05/05/2020

Pandémie: Helvetia se bouge, les patrons devront eux aussi se bouger

Helvétia vient d'admettre qu'elle indemnisera partiellement les patrons de bistrots à raison de 50% du CA mensuel perdu entre le 16 mars et le 11 mai, date de reprise pour la restauration et déductions faites, bien entendu, des indemnités perçues à travers le chômage technique pour eux-mêmes et pour leur personnel.

Si la nouvelle semble vraiment intéressante pour les tenanciers d'établissement qui obtiennent en plus le soutien du Parlement pour une forte réduction, voir carrément la suppression, des locations dues pendant cette période de fermeture en plus du prêt sans intérêt jusqu'à 10% du CA annuel de l'entreprise par la Confédération, il n'en va pas forcément de même pour les employés qui auront de la peine à obtenir leur dû sans le réclamer expressément à leur employeur. Encore faudrait-il savoir pour eux quelles assurances, mis à part Helvétia, indemniseront finalement les patrons et si une couverture épidémie avait été prévue entre l'assurance et leur employeur.

Les syndicats devraient donc, entreprise par entreprise de la restauration, s'informer auprès des employeurs d'ici quelques temps pour savoir s'ils ont été finalement indemnisés partiellement par l'assurance épidémie.

Dans le cas d'une couverture d'Helvétia, pour les restaurants couverts par une assurance épidémie, une rétrocession de salaire sur les quasi deux mois d'arrêt de travail devrait impérativement s'effectuer sur les 20% de salaire non pris en charge par le chômage technique. Ce serait donc au minimum 10% (sur la base de l'indemnisation de 50% du CA par l'assurance) du salaire manquant qui devrait être versé aux employé-e-s.

Pour un salaire brut mensuel de fr. 4.500.-- l'indemnité due à un employé devrait se situer au minimum autour des fr.900.-- pour les deux mois non travaillés, voir la totalité du salaire manquant à bien plaire pour un patron qui gagne très bien sa vie avec son entreprise. Le CA faisant acte de foi pour l'indemnité perçue, plus les employés auront été productifs plus ils auront eux aussi participé à dégager ce grand CA pour leur patron...

Aux syndicats de se bouger à leur tour et de faire leur boulot pour éviter de monstrueux abus dans la branche...

Cela devient très compliqué pour les employés et employées de la restauration qui ne connaissent de loin pas tous les tenants et aboutissants pour obtenir simplement leurs droits et une juste rétribution en fonction de ce que leur patron aura obtenu...ou pas.

Ci-dessous, le lien vers l'assurance Helvetia:

https://www.helvetia.com/ch/web/fr/service/contact/consei...

04/05/2020

Shine City

 

So long is my way.

Ton visage glissant vers my street.

Le long retour du côté de Shine City

sera une aventure frissonnante

effaçant la trace

de nos longs mois de séparation.

 

Te rappelles-tu de cet orage

et de nos coeurs volant

en direction des nuages?

On se disait qu'un jour peut-être

tout nous serait permis

même le droit de rêver à notre réalité.

Mais il y avait toujours un mais

dans notre histoire d'amour,

des nuages qui s'amoncelaient

au loin au-dessus de nos draps de lit

dans ta chambre à Neuchâtel,

des cumulo-nimbus déversant

nos larmes douces et amers

sur nos vies de bagatelle.

 

Ils disent toujours

que ceux qui échouent

sont responsables de leurs échecs.

Mais ils ne disent jamais

que s'ils ont réussi

c'est que d'autres ont trimé pour eux.

Mais ils ne disent jamais

que si la réussite est belle

l'échec, lui, est héroïque.

 

Ils savent tellement pleurer

et gémir sur leur sort

auprès de maman patrie

quand ils sont en train

de perdre la partie.

Ils savent tellement accumuler

et individualiser les bénéfices

sans jamais penser à partager

avec leur personnel

et collectiviser les dettes

le jour ou une pandémie arrive

en pensant même que le personnel

commence vraiment

à leurs coûter trop cher

et qu'il faudrait songer

à le faire travailler plus

et le payer moins.

