11/03/2021

Cuisinier-ière, un métier sûr devenu métier de saltimbanque

On était déjà mal payé, exploité par des patrons très sûrs de leur importance et peu enclins à reconnaître les mérites des femmes et des hommes de l'ombre qui font tout de même une grosse partie de la bonne ou mauvaise réputation d'un établissement.

On avait des horaires de "merde" comme dit le langage populaire, des week-ends inexistants, des capacités prodigieuses, pour ne pas dire masochistes, à la flexibilité et aux remplacement sur le pouce d'un collègue malade ou accidenté. Et puis, très régulièrement, des services de fous où le stress continu complétait une rapidité extrême à l'ouvrage pour satisfaire une clientèle toujours plus pressée et un patron toujours apte à renouveler au plus vite les tables de son restaurant pour remplir le tiroir-caisse.

Les gens qui n'ont jamais travaillé dans une cuisine professionnelle super rentable ne peuvent pas savoir ce que la performance au travail veut dire...

Mais voilà. Nous les cuisiniers et cuisinières, on avait la sécurité d'un travail toujours indispensable et qui était peu sensible aux restructurations d'entreprises et aux délocalisations en Asie ou ailleurs. C'est clair que la clientèle locale ou touristique ne va pas aller manger son steak à 10'000 kilomètres du bled...

Donc si le métier ne fait pas vraiment le buzz parmi la jeunesse et que certain-e-s considèrent toujours que se sont les cancres qui pratiquent ce job, merci pour nous, c'était au moins un vrai métier avec une paie assurée à la fin du mois et peu de risques de se trouver au chômage durable pour celles et ceux qui étaient vraiment aptes à ce genre de job.

Mais voilà. La seule sécurité et le seul avantage qui restaient à notre métier est tombée depuis l'arrivée du coronavirus. Désormais, nous sommes comme des saltimbanques soumis au bon vouloir du virus et des autorités fédérales quand ce n'est pas de notre patron qui sait utilisé fort intelligemment la flexibilité des horaires de travail grâce aux RHT.

Notre pitance arrive à chaque fin de mois grâce au chômage partiel qui nous est gracieusement accordé par l'Etat. Et on doit dire merci et fermer sa gueule.

Depuis la peste, nous ne sommes plus essentiels au pays, plus bons à rien, et surtout réduits à un niveau proche, voir réel, du minimum vital selon la loi, soit ce que touche en réalité un cassos, comme ils sont nommés par les gens...

Merci pour l'aide généreuse qui nous est accordée, cher pays. Merci à nos patrons qui ne compensent pas les 20% manquant du salaire comme à la Migros et la Coop parce qu'ils n'ont pas, selon eux, les moyens même celles et ceux qui ont une grosse fortune personnelle qu'ils ne vont bien sûr pas engager dans l'entreprise bien que l'entreprise ait participé largement à l'accumulation de cette fortune durant des décennies.

Merci aux syndicats, aux chambres fédérales, à la Confédération, qui trouvent désormais normal cette situation ubuesque où l'on permet à l'immense majorité des personnes de travailler et de gagner leur vie alors que l'on condamne une minorité de personnes, aux salaires déjà bien inférieurs à la moyenne nationale, à survivre avec le minimum vital. C'est vraiment très généreux de votre part.

On pourra retravailler peut-être en juillet pour nous les restaurants sans terrasse (ça c'est la dernière cerise sur le gâteau). Pendant que vous partirez en vacances le coeur léger et que vous pourrez enfin vivre et vous divertir dans les bars et restaurants, nous on vous servira avec le sourire comme des larbins de retour au turbin.

Alors s'il vous plaît, garder au moins de la dignité envers notre profession. Nous ne sommes pas des nuls ni des gens sans culture ni formation intellectuelle. Nous sommes juste en quelques sortes les héros et héroïnes involontaires et sacrifié-e-s de la nation.

J'espère que vous y penserez un tout peu en dévorant votre plat de spaghetti durant l'été prochain.

 

 

Bamlanivimab et Etesevimab

Deux noms barbares désignant deux anticorps de synthèse pour lutter contre la Covid-19.

