20/03/2020

Ce petit garçon de 3 ans

Il avait 3 ans

et son grand-père tuberculeux

le contamina sans le savoir.

 

Il passa 4 mois à l'hôpital

sans voir son frère et sa soeur

et des visites très limitées

pour ses parents.

On lui passait des tuyaux

dans l'oesophage

pour voir sa maladie.

Et il criait à la mort

quand sa maman repartait.

Il pouvait mourir

si la médecine restait impuissante

face à son mal.

 

Il passa ensuite 8 mois

dans une maison de santé

pour enfants malades.

Que se passe-t-il

dans la tête d'un enfant

de 3 ans

séparés des siens?

Que se joue-t-il

pour son futur

quand jamais personne

ne lui a parlé de ce temps-là,

ce qui se passait pour lui

en ce temps-là,

ce que ses parents et sa famille

faisaient pendant qu'il n'était pas

à la maison?

 

Je n'en sais rien.

Je sais seulement que je suis là

et que je vous écris à vous toutes et vous tous

pour vous protéger et protéger les vôtres,

les anonymes que vous croisez dans la rue,

les collègues de travail,

en vous isolant complètement

le mieux que vous pouvez

afin de sauver autant votre vie

que celles des autres.

 

Regardez la tristesse

de cet enfant de trois ans

assis dans son jardin

comme un paralytique

sur sa chaise.

Regardez-le bien dans les yeux.

C'était juste avant

qu'il soit éloigné un an

de tous les siens.

 

 

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SURVIVANT

 

Les petites choses de Monsieur Semmelweis

Ils étaient une fois de doctes médecins, ou plutôt se croyant tels, qui croyaient tout savoir de leur art.

Hors, ils étaient en réalité des assassins sans le savoir. Et quand un homme de science leur déclara une vérité de l'ordre de l'invisible et de l' improuvable, avec les connaissances scientifique et les moyens technologiques qu'ils détenaient, ils se moquèrent de lui et le renvoyèrent.

Hors, les observations de Semmelweis étaient bien visibles et non contestables. Les femmes en accouchement mouraient quatre fois plus dans certains hôpitaux où les médecins pratiquaient indifféremment des autopsies et des accouchements, passant par ailleurs, d'une dissection humaine à la mise au monde d'un bébé sans se laver les mains!

Tandis que les sages-femmes qui ne faisaient que leur métier avaient un taux de mortalité 4 fois inférieur dans leur service! Mieux encore, les femmes qui accouchaient dans la rue avaient apparemment plus de chance de s'en sortir elles et leur bébé que dans un hôpital! On était alors dans les années 1850 à Budapest, nom prédestiné pour la naissance d'un génie de l'intuition qui allait, bien plus tard, mettre en place les mesures d'hygiène modernes que nous connaissons aujourd'hui.

Pourtant, les savants de l'époque dénigrèrent les intuitions de Semmelweis basées sur la simple observation des taux d'infection et de mortalité. Les savants ne voulaient pas croire en l'existence de ces microscopiques choses invisibles, de ces soi-disant êtres potentiellement mortels pour des malades ou des femmes en accouchement.

Ce qui est invisible aux yeux, au toucher, voir à l'odorat et au goût n'existe pas pour l'immense majorité des humains. Et c'est exactement ce qui se passe avec COVID-19. Les gens ne veulent pas croire à sa dangerosité parce qu'il n'est pas en face d'eux comme une armée de soldats et de tanks prêts à envoyer la mort sur eux. Le terroriste invisible terrasse notre système et notre civilisation par l'inconscience et l'ignorance des gens qui, bien qu'avertis mille fois, ne veulent pas réaliser à quel point il est dangereux, y compris pour certains jeunes qui vont mourir en croyant qu'ils ne sont pas concernés par ce virus et les précautions à prendre de toute urgence.

Semmelweis finira à moitié fou face aux comportements obtus et dogmatiques de ses maîtres en médecine. Pour prouver qu'il avait raison il ira jusqu'à se piquer avec un scalpel non désinfecté et mourut d'une septicémie à l'âge de 47 ans. Génie incompris, dépressif face à l'erreur et aux horreurs produites par ses professeurs, persuadé d'un autre côté qu'il détenait une vérité capitale pour la santé de l'humanité, il pestait et accusait les médecins-chefs d'être des assassins inconscients de la réalité. Ce qui aggravait son cas, bien évidemment.

Et nous, aujourd'hui, combien de politiciens ont fait passer les intérêts économiques avant la santé des gens pensant que ce virus n'était en fait guère plus dangereux qu'une grippe courante alors que les gens mourraient à Wuhan et que les autorités prirent des semaines à accepter la vérité venue de médecins lanceurs d'alerte qu'on condamna? Pourquoi toujours ce déni face au danger d'un virus alors que face à une armée d'hommes menaçants, nous comprenons immédiatement qu'il faut se mettre sur un pied de guerre si nous voulons espérer survivre à une invasion de terroristes ou d'une nation qui veut dominer le monde?