 

On parle tellement des indépendants

dans les médias

et de leur malheur

mais on ne montre jamais

les employés qui ne touchent plus

l'intégralité de leur salaire

et qui se retrouvent

trop souvent au minimum vital

avec les factures sur le dos

de leur dromadaire

sachant si bien vivre

dans le désert médiatique

malgré l'aridité

du manque de reconnaissance.

 

Tu vois, mon ange,

je ne pleure pas sur mon sort,

j'arrive même à me débrouiller

d'une façon ou d'une autre

pour que toi et ta famille

ne creviez pas de faim au pays.

 

Tu vois, mon ange,

j'ai toujours  plutôt eu tendance

à individualiser mes pertes financières

et à collectiviser mes maigres revenus

sans chercher midi à quatorze heures

si cela est trop injuste

de vivre avec moins et au final

en faire un plus pour les autres.

 

Parce que l'amour c'est le partage

et que le partage c'est l'amour

alors que l'égoïsme c'est la division

et que la division c'est la haine.

 

Quand tu reviendras,

on ira se faire un petit plaisir

dans un bon restaurant

avec ma cagnotte d'écureuil

pour soutenir un patron

et ses employés de retour au turbin

même si je suis certain

que le patron ne versera aucun dividende

à son personnel à la fin de l'année

en récompense d'avoir super bien réagi

à l'énorme crise actuelle

et de l'avoir sauvé

de la faillite personnelle.

 

Parce que je suis comme ça

et pas autrement.

Parce que j'ai toujours du faire face

à de grosses difficultés

dans mes propres commerces.

Parce que je me suis toujours battu

pour ma famille

et que l'Etat ne me l'a jamais rendu

même quand je ne pouvais pas

assumer les impôts par force obligatoire

d'un père à charge de quatre enfants.

 

Alors franchement,

ils me font doucement rire

ces patrons qui ont pourtant

de belles maisons et de belles bagnoles

et qui paniquent après six semaines

alors que tout leur personnel

est pris en charge par l'Etat

et que la marchandise est au froid

dans leurs congélateurs.

Je dis pas que tous et toutes

ils roulent sur l'or.

Non. Je sais bien qu'il existe

des petits patrons qui galèrent vraiment

pour assurer leur fin de mois

et garder leur entreprise à flot.

Mais je suis sûr

que ce ne sont même pas ceux

qui pleurent le plus

dans le gilet de Maman Etat.

 

Alors n'y pensons plus.

Réjouissons-nous de nos retrouvailles

qui ne seront pas des funérailles

mais bel et bien ce lumineux bonheur

de nous retrouver tous les deux.

 

So long is my way.

Ton visage glissant vers my street.

Le long retour vers Shine City

sera une aventure effaçant

nos longs mois de séparation

et cette grande douleur

de rester solo dans nos existences.

 

A bientôt, my love.

Comptine d'un autre été

 

 

C'était l'été de la dernière chance.

Nous avions perdu tant de temps

à vouloir devenir trop riches.

Nous avions perdu nos familles

à trop vouloir travailler pour consommer.

 

C'était l'été de notre dernière chance.

Tu étais nue sur la plage désertée.

Nous avions perdu tant de temps

à nous manquer ces dernières années.

Nous avions rêvé

de la possibilité d'une île,

nous mettre ensemble

et nous aimer pour toujours.

 

S'il fallait se déconfiner

pour encore pouvoir consommer

de fausses illusions,

des apparences, des mensonges.

S'il fallait retourner

à nos places de travail

pour satisfaire le pouvoir des patrons,

rester esclaves de notre condition,

polluer davantage

avec la satisfaction du criminel,

s'envoler presque gratuitement

pour des destinations de rêve

en assassinant délibérément

nos conditions d'existence.

 

S'il fallait se déconfiner

pour déconner davantage,

renoncer à nos promesses,

écouter leur discours du passé

sommés de rejoindre

nos places de travail

par cette finance

fonçant dans le mur de l'anéantissement.

 

C'était l'été de notre dernière chance.

Tu étais nue sur la plage désertée.

Nous avions perdu tant de temps

à nous manquer ces dernières années.

Nous avions rêvé

de la possibilité d'une île,

 nous mettre ensemble

et nous aimer pour toujours.