La phase d'essai effectuée sur 769 personnes atteintes du virus a permis de constater un résultat très concluant. Parmi celles qui ont été soignées par ce traitement, les deux tiers ont reçu le traitement, 4 personnes ont été hospitalisées et aucune n'est décédée. Pour le tiers restant soigné par d'autres méthodes, 11 personnes ont été hospitalisées et 4 sont décédées. Toutes les personnes qui ont participé à l'essai avaient des facteurs à risques qui pouvaient aggraver la maladie.

Elli Lily, la firme pharmaceutique qui a distribué les médicaments, affirme que sont traitement diminue la mortalité de 87% et qu'au total le taux d'hospitalisation et de décès était réduit de 70%.

La vraie question est de savoir pourquoi le monde entier a misé des centaines de milliards, voir des milliers de milliards de dollars, sur le testing et la vaccination, au lieu de mettre le paquet dans la recherche de nouveaux traitements qui permettent un retour à la vie normale des gens. Bamlanivimab et Etesevimab semblent pourtant montrer qu'au final le danger représenté par la Covid-19 pour la santé humaine pourrait être comparable aux dangers d'une simple grippe avec des médicaments et un traitement efficace...

La folie vaccinale me trouble de plus en plus...

https://www.lematin.ch/story/economie-le-royaume-uni-tent... (fil de l'actu Coronavirus)

 

 

10/03/2021

Roger Federer, ad vitam aeternam

La planète tennis attendait le retour du grand champion helvète.

Elle n'a pas été déçue. Le maître a répondu aux attentes malgré une absence de plus de treize mois.

Heureux sur le terrain, se permettant de rire de ses approximations, Roger nous a montré encore une fois qu'il est le plus grand champion de tous les temps dans son domaine de prédilection. Les records, c'est une chose. Mais savoir être le plus grand des tennisman mondiaux en est une autre.

Nul doute que le chemin est encore long jusqu'au sommet tennistique qu'il a su nous montrer dans le passé. Il joue bien. Il bouge bien. Et surtout, le bonheur d'être de retour se lit sur son visage irradié de lumière par instants.

Roger Federer est mûr pour un nouvel exploit surnaturel à Wimbledon ou ailleurs. On l'attend. Merci d'être de retour dans le jeu, Roger. En cette période dramatique, c'est une bouffée d'oxygène bienvenue pour tout le monde et la Suisse en particulier.

 

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Bagdad Café

Je suis allé manger entre ami-e-s

au Bagdad-Café, nouveau restaurant high-tech

et dont le concept guerrier et ultra-sécuritaire

s'appuie sur une publicité conceptuelle zéro-covid

à l'image de la guerre d'Irak,

 ainsi que de toutes les guerres occidentales modernes

indignes de ce nom,

qui fut planifiée pour une victoire éclaire

sur l'idée du zéro-mort, côté américain,

et dizaines de milliers de victimes directes

et collatérales, côté irakien.

C'est ce qui s'appelle l'équilibre des forces,

la toute-puissance de nos "amis" américains

et l'impuissance rageante de nos "ennemis" irakiens.

 

On connaît la suite donnée

à ce concept occidental de la guerre zéro-mort:

le développement démultiplié du djihad islamique,

la toute-puissance d'Allah,

et son exportation radicale dans nos contrées,

avec quelques dévastations parisiennes ou niçoises

pour ne citer que les plus marquantes.

La vengeance est un plat qui se mange saignant.

 

Avec l'arrivée de la pandémie,

nous voilà devenu-e-s zombies sans cervelle

prêts à accepter le concept zéro-covid

pour rouvrir, à n'importe quel prix,

nos bistrots si infestés de germes et de bactéries

dans un passé révolu qui ne date que d'une année.

 

Pour désamorcer les bombes bactériologiques

que nous représentons désormais toutes et tous

grâce au matraquage quotidien des médias,

nous sortons au restaurant comme un G.I. américain

sort de la zone protégée.

 

Ils nous ont inventé le concept du zéro-covid

réservé aux gentils-méchants zombies

que nous sommes devenus chaque jour

un peu plus et en tous lieux.