Que se passe-t-il en Chine qui ne se passe pas ailleurs? Est-ce vraiment que la Chine fait plus juste que nous en ayant vaincu le virus et en étant en train de gagner la guerre idéologique et économique sur le reste du monde? Ou bien est-ce nous qui n'avons pas compris que la démocratie, la liberté implique une responsabilité individuelle de tous les instants et non cette façade démocratique d'une laideur abyssale qui fait que des citoyens et des citoyennes ne pensent qu'à leur liberté personnelle sans aucune conscience personnelle et altruiste face à un ennemi mortel qui ne les concernerait pas, une liberté et une philosophie sadienne qui dit que tout est permis à l'individu puisque toute morale, toute éthique est contrainte et contraire à la liberté, au droit de prendre et de jeter sans ménagement des gens une fois qu'on les a usés et bien utilisés pour ses propres intérêts, au droit de rejeter et de tuer des gens sans jamais être condamnés par un tribunal des droits humains, au droit de violer des femmes, des enfants, au nom de sa propre jouissance et de la liberté personnelle de prendre sans consentement mutuel et de n'être point soumis à un jugement et de la prison ferme pour de longues années?

Si nous n'y arrivons pas et que la Chine est en train de faire basculer le monde en sa faveur c'est que nous avons dévié de l'idéal démocratique vers un idéal de liberté individuel ultra-libéral qui correspond de plus en plus à la liberté décrite dans l'oeuvre de Sade.

Pour nous en sortir et vaincre les régimes totalitaires, nous devons redonner du sens aux vraies valeurs qui font qu'un pays, une nation est vraiment démocratique, libre et responsable, en pleine conscience des enjeux sociaux et économiques qui se jouent pour toute la population.

Ne nous lavons plus les mains comme Ponce Pilate face à sa responsabilité personnelle dans la mort du Christ. Mais lavons-nous les mains pour protéger les êtres que nous aimons et la population que nous venons à croiser. Prenons maintenant nos distances. Promenons-nous en solitaire dans la nature. Acceptons notre solitude contrainte comme le fait que nous sauvons nos vies et celles des autres mais que nous sauvons également nos libertés et notre démocratie.

Faire preuve de civisme plutôt que de cynisme et de sadisme. C'est cela qui nous permettra de gagner la guerre contre cet ennemi invisible qui nous a rendu la vie impossible et contre des régimes dictatoriaux prêts à faire main basse sur nos libertés.

http://www.medarus.org/Medecins/MedecinsTextes/semmelweis...

 

 

 

19/03/2020

Aux confins de Toi

 

Ils ont dit

que pour sauver notre monde

il fallait tous se mettre en confinement.

Ils ont dit

que pour sauver l'économie

il fallait continuer le travail

dans les activités essentielles

à notre survie.

Ils ont dit

que pour sauver l'économie

il fallait quand même

que la majorité des travailleurs

travaille encore

en situation rapprochée

mais à 1 mètre 50.

Est-ce que je pourrais te faire l'amour

à 1 mètre 50 de toi?

Ils ont dit encore

qu'il fallait mettre du plexiglas

dans les supermarchés

pour protéger la caissière et les clients.

Est-ce qu'une fille vêtue de plexiglas

peut faire l'amour à un client?

Ils ont dit aussi

que pour sauver le système

il fallait que les vieux restent chez eux

ferment leur appartement à double tour

sans droit de visite,

sans voir leurs petits-enfants.

Ils ont dit avec autorité

que c'était la seule solution

et que cela ne durerait

pas trop longtemps.

 

Depuis quand les vieux

ont obtenu ce pouvoir

de vie et de mort

sur toute la société?

Depuis quand les dieux

ont condamné les vieux

à jouer ce rôle

pour sauver les enfants du monde?

 

Je regarde par la fenêtre,

mon regard porté à l'Est.

J'irai aux confins de tes yeux

réunir la somme de notre amour.

Je te demanderai de rester

dans le Gang des Confins,

le gang qui fait si peur au monde.

Je te demanderai de rester

dans ton joli coeur,

aller au bout du monde

accoucher notre enfant

sur un couffin.

 

C'est un rêve.

Je te retrouverai un jour.

C'est un rêve.

Les mois passent

et ma jeunesse trépasse.

C'est un rêve.

J'ai vaincu le virus

de la maladie

mais le virus de l'amour

contamine encore ton coeur

comme la maladie

d'un mélo-drame.

