30/01/2019

Révolution populaire contre l'apartheid économique et sociale

Beaucoup se demandent, sur la page Facebook de "La France en Colère", comment faire et réussir une révolution non-violente dans un monde archi-dominé par les rapports de force brutaux.

D'abord, j'aimerais dire à mes soeurs et frères Gilets Jaunes (nous formons une "famille" c'est pourquoi j'utilise "soeurs" et "frères" rien à voir donc avec l'islam ou une autre religion) que la violence physique, comme moyen de combat, est légitime en cas d'agression physique de l'ennemi et que nous pouvons rendre la réciprocité à celui ou celle qui nous a frappé...Il faut cependant éviter le retour de bâton si nous sommes désarmés face à des forces armées et surtout sans soutien à proximité sinon encore plus de répression et départ au poste de police pour une garde à vue bien inutile et des blessures qui pourraient porter à conséquence.

Pour utiliser les armes, il faut être un soldat formé à l'usage des armes. Il faut un maquis, des chefs (ce que vous refusez) qui entraînent les débutants à la guerre, des armes, et des moyens économiques assez importants pour se servir au marché noir...donc des soutiens opaques de gouvernements étrangers à la France ou des mafias privées qui ont intérêt à la guerre civile. Donc oubliez la violence, vous ne ferez jamais le poids sauf à être manipulés pour des intérêts privés ou géostratégiques de pays tiers. Vous ne servirez donc pas votre cause mais la cause d'entités obscures, mafieuses, scélérates encore pire que ce que vous subissez sous Macron et son Gouvernement. Et puis, un maquis, la clandestinité à l'heure du smartphone et des drones, excusez-moi mais vous êtes déjà foutus avant d'avoir réussi un embryon d'armée révolutionnaire. Même au temps du Che, les maquisards bougeaient tout le temps et Guevara épuisait ses hommes dans des marches démentielles pour rester à l'abri des dénonciateurs et des agents secrets de la CIA. Je ne veux pas vous décevoir mais la lutte armée est à bannir. L'armée et les Généraux ne se sont pas (encore) rebellés contre Macron et les corps de police non plus.

Ensuite, celles et ceux qui voudraient vraiment se laisser tenter par la violence doivent bien réfléchir au résultat possible. Premièrement, ils et elles seront immédiatement considérés comme terroristes par le Gouvernement. Deuxièmement, il feront du tort à la cause des Gilets Jaunes dont une majorité de la population se désolidarisera par crainte de ce terrorisme qui frappe de façon aveugle et qui pourrait aussi toucher des innocents. Un seul exemple: dans les années 70, Les Brigades Rouges et la Bande à Bader ont tenté de lutter contre le Capitalisme par la violence. Echec sur toute la ligne et des tueries inutiles. A noter que, dans l'historique de la création de la bande à Bader, tout débute par l'art, de la créativité, de la présence médiatique devant les grands patrons...un peu comme aujourd'hui avec des artistes qui font des affiches, des chansons, du tricot de gilets jaunes, etc...et un François Boulo qui se heurte efficacement, par le verbe et le savoir, aux grands patrons... La suite, on la connaît. Tout se terminera dans un bain de sang et des attentats, une marginalisation totale de la Bande à Bader, qui n'était pas la Bande à Drouot, et le suicide (réel ou forcé par pendaison) en prison des meneurs et meneuses.

Pour quel résultat? Néant. Absolument nada. Bien au contraire. La Gauche, ou l'idée d'une Gauche révolutionnaire anti-capitaliste au pouvoir discréditée et décapitée pour très longtemps.  

