02/12/2020

Félix Pyat et la médaille sacrilège décernée à Naulot

...Ou comment faire parler une médaille qui se tait depuis plus de 130 ans...

Jamais une monnaie ou une médaille ne m'avait emmené aussi loin dans son histoire intime, historique, mystérieuse, quasi incroyable.

C'est en consultant un site numismatique de la Place fédérale helvétique que je suis tombé sur un objet numismatique d'apparence des plus banals bien que très beau, un objet sans historique particulier autre que son intitulé qui va s'avérer de plus en plus fabuleux et énigmatique au fil de mes recherches internautiques.

Cette médaille montre, à son avers, un classique de la République française. Le buste de la Marianne gravée par Vauthier Galle, sculpteur-graveur réputé sous la IIIème République.

Ce genre de médailles officielles n'est de loin pas une rareté sous les différentes Républiques françaises. On les frappe pour honorer les membres du Sénat et de l'Assemblée nationale, ou pour distribuer des récompenses officielles à des méritants et méritantes, voir servir aux concours nationaux d'agriculture, par exemple, parmi tant d'autres affectations possibles.

Jusque-là rien de bien spécial à retenir si ce n'est la beauté et la patine magnifique de cette médaille. Objet de collection devenu rare et recherché aujourd'hui, il aurait pu suffire à mon bonheur de collectionneur.

Mais voilà. Son revers insoupçonné est d'une toute autre portée historique et va m'entrainer loin dans mes recherches m'emmenant vers un horizon inespéré.

Nous parlons bien d'une médaille classique, nationale, officielle, et finissons à l'hypothèse d'une médaille dérobée et détournée de toute affectation officielle et cela au nez et à la barbe de la République! Médaille réinventée clandestinement par un fou romantique républicain, Montagnard, député, paria, proscrit membre fondateur de la Commune, condamné à la déportation et même condamné à mort à une période de sa vie, personnage tellurique faisant un pied-de-nez mémorable à la République française des Bourgeois. Ce personnage hors du commun c'est Félix Pyat, avocat, homme politique influent, journaliste, auteur dramatique, pamphlétaire sarcastique, figure et chef de file de la Commune de Paris, exilé, condamné à la prison pour appel à l'insurrection, et finalement élu à l'Assemblée nationale (dont il démissionnera à peine deux mois plus tard!), député enfin des Bouches-du-Rhône en 1888 et valeureux "vétéran de la démocratie", entre autres activités prolifiques invraissemblable.

Il est l'auteur, en 1856, de "La lettre à Marianne". Cela donne toute la saveur et le souffre du personnage. Extrait:

« Salut Marianne pleine de force, le peuple est avec toi. Le fruit de tes entrailles, la République, est béni. Sainte Marianne, délivre-nous vierge de la liberté, des rois et des papes. Ainsi soit-il. »

Il est aussi l'auteur d'une pièce de théâtre à succès "Le Chiffonnier de Paris" drame en cinq actes qui deviendra aussi un roman-feuilleton dans "Le Radical" journal de la gauche communiste et anarchiste que l'on trouve encore aujourd'hui en vente publique et dont un film a été tiré dans les années 1920.

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A écouter aussi une émission de France Culture consacrée aux Chiffonniers de Paris à travers le livre récent d'Antoine Compagnon avec une belle chanson de Germaine Montéro au début de l'émission et un passage du roman de Pyat, entre autres bonnes raisons d'écouter l'émission.

https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-te...

A partir de ces faisceaux d'indices, je me suis lancé dans une recherche palpitante concernant un certain Naulot, inscrit sur le revers de la médaille; la vie des chiffonniers de Paris; la grève de 1886 des Mineurs de Decazeville; et, comme toile de fond, le meurtre collectif du directeur des mines, un certain Watrin, homme brutal au service du grand Capital qui méprisa les prolétaires jusqu'à faire diminuer les salaires des mineurs de 34% en empochant, au passage, 10% des bénéfices supplémentaires générés par cette situation sociale scandaleuse et criminogène catastrophique.

Pourtant, en découvrant cette médaille sur mon ordinateur, tout me paraissait anodin et classique sur ce revers. L'inscription "Le Chiffonnier de Paris" devait être, sans doute, le nom d'un atelier de gravures et médailler à Paris; "Aux mineurs de Decazeville" un hommage à ces hommes, ces femmes, ces enfants, creusant une galerie et extrayant du charbon à la sueur de leurs fronts et au péril de leur vie; F. Pyat, probablement un ministre du travail de ce temps-là (je ne le connaissais pas, mea culpa) remettant personnellement une médaille à un mineur très productif, stakhanoviste du travail, ce Naulot, sans autre explication et sans prénom. Rien d'extraordinaire en soi. Sauf que... Cela ne collait pas trop avec les canons et le classicisme de la IIIème République.

L'histoire aurait pu en rester là dans cet imaginaire étroit supposé et loin du compte de la potentielle réalité explosive et révolutionnaire de cette médaille pas comme les autres.

Alors j'ai cherché et mes recherches, digne d'un chiffonnier, m'ont finalement stupéfié et emmené tout d'abord chez les Chiffonniers et Chiffonnières de Paris (au féminin bien souvent des prostituées exploitées et à double emplois), ces gens, ces proscrits qui, jadis, nettoyèrent les rues de Paris de ses os et de ses papiers abandonnés dans la rue, personnages portant même une médaille de laiton autour du cou pour les identifier et les autoriser à leur activité, avant qu'un certain Monsieur Poubelle organise le déblaiement des ordures grâce... à des poubelles. Ces chiffonniers, ils étaient des dizaines de milliers dans la deuxième partie du XIXème siècles avec leurs crochets ramasse-papiers. Ces femmes et ces hommes représentaient la lie du peuple mais une lie très utile à la Ville des Lumières puisqu'ils revendaient la matière première, les chiffons, pour en faire le papier des artistes, des écrivains, des poètes. Le recyclage, c'était eux.

Philosophie du chiffonnier

« Vidons l’écrin !... vidons le panier aux ordures, et faisons l’inventaire de ma nuit !... Voyons si j’ai vraiment fait une grasse journée… si je trouverai quelque chose de bon dans ce résidu de Paris !... C’est peu de chose que Paris qui va dans la hotte d’un chiffonnier… Dire que j’ai tout Paris, le monde, là, dans cet osier… Mon Dieu, oui, tout y passe, la feuille de papier… tout finit là tôt ou tard… à la hotte !... […] L’amour, la gloire, la puissance, la richesse à la hotte ! à la hotte !... toutes les épluchures !... tout y vient, tout y tient, tout y tombe… tout est chiffon, haillon, tesson, chausson, guenillon !... […] Et dire que tout cela refera du beau papier à poulet, de belles étoffes à grandes dames, et que ça reviendra là encore, et ainsi de suite, jusqu’à l’extermination. O folies d’hier… ô superbes rogatons… c’est là votre humiliation !... C’est le rendez-vous général, c’est la fosse commune, c’est la fin du monde… c’est plus que la mort, c’est l’oubli !... Qu’est ce qui reste après le père Jean, je vous le demande un peu ?... Rien, un os comme celui-là ! ».

Félix PYAT (1810-1889), journaliste, auteur dramatique et homme politique français, Le Chiffonnier de Paris, 1861 (c'est en lisant cela que je commence alors à douter de ma première interprétation de cette médaille)

référence  de ce passage (lire le billet remarquablement fourni de ce blog): http://magenealogie.eklablog.com/le-chiffonnier-a158471496

Drôle de Père Noël à la hotte en cette époque de covid pour un amateur de nusmismatique...

et plus loin encore:

La chanson de la hotte

Les chiffonniers, glaneurs nocturnes,

Tristes vaincus de maints combats,

Vers minuit quittant leurs grabats,

Dans l'ombre rôdent taciturnes.

 

La Hotte sur leurs reins courbés

Se dresse altière et triomphante ;

Voici ce que cet osier chante

Sur ces échines de tombés :

 

Moi, la Hotte nauséabonde,

Épave où vivent cramponnés

Les parias et les damnés,

L'écume et le rebut du monde,

 

Fosse commune à tous débris,

Où ce qui fut Hier s'entasse,

En juge, chaque nuit, je passe,

Fatal arbitre du mépris.

