13/12/2020

Kakoma

 

Kakoma

 

Dans ma lose

j'ai kiffé ta soul.

Si je pouvais

perdre la boule

je rejoindrais

ta basse fréquence

sur mon interface

haute démence.

 

Je te kiffe kiffe

comme un coup de canif.

Je te kiffe kiffe

et tu sors tes griffes.

 

ça serait délit

délivrance

délire gringo bandito 

amigo d'une bimbo star bo bo

bim bim bim

bim bombe.

 

je t'écouterais ta race

durant cette nuit morose.

Je retournerais ta tatsch

sous la narcose des Tropiques.

ça serait bad boy trash and kalasch

dans une party bad girl

baise Lous and Soul love

sans la shame

mais la braise de tes yeux rieurs

et le feu dans le mâle et vice .

 

Je te kifferais

pour que tu kiffes ma race.

Tu sortirais tes griffes

pour que je griffe ta race.

Genre Kakoma and the Yakuza.

 

Joyeuses ecchymoses

de cette nuit bleue écarlate

grenades  dégoupillées

sur le dancefloor

des métamorphoses d'Ovide.

 

Je suis pour l'Age ardent

plutôt que l'Age d'argent.

 

Ci-gîte love Lous & Rose

défonçant ma sinistrose.

 

Dans mes nightmare

je vois l'enfer du porno

et notre tendre libido.

Dans la sono

j'entends ta voix qui miaule

pour un trash bad piaule.

Je veux le hot spot

de mon cum lâché entre tes lips

le night shot d'un vieux dégueu

 mêlé à ton lipstick.

Oublier enfin ma remde

pour un trend one shot

sur ton body trend.

 

Tu vois tu vois pas la sentence?

Tu bois tu bois pas ma danse?

Tu veux tu veux pas la transe?

Tu dis oui ou tu dis non?

Mais le non c'est jamais oui

Mais le oui c'est pas encore assez.

Alors tu dis oui parce que tu veux.

 

Et tu jouis

en chantant Bang Bang

parce que Me Too c'est pig

cool and the gang.

 

Je te kiffe kiffe

comme un coup de canif.

Je te kiffe kiffe

et tu sors tes griffes.

 

Attention au carnage

du dernier des Samouraï.

 

11/12/2020

Le train de vie et le train de misère

Vous êtes fâché avec la Confédération? Ou alors vous êtes fâché avec les Cantons? Ou encore vous êtes fâché avec tout le monde, les jeunes qui sortent en bande en catimini sans porter le masque et s'embrassent accessoirement pour donner du souffle à l'épidémie; les vieux qui vous emmerdent parce qu'à cause de ce virus ils ne sont même pas fichu de rester suffisamment fit et en bonne santé en faisant du sport de compétion pour éviter l'hôpital et les soins intensifs, voir la mort, ce qui fout à mal tout le système hospitalier et oblige aux restrictions drastiques de tout un pays.

Ah cette brave mort dans les statistiques! Cela peut foutre en l'air la bonne conscience de tout un peuple...pour autant qu'il ait une conscience et cela n'est pas forcément assuré parmi certains concitoyens et certaines concitoyennes préférant largement adopter le cynisme le plus hypocrite qui soit pour se voiler la face... Il faut bien mourir un jour. Alors un vieux en moins sur la planète, ben c'est un petit vieux qui devait quand même mourir à la fin. Point barre. Notre pognon, First!

Vous êtes aussi fâché avec vos indemnités RHT qui vous réduisent à la misère ou alors avec vos allocs pertes de gain qui ne sont pas à la hauteur de votre standing ou encore votre demande d'une année blanche, qui ne vient pas de Berne par le train de la Petite Scheidegg, et qui ressemble plutôt furieusement à une année noire (pas de racisme, hein),  avec notre Guy Parmelin & Co, nouveau PDG de la Röstigraben Nation au début de l'An Neuf qui se pointe. 

Vous êtes encore fâché avec votre assureur qui a fait pan pan sur la pandémie pour éviter de vous verser un gain substantiel que vous espériez pour cause d'épidémie ou alors, à la carte, votre proprio qui décidément ne veut rien savoir de vos soucis de locataire commercial. Oui, parce que d'une part pandémie et épidémie non aucun rapport dans la vraie vie des assureurs et que, d'autre part, un local commercial c'est comme un local d'habitation. Même vide et absent des lieux loués, il vous faut en payer le prix juste et non fictif. Logique de Ponce Pilate et de riche propriétaire de la Riviera.