Il nous faut user de bienveillance, de persévérance, et surtout d'intelligence pour mener des actions qui entraînent le peuple vers une prise générale de conscience et un changement de cap politique et démocratique. Il nous faut rester non-violent et montrer que la violence physique est du côté des dirigeants actuels et non du côté des Gilets Jaunes. Nous pouvons faire acte de désobéissance civile, faire la grève du travail mais aussi celle de la consommation dans les grandes surfaces commerciales, occuper des sites bancaires ou industriels, ne plus quitter une manif et bloquer le bon fonctionnement d'un lieu de pouvoir. Imaginer 100.000 personnes ou plus qui refusent de quitter les lieux d'une manif du samedi et que chaque internaute qui lutte pour la cause prend la responsabilité de l'organisation par un simple message sur sa page Facebook et de la "France en Colère" durant la manif déclarée

"Dernière ligne droite, les Champs-Elysées (ou autre rue ou place), combien s'ront là...4, 3, 2, 1, 0. Même jour, même heure, même Pommes" cela simultanément dans toutes les manifs de France.

Acte 12, 13, 14 ou plus tard, quand le temps viendra de tout bloquer, en fonction du nombre et de la bonne volonté de chacun et chacune? 

Il y a tellement d'actions non-violentes possibles. Et pour cela, il faut des femmes et des hommes courageux-ses- qui osent la résistance. Ils ne mettrons jamais 100.000 personnes en garde à vue ou en prison.

Voilà, amies et amis Gilets Jaunes, je vous laisse en musique. En espérant que ce billet vous aura convaincu de poursuivre avec sagesse et détermination cette révolution jaune dont nous pouvons être tous et toutes fiers-ères-.

29/01/2019

Insurrection: Mr Castaner, lisez-vous le Figaro?

Appel à l'état d'urgence du peuple français par Eric Drouet après la blessure à l'oeil de son ami Jérôme Rodrigues par les forces de l'ordre.

Eric Drouet parle, dans le communiqué, de s'opposer à cette violence policière par un soulèvement sans précédent (du peuple) par tous les moyens utiles et nécessaires. 

A-t-il une seule fois prôné personnellement le recours à la violence? Non. Jamais. Bien au contraire. Monsieur Castaner aimerait le poursuivre pour appel à l'insurrection. Question vocabulaire pour juges et avocats. Est-ce qu'une insurrection populaire appelle forcément à une résistance violente?

Eh bien, si on s'en tient à la lecture d'un article du Figaro, journal très proche du pouvoir et de la Droite pour ne pas dire davantage, il est expressément écrit que Gandhi a eu recours à l'insurrection non-violente pour s'opposer à la colonisation britannique.

C'est ici: http://www.lefigaro.fr/histoire/2017/03/09/26001-20170309...

Ce passage précis: Une vie de combats sans jamais prôner ni utiliser la violence. Il y a 95 ans Mohandas Karamchand Gandhi plus connu sous nom de Mahatma Gandhi, est arrêté par les colons britanniques, accusé de conduire l'insurrection en Inde. 

Excusez-moi, Monsieur Castaner. J'imagine que vous-même et la plupart des médias ne pouvez pas tenir rigueur à Monsieur Drouet d'une volonté d'insurrection violente qui serait menée et exercée par les Gilets Jaunes.  Au-delà des actions pacifiques menées lors des manifestations, au-delà des appels à une éventuelle désobéissance civile non-violente à travers des actes contraires à la loi coutumière ainsi qu'au recours à la Grève Générale de la part des Gilets Jaunes et de celles et ceux qui sont médiatisés, vous ne pouvez certainement pas condamner Eric Drouet pour incitation à la violence et à la haine envers les forces de l'ordre et du pouvoir.

Nous, Gilets Jaunes, restons dans l'immense majorité des femmes et des hommes non-violents qui voulons réussir une révolution sociétale non-violente. La violence ne vient pas de nous mais de l'ordre établi qui se refuse à tenir compte du déficit démocratique gigantesque qui existe aujourd'hui, après 40 ans de culture néolibérale, dans nos démocraties dites modernes par la faute d'un pouvoir économique et financier prédateur et carnassier qui corrompt la politique, la justice, et opprime l'expression d'un peuple marginalisé et quasi exclu des décisions politiques et salariales qui le concerne en le condamnant à vivre de façon trop pauvre et indigne en rapport aux bénéfices astronomiques de l'économie réelle et virtuelle menant donc à l'accumulation éhontée des richesses produites par le peuple en faveur exclusive de cette "élite" qui échappe de plus en plus à la loi coutumière de l'égalité et s'arroge le droit de vivre au-dessus du peuple comme élite dominatrice et exigeant de ce même peuple qu'il soit soumis aux normes actuelles de la finance et de l'économie tout en le contraignant à des minima sociaux et un pouvoir d'achat de plus en plus bas et intolérables.