 

À la lueur de sa lanterne,

Mon compagnon qui fouille au tas

Ramasse tout : chiffons, damas,

Sans que sourcille son œil terne ;

 

Tout ! auréoles de clinquant,

L'honneur vendu, des ailes d'ange ;

On trouve en remuant la fange

Les vertus mises à l'encan ;

 

Fausses grandeurs, fausses merveilles,

Et tant d'autres choses encor ;

Vieux satin blanc aux trois lis d'or,

Velours vert parsemé d'abeilles.

 

Dernier et fatal ricochet,

Tout va, tôt ou tard, à la hotte

Du chiffonnier qui dans la crotte

Fouille du bout de son crochet. »

Charles Burdin, Heures noires, Paris : Librairie des bibliophiles, 1876

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Médaille en laiton du chiffonnier Lienard.

Une médaille de laiton qui à l'époque représente alors les chiffonnniers contrôlés par la marée-chaussée et très peu considérés par la bourgeoisie. Très loin de la gloire d'une médaille frappée or ou argent à l'effigie de Marianne et sous les hospices et les lauriers de la République Française... Indice claire que la médaille frappée à la Gloire des chiffonniers et des mineurs de Decazeville et au nom de la République Française détonnent très franchement dans le paysage politique de l'époque.

 

Fin des chiffonniers La fin du 19ème siècle va sonner le glas des chiffonniers.

1/ L’invention de Mr Poubelle est le premier coup de semonce. En effet le 24 novembre 1883, le préfet de la Seine, Eugène René Poubelle prend un arrêté relatif à l’enlèvement des ordures ménagères en imposant des boites à ordures à chaque occupant de logement et oblige les propriétaires parisiens à fournir à chacun de leurs locataires un récipient muni d'un couvercle.

Trois boîtes étaient obligatoires : une pour les matières putrescibles, une pour les papiers et les chiffons, et une dernière pour le verre, la faïence ou les coquilles d'huîtres.

Ces premières « poubelles » devait être en bois, garnies de fer blanc à l’intérieur pour des raisons d’hygiène, être muni d’un couvercle et avoir une contenance de 80 à 120 litres.

 

Le chiffonnier

  http://magenealogie.eklablog.com/le-chiffonnier-a158471496 (merci encore à cette précieuse personne pour les infos fournies sur son blog)

Et voilà que je me retrouve devant quelque chose de très curieux pour essayer de comprendre les tenants et aboutissants de cette médaille "officielle" de la République. D'une part, une référence aux chiffonniers de Paris et, d'autre part, une autre référence aux mineurs de Decazeville avec une date 1886 et un homme politique d'envergure, proche des milieux communistes et anarchistes, au centre de l'intrigue numismatique.

Reste un nom à explorer, celui qui semble obtenir la récompense suprême de l'Etat français, en cette fameuse date 1886 (plus en avant je découvrirai que la médaille a peut-être été frappée en 1888, année de la mort d'un certain Naulot).

Du côté de ce Naulot, je ne trouve rien dans un premier temps. Naulot n'existe nulle part sur le Web. Aucune référence à un personnage glorieux, méritant, et décoré d'une médaille républicaine. En apparence, tout du moins, Naulot est un fantôme, un anonyme qui n'a pas passé à la postérité.

Je m'accroche à ce que je peux, la date de référence. Et pourtant, sur cette date, je découvre de la documentation en veux-tu, en voilà, mais toujours pas la moindre trace de ce Naulot fuyant le traçage de Google...

1886, c'est la date de la révolte des mineurs de Decazeville dans laquelle un certain Jules Watrin, ingénieur-directeur de la mine, va trouver la mort, défenestré et battu à mort par des ouvriers et ouvrières avec le soutien des 2'000 mineur-e-s travaillant sur les lieux. Dix accusés finiront sur les bancs des accusés. Quatre d'entre eux écoperont au total de 26 ans de travaux forcés, dont huit pour le principal accusé pourtant non présent (!) lors du meurtre mais leader de la cause et pousse-au-crime contre cette bourgeoisie qui en veut toujours plus en offrant toujours moins aux prolétaires. Vous découvrirez le nom des condamnés parmi les références données au bas de cet article.

Mais aucune trace laissée par un certain Naulot, ni du temps du drame ni même dans les articles les plus récents de sites d'extrême-gauches, de libertaires, ou même d'Insoumis, consacrés à cette affaire nationale, voir internationale puisqu'une collecte de soutien aux grévistes de Decazeville sera mise en place jusqu'en Suisse (!) malgré ce meurtre sauvage de Jules Watrin.

Alors quoi. Je me pose désormais des tas de questions sur ce trésor numismatique qui se terre dans un coffre à côté du Palais fédéral et dont je convoite l'acquisition. D'abord cette médaille n'est pas référencée sur Internet, du moins pas à ma connaissance et cela même après avoir exploré beaucoup de pages numismatiques. Impossible de trouver des références à cet objet bien que la médaille à l'effigie de la Marianne de Vauthier Galle on la trouve avec différents revers de la médaille mais jamais avec ce revers. Ensuite, il est assez clair que la IIIème République ne saurait honorer un prolétaire, potentiellement fauteur de trouble, voir pis un criminel. Même Jean Jaurès, socialiste leader des opportunistes au Sénat à l'époque, ne défend pas le crime perpétré sur Watrin, au contraire de l'autre frange, les Radicaux, qui soutient que le meurtre reste parfois l'unique issue de secours face à l'injustice et la cruauté d'un homme et d'une IIIème République trop au service du Grand Capital... déjà... On croit percevoir, dans le miroir contemporain, la même division de cette Gauche France Insoumise ou communiste et cette "fausse" Gauche caviar de Manuel Valls et François Hollande soumise au Capital et à une politique ultra-libérale...

Alors pourquoi diable Félix Pyat, pas du tout Ministre en 1886, et pourquoi lui nommément, fait-il graver ce Naulot sur cette médaille, nom qui n'apparait nulle part dans les archives et honorant pourtant les mineurs de Decazeville en cette année 1886, justement cette année de la défenestration de Watrin dont le nom deviendra un verbe populaire très utilisé par la langue du peuple pour exprimer le droit de défenestrer du bourgeois arrogant et inhumain. Comment cela se fait-il que cette médaille "officielle" de l'Etat français existe en cet état alors qu'elle semble honorer un rebelle, voir un criminel prolétaire et anarchiste? A mille lieux de la France conservatrice et même de la France de Jean Jaurès, cette médaille ne peut avoir une attribution légale par l'Etat. Cela sent bel et bien un geste caractérisé d'anarchie et une sorte de pied-de-nez formidable (on croit même entendre Jean Ziegler commentant cette médaille avec sa façon magistrale de raconter l'Histoire) aux Conservateurs de la part du député Pyat, franc-tireur, ne mâchant guère ses mots et son discours anti-caste... Un peu comme si Jean-Luc Mélenchon aurait été le coupable idéal, durant la perquisition des bureaux de la France Insoumise il y a un an, d'une médaille officielle volée à la 5ème République et y avoir gravé un honneur clandestin en faveur d'un acte héroïque perpétré par un Gilet jaune parfaitement anonyme mais condamné au bagne et aux travaux forcés (bon c'est pas le cas quand même) par la Justice... C'est assez délirant mais on rigole en imaginant la police découvrir l'affront fait à la République en Marche de Macron et le camarade Jean-Luc déclaré devant toutes les télévisions du monde que rendre à la République l'honneur des Proscrits par une médaille dérobée à la Monnaie de Paris ce n'est ni volé la République ni lui faire un affront mais bien lui rendre grâce et fierté au nom du peuple qui souffre...

Hors justement, en ce temps-là Félix Pyat a un ami de la même mouvance communiste et ancien camarade de la Commune qui était directeur, sous la Commune, de la Monnaie de Paris et chef des graveurs de l'atelier, un certain Camélinat qui forme un groupe parlementaire pour défendre les accusés du meurtre de Watrin. Les peines de prison pleuvent et les familles d'ouvriers sont très éprouvées. La grève se durcit encore (références données en fin d'article).