Vous êtes en plus, en tant que patron, non seulement fâché mais ulcéré de voir que votre personnel ose tout de même réclamer, en cette fin d'année glauque, son droit aux vacances et aux jours fériés, alors même qu'il est resté cloîtré trois mois à la maison, payé "grassement" par le chômage, sans rien faire de sa vie durant cette année 2020, et qu'il a vu son horaire réduit les autres mois de l'année, au gré de votre décision patronale unique (et sans syndicat décidément bien discret) qui maximise la rentabilité de chaque employé (avec un salaire réduit et 20% des heures conventionnelles payées finalement à 80% par les indemnités RHT) ce qui, tout de même vous permet, à vous en tant que patron comptable de ses propres intérêts, d'économiser fr.1'000 francs  brut par employé-e et par mois (base salariale de fr.5.000.--) alors que votre collaborateur ou collaboratrice ne touchera que fr.800.-- payé par l'Etat, soit fr. 200.-- de salaire mensuel en moins.

Et vous comprenez qu'à la fin, un patron gagnant-gagnant pour lui, en temps ordinaire, avec un revenu haut de gamme (genre fr.50'000.-- par mois, oui ça existe même pour une très petite minorité de bistrotiers), et qui ne touche "que" fr.6.000.-- de perte de gain mensuel pour cause de fermeture imposée de son entreprise par l'Etat, doit se plaindre, devant ses employé-e-s, de ses très nombreuses factures qu'il ne pourrait que trop difficilement assurer en cette année maudite 2020... 

Au final, vous m'avez compris, il faudrait que les collaborateurs et collaboratrices perdants-perdantes (je préfère les appeler les esclaves), qui en sont réduits à un salaire misérable par la force du coronavirus, comprennent et adhèrent aux états d'âme larmoyants de leur cher patron et arrêtent de réclamer de façon indécente et tout le temps leur dû ordinaire tandis que lui, pauvre patron, perd des dizaines de milliers de francs de salaire potentiel sur les mois de fermeture imposée par le pays.

Bon, évidemment, l'employé modèle n'a jamais connu des soucis de riche genre entretien mensuel d'une grande villa luxueuse, voitures de luxes, et autres dépenses fixes hors d'atteinte pour lui. Il ne connaitra jamais ni le désespoir ni le blues du millionnaire.

Mais il lui faut penser à la misère du riche et pas à sa pauvre misère personnelle qui le renvoie à sa propre image d'être exploité de façon éhontée. Et puis, s'il n'est toujours pas content avec ça et qu'il ouvre trop sa grande gueule, il y a le chômage qui l'attend les bras grands ouverts puisque désormais le marché aux bestiaux est en saturation et que des myriades de cuistots et de personnel de service attendent désespérément un travail.

On finit pourtant bien ce billet trempé dans le charbon, et en chanson s'il vous plaît, avec un autre millionnaire, encore plus riche, et ex-réfugié d'asile fiscal en Suisse dans la jolie station de Gstaad. Comme quoi, je ne suis jamais assez méchant avec les multimillionnaires et que je reste absolument compatissant avec leurs problèmes fiscaux et covidiens. La bombe sur le chalet de bois, c'est pas mon truc. Je préfère la bonne entente et la discussion.

L'économie, c'est ferme ta gueule. La démocratie, c'est cause toujours.

 

10/12/2020

Vaccin Pfizer, déjà des limitations importantes

La campagne de vaccination contre la covid-19 ne pouvait pas plus mal commencer.

A peine une journée après les premières injections, les autorités sanitaires britanniques déconseillent d'inoculer le vaccin aux personnes ayant eu des réactions allergiques importantes à de précédents vaccins ou à des médicament et même de la nourriture.

Cela fera beaucoup de monde! Sans compter que la population aura de la peine à déterminer par elle-même ce qui est un "réaction allergique importante" à la nourriture. Si on devrait encore y ajouter les personnes fortement allergiques au pollen, alors ce serait le début de la fin pour ce vaccin Pfizer à peine mis sur le marché.

D'autre part, il ne faut pas espérer davantage qu'il n'est permis de la vaccination. Nous ne savons toujours pas la durée de protection des différents vaccins proposés et surtout si, comme pour la grippe, nous devrons nous vacciner tous les six mois ou chaque année pour conserver un système immunitaire nous permettant d'éviter la maladie.

Des milliards de gens à vacciner année après année pourrait bien mettre par terre nos systèmes de santé tant il serait exigeant en temps, en argent, et en personnel opérationnel à la production du vaccin, à la logistique, ainsi qu'à l'inoculation du vaccin.

Il aurait peut-être été plus adéquat de placer les milliards dans la  recherche pour trouver un médicament vraiment efficace qui permettra à l'immense majorité des personnes de se soigner et d'éviter ainsi une hospitalisation.

Nous sommes mal pris dans cette guerre face à ce virus infernal. Et les choix politiques ne semblent pas forcément les bons quant aux armes imaginées pour lutter efficacement contre cet ennemi invisible à l'oeil nu.

Rêver du vaccin infaillible et durable semble encore loin de nos capacités médicales. 

