Les déesses assez putains.

Mais c'était le beau monde,

le monde select,

le monde dans lequel

on se doit d'être admis

pour remporter l'or

et le droit de marcher

avec les marcheurs

et leur guide Macron,

ultime avatar de ce monde-là.

 

Ce monde-là refuse

de céder sa place

à un nouveau monde.

Et nous, on cherche encore,

on risque la mort,

on cherche notre port,

 on court la rue avec notre or,

nos mains d'or,

nos cerveaux,

nos coeurs,

sans céder en rien au règne

des dinosaures

qui ont pris possession

de la Terre.

 

Faudra-t-il une météorite

pour mettre fin à tout ça?

Faudra-t-il une justice divine

pour mettre fin à tout ça?

Où nos petites voix collectives

finiront-elles par retourner

cette idéologie mortelle

qui règne depuis 40 ans

sur notre planète?

 

Nous ou les dinosaures.

Nous ou la mort.

Nous sinon plus rien.

Ce Nous abandonne la pyramide

dans les souvenirs poussiéreux

de notre Histoire humaine

et redonne au genre humain

toute son humanité et sa bonté divine.

 

Changer de cap

pour que notre Titanic arrive au port.

Voilà notre combat quotidien.