"Le 7 février, un grand meeting de soutien aux mineurs de Decazeville réunit à Paris : Basly, Camélinat, Jules Guesde, Boyer... Louise Michel proclame : " Nous étions endormis, le coup de canon de Decazeville nous a réveillés... La Marseillaise souffle dans l’air. Le peuple se prépare, une fois encore, à sauver le monde... Honneur aux mineurs de Decazeville"."

http://www.gauchemip.org/spip.php?article2535

Et encore:

"A l’Assemblée, plusieurs députés républicains rejoignent le camp de la solidarité (avec les mineurs ndlr) de Decazeville. Tel est le cas par exemple de Laguerre (député du Vaucluse) le 13 mars " Si la Compagnie résiste aux légitimes exigences des mineurs... le gouvernement doit reprendre la concession en régie ou l’exploiter lui-même. La République ne doit pas chercher d’appui du côté des grandes compagnies mais bien du côté des travailleurs... La cause des mineurs est celle de la justice et du droit, et la cause de la justice et du droit est celle de la République.

Le 14 mars, de nouveaux ouvriers passent en procès pour "entrave à la liberté du travail" et écopent de prison ferme. La répression va se poursuivre ainsi durant trois mois.

Pourtant, le 28 mars, pour la première fois, la grève est totale sur le Bassin.

Le 30 mars, grande réunion à Firmi avec Duc-Quercy, Roche et Basly, puis défilé dans la ville sur les paroles de La Carmagnole. Le lendemain, les 1200 ouvriers des hauts fourneaux rejoignent les grévistes. Mais le feu prend de plus en plus souvent dans les galeries non surveillées. Duc-Quercy et Roche sont arrêtés.

A Paris, le groupe parlementaire socialiste grossit au travers du soutien à la grève : après Basly, Camélinat, Hugues et Boyer arrivent Planteau (Haute Vienne), Numa Gilly (Gard), Prudon (Saône et Loire), Brialou (Seine), peu après Calvinhac, Daumas, Laguerre, Laisant, Michelin, Millerand, Simyan, Susini, Théron, Félix Pyat ex-communard et le Docteur Ferroul, guesdiste, de l’Aude."

La République est alors en ébullition. Il y a les partisans, qui soutiennent à fond les mineurs et les anars, justifiant le meurtre du tyran Watrin. Le peuple est en position de légitime défense contre le vol éhonté du Grand Capital, position intellectuelle et morale similaire à 1789 face aux aristocrates, et leurs ennemis jurés, cette haute bourgeoisie républicaine parisienne, adeptes de l'Ordre et de la Loi, dirait un certain Donald Trump à notre époque, qui soutiennent que, dans une République démocratique, on n'a absolument pas le droit de tuer un homme sans défense et de légitimer ce crime pour se faire justice sociale soi-même. Même si le petit peuple crève la dalle...l'ordre c'est l'ordre et la loi c'est la loi.

Félix Pyat est bien présent durant ces journées décisives mais il semble apparemment en retrait dans ce combat selon les sources et les références retrouvées sur cette affaire. Il est relativement âgé au moment des faits bien qu'élu fraîchement député dans les Bouches-du-Rhône. Hors il y a cette fameuse médaille gravée en l'honneur d'un certain Naulot qui fait toute la différence et montre à quel point Pyat est entièrement engagé dans cette lutte pour une vraie Justice. Un Naulot qui reste toujours fantasmagorique, introuvable par le récit, et mis en avant par un certain Félix Pyat alors simple député des Bouches-du-Rhône (comme un certain Mélenchon aujourd'hui, la même circonscription qui plus est...). Le pied-de-nez à la République des Bourgeois et la clandestinité de plus en plus évidente de cette médaille semblent vraiment tenir la route et Pyat devient aujourd'hui un acteur de premier plan d'un nouveau feuilleton historique grâce au coup fumant et audacieux qu'il a perpétré en faisant gravé cette médaille au nez et à la barbe de la République. Si c'est vraiment le cas, cette médaille serait alors inestimable et ferait partie d'un pan de l'Histoire de la lutte prolétaire sous la République.

Reste à débusquer ce fameux Naulot puisque personne n'en parle ni hier ni aujourd'hui à l'exception de Félix Pyat.

Qui peut bien se cacher sous ce patronyme de Naulot? Et pourquoi personne n'en parle nulle part?

Et bingo! En épluchant les archives nationales sur les déportations au bagne, je finis par retrouver un dénommé

" NAULOT Alexandre Marie, né à Valloux (Yonne) le 15 mars 1849. Journalier. Fils de Edme et Marie Rougené. Condamné en 1886. Décédé à Saint Jean du Maroni le 4 novembre 1888."

La référence tient la route. La date de la déportation, 1886, le lieu de naissance, Valloux dans l'Yonne, gros bémol pourtant, le département est nettement plus au Nord que celui de Decazeville (merci à mon correspondant pour avoir corrigé une grossière méprise de ma part), un homme dans la fleur de l'âge, 37 ans, journalier (ouvrier payé à la journée et les mineurs sont aussi payés à la journée de travail) et puis son décès très rapide en Guyanne le 4 novembre 1888 à Saint Jean du Maroni. Manque le motif du ou des crimes qu'on lui reproche (plus loin dans ma recherche, je constate qu'il a été condamné pour "à 4 mois de prisons et à la relégations pour escroqueries" sans préciser.

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/osd/?dossi...

On peut supposer, peut-être mais sans certitude aucune, que le personnage était en ce temps-là un simple activiste au service de la cause des mineurs, qu'il a peut-être et même sans doute participé à la grève des mineurs de 1886, qu'il était déjà sous le coup d'une ou plusieurs autre(s) accusation(s) (escroqueries), et qu'on l'a envoyé au bagne, arbitrairement, sous le coup de la toute nouvelle loi instaurant la relégation des récidivistes du 27 mai 1885.https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_instaurant_la_rel%C3%A9...

Cette loi votée très récemment était terrible et sans appel puisqu'elle condamnait à la perpétuité et aux travaux forcés ainsi qu'à l'exil et au bagne dans les îles. Un simple condamné pour vagabondage et récidiviste (la récidive est le cumul de certains délits nommés dans cette loi) pouvait donc se voir ainsi condamner facilement à l'exil définitif.  

Désireux d'honorer tous les prolétaires de Decazeville et de Paris, Félix Pyat aurait pu profiter de cette médaille dérobée, vierge d'inscription à son revers, à la monnaie de Paris par son camarade Camélinat qui l'aurait ainsi aidé à faire graver le revers de la médaille clandestine dans un esprit finement anarchique et séditieux.

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Médaille en laiton de la République en 1870-90, vierge sur le revers,

afin d'y inscrire les différentes affectations possibles.

 

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photo datant de 1885, soit un an avant la déportation d'Alexandre Marie Naulot, et montrant le débarquement de bagnards candidats à la relégation des récidivistes à Saint-Jean du Maroni

 

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Epreuve d'artiste à la mémoire du fantôme d'Alexandre Marie Naulot, escroc de son état, et... de Paul Marie Naulot (son père?, son frère? ou rien à voir avec cet Alexandre Marie?), un Paul Marie qui tient désormais la corde  dans mon enquête et condamné lors des évènements de la Commune, déporté à l'Île de Nou (Nouvelle-Calédonie)

Car oui, en continuant mes recherches, je suis finalement tombé sur cette deuxième piste qui s'affine (nettement plus évidente grâce à un correspondant français) après de nouvelles recherches sur la toile. Je doute de m'intéresser alors au bon Naulot. Il s'agit d'un certain Paul Marie  Naulot, né à Paris, mort en avril 1880 , Briquetier, déporté en Nouvelle-Calédonie quelques 14 ans avant Alexandre Marie, pour avoir porté des armes ainsi que des habits militaires, pénétré avec violence dans une maison, accusé d'avoir soutenu l'incendie d'autres maisons durant les évènements de la Commune. J'en retrouve la trace ici:

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/osd/?dossi...

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/bagnards_d...

https://www.geneanet.org/forum/viewtopic.php?t=388604

http://deportesdelacommune.blogspot.com/search/label/NAULOT

 

mercredi 24 juin 2009

NAULOT - CONDAMNE AUX TRAVAUX FORCES A L'ILE NOU

 
NAULOT - MATRICULE 4587 - BRISUETIER (briquetier ndlr) - 32 ANS - CONDAMNE A VINGT ANS DE TRAVAUX FORCES POUR ENVAHISSEMENT AVEC VIOLENCES ET MENACES DE MAISON HABITEE.