 

Ma voisine est désormais

la première de mes ennemi-e-s.

Si elle ne porte pas son masque,

je suis prêt à la dézinguer

parce qu'elle est en train de commettre

un attentat terroriste sur ma personne.

 

Mes copains et copines de bistrot

sont désormais mes traîtres ami-e-s

devenus des ennemi-e-s

et je dois les combattre

à coups de tests rapides obligatoires

pour repasser l'entrée de la zone verte

après une journée de combat héroïque

passée dans les trains, les bus, les commerces.

 

Mais le bistrot est devenu mon havre de paix,

de sérénité, de sécurité, et de réconfort,

après avoir failli être contaminé et mourir

à chaque minute sur le champ de bataille.

Cette zone protégée résidentielle,

ce paradis artificiel et sensuel

des beaux quartiers de ma ville

s'appelle le Bagdad-Café.

Le nec plus ultra de la Zone Verte.

 

J'y rencontre mes amis et amies

en toute sécurité.

Un vitrage transparent nous sépare

les uns des autres.

Cela fait partie de la théorie du self-cocooning

où, même dans la zone verte,

testés, vaccinés, bardés de tous nos codes

médicaux d'accès aux entrées,

on nous somme de garder nos distances

et ne consommer et toucher

que les aliments et les ustensiles

qui nous sont exclusivement destinés.

 

En cuisine, le chef a pour consigne

de séparer tous les cuisiniers et cuisinières

les un-e-s des autres.

Pour cela, ils ont inventé le concept révolutionnaire

dit du "clapier à lapin".

Chacun derrière sa grille

selon l'idée originale du niqab.

Je l'appelle "lapine burqa"

et mon chef me rappelle sans cesse

qu'il est interdit de penser à ça.

Le risque de contamination serait

selon lui extrême et la mort assurée

pour moi, les convives,

et l'existence même du Bagdad-Café.

Il a d'ailleurs ajouté

que ma partenaire de lit serait de fait

ma pire ennemie et il m'a conseillé

de ne plus la baiser

si je voulais garder mon travail.

 

Au final, les plats passent sous l'Infrarouge

pour tuer la quasi totalité des bactéries.

Alexis Favre, nouvelle recrue du Bagdad Café,

décerne ses "Alexis d'or" aux convives

en fonction de leur obéissance comportementale

et, pour les meilleur-e-s d'entre ciel, il les invite

dans son émission TV qui s'appelle

"Désobéissance civile no pasaran".

 

La ferme aux animaux se porte bien.

La guerre a été gagnée par les big pharmas

et les zombies sont heureux de vivre ainsi.

 

« Ce qu'il y a de plus inquiétant dans la censure en Angleterre, c'est qu'elle est pour une bonne part volontaire. […] Quiconque a vécu quelque temps dans un pays étranger a pu constater que certaines informations, qui auraient normalement dû faire les gros titres, étaient passées sous silence par la presse anglaise, non en vertu d'une intervention du gouvernement, mais parce qu'il y a eu un accord tacite pour considérer qu'il « ne fallait pas » publier de tels faits. » 

George Orwell, Préface, la Ferme aux animaux, 1945

 

P.S. L'inspiration de ce texte m'est venu tout soudain, hier soir, assis  devant ma TV dans ma camisole de force, quand j'ai piqué une crise de folie en regardant le 20 heures de TF1 qui montrait un reportage embaded autorisé par les pharmas et tourné dans un restaurant concept zéro-covid.

 

09/03/2021

Le Locle, ville d'artistes

Comment faire du Locle une ville attractive et festive?

La commune neuchâteloise se vide petit à petit de ses habitant-e-s. Manque d'emplois, entreprises qui s'en vont ou qui ferment et délocalisent en des lieux plus urbains et surtout mieux connectés au réseau auto-routier national et au réseau ferroviaire des Intercity, le Locle tente d'attirer de nouveaux habitant-e-s sans vraiment proposer de nouvelles solutions et convaincre.