Il est temps d'inventer des stratégies politiques, sanitaires, et économiques à long terme (le revenu universel pourrait être remis au goût du jour avec plus de modestie rentière) pour que nous puissions retrouver une vie normale et espoir dans le futur. Si nous ne trouvons pas le traitement médical adéquat pour lutter contre le virus, il est hélas probable que la vaccination a grande échelle soit partiellement un leurre, voir plus grave encore, source de complications sanitaires.

Le vaccin de Pfizer montre déjà ses premières failles et la méfiance populaire vis-à-vis de ces nouveaux produits de vaccination mis sur le marché mondial risque de grandir encore avec, au final, que trop peu de gens acceptent de se faire vacciner.

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-billet-vert/l...

https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20201209-covi...

09/12/2020

Une stratégie de plus en plus invisible

On navigue à vue dans un brouillard covidien des plus épais!

Le pays, notre pays, ne sait plus où il va et avec quel capitaine il y va.

Il faudra comprendre la rage, la colère, l'incompréhension des restaurateurs et des restauratrices romand-e-s qui ont subi les décisions cantonales de fermeture de leurs établissements, il y a un mois de ça, afin de sauver le pays d'une expansion incontrôlée et dramatique de l'épidémie.

A l'époque, nous imaginions bien que tout cela allait finir par une fermeture globale pour toute la Suisse parce que le virus agit indifféremment qu'il terrasse Genève ou Zurich. Nous avons perdu 5 semaines dans notre lutte contre le coronavirus. Il aurait fallu que la Confédération décide et non qu'elle oblige les cantons à décider par eux-mêmes des mesures à prendre pour sauver les fêtes de fin d'année.

Nous avions déjà eu un avant-goût du désastre confédéral au printemps dernier lorsque certains cantons avaient voulu choisir leur propre chemin et croyaient bon de décider individuellement sur un sujet qui touche toute l'économie et la santé du pays. La Confédération y avait mis fin avec souplesse mais fermeté. Nous étions dans une guerre contre une terrible maladie qui dévaste physiquement et moralement la population. Pas question que chaque canton apprête à sa sauce la lutte contre l'épidémie.

Nous n'avons pas voulu gérer ce virus comme une guerre et un ennemi mortel qui demandait pourtant un commandement sans faille et, dès lors, nous avons fait du tourisme régionale avec ces colonels et capitaines cantonaux qui inventent leur propre stratégie tournant essentiellement autour d'une économie comptable glaçante et des idées parfois farfelues qui heurtaient les milieux les plus concernés par les mesures (culture, restauration, commerce). Plus aucun QG central ne semblait alors existé avec un général respecté aux commandes, la Confédération. Plus de scientifiques et de spécialistes pour prévenir du danger imminent du prochain iceberg viral. Tout le monde avait été viré après la fin de la première vague et remercié pour bon travail accompli. Comme si le virus en avait fini avec nous. Comme si la guerre avait été gagnée définitivement. Comme si la Suisse avait été excellente à tous points de vue et qu'elle avait obtenu un bouclier d'or de droit divin contre le coronavirus.

Hier matin, anecdote totalement marginale, j'ai acheté mon abonnement mensuel pour aller travailler ce jour afin de préparer la réouverture du restaurant jeudi. Hier soir, j'écoutais la conférence de presse de dernière minute du Conseil fédéral. Berne ne se rend pas compte. Les patrons et patronnes, en Suisse romande, deviennent cinglé-e-s et perdent leurs nerfs. Ils frisent la dépression et ont un sentiment d'impuissance et de gâchis immense face à ce nouveau coup de théâtre. Quant aux employé-e-s, ils savent déjà que leurs salaires seront de nouveau revus à la baisse. Cela fait depuis mars dernier que le personnel subi des pertes salariales et qu'il est traité un peu comme du personnel à la demande par le patronnat qui peut ainsi profiter de la mise en place des RHT pour dire quand et à quelle heure il faut venir au travail et en repartir.

Les salaires de base étant parmi les plus bas du pays, cette situation est tout simplement scandaleuse. Les familles ne savent plus comment faire pour éviter l'endettement. Et on demande encore une fois à la branche de sauver le pays d'un désastre encore plus grand.

Si les bistrots ouvrent en journée et ferment le soir, ceux qui n'ouvrent que durant les heures de repas ne pourront pas survivre sans aide massive de l'Etat. Le service de midi étant celui des plats du jour - où la marge bénéficiaire est très réduite - et du manger bon marché, aucun patron ne pourra gagner sa vie sur un demi-service qui servirait alors à payer à raison de 40%-50% le salaire des employés. Le reste étant à la charge des RHT payés sur une base de 80% du salaire. Les patrons font leur (petite ou grosse) part de bénéfice en soirée avec les repas à la carte, les bonnes bouteilles de vin, les desserts, le renouvellement des tables - jusqu'à trois voir 4 fois - pour certains établissements qui font de très long horaires de service entre 18 heures et 23 heures.