Il est cité dans la liste des déportés du livre de Gaston Da Costa: La Commune vécue - 18 mars-28 mai 1871 - Tome III - Paris 1905. Vous pouvez télécharcher ce livre sur Gallica consultation : La Commune vécue : 18... page Non paginé sur 465 (Affic

Article publié par les Gadas de Guivry
 

Plus bas, Monsieur Bernard Guinard, mon correspondant très aimable, m'a répondu avec d'autres précisions. Pour lui Alexandre Marie Naulot n'a d'aucune façon participé à la lutte politique ou à la grève de Decazeville à cette époque. C'était un simple repris de justice condamné pour escroquerie. Quant à l'autre, Paul Marie Naulot, il reconnaît qu'il a pu participer à la Commune.

Monsieur,

Je vous mets en liens les documents que j’ai trouvé sur vos deux Naulot.

Pour le premier, on peut éventuellement parler de déporté, puisque sa condamnation est consécutive aux événements de la Commune, et qu’il possède un dossier de communard au Service Historique de la Défense (SHD) à Vincennes coté 8J695 5ème Conseil de Guerre. Il n’a pas demandé de recours en grâce, et n’a donc pas de dossier en série BB24 des Archives Nationales. Il a été transféré en Nouvelle-Calédonie par le navire le Rhin qui quitta Toulon le 27 janvier 1873 et il est décédé à Ducos en 1880 (http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/os...).

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Acte de décès (partiel) de Paul Marie Naulot

Quant au second, Alexandre Marie, il a été condamné le 23 juin 1886 par la Cour d’Appel de Paris pour escroquerie. Vous devriez d’ailleurs trouver le dossier d’instruction et le jugement aux Archives de Paris, en série consacrée à la Justice. Peut-être également trouverez vous une relation dans les journaux d’époque. Il n’y a rien à voir avec l’affaire de Decazeville. La relégation était en effet une peine qui condamnait au bagne les auteurs de plusieurs infractions, donc des récidivistes. Cela n’a aucun motif politique, hormis celui d’éloigner du territoire des personnes plusieurs fois condamnées.  

Vous pouvez trouver à Aix-en-Provence, les dossiers de bagnards (http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/bagnards_d...), qui sont différents du registre matricule qui est en ligne à l’adresse que je viens de vous indiquer.

Cordialement

B.Guinard

Et ma réponse:

"Je vous remercie vivement pour les renseignements donnés. Pour le Naulot condamné pour escroquerie il est à noter qu'il est du même département que Decazeville et qu'il était journalier, donc passible d'y avoir travaillé à la mine même si aucun critère de gréviste n'apparaisse dans les accusations retenues contre lui. On sait qu'à l époque certains gêneurs étaient éliminés par des accusations fausses ou détournées. Ces deux Naulot, par ailleurs, ont ils un lieu de parenté?"

Monsieur Guinard me donne encore d'autres infos suite à ma réponse:

"Vous pouvez me citer, cela ne me pose aucun problème, au contraire.

Pour le Naulot condamné pour escroquerie, il est né dans l’Yonne (89), à Valloux, ce qui est loin de Decazeville (12). Quant au communard, il est né à Paris.

Vous pouvez trouver tous ces renseignement sur le registre matricule dont je vous ai fourni le lien dans la base IREL. Il suffit de cliquer sur les liens. Le communard n’a qu’un lien, l’autre deux. Ensuite, toujours, dans la base IREL des Anom, vous trouverez l’état-civil en ligne pour les actes de décès. Je vous ai mis le lien pour le décès du communard."

L'histoire de cette médaille devient dès lors folle, belle, désespérément romantique, rocambolesque, et fantastique bien que les preuves formelles manquent pour définitivement attribuer la médaille à l'un ou l'autre. Les deux Naulot ont-ils un lieu de parenté? Pyat honore-t-il un seul Naulot, celui de la Commune, et non l'autre, celui  condamné en 1876? Si à Paris quelques spécialistes de la numismatique ou journalistes passionnés d'Histoire me lisent, ils ou elles pourraient rechercher d'autres indices encore et retrouver leurs traces, de façon plus significative encore sur Alexandre Marie et Paul Marie  Naulot, et les raisons qui ont poussé le député Félix Pyat à cet honneur post-mortem nominatif faisant, du coup, un pied-de-nez géant à la République des Bourgeois...pied-de-nez clandestin resté caché du grand public jusqu'à aujourd'hui... Quel sacré exploit de la part d'un homme de théâtre! En tous les cas, je penche aujourd'hui très nettement pour l'attribution de la médaille à Paul Marie Naulot grâce à Monsieur Guinard qui m'a convaincu par ses propres recherches et ses connaissances sur les déportations de la Commune.

Quand une médaille aboutit à une quasi enquête criminelle et à la découverte de tout un univers oublié, c'est que la médaille est très probablement de toute première importance historique pour un numismate amateur ou professionnel quel qu'il soit et surtout pour les citoyens et citoyennes d'un pays tout entier ne s'intéressant guère aux médailles et monnaies anciennes mais à l'Histoire de la Commune.

Avant d'ajouter quelques autres éléments à ce billet, je crois vous avoir fait part de ma passion et de mes pistes pour cette médaille mystérieuse. Comme un chiffonnier de notre époque, je vous laisse, cher lecteur, chère lectrice, avec un os à ronger. Et quel bel os! La couronne royale surprise dans la hotte du chiffonnier Pyat sur la scène du théâtre de Paris (à écouter sur France Culture). Et comme un prolo des mines de Decazeville, un bagnard du travail accompli, je soutiens, par cet article entre autres, les filles et les fils de la Révolution qui se sont battu pour la liberté et ont donné du sens à nos combats quotidiens d'aujourd'hui.

Les deux communautés de travail semblent pourtant s'opposer sur le terrain de l'époque (le chiffonnier de Paris désire par-dessus tout l'ordre, le prolétaire des mines ou le paysan, la révolution permanente à défaut d'avoir atteint l'idéal d'égalité et de reconnaissance) mais au final ils appartiennent ensemble et pour toujours au même peuple des Misérables de Victor Hugo.

Pour en savoir un peu plus sur Félix Pyat:

https://maitron.fr/spip.php?article136008

« Que la blouse grise s’entende avec la blouse bleue, le travailleur des champs avec l’ouvrier des villes, car leur cause est une et commune ; c’est la cause du travail [...] Il dépend de vous [...] que nous ayons enfin la République [...] non pas cette République demi-troupière, demi-bourgeoise [...] mais la République de tous pour tous, la République de courage et d’honneur, de vérité et de justice, la République du crédit et du travail, d’association et d’assurance, de solidarité et d’amour [...] la vraie République, la République démocratique et sociale ! ». F. Pyat, Aux paysans de la France, 25 février 1849.

« Vous souffrez pour un crime de générosité, pour avoir voulu rendre la liberté aux captifs, comme vous voudriez rendre la patrie aux proscrits. Eh bien ! prisonniers, exilés, tous vos frères vous crient par ma voix : Patience ! »  lettre aux insurgés du Cher et de la Nièvre.

A Lausanne, Pyat avait signé le 17 mars 1851 avec seize autres proscrits une protestation contre l’expulsion de Suisse du patriote vénitien Varé. Une semaine plus tard, avec ses amis, il fut à son tour expulsé.

Lorsque prit fin l’Empire, le casier judiciaire de Pyat, particulièrement chargé, présentait comme « un résumé chronologique de tous les événements » qui avaient bouleversé la France depuis 1830. Et « Pyat comptait à son passif 21 200 f d’amendes, une condamnation à la déportation, vingt-neuf ans cinq mois de prison, cinq ans de surveillance et dix ans d’interdiction » (Rapport de police, Arch. Nat., BB 24/865).

Comment voulez-vous croire encore que la médaille républicaine ci-devant ne soit pas une sorte d'épigramme numismatique clandestin créé par le sieur et farçeur Félix Pyat, citoyen ayant résidé quelques temps à Lausanne et Genève, citoyen qui, à la fin de sa vie (il mourra le 3 août 1889), décide de sortir par la grande porte en créant sa propre médaille destinée au prolétariat et aux déportés de la Commune?