 

S'il fallait se déconfiner

et remettre le couvert comme avant,

mais avec en plus

l'hôpital

qui se fout de la charité

au restaurant,

les tables à désinfecter

derrière le passage des gens,

les masques à porter

pour protéger les clients,

les distances à respecter

pour obéir au règlement,

la dépression du patron

ne gagnant plus ses cinquante milles francs,

toutes les fins de mois

à gémir sur son bénéfice révolu,

sa misère et ses pleurs

pour réussir à payer nos salaires.

 

C'était l'été de la dernière chance.

Nous avions perdu tant de temps

à vouloir devenir trop riches.

Nous avions perdu nos familles

à trop vouloir travailler

et gagner cette thune

qui ne faisait pas notre bonheur.

 

C'était l'été de la dernière chance.

A la télé, ils ne parlaient

que de leur destination de rêve

frustrés d'un printemps confiné.

Ils voulaient toujours la dolce vita

comme avant la calamité,

comme avant l'avertissement mondial,

comme avant

quand rien ne les faisait jamais réfléchir

à d'autres perspectives de société,

plus d'équité, moins d' injustice,

plus d'humanité, moins d'indifférence.

Ils voulaient conserver leurs privilèges,

leurs droits aux plaisirs sans contrainte,

leurs possibilités de royaume

à prix bradés pour cet été

sans jamais penser à celles et ceux

qui les servaient à table

qui seraient encore plus mal payés

que dans les habitudes d'avant;

que cette dorade royale

leur avait été dorée

par un cuisinier masqué

devant se battre tous les mois

pour conserver

un salaire déjà peu enviable

et un horaire de travail

coupé en deux détestable,

du matin et du soir,

de la semaine et du week-end,

des heures à bien plaire

pour sauver de la faillite

le business de son gentil patron.

 

C'était l'été de notre dernière chance.

Tu étais nue sur la plage désertée.

Nous avions perdu tant de temps

à nous manquer ces dernières années.

Nous avions rêvé

de la possibilité d'une île,

nous mettre ensemble

et nous aimer pour toujours.

03/05/2020

Notre état d'urgence n'est pas celui de l'ultralibéralisme

Nous ne nous sommes jamais confinés pour subir une baisse de salaire de 20% pour beaucoup, à 100% pour certains.

Nous ne nous sommes jamais confinés pour faire du farniente et vivre des vacances à domicile sans possibilité de voyager et de manger au restaurant.

Nous ne nous sommes jamais confinés pour risquer de perdre notre travail et subir les pressions de nos patrons à notre retour au travail.

Nous ne nous sommes jamais confinés pour sacrifier nos familles, nos vieux seuls à la maison ou emprisonnés dans les homes, nos enfants, nos relations sentimentales, et nos relations amicales.

Nous nous sommes confinés pour sauver des vies par milliers, permettre aux hôpitaux d'éviter au mieux un cauchemar sanitaire et humain, aider médecins et personnel infirmier à la réussite de leur mission.

Nous nous sommes confinés pour avoir la possibilité d'une vie heureuse après le confinement.

Et notre état d'urgence à nous c'est donc de retrouver nos familles, notre travail dans de bonnes conditions, et notre envie de continuer à vivre le plus normalement possible.

Alors il faut oser la rencontre et les retrouvailles puisqu'il nous faudra bientôt vivre dans la cohue des transports publiques et la foule dans les rues. Retrouver aussi des collègues de travail qui seront à des distances plus ou moins réduites que celles préconisées et des clients par milliers sur la durée d'un mois qui mangeront et boiront sans masque dans notre restaurant.

Et comme je risque comme tout le monde d'être touché par le Covid-19 du moment que je renoue des liens physiques avec de très nombreuses personnes après sept semaines de confinent strictement complet, il faut que je consacre un peu de temps à ma famille, mes enfants et petits enfants que je n'ai plus revus en chair et en os depuis sept semaines au minimum.

