12/05/2017

Mélenchon, dangerous Kob(r)a!

La messe bourgeoise court à Canossa chez les milliardaires et Gattaz mais ces mêmes bourgeois qui se mettent à plat-ventre devant les milliardaires refusent le rôle de révolutionnaire pacifiste à Jean-Luc Mélenchon.

Ah ils ont donc tous peur du prodige qui est sorti de la ligne des partis, et qui soudain se transforme en vrai dynamiteur du système. Avant, dans un autre monde vieux d'à peine 4 ans. il était encore l'homme du sérail politique, admis, républicain. Mais soudain, il devient l'homme à abattre, affilié même à Marine Le Pen et son parti fasciste le FN. Du coup, le voilà doublement coupable d'être fasciste et révolutionnaire prêt à créer un régime de Terreur sur la France. A la fois Robespierre et Jean-Marie Le Pen. Deux extravagances inimaginables parce que s'il peut admirer en Robespierre l'homme parti au combat au moment où le droit de vote du peuple n'existait pas, où seule la révolution armée était possible, il en haït cependant le régime de Terreur et la violence et les morts qu'il a fallu pour arriver à imposer la République aux nobles et aux grands bourgeois de l'époque. Quant à le comparer à l'homme politique qui a fondé le FN, c'est vraiment usé d'une outrance et d'une malhonnêteté intellectuelle incontestable. Jean-Luc Mélenchon n'a jamais été fasciste et ne le sera jamais. Il peut parfois prononcer des paroles maladroites, se fourvoyer comme avec l'affaire du pain des Français volé par les ouvriers détachés polonais (en fait c'est le néolibéralisme qu'il attaque et pas les Polonais eux-mêmes qui ne font que profiter des ouvertures ultralibérales et de l'absence de l'Etat pour contester l'exploitation éhontée de ces ouvriers) mais de fascisme chez lui que nenni. 

Pourtant voilà. Le constat est fait. L'homme brûle la politesse à un élu socialiste de Marseille parce que la France insoumise veut s'imposer comme la vraie gauche qui combat le néolibéralisme devant ce PS qui a trahi le peuple de gauche avec Hollande. Rien de plus logique quand on prétend vouloir réaliser une révolution et non devenir une figure d'opérette pour s'octroyer un siège et une confortable planque financière. Mais bien entendu, cela passe très mal quand on dort durant des années dans un lit friqué sous un joli duvet de conformisme et de soumission au grand patronat et à la finance mondialisée tout en promettant monts et merveilles au peuple qui attend depuis si longtemps des femmes et des hommes politiques qui font vraiment le job pour changer le rouleau compresseur de la grande finance internationale.

Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise sont plus que jamais la formation révolutionnaire à abattre par le sérail politique. S'il y a tant de haine, c'est que finalement la France insoumise à raison de continuer le combat. Parce que franchement, celles et ceux qui suivent depuis quelques temps, voir depuis longtemps les gens qui construisent le programme de ce mouvement savent très bien que le combat politique mené est avant tout un combat positif pour sauver la République qui tombe peu à peu aux mains des pires rapaces néolibéraux. Rien à voir avec ce que le FN nous propose avec la division entre les Français et Françaises d'origine différente et un programme nébuleux qui lui est, pour le coup, un vrai fossoyeur d'Europe et de peuples unis pour un monde futur en paix qui a tout intérêt à se tenir fermement du côté de la vraie démocratie plutôt que des dictatures monarchistes ou fascistes qui créeront le vrai malheur de la France et de l'Europe si elles prennent partout le pouvoir.

Celles et ceux qui font confiance à la France insoumise et à Jean-Luc Mélenchon, répondez présents et présentes. Car actuellement les missiles pleuvent dans la presse et à la TV sur l'homme et le mouvement révolutionnaire qu'il porte en étant le porte-parole de ce peuple qui veut la liberté, l'égalité, et la fraternité. Un long chemin de ronces attend celles et ceux qui resteront aux avant-postes pour soutenir ce projet et ce désir d'Avenir en commun de la VIème République.

https://blogs.mediapart.fr/jean-luc-bertet/blog/120517/me...

 

Marseille, mère de toutes les batailles à venir

Le Général Mélenchon, un sobriquet qui lui va désormais comme un gant, ne débarque pas à Marseille pour y faire de la figuration d'opérette.

Il ouvre le champ de bataille primordial à la conquête du pouvoir. Toute en symbole, la décision du leader de la France insoumise de prendre Marseille comme bastion essentiel des insoumis n'est pas du tout anecdotique.

Le haut score obtenu dans cette ville par le mouvement insoumis n'explique pas tout. Symboliquement, Marseille est la ville où la Garde nationale a pris la décision de prêter main forte à Paris pour renverser Louis XVI installé aux Tuileries en août 1792. La révolte contre la monarchie constitutionnelle est alors à son comble. Il y a un gros risque d'échec de la révolution et un avortement de la République au profit de la royauté.