Tout indique que Pyat, en fin de vie, signa-là son coup de maître final pour rétablir l'honneur de tous les proscrits (les blouses grises et les blouses bleues unies, plutôt que divisées, dans le même descriptif de revers) sur une médaille honorifique officielle de la IIIème République Française! Génial! Tout simplement génial! de la part de ce truculent personnage dont le journal l'Humanité signe un portrait pourtant pas toujours flatteur:

https://www.humanite.fr/tribunes/felix-pyat-1810-1889-ora...

Si la médaille s'est retrouvée aujourd'hui du côté de Berne, il est possible qu'il l'ait léguée, avant sa disparition, à un ami sûr, habitant de notre pays, avant qu'elle ne poursuive sa course incognito chez quelques collectionneurs de médailles. Ainsi de suite jusqu'à Berne et finalement entre mes mains... Toute la magie de la numismatique et des monnaies et médailles uniques et exceptionnelles qui voyagent avec leurs petits et grands secrets à découvrir.

 

Félix Pyat
Félix Pyat
(grand merci au site "LE MAITRON", dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social)

 

Charles BAUDELAIRE
1821 - 1867

Le vin des chiffonniers

Souvent, à la clarté rouge d'un réverbère
Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre,
Au coeur d'un vieux faubourg, labyrinthe fangeux
Où l'humanité grouille en ferments orageux,

On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête
Butant, et se cognant aux murs comme un poète,
Et sans prendre souci des mouchards, ses sujets,
Épanche tout son coeur en glorieux projets.

Il prête des serments, dicte des lois sublimes,
Terrasse les méchants, relève les victimes,
Et sous le firmament comme un dais suspendu
S'enivre des splendeurs de sa propre vertu.

Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménage,
Moulus par le travail et tourmentés par l'âge,
Éreintés et pliant sous un tas de débris,
Vomissement confus de l'énorme Paris,

Reviennent, parfumés d'une odeur de futailles,
Suivis de compagnons, blanchis dans les batailles
Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux.
Les bannières, les fleurs et les arcs triomphaux

Se dressent devant eux, solennelle magie !
Et dans l'étourdissante et lumineuse orgie
Des clairons, du soleil, des cris et du tambour,
Ils apportent la gloire au peuple ivre d'amour !

C'est ainsi qu'à travers l'Humanité frivole
Le vin roule de l'or, éblouissant Pactole ;
Par le gosier de l'homme il chante ses exploits
Et règne par ses dons ainsi que les vrais rois.

Pour noyer la rancoeur et bercer l'indolence
De tous ces vieux maudits qui meurent en silence,
Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil ;
L'Homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil !

L'incroyable médaille supposée clandestine:

"L'hôtel de la Monnaie"

(citation tirée de la pièce de F. Pyat, Le chiffonnier de Paris)

Une médaille-monnaie hors-la-loi dans la hotte du chiffonnier Pyat.

LA MEDAILLE SACRILEGE

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Type exact du modèle officiel de médaille (un des modèles validés dans les année 1870-1880) utilisée par Félix Pyat:

https://www.beaussant-lefevre.com/lot/86925/8141595?offse...

Les quelques médailles officielles de la République où le nom, et parfois le buste, de Félix Pyat apparaissent quand il a été élu à l'Assemblée nationale en 1848 et pour le premier anniversaire de la IIème République. Ainsi qu'un bronze gravé par Antoine Préault dans les jeunes années de Pyat:

http://pba-opacweb.lille.fr/fr/search-notice/detail/sc-14...

https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carn...

https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carn...

https://www.parismuseescollections.paris.fr/ru/node/12027...

https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carn...

Durant l'année révolutionnaire de 1848, on trouve, par ailleurs, quelques médailles ou estampes satiriques au sujet de la Commune. Les révolutionnaires ne gâchent pas leur plaisir de défendre et de commémorer leurs actes héroïques par une médaille du souvenir. Exemple:

https://presbytere.typepad.com/presbytre_production/2013/...

https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carn... (lithographie satirique, par Honoré Daumier https://fr.wikipedia.org/wiki/Honor%C3%A9_Daumier, caricature de Félix Pyat, le Montagnard, sortant de la hotte du Père Jean, le héros de la pièce "Les Chiffonnier de Paris".

Cependant, il est absolument peu crédible que sous la IIIème République, et aux moments du meurtre de Watrin et des grèves de Decazeville, le gouvernement en place ait quelque chose à voir avec la médaille-récompense dédicacée à "Naulot" et aux mineurs de Decazeneuve ainsi qu'aux "Le Chiffonnier de Paris" sous le patronage d'un Félix Pyat décernant la médaille à Naulot, un homme condamné à la déportation.

Cette médaille manque, dans toutes les références internautiques que j'ai pu consultées. Cette médaille est donc la plus improbable, la plus fantastique, celle qui ferait désormais de Félix Pyat, en plus de ses autres casquettes, un faux-vrai monnayeur à médaille unique, un faux-vrai Président autoproclamé de la République française au service de l' Egalité et de la Justice pour toutes et pour tous. Un vrai coup de théâtre final avant sa disparition! Un vrai Père Jean ayant existé et sortant de sa hotte un dernier tour de passe-passe magique à la conclusion de sa vie. Félicitations Monsieur Félix Pyat!

Le Père Jean: "Ce que c'est! la bonne réputation a ceinture dorée. Elle a bonne réputation, elle est innocente: la mauvaise est nue, elle est coupable... La bonne réputation prend l'argent d'autrui et a la médaille: la mauvaise perd le sien et paye l'amende... La bonne réputation jette ses enfants et va à la noce: la mauvaise les ramasse et va en prison... Être et paraître! voilà!"

Acte III, scène VI, le Père Jean, Les Chiffonnier de Paris

à lire ici la pièce de théâtre: https://sites.google.com/site/texteschoisis/home/felix-pyat

Tout dernier indice qui accrédite encore davantage toute la thèse développée ci-dessus. Il se passe, en 1887, un évènement qui va faire jaser le tout Paris et même la France entière. A lire et à savourer pleinement ici: https://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_des_d%C3%A9coratio...

Pyat apprend, avec la France stupéfaite que, dans le secret des boudoirs, des personnalités négocient à prix d'or des honneurs sous forme de distinctions officielles. C'est sans doute cet évènement qui lui mettra la puce à l'oreille et lui donnera l'idée de créer cette fameuse médaille républicaine et cette récompense interdite décernée à Naulot qui est mort dans l'oubli de tout le monde... ce Paul Marie anonyme.

Scandale des décorations de 1887

  • Caran d'ache ferblanterie 637.jpg
     

De la personnalité radicale et ultra-romantique de Félix Pyat:

"Et si beaucoup de réfugiés prennent leur distance avec la violence politique des auteurs d’attentat, certains les approuvent pleinement : c’est le cas de Félix Pyat dont les écrits extrêmement violents, sont instrumentalisés par le pouvoir impérial48. Félix Pyat, dramaturge et conspirateur, a mis en scène de nombreux conjurés romantiques entre 1830 et 184849. Analysant et justifiant Orsini (auteur d'un attentat à la bombe sanglant, coûtant la vie à de nombreuses personnes, contre Napoélon III en 1858; ce dernier échappe de justesse à la mort grâce à un carrosse "blindé" ndlr https://fr.wikipedia.org/wiki/Felice_Orsini), il salue le héros et le martyr. Il se démarque seulement du moyen. Assimilant l’attentat à la conspiration, Pyat précise :

« Si nos moyens diffèrent, notre cause est la même. Nous espérons que votre exemple ne sera pas perdu pour nous dans la mesure de nos aptitudes et de nos forces. Chacun les siennes. Si nous n’avons pas la vertu de la conspiration, nous avons parfois celle de l’insurrection qui n’est après tout que la conspiration collective50 ».

  • 50  Félix Pyat, Lettre au Parlement et à la presse à propos de l’attentat d’Orsini contre Napoléon III(...)

31Félix Pyat fait la jonction entre le conspirateur héroïque de la monarchie de Juillet et l’activiste du Second Empire."

tiré de: https://journals.openedition.org/lrf/438?lang=es

De la proscription des Français en 1848 et 1851 à Londres (Victor Hugo, Félix Pyat, etc.)

https://www.persee.fr/doc/r1848_1155-8806_1924_num_20_102...

