25/08/2020

L'étrange voyage au pays de Hans Erni (3)

Facétie broute encore son herbe; une autruche qui ne met pas sa tête sous l'eau; le buffle d'eau à barbichette qui vous montre sa majesté; Lu Zern, star asiatique d'un placard publicitaire non officielle, fait la promotion de la ville. Les dernières images de l'étrange voyage à Lucerne d'un photographe pas comme les autres.

 

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24/08/2020

L'étrange voyage au pays de Hans Erni (2)

L'étrange histoire du dragon de feu et du dragon d'eau

 

Elle lui retient le bras.

Du sang coule de sa bouche.

Son oeil et son arcade sourcilière sont blessés.

Lui porte une égratignure au col.

Sans doute la signature de son ongle à elle

laissée sur sa nuque.

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Cordialement pour Willi Grütter, le 26 mars 1983

 

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La colombe ne vole pas. Et de minuscules gouttes de gouache rouge se sont égarées dans la signature...

 

 

 

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Ce n'est peut-être

que du rouge d'artiste

qui s'est perdu sur le dessin

au hasard des voyages de la toile.

Une oeuvre vivante

qui s'est augmentée

de petites taches rouges

sortant de nulle part

et dont personne ne connaît l'origine.

Ou alors un accident voulu

sur la toile par l'artiste

pour interroger discrètement

sur la violence dans le couple.

Ou un acte, à postériori,

de la main d'un homme ou d'une femme

voir d'un enfant?

Ce rouge interroge et intrigue.

Et aux endroits bien précis.

C'est pourtant de la gouache aussi

comme toute l'oeuvre dessinée en gouache blanche.

Une dédicace à un certain Willi Grütter.

Pas d'indice.

Un très beau dessin.

Une fille apeurée en robe légère

dont la main retient fermement le bras

d'un garçon qui semble si triste.

 

Une oeuvre particulière

du peintre Hans Erni

qui a souvent privilégié,

à travers l'expression de son art,

l'harmonie, la beauté, l'esthétique,

l'esprit de géométrie, le bonheur, la paix,

plutôt que le chaos et la destruction,

la dispute, le malheur, et la séparation.

Une oeuvre unique

que j'ai été retrouvée

dans une petite ville lucernoise,

sa région natale,

qui est un peu mienne aussi

par ma grand-mère paternelle.

Une oeuvre dont j'ai recherché

les raisons de son esthétique un brin trash,

le fantastique au sens premier du terme.

 

Voici son histoire

à travers la métaconscience

d'un photographe bidouilleur d'électronique

cherchant le fantastique dans ce couple fusionnel

magnifique peint par Hans Erni.

Le cadeau est exceptionnel.

Merci Madame X.

 

 

 

"Divergence".

Elle l'a dit dans un souffle

comme paniquée des conséquences.

Il ne comprend pas ce mot

qui le griffe à la gorge

et il ne voudra jamais le comprendre.

Elle répète lentement en séparant les syllabes:

 

"Di-ver-gence".

 

Comment stopper le grave processus

d'auto-destruction

quand un couple s'aime de passion?

 

Le quitter serait la seule option

pour empêcher les conséquences tragiques

de cette réaction en chaîne

devenue mortelle entre eux

et mettant le feu à leurs sentiments.

 

Mais le réacteur s'est déjà emballé.

Elle craint la destruction totale

et l'anéantissement de sa famille.

 

Quitter le noyau nucléaire

de la famille sans se faire violence

c'est totalement impossible

quand la passion dévore un couple.

 

La violence c'est l'arme

des gens paumés

qui ne savent plus où ils vont

ni qui ils sont vraiment.

 

La violence c'est Bertrand Cantat

qui tue par passion Marie Trintignant.

 

La violence c'est l'arme

des femmes et des hommes

qui ont abusé grave de leur passion

jusqu'à s'en rendre esclaves

et finissant leur amour dans la déchirure

d'une violence aveugle.

 

La violence c'est le feu à la maison,

la destruction du cocon familial,

le massacre des innocents,

les enfants.

 

La réalité du couple fusionnel

se déroulera parfois dans le cratère maudit

d'un volcan sentimental toxique

quand tout finira mal.

 

Et l'amour finit mal, d'une façon générale.

 

Le couple solaire

est en réalité un réacteur nucléaire

émettant de très fortes ondes radioaffectives.

Tant qu'il y a convergence de vue

tout se passe à merveille.

Mais s'il y a divergence profonde

dans le couple

à un moment T de l'existence

tout peut alors déraper dans la violence,

la haine, la destruction de toute la famille.

 

Elle se pense en dragon d'eau

pour éteindre l'incendie.

Il se pense en dragon de feu

pour souffler en désespoir de cause

sur les flammes de leur passion.

 

Divergence.

Elle n'a plus la même vision

sur la route à suivre.

Elle a forcément raison.

Son dragon de feu amoureux

a perdu grave la raison.

Pour sauver la maison et ses enfants

son dragon d'eau à elle

doit éteindre l'incendie de leur passion.

Sacrifier son amour.

Eteindre son dragon de feu

par son dragon d'eau.

La seule option pour survivre

elle et les enfants,

et même le sauver lui.

 

Après de graves souffrances,

la passion s'éteindra à jamais.

Il ne restera que les cendres d'un amour

entre deux êtres cramés et noyés

après s'être tant dévorés d'amour.

 

Ne cherche pas trop à comprendre la violence.

Cherche plutôt à lutter contre elle

par tous les moyens du bord.

Tu sauveras tout l'amour de ton âme.

 

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Dragon de feu contre dragon d'eau

 

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L'intégralité des artefacts créés ci-dessus ont été réalisés à partir du tableau original dédicacé par Hans Erni que je vous ai présenté dans ce même billet.