Relisez Le Figaro, Monsieur Castaner. Monsieur Drouet, sur ce coup, appelle et exerce son droit en faveur d'une insurrection non-violente du peuple Gilet Jaune.

 

 

Si de nuit

Si de nuit

je croise encore

l'avenir et ton sourire

et toi près de moi

qui a changé d'avis

et qui me voit

plus jeune que je ne suis

plus beau que je ne suis

plus riche que je ne suis,

de jour

je croise la révolution,

le peuple en rage,

le peuple dans la rue

qui surnage et se livre

aux balles et aux matraques des flics

juste pour ne plus disparaître,

juste pour ne plus rester rien

aux yeux de leur président

et trimer pour rien

dans des usines à chiens

tenus à la laisse

par la paie et les dettes,

les obligations et le devoir,

le vote présidentiel démocratique

et finir sous un déluge d'insultes,

de mépris et de mensonges,

d'humiliation et de reproches.

 

J'suis pas ton président.

J'suis juste ton amoureux.

Tu n'es pas ma chienne.

T'es juste ma déesse.

Entre toi et moi

c'est l'égalité qui circule

en boucle dans notre mystère;

entre toi et moi

c'est la liberté qui vole dans l'éther

au-dessus de nos désirs

et cette hideuse dictature du fric

qui explose

sur la rue en direct;

entre toi et moi

c'est demain qui n'existera pas

parce que ton avenir

ne sera pas le miens

et que tu veux un homme

comme moi

mais qui n'a pas mon âge,

un homme

comme moi

mais qui n'a pas mes emmerds,

un homme

comme moi

qui n'a pas ce goût providentiel

de la révolution romantique

et le regard tourné

sur les Autres,

ce goût prononcé

de la liberté d'expression

et du devoir accompli,

ce goût amer du perdant

qui n'aura pas sa chance

à tes côtés

pour vivre une dernière fois

la grande histoire d'une famille,

des enfants qui courent

dans la maison,

de la plage qui nous attend,

de ce rêve que tu rêvais

avec moi

dans ta petite chambre de passe,

dans ta piaule qui sentait le sexe

et les hommes qui passent.

 

Demain,

la révolution aura gagné

mais nous,

nous aurons perdu le bonheur

de vivre ensemble.

Tu feras un job

qui te remettra dans la société

sans plus jouer cette drôle de mascarade

avec ta famille là-bas au pays.

Tu aimeras un jeune homme

de ton âge

qui te fera de beaux enfants.

Tu auras regagner le coeur

de la City et de la bonne vie

et j'aurai disparu de ta vie,

disparu de tes nuits,

disparu de notre rêve

et du bonheur.

 

Mais si la révolution triomphe

de la haine et de la mort.

Mais si la révolution respire

et vit dans les rues.

Mais si la révolution gagne

et la dictature du fric

tombe l'hypocrisie et les masques

alors je garderai de nous

ces années près de toi

à réinventer l'amour

pour rien,

juste pour croire

que l'amour

est plus fort que toi,

plus fort que moi,

plus fort que nous

plus fort que la haine

et cette violence du monde

qui assassinent le peuple

quand il descend dans la rue

pour retrouver le respect,

regagner sa dignité,

imposer l'égalité,

conjuguer la liberté,

et vivre de fraternité

et de partage

dans un monde

qui n'avait plus que les mots

euros, porno, parano,

soumission, domination, répression

dans sa gueule immonde.