 

 

Sources qui ont servi à l'élaboration de cet article:

http://data.decalog.net/enap1/liens/fonds/T7B25.pdf pages 269 à 272 et quelques précédentes dans le chapitre sur les crimes commis à deux ou plusieurs...

http://www.gauchemip.org/spip.php?article2535

http://magenealogie.eklablog.com/le-chiffonnier-a158471496

https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/Poemes/charl...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Rel%C3%A9gation_des...

https://criminocorpus.org/fr/reperes/legislation/textes-j...

http://gmarchal.free.fr/Le%20Bagne%20de%20Guyane/Bagnards...

https://www.geneanet.org/forum/viewtopic.php?t=388604

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/osd/?dossi...

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/bagnards_d...

http://deportesdelacommune.blogspot.com/search/label/NAULOT

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bagne_de_Nouvelle-Cal%C3%A9...

https://mensuel.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-...

https://www.unioncommunistelibertaire.org/1886-Decazevill...

http://souquieres.fr/Info/decazeville.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Journalier

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/bagnards_d...

https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Pyat

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-...

https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-te...

https://www.letemps.ch/culture/plongee-paris-bas-vivent-c...

https://maitron.fr/spip.php?article136008

https://sites.google.com/site/texteschoisis/home/felix-pyat

https://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_des_d%C3%A9coratio...

https://journals.openedition.org/lrf/438?lang=es

https://www.humanite.fr/tribunes/felix-pyat-1810-1889-ora...

http://www.gilblog.fr/berry_blog/felix-pyat-berrichon-dra...

https://www.persee.fr/doc/r1848_1155-8806_1924_num_20_102...

Toute l'oeuvre littéraire de Félix Pyat:

https://www.persee.fr/authority/61089

 A lire aussi:

Grève de Decazeville en 1886, épisode capital dans la montée en puissance du boulangisme: https://www.cairn.info/revue-parlements1-2010-1-page-8.htm

https://www.amazon.fr/Felix-Pyat-1810-1889-R%C3%A9volutio... surtout ne pas être obligé d'acheter le bouquin (épuisé malheureusement) chez Amazon mais lire tout de même le résumé présenté sous ce lien (si quelqu'un sait où je peux me procurer un exemplaire de ce livre écrit par Michel Colombet-Schieferer et datant de 2011, il peut m'envoyer un message sous l'adresse e-mail de ce blog. D'avance grand merci.)

Félix Pyat à propos des artistes:

https://www.persee.fr/doc/roman_0048-8593_1987_num_17_55_...

à regarder aussi cette vidéo tournée dans la cité Félix Pyat à Marseille, 3ème arrondissement en décembre 2019 pour comprendre la toujours actualité et modernité du personnage. Lire également un excellent article d'Antoine Menuisier dans Le Temps en date du 16 septembre 1998

https://www.facebook.com/ProvenceAzurTV/videos/2540749312...

https://www.letemps.ch/sport/marseille-demons-guettent-anges-football

P.S. Merci retenu à ce satané virus Covid-19 qui m'a laissé du temps libre inhabituel pour exploiter sérieusement quelques pistes étonnantes et détonantes afin de refaire, avec sérieux, l'historique probable de cette médaille pas comme les autres.

Remerciement: un grand merci, sans retenue, à Monsieur Bernard Guinard pour ses précieux renseignements qui m'ont vraiment aidé à éclaircir ma lanterne et faire un choix, presque définitif, entre les deux Naulot susceptibles d'être le bon candidat à la médaille. Lire ici:

http://deportesdelacommune.blogspot.com/

et ici:

http://www.bernard-guinard.com/index.html

et lire enfin, entre autres récits passionnants sur cette époque, le poignant récit de voyage du "Rhin" qui emmena Paul Marie Naulot à Nou, Nouvelle-Calédonie:

http://www.bernard-guinard.com/arcticles%20divers/Convois...

Trouver l'endroit exact du jour et du lieu de la mort de Paul Marie Naulot:

"Naulot Paul Marie, matricule 4587, p 147, condamné en 1872, décédé à Numbo le 3 avril 1880 acte 5."

http://coldcase28.blogspot.com/2017/01/mes-actions-en-fav...

https://www.noumea.nc/sites/default/files/ile_dexil_terre...

(site très bien documenté qui relate la vie des déportés)

'Les déportés dans la presqu'ile Ducos'
Dans: Retour de la Nouvelle-Calédonie. De Nouméa en Europe
 
Viro Major

Ayant vu le massacre  immense, le combat
Le peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,
La pitié formidable était dans tes paroles.
Tu faisais ce que font les grandes âmes folles
Et, lasse de lutter, de rêver de souffrir,
Tu disais : " j'ai tué ! " car tu voulais mourir.

Tu mentais contre toi, terrible et surhumaine.
Judith la sombre juive, Aria la romaine
Eussent battu des mains pendant que tu parlais.
Tu disais aux greniers : " J'ai brûlé les palais !"
Tu glorifiait ceux qu'on écrase et qu'on foule.
Tu criais : " J'ai tué ! Qu'on me tue ! - Et la foule
Ecoutait cette femme altière s'accuser.
Tu semblais envoyer au sépulcre un baiser ;
Ton oeil fixe pesait sur les juges livides ;
Et tu songeais pareille aux graves Euménides.

La pâle mort était debout derrière toi.
Toute la vaste salle était pleine d'effroi.
Car le peuple saignant hait la guerre civile.
Dehors on entendait la rumeur de la ville.
Cette femme écoutait la vie aux bruits confus
D'en haut, dans l'attitude austère du refus.
Elle n'avait pas l'air de comprendre autre chose
Qu'un pilori dressé pour une apothéose ;
Et, trouvant l'affront noble et le supplice beau
Sinistre, elle hatait le pas vers le tombeau
Les juges murmuraient : " Qu'elle meure ! C'est juste
Elle est infâme - A moins qu'elle ne soit Auguste "
Disait leur conscience. Et les jugent, pensifs
Devant oui, devant non, comme entre deux récifs
Hésitaient, regardant la sévère coupable.

Et ceux qui, comme moi, te savent incapable
De tout ce qui n'est pas héroisme et vertu,
Qui savent que si l'on te disait : " D'ou viens tu ? "
Tu répondrais : " Je viens de la nuit ou l'on souffre ;
Oui, je sors du devoir dont vous faites un gouffre !
Ceux qui savent tes vers mystérieux et doux,
Tes jours, tes nuits, tes soins, tes pleurs donnés à tous,
Ton oubli de toi-même à secourir les autres,
Ta parole semblable  aux flammes des apôtres ;
Ceux qui savent le toit sans feu, sans air, sans pain
Le lit de sangle avec la table de sapin
Ta bonté, ta fierté de femme populaire.
L'âpre attendrissement qui dors sous ta colère

Ton long regard de haine à tous les inhumains
Et les pieds des enfants réchauffés dans tes mains ;
Ceux-la, femme, devant ta majesté farouche
Méditaient, et malgré l'amer pli de ta bouche
Malgré le maudisseur qui, s'acharnant sur toi
Te jetai tout les cris indignés de la loi
Malgré ta voix fatale et haute qui t'accuse
Voyaient resplendir l'ange à travers la méduse.

Tu fus haute, et semblas étrange en ces débats ;
Car, chétifs comme tous les vivants d'ici-bas,
Rien ne les trouble plus que deux âmes mêlées
Que le divin chaos des choses étoilées
Aperçu tout au fond d'un  grand coeur inclément
Et qu'un rayonnement vu dans un flamboiement.
Victor Hugo
Décembre 1871

Hommage de Victor Hugo à Louise Michel, déportée de la Commune en Nouvelle-Calédonie.

F I N (provisoire de l'affaire Naulot)

Ainsi donc mourut à Numbo, Nouvelle-Calédonie,

le 3 avril 1880,

le dénommé Paul Marie Naulot,

condamné à la déportation,

Matricule 4587,

inconnu de l'Histoire de France,

inconnu de la littérature française,

oublié de ses compatriotes,

sauf d'un certain Félix Pyat

qui lui décerna clandestinement la médaille d'honneur

de la République française pour faits héroïques durant la Commune.

En attendant Naulot...

Le rêve de tout numismate amateur ou professionnel cherchant un trésor historique à raconter à partir d'une médaille.