Pardon si je ne fais plus super bien après 49 jours de solitude totale, Monsieur Berset et Monsieur Koch. Mais je ne me vois en aucun cas finir sur un lit d'hôpital avec un masque à oxygène sur le visage, mes enfants et petits enfants éloignés de leur papa, grand-papa, et sans aucun droit de visite parce qu'un autre ou une autre que ma famille m'aura transmis le corona dans les transports publiques ou au travail.

Mon état d'urgence est ailleurs. C'est d'abord ma famille, pour maintenant, et mon amoureuse, pour bientôt. Alors je me devais de lever mon état d'urgence personnel pour revenir à la normal auprès des miens qui m'ont accueilli les bras ouverts sans peur des bisous et des enlacements.

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A la ferme, avec une de mes filles, son compagnon, leurs enfants.

Le petit Léo est né à la maison le 20 mars 2020.

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Les couleurs de la liberté

 

Des offres formidables, des conditions détestables

Un nouvel eldorado, une nouvelle ruée vers l'or consumériste et touristique se prépare.

Pris à la gorge, le secteur touristique s'apprête à offrir les merveilles naturelles du monde à des prix bradés. Après les vols à bas coûts viennent les stations à prix cassé. Quand on a peur de mourir de faim on vendrait père et mère pour une bouchée de pain.

Le retour au travail pour beaucoup de monde risque d'être pire que le monde de hier. Non seulement touché-e-s par une baisse de 20% de leur salaire durant le confinement, les employé-e-s de la branche de l'hôtellerie-restauration risquent de subir de plein fouet des pressions inacceptables pour prolonger leur horaire de travail et accepter des baisses de salaire afin de satisfaire une clientèle touristique anémique friande d'obtenir des réductions extraordinaires sur les prix.

Et qui dit touristes dit généralement celles et ceux qui ont du pouvoir d'achat et qui vont continuer, pour la plupart d'entre eux, à profiter du télé-travail pour éviter un maximum les risques de contamination.

En  Suisse, ce seront des risques d'abus de travail par milliers dans la branche touristique. A l'étranger, ce sera encore bien pire la plupart du temps. Les patrons offrant des conditions super avantageuses à leurs clients imposeront des conditions de travail d'enfer à leur personnel. "Et si tu n'es pas content, tu vas rejoindre la longue queue du chômage. J'ai 300 cuisiniers et 1'000 serveurs qui attendent pour prendre ta place."

Le déconfinement à la sauce Usam et UDC, leur discours infecte et infectieux, leur ignominie : " Vous les personnes du bas de classement de la grille des salaires vous travaillerez encore davantage comme des esclaves pour que nous les cols blancs et patrons profitions un maximum des avantages nécrophages de cette pandémie pour s'éclater à des prix formidables en laissant les risques de contamination à vous les plus pauvres et les plus exploités."

Non. Vraiment. Ces gens n'ont rien compris. Le monde de demain sera pire que le monde de hier pour beaucoup d'entre nous.

Avec de telles perspectives d'avenir, il est presque à souhaiter que Covid-19 s'introduise à nouveau chez les riches et les ruinent dans leur santé et dans leur porte-monnaie afin que ces arrogants perdent enfin de leur superbe vis-à-vis des couches sociales défavorisées.

Sekhmet n'a peut-être pas fini de semer la désolation sur Terre...

Les milliardaires et autres millionnaires nous préparent le plus effrayant des mondes à nous les travailleurs et travailleuses, les petites mains, les invisibles, comme ils osent nous appeler. Et il semble que nous soyons prêts à nous faire tondre et pucer par ces cyclopes qui nous mangeront davantage en attendant de se faire crever l'oeil qu'ils leur reste par des Ulysse populaires, des héros libres prêts à en payer le prix, n'en pouvant plus d'accepter la captation du trône par des prétendants odieux, injustes, imbus d'eux-mêmes. 

L'été sera meurtrier par la faute de ces gens qui tentent de nous maintenir coûte que coûte dans leurs griffes assassines en nous envoyant au casse-pipe sanitaire planétaire. Des Trump, des Bolsonaro...et des ultra-libéraux de partout prêt à affaiblir la santé et le porte-monnaie des petites mains au nom de leur train de vie.

Ce n'est pas le monde que j'attendais après la peste brune des fascistes...

 

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L'Invisible n'a pas de prix