 

Crois-tu à mon amour,

à ce Gang des Confins

qui voyage sans cesse

comme il respire?

L'homme de la fin du monde,

celui parti en Indochine

avec cette étudiante du Viet-Nam

à l'aube de ses 20 ans,

vaincra-t-il la mort

pour sortir ta vie du bordel?

 

Jour après jour,

le monde vaincra la fin du monde.

Nuit après nuit,

les peuples comprendront

l'importance de la solidarité

entre nous tous,

l'importance de tous et de toutes

aux yeux de la nation.

 

Le Gang des Confins

finira à la belle étoile

sur un lit d'hôpital.

Il rêvera toujours

de toi avant de fermer

une dernière fois ses yeux

pour l'éternité.

 

Le Gang des Confins

aura raconté des tas d'histoires

à un monde qui ne voulait

rien savoir de lui.

Les histoires resteront.

L'auteur disparaîtra.

 

C'est ainsi qu'il partira

dans sa Solitude

tout au bout de l'horizon.

Le Gang des Confins

revêtira une dernière fois

le soleil pourpre

de sa passion pour toi.

 

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COVID-19 circulait-il au ralenti depuis longtemps en Europe?

Je viens de lire des témoignages de gens qui ont été malades du virus.

Et je suis assez stupéfait de voir que la description de leur maladie correspond très fortement à ce que j'ai vécu à fin janvier, début février 2020.

Je vous raconte un peu mon histoire mais je ne saurai jamais si c'est COVID-19 qui a été le responsable de mon état de santé général assez catastrophique.

Vers le 22 janvier dernier, soit une semaine avant notre réunion prévue depuis l'été 2019 par ma fille pour mon cadeau d'anniversaire (60 ans) avec une partie de mes enfants et petits-enfants dans un chalet de Haute-Savoie, je me suis senti très affaibli et avec un début de toux persistante essentiellement de nuit.

Comme chez nous, dans les métiers de la restauration, il n'est pas du tout aisé de se faire remplacer, on ne se met jamais en arrêt maladie pour un début de refroidissement. Sinon le restaurant aurait de gros problème de fonctionnement. Un serveur cela se remplace encore relativement facilement mais un cuisinier qui est capable de bien maîtriser une carte imposante et la folie de coups de feu intensifs de plusieurs heures, il lui faut au moins 6 semaines pour acquérir tous les automatismes et être vraiment efficace à 100% afin que la clientèle soit servie dans un temps décent.

Passons sur cela. Donc, j'ai travaillé toute la semaine avec cet état général de grande fatigue et cette toux de nuit. En cette fin de semaine, je prendrai mon premier week-end complet depuis près de 18 mois et j'irai à la montagne avec mes enfants. Je me réjouis mais je suis inquiet pour ma santé. Pour celles et ceux qui ont la liberté de tous leurs week-end, je laisse le soin de comprendre ce que la restauration, entre autres professions, nous prend sur notre vie privée.

Le vendredi matin, je me réveille normalement avec un peu de toux et du mal à respirer normalement. Mais au moment de partir au travail, cela empire. Je suis pris d'une toux vomitive. Je suis déjà dans la rue prêt à prendre mon bus et je me dis que je vais téléphoner à mon travail si cela continue. Il est exclu que je monte dans le bus avec une toux vomitive et des rejets d'eau qui sortent de ma bouche. Comme cela se calme rapidement, je pars tout de même au travail. Vers midi, pourtant, je me sens de plus en plus faible, et dit à mon collègue que je ne pourrai sûrement pas venir assuré le service du soir. Hélas, une autre collègue de travail se sent peut bien et ne pourra pas me remplacer le soir. C'est vendredi. Impossible qu'un seul cuisinier travaille pour assurer le service. Il serait complètement débordé. A contre-coeur, je me rend à mon travail dans un état vraiment peu recommandable pour le métier que j'exerce. Vers 21 heures, je dis à mon collègue que je suis trop mal et que je rentre à la maison.

Durant la nuit, je suis réveillé par une quinte de toux vomitive extraordinaire. Je crois cracher mes poumons. Je me sens comme asphyxier durant quelques secondes et je crache de l'eau acide qui me brûle l'oesophage au passage. Dans ma tête, je me dis que je devrai renoncer au week-end avec mes enfants. Mais je sais déjà que ma fille m'en voudra. "Enfin papa. On a fait tout ça pour tes 60 ans. Et on a même pris le lundi pour être trois jours avec toi! Enfin!". C'est mon fils et son épouse qui doivent passer me prendre à la maison à 6 heures du mat. Je leur explique la situation. Je leur dis que je me sens vraiment pas la forme et que cela serait mieux qu'ils partent sans moi car peut-être je devrai aller en urgence voir un médecin. Ma belle-fille  me tance: "Mais papy arrête de te plaindre comme ça. Tu vas pas mourir quand même! Un refroidissement c'est pas une maladie mortelle. Aller! On va passer à une pharmacie et acheter du Dafalgan. Après ça ira déjà mieux." Très sceptique, je les écoute quand même et nous partons pour la Haute-Savoie.