 

« Encore, encore, de plus en plus distinctement, comme s'ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l'astre, par cette matinée de jeunesse, c'était de cette rumeur que la campagne était grosse. Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre. »

Germinal, Emile Zola, 1885

 

L'Histoire cache parfois des mystères insoupçonnés. Elle est sans doute à suivre en fouillant dans les archives, et surtout la correspondance, du sieur Félix Pyat...ainsi qu'en poursuivant la trace fantomatique d'un certain Paul Marie Naulot mort en exil pour s'être battu en faveur d'idéaux démocratiques. Le coup de théâtre final du dramaturge s'écrit et se lit plus de 130 ans plus tard. Plus personne n'est là pour ajouter une nouvelle condamnation, pour subtilisation d'une médaille républicaine et faux monnayage avec complicité, à son dossier déjà chargé d'un solide record pénal pour un homme politique ayant consacré sa vie à la défense des pauvres et des anonymes. Mais l'homme a triomphé de tous les écueils et a rendu, à travers la symbolique républicaine de cette médaille, tout l'honneur au peuple bafoué par des élites bourgeoises bien trop méprisantes.

COMPLEMENT D'INFO:

Le droit de fabriquer monnaies et médailles de la République est modifié par les lois des 31 juillet et 20 novembre 1879, soit quelques années avant la création de cette médaille. Ces lois stipulent que les monnaies et médailles de la Républiques sont exclusivement frappées à Paris, à l'Hôtel de la Monnaie:

"Les lois des 31 juillet et 20 novembre 1879 décident que la fabrication des monnaies est exclusivement effectuée par l'État sous le nom d'"Administration des Monnaies et Médailles". Elle en centralise la fabrication à l'hôtel des Monnaies de Paris et crée une commission de contrôle de la circulation monétaire chargée de s'assurer de la régularité de l'émission des pièces." tiré de la page Monopole. Les Monnaies et Médailles.https://www.economie.gouv.fr/saef/monnaies-et-medailles-0

Cet élément majeur vient renforcer la thèse d'une médaille qui n'avait pas forcément eu l'aval du Gouvernement de l'époque étant donné les dramatiques évènements de 1886 aux mines de Decazeville et qu'elle a été frappée soit avec quelques complicités de personnes travaillant à la Monnaie de Paris soit clandestinement dans un atelier qui n'avait pas l'autorisation de la frapper.

 

 

"Eh Mec, t'as déshonoré ta race"

Le racisme c'est quoi? Un flic raciste c'est quoi?

Un pays peut-il être entièrement raciste envers ses minorités? La France est-elle un pays raciste avec un modèle blanc, mâle dominant de cinquante ans pour le stréréotype, craignant sa perte de dominance au profit d'une mixité culturelle qui elle-même serait noyautée par l'extrémisme islamiste?

Le racisme, il est partout et il est nulle part. Il est dans ce regard que nous portons sur les autres, notre voisin qui sort avec un homme, la femme qui vend ses charmes, le type basané aidé par les services sociaux. Il est partout dans notre approbation tacite des attitudes discriminatoires ou nulle part dans notre rejet des jugements pour délit de sale gueule, attentatoires à la personnalité d'autrui et aux communautés étrangères à notre milieu social.

Le racisme c'est le rejet de toute personne pour son appartenance à une caste (je haïs le milliardaire parce qu'il est milliardaire donc j'ai aussi de la haine pour Roger Federer quelque soit l'homme qu'il est réellement); à une religion (je haïs le musulman parce qu'il est musulman donc j'ai aussi de la haine pour Mustafa, mon voisin, qui est musulman et qui ne m'a pourtant rien fait); à une strate sociale (je haïs la prostituée parce qu'elle est une prostituée donc j'ai aussi de la haine pour ma voisine qui est une pute mais qui ne m'a rien fait à titre personnel). Etc.

Le racisme est d'abord une maladie qui s'ancre chez la personne et dans la communauté qui se croient au-dessus des autres, meilleures, plus grandes, plus dignes de vivre sur cette planète que l'Autre, cet être déviant, différent, sale, détrousseur de fonds publics, profiteur et semant le trouble public. Comme toute maladie curable, le racisme peut se soigner. Mais dans ce cas précis, les médicaments sont l'éducation et l'instruction, le savoir-vivre et l'apprentissage de l'empathie, le devoir de reconnaissance de l'existence de l'Autre, cet étranger qui fait peur, à priori, sans raisons valables; cette femme libre qui dérange, à priori, les bonnes moeurs et ma morale personnelle.

Le racisme peut être et souvent une couleur de peau. Mais il n'est jamais qu'une couleur de peau ou d'ethnie sauf quand un régime fasciste a décidé d'éliminer ou de considérer telle population comme inférieure et nuisible.

Le racisme c'est aussi une bande de flics qui décide de tabasser du métèque juste pour se faire du métèque par pur plaisir sadique. Le racisme c'est un mec qui crache sur une prostituée et la viole pour lui apprendre à se donner librement contre rémunération.

Le racisme est au coin de la rue, sur Internet, dans tous les commentaires haineux qui rejettent une personne au nom de son appartenance à une communauté.

Le racisme c'est à la fois simple et compliqué. La France est à la fois raciste structurellement par sa façon supérieure de se penser et à la fois systématiquement anti-raciste, universelle, multiculturelle, par sa façon de s'instruire et de s'éduquer. Elle montre son beau visage, sa Marianne révolutionnaire, quand elle nous parle des droits humains et, dans le même temps, elle cache sa laideur dans des actes honteux comme l'agression de policiers blancs sur un producteur de musique de couleur.

Le racisme est une maladie qui se soigne. Mais pour cela, il faut sans cesse éduquer et convaincre les jeunes générations que le racisme se terre en nous à chaque fois que quelqu'un nous dérange dans ses attitudes, ses croyances, sa profession, son niveau social, sa couleur de peau, son odeur corporelle, voir même sa façon d'occuper le terrain alors que nous aimerions qu'il disparaisse de notre vue ou, mieux encore, qu'il cesse d'être ce qui nous dérange et qu'il devienne tout bêtement comme nous.

Le racisme se terre en nous tous, Blancs ou Noirs, juifs, chrétiens, musulmans ou athées, hétéros ou homos. Quand on a admis cela, on peut commencer à soigner sa maladie individuelle et collective. Le racisme de masse peut être combattu efficacement que si individuellement nous prenons conscience de notre propre propension à accepter des attitudes racistes et dénigrantes qui permettent ensuite au racisme de masse, structurellement établi, de prospérer et de s'ériger en orange mécanique du système écrasant et bafouant les droits de celles et ceux qui dérangent notre petit confort intime et notre vision personnelle du vivre ensemble.

 

 

 

01/12/2020

Laisser circuler infos et infox

La liberté d'expression est largement en péril sur les réseaux sociaux.

Facebook et Google deviennent peu à peu des outils de censure à grande échelle au service des pouvoirs en fonction de leurs intérêts financiers personnels et de leur orientation idéologique qu'ils aident à propager.

Facebook et Google ne sont pas des médias. On peut les considérer comme un outil technologique au service de l'Humanité au même titre que l'on prend le train ou l'avion pour se déplacer.

Faire la police n'est pas de leur compétence sauf dans des cas bien précis et exceptionnels. Idem dans les trains et les avions, on ne laisse pas les terroristes et criminels monter à bord ou, du moins, on fait tout pour les empêcher de nuire aux passagers s'ils ont réussi à monter à bord.

Les idées, même les plus farfelues, doivent pouvoir circuler et c'est aux personnes morales ou physiques qu'incombent la responsabilité de censurer personnellement leurs pages web ou d'attaquer en justice pour des propos négationnistes, fallacieux, ou haineux. Pareil à un blog, notre page Facebook nous appartient et n'appartient nullement à Facebook. Ce serait donc à nous de faire le ménage en prenant nos responsabilités et ce serait à nous d'assumer les éventuels attaques en justice de tierce personnes pour outrage ou autres accusations lancées par une personne ou une entité.

L'anonymat des attaques et des propos inadmissibles ne devrait être levé par ses plate-formes que dans les cas d'appels massifs au meurtre, au viol, et au terrorisme, entre autres propos criminels.

Un site qui ne propage que haine et violence au détriment d'une communauté, d'un pays, d'un parti ou d'un groupe d'intérêts devrait lui aussi pouvoir être censuré des administrateurs responsables des plates-formes et cela sans autre forme de procès.