 

Notre histoire n'aura pas lieu

au grand jour.

Elle restera durant

la nuit des temps

la nuit de la révolution.

Notre histoire n'aura pas de rue,

pas de maison commune,

pas de nom sur la boîte aux lettres.

Notre histoire n'aura existé

que parce que mes mots existent

dans le sang de mon coeur

et que je la couche

sur les touches et l'écran

pour que les gens la connaissent

par coeur

et qu'ils ne l'oublient jamais.

 

C'est dur d'aimer une fille

qui ne vient pas

dans la vie d'un homme

pour inventer et investir l'avenir.

C'est dur d'aimer une fille

qui couche avec tant d'hommes

qui ne sont rien dans sa vie

et qui va gagner sa liberté

après avoir connu

la soumission à la loi du fric,

après avoir connu

cette vie parallèle

qui fout la honte

et qui ne rejoint jamais

l'autre vie,

la bonne, la sincère,

celle du coeur et de l'esprit,

celle de la famille et de l'amour.

 

Tu es si belle, tu sais.

Si belle de coeur et d'esprit

et ton humour, j'adore.

Tu es si simple, tu sais.

Si heureuse avec

les petits bonheurs de la vie.

Je sais que tu trouveras

cette vie que tu recherches

faite d'authenticité et de bon pain.

Je sais tout ça

parce que tu as fait ta révolution

et que tu quittes

ce monde factice

et ta chambre sordide,

ces nuits de doute et de sexe,

ces jours de déprime et de sexe,

ces jours et ces nuits

de pluie avec tes copines

dans le même taf que toi

et cette même angoisse

de sortir de ce piège

de l'argent qu'on dit trop facile

alors que j'arrive tellement

me mettre dans la peau d'une fille

quand elle rencontre un type

sans désir qui va lui passer dessus

cinq minutes après le premier regard

et qui n'a d'obsession que foutre

sa queue partout

sur son joli corps

pour jouir et repartir

sans même se souvenir

de son nom.

 

Tu vas prendre ton avion

et retourner au pays.

Tu vas retourner au pays

puis revenir.

Mais je ne sais si toi et moi

on n'aura encore du temps

à partager notre amour précaire,

à s'aimer de façon incendiaire,

de foutre le feu à la Terre

pour que la révolution de l'Amour

triomphe de la Haine.

 

Bon vol, mon ange.

Ce matin,

dans le ciel de la révolution

s'écrit nos deux noms.

Et tant pis

si nous ne ferons jamais

boîte aux lettres commune,

vie commune,

maison commune.

Je t'aurai aimé au Paradis.

Nous nous serons aimés

d'amour vrai au Paradis.

 

28/01/2019

Révolution, oui! Coup d'Etat, non!

C'est ainsi que parla Fidel Castro au moment de lancer l'assaut final pour prendre La Havanne.

Le début de l'insurrection finale commença le 13 novembre 1958. La Grève générale se termina le 4 janvier. Le 1er janvier 1959 est considéré, à Cuba, comme le jour de la victoire de la révolution.

Si je te dis tout ça, ce n'est pas pour imaginer et penser une nouvelle France comme une néo-dictature communiste mais pour te donner confiance en la victoire de la démocratie sur l'impérialisme capitaliste qui a fichu par terre nos vieilles démocraties en perdition.

Si je t'écris ça, c'est aussi pour te dire que mes parents m'ont conçu au mois de novembre 1958 et que je suis née le 4 août 1959, la nuit de la fin des privilèges sous la révolution française. C'est dire aussi que, sans faire exprès, ma mère m'a porté pendant que le Che allait mener le peuple à la révolution cubaine et à la victoire. Ce sont des hasards qui font mal ou très bien les choses suivant que l'on me considère comme une calamité sociale ou un type bien qui voit juste et vise juste. Pour ma part, je me considère comme un type bien qui a raté sa carrière telle qu'elle aurait du être programmée et réussir dans le système proposé. Mais si je suis devenu un gros perdant de ce monde capitaliste, j'ai su garder mon coeur adolescent de rebelle et de...révolutionnaire.