 

 

L'étrange voyage au pays de Hans Erni (1)

Monsieur Nicolas de Flüh se promène avec son cheval dans la charmante ville de Lucerne. Quand soudain il disparaît corps et âme. Mais voilà que la Reuss nous raconte son étrange mésaventure à travers le témoignage d'un photographe avisé de passage et aux aguets.

 

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Monsieur Nicolas de Flüh a été débarqué par son cheval

qui a furieusement envie de brouter de l'herbe fraîche.

Un homme à la Reuss!

 

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Nicolas de Flüh naufragé

 

 

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Facétie, c'est son nom, broute son herbe sans se soucier du drame

 

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Mais voilà qu'un énorme et terrifiant ptérodactyle venu de Chine

dévore notre saint homme!

 

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Monsieur Nicolas de Flüh a disparu mais notre brave Facétie

continue de brouter tranquillement son herbe.

 

Gare de Lucerne, aujourd'hui midi. Les gens se promènent sur les quais du port. Un photographe passe par là et surprend un couple habillé en orange dans les jeux d'eau prodigieux.

 

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Tout d'abord une petite loutre qui passe par là

 

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Il faut pas croire. Mais c'est un loup qui passe à gauche.

 

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Vous ne le voyez pas? Il faut montrer patte blanche pour le voir.

 

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Le couple en orange c'est jeté dans la gueule du loup!

Vite un chasseur d'autographes!

 

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Promenons-nous dans la ville pendant que le loup n'y est pas.

 

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Le loup vient de piquer fr.10.-- au chasseur d'autographe.

 

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Si tu veux ma photo ça fera fr.100.--

 

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Hein? Qu'est-ce tu dis? T'as peur du loup? T'as peur de moi

parce que je marche sur l'eau?

 

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Attends un peu. Y'a l'autoranosaure du Hans Erni qui se pointe.

Tu seras mieux à son bord.

 

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ça roule ou ça vole ce truc-là? C'est hybride dit le Hans.

 

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Ah noooon! ça c'est des cars lucernois pour touristes chinois.

 

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Alors ton autoranosaure elle est hybride comme les filles, Hans?

 

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Ben oui. Elle est à pattes et à roues et elle roule à gauche.

Tu vois bien que ton couple orange est bien à l'abri de la pauvreté

et qu'il voyage au paradis avec elle.

 

23/08/2020

L'incendiaire

En musique, recomposer une partition de Mozart ou de Chopin au synthétiseur et au bidouillage électronique a longtemps tenu de l'ordre du sacrilège.

"On n'a pas le droit de transformer une oeuvre et d'en faire du n'importe quoi" hurlaient certains. "Il faut respecter les maîtres" enchaînaient d'autres. Pourtant la musique classique a gardé son socle bien en terre et même "dénaturée" par d'autres artistes elle n'a jamais perdu de sa valeur. Bien au contraire. Les classiques revisités ont ajouté de la plus-value à la valeur originale des grands artistes classiques remixés à toutes les sauces.

Pourtant, dans l'art pictural, on crée encore sur des pincettes. Peur du sacrilège. Peur de dénaturer l'esprit de l'oeuvre et son auteur. Pourtant, c'est le même principe qu'en musique. La liberté de l'art est sans fin. Et puis, ce qui est finalement aimé du public est conservé. Ce qui ne l'est pas est rejeté. L'histoire de l'art fait le tri. Des oeuvres disparaissent. D'autres ressurgissent soudainement.

Alors je reste un artiste libre qui crée selon ses envies et son inspiration. Personne n'est obligé d'aimer ni même d'en parler. Je le fais par pur plaisir et pour donner du sens à ma vie trop solitaire. Et si j'apporte un peu de plaisir, de surprise artistique, et d'introspection aux autres je suis heureux. Sinon tant pis. L'art aura été vain au lien d'être divin.

Les artefacts ci-dessous ont été réalisés à partir d'un tableau original, La fin de l'été, de Jean Roll, décédé en 2015 comme le regretté Hans Erni.

http://www.jeanroll.com/#oeuvres_publiques-anchor

 

 

 

 

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L'incendiaire se met le doigt dans l'oeil

à chaque fois qu'il croit qu'il ne peut rien faire

pour éviter l'incendie.

 

21/08/2020

Guinée Conakry, un cri dans la night

Qui de l'esclave ou du maître

est le plus libre?

Dis. Tu le sais toi?

 

Le maître a sa plantation

de bananes;

l'esclave vit de sa culture

de la savane.

Le maître a sa plantation

d'ananas;

l'esclave joue de la musique

avec ses maracas.

Le maître achète sa plantation

de nanas pour briser ses noix;

l'esclave libère des chaînes

les filles brisées de peine et de joie.

 

Guinée Conakry,

Guinée comme un cri

dans la night.

La part du ciel

et la part des ombres.

Hans Erni chez son ami

Paul Pilotaz, écrivain,

propriétaire d'une plantation de bananes.

 

La solitude.

L'esclavage est-il plus supportable

quand le maître est bon?

La liberté est-elle plus enviable

quand c'est l'esclave qui pointe la lune

tandis que le con regarde sa thune?

 

A vous Hans Erni,

à votre génie,

à votre générosité,

à votre bonté,

à votre façon magique

d'avoir dessiné l'Afrique

et ses peuples.

 

Les artefacts ci-dessous ont été réalisé à partir de la couverture du roman "La part du ciel" de Paul Pilotaz; d'une dédicace personnelle et dessin à l'encre de Hans Erni à son ami communiste, éditeur Théo Pinkus et sa famille, éditeur à Zurich; ainsi que d'une des oeuvres imprimées réalisées par Hans Erni et illustrant le roman de Pilotaz

 

 

 

 

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