Les pays qui refusent à leurs concitoyens et concitoyennes un régime démocratique en emprisonnement et éliminant l'opposition ne devraient pas avoir la possibilité d'exiger de Facebook et de Google la censure de sites licites d'opposition. Au contraire, les sites d'oppositions devraient être protégés par la liberté d'expression et par ses plate-formes mondialisées. Ainsi elles aideraient à la propagation d'Etats démocratiques et à la liberté à travers le monde plutôt qu'à la mise en place d'états totalitaires ou au maintien d'états totalitaires dont le but final est de nuire à une partie de la population et à la liberté.

La liberté d'expression fait partie des biens fondamentaux de la démocratie. Vouloir la brimer ou l'éliminer c'est aidé à la mise en place de régimes totalitaires quel que soit le type de régime que cela soit.

Il est inadmissible que les géants de l'Internet puissent aider des régimes anti-démocratiques à se maintenir au pouvoir et à éliminer une partie de leur population.

https://www.lematin.ch/story/facebook-et-google-zones-san...

 

30/11/2020

L.M.R. : Le chiffon rouge du communisme agité par l'UDC

L'alliance pastèque a failli remporter une initiative historique au sujet de la votation sur les multinationales responsables ironiquement baptisée par mes soins initiative L.M.R.

Pour la génération nouvelle pour qui "L.M.R." ne dit rien, c'est l'acronyme de la Ligue Marxiste Révolutionnaire.

A la base, toute entreprise, PME ou multinationale, est de fait responsable de ses actes et de ses choix de partenaires afin de développer son rayonnement national et international. Donc, l'intitulé même de l'initiative paraissait tout-à-fait anachronique puisque évident.

Hors rien n'est évident dans le monde actuel. La raison de toute entreprise axée sur le Capital étant de faire d'abord du profit avant toute autre considération et états d'âmes moraux qui pourraient mettre à mal la bonne marche de l'entreprise, la rémunération des actionnaires, et au bout, ou au début, de la chaîne la survie de l'entreprise et celle de ses employé-e-s, il n'est pas si facile d'être toujours à la hauteur de ses propres responsabilités en tant qu'entrepreneur. La responsabilité morale d'une entreprise pouvant entraver et mettre à mal la responsabilité entrepreneuriale et commerciale, n'est jamais la bienvenue dans un système ultra-capitaliste tel que nous le vivons, système qui engrange les milliards au profit de quelques-uns au détriment de l'avenir global de l'Humanité et de notre Civilisation.

L'UDC, dont une partie des membres a pourtant soutenu cette initiative, tout comme des membres de partis bourgeois du Centre (PDC) et PLR, affiche désormais clairement sa crainte et agite, au diapason d'un Donald Trump qui n'a toujours pas reconnu sa défaite (!), le chiffon rouge en hurlant au diable communiste et en demandant aux partis bourgeois de se ressaisir contre cette Gauche pastèque qui voudrait entraver toutes les libertés individuelles selon les dires grossiers et mensongers de certains de ses membres.

Il ne s'agit pas de vivre dans un goulag ou un nouveau Staline dirigerait d'une main de fer en écrasant de son pouvoir le monde entier, jetant en prison ou fusillant toute pensée déviante et dissidente au régime. Ce n'est surtout pas d'un système à la Chinoise (communiste dans sa direction mais capitaliste dans sa réalité) que l'alliance rose-verte rêve pour notre pays et notre continent européen. C'est juste d'un espoir d'une liberté plus communautaire et responsable nourrie d'un idéal révolutionnaire qui tient compte de la situation du monde pour agir mieux et plus intelligemment afin de contrecarrer le désastre climatique et humanitaire, amplifié par l'irresponsabilité capitaliste mondiale, que se revendique cette Gauche actuelle, très loin donc du spectre dogmatique du bolchévisme ou du stalinisme des ancêtres.

Mais il est facile pour l'UDC de dénoncer cette alliance rose-verte qui fait de plus en plus plaisir à voir. On accuse de tous les maux celle et celui qui voudrait retrouver un équilibre et une balance démocratique plus acceptable et on décide, du côté de cette (très) riche bourgeoisie, de peindre le diable sur la muraille d'un avenir totalitaire alors même qu'on serait prêt à faire confiance à des types comme Blocher ou Trump pour écraser de toutes leur puissance financière un peuple, un pays, séparé clairement entre riches et pauvres, dominants et dominés, puissants et soumis.

Avec cette manière de faire et de voir majoritaire, alors oui, on s'écarterait alors très nettement de l'idéal démocratique pour aboutir à un régime totalitaire où rois et empereurs seraient remis sur le trône et où le bourgeois, de plus en plus irresponsable et tyran grâce à ses libertés individuelles chéries de plus en plus scandaleuses aux yeux des plus démunis, se trouverait caricaturé en Hitler à la petite moustache par les artistes de cette Gauche tant honnie et même haïe par une partie non négligeable de nos concitoyens et concitoyennes crispée sur ses acquis et ses droits individuels.

Je ne crois pas que notre pays ait envie d'un tel monde ni même que les bourgeois, dans leur majorité, désirent ce monde-là prôné par une partie de nos citoyens et citoyennes. Nous ne sommes plus au temps de Germinal. Nous sommes au XXIème siècle et nous vivons dans un monde intellectuel et culturel basé sur les progrès humains, économiques, technologiques, ou l'argent, qui coule à flot, ne sert pas la dictature mais le peuple dans son entier, avec le même objectif d'un monde meilleur et viable pour nos enfants et petits-enfants.

Merci à toutes celles et tous ceux qui se sont senti-e-s investi-e-s d'une mission pour rendre notre nation plus responsable et plus solidaire les uns des autres. C'était et c'est en réalité l'objectif final de cette initiative au drapeau orange pastèque révolutionnaire...et non rouge trotskyste révolutionnaire.

 

 

 

 

29/11/2020

Les brocantes, ce plaisir du trésor enfui et de l'objet vécu

Le coronavirus amène les gens à revisiter leur cave et leur grenier à la recherche d'objets superflus à vendre, voir d'objets d'arts que l'on expose plus dans son salon pour x ou y raisons.

Ces gens décident alors de gagner quelque argent pour mettre du beurre dans leurs épinards qui font grise mine par les temps qui courent. Des professionnels, aux babines alléchées, guettent les meilleures occases et essayent d'en tirer le meilleur prix... C'est de bonne guerre... Chacun et chacune devrait savoir le prix des objets qu'il et elle remettent en vente et s'intéresser du pourquoi et du comment grand-papa ou grand-maman avait eu cet objet auparavant... La brocante, c'est aussi un temps où il faut prendre son temps, démêler le vrai du faux, repérer le bonimenteur et l'arnaqueur, apprécier celui ou celle qui s'y connaît la moindre, accepter de payer un prix correct qui reste dans la fourchette acceptable du commerce équitable... Le meilleur moyen étant encore la mise aux enchères afin de mettre en concurrence les intéressés et ne prétériter personne.

En dehors des objets de collection, il y a tous les objets utiles, les habits ou les jouets d'enfants, par exemple. Et la brocante devient alors une vraie petite place commerciale solidaire où chacun et chacune peut y acheter des fringues ou un cadeau à ses enfants à des prix super sympa.

Comme quoi, il n'y a pas qu'Amazon dans la vie. Et n'oubliez pas. Avec un peu de savoir et de jugeote, vous pourrez aussi dénicher un super trésor qui vous mettra en transe émotionnelle...

Je vous parle en connaissance de cause. Alors brocantez de toutes les façons au lieu d'amazonez pour le bénéfice immense d'une multinationale! Je vous jure que c'est plus humain et tellement plus passionnel. D'autant qu'on y fait de vraies rencontres avec de vrais gens et pas seulement avec un colis postal qui nous arrive via un service postal avec d'anonymes personnes qui triment dans un centre de tri...et qui bossent pour quelques milliardaires.

La seconde main a de l'avenir et le trésor inespéré aussi. Il suffit d'avoir un peu de flair et de se cultiver la moindre...et puis, de notre temps, nous avons un outil exceptionnel à disposition: Internet. Les professionnels ne peuvent plus arnaquer les gens aussi facilement qu'avant. Que du bonheur! Le diable ne se cache pas toujours sur Internet. Il fait aussi la place à la divine connaissance.