A 20 ans, je fichais le camp aux Etats-Unis en abandonnant l'université pour aller vivre sous un tipi. J'étais un jeune hippie à barbe et chevelu. Aujourd'hui, je suis un vieux presque chauve et casé entre ma cuisine et mon domicile. Je coure après mes poursuites ou plutôt les poursuites me courent après depuis bientôt 30 ans. J'écris, de blog en blog, de solitude en solitude, depuis 25 ans pour rien. Juste par goût de la poésie romantique et de la révolution. Je suis un de ces "rien" à Macron. Un homme qui a aimé beaucoup les femmes, qui les aiment toujours, et qui a été marié trois fois, qui a eu 4 merveilleux enfants de deux épouses différentes. Je n'ai pas à me plaindre de ma condition sociale à la limite SDF parce que jamais sans petit coussin à la banque... J'aurais pu faire beaucoup mieux...si j'avais suivi le modèle ultra-capitaliste. J'ai préféré la marge et l'anarchie, les potes du bistrot que je tenais il y a 20 ans avec ma femme, au-delà du raisonnable, et au-delà de la sauvegarde saine de ma famille, de mes enfants souvent réduits à rester seuls dans leur chambre parce que papa et maman travaillaient pour gagner au moins de quoi vivre normalement et pour donner au bistrot des allures anarchiques où la lumière restait allumée jusqu'à pas d'heures sous les rires embrumés et enivrés de quelques jeunes qui chantaient et dansaient avec Johnny. C'était au temps ou le village avait une vraie famille de bistrotier.

Je vais pas tout te dire de mes douleurs et de mes peurs quand l'argent n'était jamais suffisant pour sauver la famille sur le long terme, les querelles, les tromperies, et puis la guerre, la fin de ma famille sous les explosions d'injures et même la haine dans les yeux de celle que j'aimais et qui soudain était prête à me faire la peau avec un couteau de cuisine parce que...oui parce qu'elle avait un jour dans sa vie plongée pour aider sa famille par son joli corps et parce que j'avais aussi fini par la tromper pour une autre.

Je vais juste encore te dire dans cette lettre que mon coeur est resté à la révolution, à la Beat Generation, à celle qui faisait la route et espérait tant de la révolution cubaine. Un autre monde, une vraie démocratie, un partage des biens produits par la population. A des années lumières de notre monde actuel qui se dirige vers la dictature et tous les fascismes.

C'est pourquoi je suis aussi ce Gilet Jaune qui comprend ce que ça veut dire d'être bafoué par un Président élu au suffrage universel et qui se moque des plus pauvres et des plus faibles en privilégiant toujours plus les plus riches.

Je te quitte en musique avec Johnny. Pense à la révolution. Et tu sauras qu'il est important de descendre dans la rue pour sauver l'Humanité qui est partie dans une putain de dérive gravissime.

 

27/01/2019

C'est tant pis

C'est tant pis

si des femmes et des hommes

tombent sous la mitraille

des flics et de la canaille;

coulent sur de vieux rafiots

troués et pourris de mafioso

qui n'ont que le goût

du pognon et l'odeur des égouts

comme âme et comme horizon.

 

Belle, tu es si belle

toi qui a a le goût de la révolution

et des grands auteurs romantiques.

Belle et rebelle

toi qui ose descendre dans la rue

malgré que tu risques ta peau

et te faire descendre

par un grosse fiotte

protégée par son armure

qui ne te laisse aucune chance.

Belle et rebelle

toi qui meurt pour ta liberté

et qui n'a pas pu être sauvée par

l'Aquarius parce qu'aucun Etat,

même pas le miens,

n'a osé prendre ses responsabilités

devant des femmes et des hommes

qui ne sont déjà plus rien

aux yeux de ce monde

dévoreur, cupide, et rapace.