Durant tout le voyage j'ai froid et je suis fébrile. Arrivé au chalet, je me couche immédiatement. Je suis sans aucune force, presque une sensation de mourir gentiment sans que personne ne s'en rende vraiment compte. J'utilise la méthode Coué et me dit que tout ne va pas si mal et que c'est moi qui me la raconte un peu trop. Ma belle-fille est presque contrariée par mon attitude. Je ne me lève que pour prendre un thé et un autre Dafalgan. J'ai de la fièvre. 38,5 degrés. Je ne mange rien. Je n'ai plus d'odorat. Je reste à l'écart de mes petits-enfants qui avaient très envie de m'embrasser et de jouer avec moi. Le samedi soir, ma fille cherche sur Internet une pharmacie ouverte le dimanche.

Dimanche, vers midi, c'est une pharmacienne qui nous sert. Vu mon état général et la tête que j'ai, elle conseille à ma fille et à moi-même de voir un médecin d'urgence dont le cabinet est ouvert à deux pas. Et c'est là que la médecin, qui me questionne quand même pour savoir si je ne reviens pas d'un voyage en Chine, trouve par une radio des poumons que j'ai contracté une pneumonie. Elle me dit au passage qu'elle a à peu près chaque jour un cas similaire au mien à son cabinet et que la grippe est vraiment méchante cet hiver. Elle porte son masque car elle dit qu'elle aimerait bien survivre jusqu'au printemps sans attraper un virus grippal.

Une semaine d'arrêt maladie et un suivi chez un médecin en Suisse. De retour au chalet, je me couche en prenant l'antibiotique prescrit. De l'Augmentin. Le dimanche soir, ma belle-fille se sent mal (elle fera également une semaine d'arrêt-maladie mais avec des symptômes nettement moins grave). Le lundi matin, mes trois petits-enfants sont k.o. affalés dans les canapés avant notre retour. Alors que d'habitude ils sont turbulents et joyeux. (pour eux, cela ira rapidement mieux fort heureusement).

Une semaine plus tard, je décide de reprendre mon travail sans demander le prolongement de mon arrêt maladie, mon médecin m'affirmant que je ne peux plus contaminer personne du moment que j'ai été sous antibiotique.

Il faut préciser que je ne me suis pas mis en arrêt maladie depuis 7 ans et que je ne me suis jamais senti aussi mal et si affaibli pour un état grippal.

Ci-dessous des témoignages troublants et qui font un peu peur quand à la prise en charge des patients. Des gens sont morts (même pas si vieux que ça) parce que l'on a pas été assez sérieux avec ce virus, cette "grippounette" comme disait, à la télévision, Monsieur Philippe Leuba, Conseiller d'Etat vaudois, il y a 15 jours à peine!...

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/18/il-y-au...

 

18/03/2020

Connaître son ennemi pour le vaincre

Un ennemi invisible à nos yeux est ce qu'il y a de plus effrayant au monde.

On sait qu'il est là. On sait qu'il nous cherche. On sait qu'il peut nous tuer. Mais nous n'avons pas d'armes à lui opposer sauf celle de la recherche pour le débusquer et l'abattre avec une arme créée spécialement contre lui.

Il faut voir COVID-19 comme un alien, un être descendu d'une planète inconnue qui ne nous veut pas vraiment du bien ou alors, pour remonter dans la mythologie égyptienne, comme une sorte de déesse ou de dieu envoyé par le maître des horloges pour nous punir de nos comportements tout en voulant nous corriger de nos erreurs grâce à la terreur qu'il nous impose. Un ennemi pédagogique qui voudrait en fait notre survie en échange d'un changement de Civilisation. COVID-19 est gentil avec les plus jeunes, très agressif avec les plus vieux. Il faut y voir une dernière chance de rédemption à travers son attaque planétaire, une dernière chance de changer nos comportements prédateurs avant qu'il ne soit définitivement trop tard.

Il faut tout mettre en oeuvre pour non seulement sortir de ce désastre mais aussi pour corriger nos comportements les plus prédateurs et nocifs à notre planète comme à nos humanités. Nous le pouvons. Nous le devons à nos enfants et à la Terre, la vie animale, végétale, et minérale.

Avant qu'il ne soit trop tard, donnons la contagion de notre amour au monde.

 

 

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CONTAGION