Le coup de massue imposé à la branche par la Confédération, en totale improvisation, fait de la peine à voir.

Aujourd'hui, je suis sensé aller organiser notre réouverture, mettre en place les frigos, préparer les mises en place. Je ne sais pas ce que nous allons faire ou pas faire comme préparation et je ne sais même pas que va décider notre patron. Laissera-t-il fermer le restaurant à cause des nouvelles directives fédérales? Ouvrira-t-il avec une carte très réduite pour le midi? Jeudi et vendredi soir seront-ils les seuls soirs où nous pourrons travailler avant le 20 janvier prochain?

Savent-il à Berne que des centaines de milliers de gens en Suisse ne savent plus combien sera le montant de leur salaire durant cet hiver 2020-2021 et s'ils auront encore un travail au printemps prochain?

Berne a voulu satisfaire les cantons et Gastrosuisse. Par son attitude un peu trop libérale, Il n'a fait que jeté plus de détresse et plus d'incertitude sur les patrons et les centaines de milliers d'employé-e-s de la branche.

Demain est un autre jour covidien.

 

 

 

08/12/2020

Le festin helvète en temps de peste

 

 

Boire ton calice jusqu'à la vie

 

Il est des pays trop sages

qui se hâtent à la Fête

 

Ils n'ont qu'en tête

ce que les divins mages

préparent au poison mortel

 

De leur élixir de jouissance

au sacrifice sur l'autel

ils tendent leurs cous délicats

au billot de la Grande Faucheuse

riant et butinant à la table

de fausses saintes religieuses

mêlant le vice au sacrifice

le requiem à la fin

l'amour à la mort

la peste au festin

le vin jaune au lubrifiant hydroalcoolique

le désinfectant infect à l'eau de l'alcoolique

la responsabilité dogmatique à l'ivresse libertine

le masque bleu hygiénique

au masque noir vénitien

 

Eros et Thanatos

invités au Bal des Sentiments Paradoxaux

froide distance sociale dans la rue

chaude licence nuptiale sous les jupes

ordre protocolaire fédéral respecté

désordre épistolaire sous la couette

 

Miroir aux alouettes

du vaccin protecteur et rédempteur

enfant Jésus de la science

et pirouettes cacahuètes

des tests covidiens

royaume de la reine des neiges

se brisant le nez

sur la chaise d'un télésiège

 

Il était un brave petit homme

habitant cet étrange pays

tout en cartoon de Chappatte

avec deux t et deux p

pour retomber sur ses pattes

un pays partant à vau-l'eau

enfermé dans son palais bidon

jouant au dindon de la farce

pour satisfaire à la gastronomie

sous les auspices de l'astrologue virologue

et son Joker ricaneur

 

Noël prenait alors des airs de sale garce

avec sa hotte pleine de dollars sinistres

les statistiques des pompes funèbres

et cette traîtresse au grand coeur

prêtresse protocolaire des orgies

Nouvel-An pris sous la glace

avec ses drôles d'allures

de vierges effarouchées

et de volcan en fusion

où les corps et les chairs déchaînés

s'entremêlaient dans une frénésie

de bacchanales secrètes

dont personne ne voulait plus voir

la tragique réalité

afin d'éviter tous les scandales

de ces morts pour rien d'autres

que la survie économique confortable

 

De Genève à Romanshorn

en passant par Verbier et Montana

les Helvètes avaient soif à la vie

soif de retrouver le goût

de l'odorat, du goût, du toucher

quitte à tout perdre

 

Cette frénésie portait un nom:

Libération post-pandémie

comme après l'armistice en quarante cinq

et la chasse aux nazis

 

Il fallait sauver la saison des amours

quitte à en mourir

Il fallait réinventer la liberté

quitte à affronter la camarde

sur un air du requiem de Mozart

Il fallait inviter Sade et le Mal

pour extirper le Bien de nos corps

Il fallait aller au festin de Pouchkine

au son des balaïka

et jeter à la peste notre défi ultime

face aux ukases de l'Ordre

et son Diktat criminel:

 

Ecrire des haïku percutants

des saignées sur ton corps pour revivre

des saillies sur ta peau:

 

Ton corps éveillé

ma solution inerte

génome couronné

 

De plaisir mourir

directives de tes mains

doigts gelés d'hydre

 

In fine

Boire ton calice jusqu'à la vie

 

20201207_131913.jpg

Andromède et Persée, Fritz Pauli, 1965

 

Pour aller plus loin, Le Festin en temps de peste, Pouchkine:

https://www.persee.fr/doc/litts_0563-9751_1994_num_30_1_1...