 

 Nous sommes bientôt 8 milliards

sur la Terre,

huit milliards et combien de bâtards,

de fils de pute qui ne roulent

que pour le dieu, le roi dollars?

Combien de salauds et de salopes

qui se laissent séduire

par la force obscure

de notre humanité?

 

Mais si une seule femme,

mais si un seul homme,

tombe au service de la liberté,

de l'égalité, et de la fraternité,

au nom de cette Révolution

jamais aboutie,

elle sauve l'Humanité

de sa petitesse, de sa scélératesse,

il sauve l'Humanité

de sa propension à dominer,

à humilier, à violer, à usurper,

à tuer la Beauté romantique

de l'existence et des révolutionnaires.

 

Jérôme, as-tu senti les arômes

de la bruyère et de la jacinthe

quand le dingue t'as tiré dessus?

As-tu vu les soleils de Vincent

et les poèmes de Rimbaud,

les toiles de Courbet,

le Spleen de Baudelaire,

le j'accuse de Zola

et le verbe d'Hugo?

Jérôme, as-tu vu le Ciel différent

quand le dingue a fait de toi

un infirme à vie

et un héros de la liberté?

 

Nous sommes huit milliards

sur cette Terre

mais je te jure

que ni pour un seul franc

ni pour un milliard

je ne vendrai mon âme

à ce monde de salauds,

de crapauds bavant,

de serpents sifflant,

de dinosaures éructant

qui volent et violent

la vie des gens simples,

des filles dociles

qui aiment la vie trop facile

au bras d'un millionnaire

plutôt que la dignité,

plutôt que la révolution

et le perdant dans la rue;

des garçons trop bêtes

qui croient que la vraie vie

ce n'est que jeux de pouvoir

de domination et de soumission

et que tout le reste,

l'amour romantique,

la beauté, la légèreté,

l'âme et le coeur,

ne sont que du pipeau pour gros bêta

qui n'ont toujours pas compris

que soit tu baises,

soit tu es baisé;

soit tu violes,

soit tu es violé;

soit tu tues,

soit tu es tué.

 

Nous voici à l'aube

d'un nouveau jour

où à la fin des temps.

Je ne te promets plus rien

sauf que les Jaunes

sont beaucoup plus près de la vérité

de l'être humain

que tous leurs mensonges d'Etat,

que toutes leurs saloperies

qui sentent les ordures,

que toutes ces ordures

qui préfèrent la souillure

et la salissure

au changement, au vrai changement.

 

C'est tant pis

si je meurs sous leur mitraille

parce que j'aurai compris

pourquoi et pour qui

je suis mort.

C'est tant pis

si je meurs sous leur mitraille

parce que celle que j'aime

n'oubliera qui j'étais

et qu'elle m'aimera pour toujours

bien au-delà de la vie,

bien au-delà de la mort.

 

C'est tant pis

si je meurs sous leur mitraille,

leurs flash-balls et leurs grenades

parce que jamais

je n'aurai été un fasciste,

un nazi, un zombie.

 

A toi ma soeur,

à toi mon frère,

de choisir ta vie et la révolution

ou leurs camps de concentration,

leur solution finale

qui a condamné le 80% de l'Humanité

à souffrir, à être humilié,

à n'être rien à leurs yeux

qui arrachent même nos yeux

pour nous transformer

en personnages de l'Odyssée,

des cyclopes oui mais

des cyclopes géants d'amour

qui ne se feront jamais rattrapés

par leur haine de l'Humanité

et qui feront de la laine

des moutons de jolis Gilets Jaunes

accrochés à nos portes-clefs,

de jolis Gilets Jaunes en laine

en souvenir de celles et ceux

qui se sont battus contre la haine,

l'ignorance, la violence,

l'horreur, le désastre humanitaire.

 

A Jérôme et la bande à Drouet

qui ne sont pas des enfants de salauds

mais des enfants de coeur

et des Copains d'abord.