Au rythme de l'hymne créé à l'origine par le poète-soldat Claude Joseph Rouget de Lisle dans le Jura pour la guerre que mène la France à l'Autriche, la chanson migre dans le Sud, comme Mélenchon d'ailleurs qui a habité le Jura, et devient partout chez elle à la suite de la chute du roi, de l'installation de la République...et du début du règne de la Terreur.

La terreur Mélenchon, le grand dictateur pour les uns, le révolutionnaire magnifique pour les autres, va-t-elle remporter à Marseille une bataille décisive contre l'ultra-libéralisme?

Le troisième tour s'annonce des plus passionnants. Et voir François Bayrou se faire cocufier une fois de plus ne doit pas déplaire à Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis. A force de se prêter à des drôles de jeu de main avec celles et ceux qui arrivent au pouvoir, Hollande d'abord, Macron ensuite, le Béarnais nous a habitué à faire des choix pour le moins étrange. Il savait pourtant qu'il s'était brûlé avec Hollande la Défaite. Les grands brûlés ont parfois des façons étranges de vouloir se rejeter dans les flammes avec le train suivant.

 

11/05/2017

Rien n'est gagné d'avance, tout doit se gagner.

Tu vois les pierres roulées,

l'édifice s'effondrer,

le malheur fondre

sur ton peuple

et tu ne dis rien.

 

Tu fais illusion.

Tu te fais des illusions.

Tu es comme le magicien

qui sort un lapin de son chapeau

en amusant la galerie

alors que derrière eux tous

un homme pose une bombe

dans la salle de spectacle,

que tu exploses

avec elle

et que tu finis en lambeaux de chair.

 

Tu fais illusion.

Et tu te fais encore des illusions

si tu crois que cet Etat te protège

avec ses flics et ses militaires,

avec sa façon bien à lui

de faire croire que la violence

est la réponse à la violence;

de faire croire que la pauvreté

est la réalité des pauvres

et qu'on ne peut rien faire

pour changer ça.

 

Si tu veux gagner aux législatives,

mon amie l'Insoumise,

mon ami l'Insoumis,

il te faudra vraiment

partir comme un soldat de la paix

part au combat

avec des chances d'y laisser sa peau.

Si tu veux gagner aux législatives

et que tu leurs en mettes plein les gencives

à ces dormeurs du fauteuil parlementaire,

il te faudra changer de peau

et te faire vraiment de toutes les couleurs

pour que ton blanc passe au noir

par les couleurs de l'arc-en-ciel.

 

N'imagine pas qu'un parachutiste

envoyé sur Paris ou Marseille

arrive en terre conquise.

Ce serait faire une grave erreur.

Ce serait tout simplement raté

ton saut et t'écraser sur un mur

d'incompréhensions et de rejet.

 

A toi de jouer.

Mais à jouer tout en douceur,

tout en harmonie, tout en amour des gens.

Mais laisse la banlieue à la banlieue.

N'arrive pas avec tes grandes pattes

des quartiers blancs

en pensant tout savoir d'avance.

La banlieue a tellement de choses

à t'apprendre elle aussi

qu'il faut parfois rester

muet d'admiration

avant de faire quoi que soit

pour eux, pour elles,

qui attendent depuis si longtemps

qu'on les prenne en considération.

 

Général Mélenchon,

préviens tes troupes.

On ne colonise pas la banlieue!

On la respecte et on l'admire.

On la critique aussi

mais avec son coeur d'amour.

 

Alors tu gagneras le pari

des Insoumis et des Insoumises

et nous ferons la révolution

plus vite que prévu.

 

Quartiers populaires, le vaste abandon

L'argent publique circule en France mais à la façon d'un circuit fermé.

Les "meilleurs quartiers" sont bien dotés en infrastructures, en instituteurs et institutrices chevronné(e)s, alors que les quartiers dit "à risques" ou "sinistrés", comme si des séismes fictionnels se déroulaient dans ces zones de façon fatale et naturelle, sont prétérités et précarisés de fait par décision de l'Etat français et de ceux qui le gouvernent.

Ce vase clos où l'impôt des riches retourne systématiquement en faveur des riches, plus grave encore, où les niches fiscales et l'optimisation fiscale de certains riches permettent une très grosse soustraction d'impôt tout en ayant droit, vivant dans les "bons" quartiers, à un retour important sur l'impôt pour les infrastructures et la qualité scolaire des enfants, est une grave perversion du système républicain et une abomination, une ségrégation sociale là où l'impôt devrait être un régulateur, un faiseur de plus d'égalité des chances, un moyen de permettre aux jeunes et aux moins jeunes de réussir leur futur au lieu de se morfondre dans un no futur et de finir parfois dans la petite jusqu'à la grande délinquance pour certains et certaines d'entre eux.