Pourtant Le Locle y travaille ardemment. Elle devient peu à peu la capitale du Street Art et de l'Amour (Saint-Valentin). Elle expose également les artistes du dessin de presse. Le Locle s'universalise de plus en plus et c'est déjà en soi une excellente nouvelle.

Il semble que la culture puisse devenir le point fort pour attirer une nouvelle population plutôt jeune. Les attraits du Locle sont principalement des locations d'appartements et d'espaces commerciaux très basses en rapport aux autres villes helvétiques ainsi que la ville à la campagne avec des possibilités rapides et sans limite de se mettre au vert. Le Locle fut déjà une grande ville d'artisans-horlogers, de peintres, de sculpteurs, de médailleurs d'excellentes factures, au début du siècle dernier. Entre 1900 et 1950, Le Locle fut un centre d'attraction artistique au même titre que la Chaux-de-Fonds.

Depuis, la situation s'est tristement dégradée. L'horlogerie et la mécanique ont fui en direction du lac de Bienne. Quant à la médaille locloise, elle est presque en état de mort cérébrale et semble agoniser dans l'indifférence générale des foules qui ne s'intéressent plus guère aux monnaies et médailles. Nous vivons dans l'âge de la monnaie plastique et du Bitcoin... Ceci expliquant peut-être cela. Quant aux grands noms de la sculpture et de la peinture, ils semblent s'être évaporés dans les limbes d'un passé glorieux.

Pourtant, que d'histoires culturelles la ville du Locle est porteuse! Il suffit de regarder ses fresques et ses sculptures dans les jardins de la ville, visiter les musées d'Art et d'Histoire ou des Beaux-Arts, ainsi que les livres consacrés à ces personnes pour comprendre cela.

Pour le Locle, je vois donc un futur tourné vers la culture avec de nombreuses vitrines d'artisans et d'artistes, des bistrots qui animent son centre de jour comme de nuit. Si la grosse industrie a déserté la contrée, il est très probable que de très nombreux-ses artistes et artisan-e-s seraient très intéressé-e-s par le prix bas des locaux consacrés à la création comme à la vente d'objets ainsi que des appartements peu onéreux. Avec en plus un coup de main fiscal de la Ville du Locle, une dynamique fulgurante pourrait se mettre en marche et faire du Locle, un centre culturel de première importance pour la Romandie.

Ci-dessous, deux oeuvres. La première est une médaille d'Henri Huguenin créée en 1918 pour l'inauguration du nouvel Hôtel-de-Ville, bâtiment magnifique et à lui seul digne d'une visite touristique avec ses fresques, sa fontaine, sa sculpture monumentale (la déesse de l'eau par André Huguenin-Dumittan). La seconde est une rare plaquette de ce dernier artiste, plaquette sortie des ateliers Huguenin-Médailleur et décernée par la Ville aux habitant-e-s de la commune lors de leur atteinte à la majorité.

A l'époque, et durant plus de 60 ans, il y avait pléthore de jeunes créateurs, peu de créatrices hélas, qui faisaient le rayonnement des deux villes du Haut du canton de Neuchâtel.

Alors pourquoi ne pas retenter le coup avec les nouvelles générations? Ce serait formidable que le dynamisme du Locle renaisse de ses cendres et que la Ville retrouve son animation culturelle d'antan.

 

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Hôtel-de-Ville, Le Locle, Henri Huguenin, 1918

 

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"Travaillons"

La Mère Commune veille sur ses enfants.

 

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Cadeau de la Ville du Locle à sa jeunesse de 20 ans,

André Huguenin-Dumittan, jeune androgyne tenant une torche de la main gauche et un livre ouvert de la main droite.

https://www.gauchebdo.ch/2020/07/03/le-locle-et-les-arts-...

http://www.cedric-dupraz.ch/cool_timeline/4eme-hotel-de-v...

 

Artefact réalisés à partir des deux oeuvres ci-dessus

 

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Les animaux sauvages de l'Hôtel-de-Ville

 

 

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Le Locloinosaure

 

 

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Les Temps difficiles

 

 

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A la conquête du monde

 

 

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Renaissance