La couleur du porte-monnaie est donc bien établie en terre de France et c'est un gros scandale dans un pays qui se prétend, jusqu'à preuve du contraire et par sa Constitution, démocratique.

Ne pas vouloir en parler, rejeter la faute sur les habitants des quartiers, c'est exactement la même chose que de faire ce que les Afrikaner faisaient avec les Noirs: soit déterminer d'avance que la couleur des quartiers n'a pas la bonne couleur, que de fait les banlieues sont inférieures aux quartiers riches parce qu'elles ne produisent pas les élites, et que finalement la "race du quartier populaire" n'a pas à être protégé, aidé, organisé, de façon à ce qu'elle puisse avancer à la même vitesse que la "race des quartiers riches" qui est l'élite du pays, la France qui réussit, la France qui se pavane sur les plateaux TV, la France qui fait le bonheur des magazine People, la France qui s'exporte et voyage dans le monde entier.

Macron Bidon ou Macron le Bon? Certains et certaines n'attendent rien de lui et s'organisent déjà pour créer un vrai rapport de force afin de changer enfin la donne. Au passage, la critique faites aux insoumis et insoumises qui sont en train de proposer des candidats et candidates aux législatives venant presque tous des quartiers riches et blancs, et parachutés dans les quartiers de banlieues doit absolument être prise en compte par Jean-Luc Mélenchon et les cadres du mouvement s'ils veulent réussir le pari d'être majoritaire à l'Assemblée nationale...

Voir ici ce passionnant débat sur Médiapart:

https://www.mediapart.fr/journal/france/100517/les-quarti...

 

10/05/2017

Le porte-monnaie noir

J'ai le porte-monnaie noir

depuis un certain temps déjà.

Interdit de banque,

interdit de cartes de crédit,

interdit de crédit et de petit crédit,

interdit de louer un appartement

aux agences,

interdit d'à peu près tout

au risque de me retrouver en prison.

 

J'ai le porte-monnaie noir.

Et pourtant.

Un jour, j'ai porté le porte-monnaie blanc

pour porter secours

à deux otages.

Hop!

Quelques petits cadeaux un peu luxe,

un club de plage,

un directeur de chaîne d'hôtels

appartenant au signor Khadafi

et me voilà au défi

de rencontrer

le grand méchant ogre

pour la libération des deux Suisses.

 

Complètement fou

l'homme au porte-monnaie noir!

Oui, complètement fou.

Mais le monde n'est-il pas fou?

Kadhafi n'était-il pas devenu fou,

fantasque, mégalomaniaque,

lui l'homme du peuple

transformé en tyran sanguinaire?

 

J'ai attendu une semaine

pour la réponse.

C'était entre Noël et Nouvel-An,

les gens étaient heureux,

le club d'animation magique,

et j'attendais là

sur mon transat

en écoutant de l'électro-house

la réponse du directeur.

 

Le jour du Réveillon,

le sous-directeur me donna

bien évidemment une réponse négative

à cette demande extravagante.

Les cadeaux furent pour

la réceptionniste,

la femme de chambre,

et les deux directeurs...

 

Pour le signor Kadhafi

je n'avais bien sûr

jamais porté le porte-monnaie blanc.

Il le savait.

 

Je suis resté sur la plage

avec ma folie avortée.

Le club d'animation

avait mis en vente aux enchères

un beau costume blanc

qui devait habiter l'homme le plus offrant

pour la soirée de Saint-Sylvestre.

Comme j'avais prévu la moindre

pour atteindre les terres libyennes au cas où...

je m'étais prêté au jeu de l'enchère

et je me suis retrouvé

comme par magie

tout de blanc vêtu

pour la grande soirée.

 

Tous les regards portés sur moi,

tous ces gens qui croyaient

que je devais avoir le porte-monnaie blanc,

toutes ces filles si belles

qui soudain allumaient leurs yeux

pour ce prince d'un soir.

 

Le lendemain matin,

1er janvier de la première année

de l'homme nouveau,

Imen était à 9 heures au bar de la plage.

Et, miracle d'Allah, elle devint mon épouse

le temps qu'elle découvre

peu à peu le désastre de ma situation.

 

Et pourtant, je l'avais bien mis au courant

de ma pauvreté quasi totale.

Mais je crois pourtant que les filles

aiment rêver jusqu'au bout

à leur prince charmant.

 

J'ai le porte-monnaie noir.

Ne l'oubliez pas, braves gens.

Mais je sais devenir le porte-monnaie blanc

pour les personnes qui le méritent vraiment

où que j'aime inconditionnellement.

Et tant pis, si je finis en prison.

 

Un Noir aura toujours sa fierté et sa dignité

comme Rosa Parks qui un jour

refusa de céder sa place

dans un bus réservé aux Blancs.

 

Insoumis, insoumises,

nous allons gagner cette guerre

faite au porte-monnaie blanc.