20/08/2012

Face à Face globalisé (Collapse Pussy Riot)

 

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N O W A R !

 

N O I D E O L O G Y !

 

N O P A S S A R A N !

 

 

 

Pussy Riot is extremely radical…

 

Pussy Riot masks

 

 

19:15 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (1)

Les Re-Belles

 

Etre une fille, d'abord. Ensuite être révolutionnaire sur les bords. Mais une révolutionnaire avec le sourire, toujours. Provoquer la bourgeoisie sans haine mais la bouche en coeur, proclamer des insanités sur l'Eglise pour le Bien de Dieu; provoquer le pouvoir politique et économique, aussi, pour le bien du peuple. Et finir mal en Sibérie condamnées pour sorcellerie par les bien-pensants cultivateurs de bigoteries bien établies. Au nom du Pouvoir, du Fric, et de Dieu. Bien entendu.

Beaucoup de tics et de tocs religieux doivent être combattus. Et la métaphysique kantienne des moeurs résumée à travers cette question:

Qui d'un groupe punk féminin sacrilège adressant une prière à la Vierge Marie dans une cathédrale russe ou d'une brochette de leaders masculins politiques et religieux assassins de leur propre peuple priant Allah dans une mosquée syrienne est le plus apte à créer les conditions bonnes et nécessaires à fonder les bases du bien commun de notre civilisation démocratique de demain?

Re-belles, au service de la liberté des êtres humains, contre les sévices et le joug des dictateurs de conscience, les assassins ordinaires de la philosophie humaniste. Ci-dessous deux extraits écrits de la main du philosophe Emmanuel Kant, philosophe cité par la leader des Pussy Riot, Nadejda Tolokonnikova

"Dans le règne des fins tout à un PRIX ou une DIGNITÉ. Ce qui a un prix peut être aussi bien remplacé par quelque chose d’autre, à titre d’équivalent ; au contraire, ce qui est supérieur à tout prix, ce qui par suite n’admet pas d’équivalent, c’est ce qui a une dignité.

Ce qui rapporte aux inclinations et aux besoins généraux de l’homme, cela a un prix marchand ; ce qui, même sans supposer de besoin, correspond à un certain goût, c’est-à-dire à la satisfaction que nous procure un simple jeu sans but de nos facultés mentales, cela a un prix de sentiment ; mais ce qui constitue la condition, qui seule peut faire que quelque chose est une fin en soi, cela n’a pas seulement une valeur relative, c’est-à-dire un prix, mais une valeur intrinsèque, c’est-à-dire une dignité.

Or la moralité est la condition qui seule peut faire qu’un être raisonnable est une fin en soi ; car il n’est possible que par elle d’être un membre législateur dans le règne des fins. La moralité, ainsi que l’humanité, en tant qu’elle est capable de moralité, c’est donc là ce qui seul a de la dignité. L’habileté et l’application dans le travail ont un prix marchand ; l’esprit, la vivacité d’imagination, l’humour, ont un prix de sentiment ; par contre, la fidélité à ses promesses, la bienveillance par principe (non la bienveillance d’instinct), ont une valeur intrinsèque. Ni la nature ni l’art ne contiennent rien qui puisse être mis à la place de ces qualités, si elles viennent à manquer ; car leur valeur consiste, non dans les effets qui en résultent, non dans l’avantage et le profit qu’elles constituent, mais dans les intentions, c’est-à-dire dans les maximes de la volonté qui sont prêtes à se traduire ainsi en actions, alors même que l’issue ne leur serait pas favorable. Ces actions n’ont pas besoin non plus d’être recommandées par quelque disposition subjective ou quelque goût qui nous les ferait considérer avec une faveur et une satisfaction immédiates ; elles n’ont besoin d’aucun penchant ou sentiment qui nous pousse immédiatement vers elles ; elles présentent la volonté qui les accomplit comme l’objet d’un respect immédiat ; il n’y a que la raison qui soit requise, pour les imposer à la volonté, sans chercher à les obtenir d’elles par insinuation, ce qui au surplus dans des devoirs serait contradictoire. C’est cette estimation qui fait reconnaître la valeur d’une telle disposition d’esprit comme une dignité, et elle la met à part infiniment au-dessus de tout prix ; on ne peut d’aucune manière la mettre en balance, ni la faire entrer en comparaison avec n’importe quel prix, sans porter atteinte en quelque sorte à sa sainteté."

Fondement de la métaphysique des moeurs (extrait), Emmanuel Kant

Dieu n'est pas une monnaie d'échange ni ne se définit par la valorisation d'une communauté religieuse au détriment d'une autre. Dieu n'est pas non plus dans la prière ni même dans le pardon accordé. Il est dans l'expression de Sainteté de l'acte et du geste effectué de tout citoyen ou de toute citoyenne qui donne un sens à son action puis participe au bien commun de toute la communauté dans une recherche de l'Amour du prochain. Un acte exclusivement réfléchi (même réalisé parfois au-delà de toute conscience de la portée réelle de l'acte "état de subconscience") mais jamais instinctif.

"Ainsi doivent être sans aucun doute également compris les passages de l’Ecriture où il est ordonné d'aimer son prochain, même son ennemi. Car l'amour comme inclination ne peut pas se commander; mais faire le bien précisément par devoir, alors qu'il n'y a pas d'inclination pour nous y pousser, et même qu'une aversion naturelle et invincible s'y oppose, c'est là un amour pratique et non pathologique qui réside dans la volonté, et non dans le penchant de la sensibilité, dans des principes de l'action et non dans une compassion amollissante ; or cet amour est le seul qui puisse être commandé"

Fondement de la métaphysique des moeurs (extrait), Emmanuel Kant

 

Affiche du film Rebelle Adolescence

Affiche du film Rebelle Adolescence

 

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19/08/2012

La lettre de Nadezhda Tolokonnikova avant le verdict

 

Le 16 août 2012, depuis sa maison d’arrêt.

Le fait que je sois en prison ne suscite en moi aucune colère. Je ne ressens pas de colère. Je n’ai pas de colère personnelle. La colère qui m’habite est politique. Notre emprisonnement est un signe clair et limpide que tout le pays est dépossédé de sa liberté. Et c’est cette menace d’anéantissement de toutes les forces de liberté et d’émancipation qui me met en colère.

Derrière l’arbre, il faut voir la forêt, derrière le signe, la tendance et derrière le cas particulier, l’état d’un pays.

Les féministes de la deuxième génération disaient : « Le personnel, c’est déjà politique ». C’est la vérité. L’affaire Pussy Riot a montré comment les problèmes privés de trois personnes accusés de “hooliganisme” peuvent donner vie à un mouvement politique. La pression et la répression qu’ont subies trois personnes ayant osé prendre la parole face à un régime autoritaire a fait réagir le monde entier. Activistes, punks, pop stars, membres du gouvernement, humoristes, écologistes, féministes et machistes, théologiens musulmans et chrétiens – des personnes de tous horizons prient pour Pussy Riot.

L’affaire Pussy Riot a soulevé des forces si nombreuses et diverses que j’ai du mal à croire que je ne rêve pas.

Il se produit aujourd’hui quelque chose d’improbable dans le contexte de la vie politique russe : la société civile exerce sur le pouvoir une pression exigente, obstinée et sensée.

Je remercie tout ceux qui ont clamé : « Liberté pour les Pussy Riot ! ». Tous ensemble nous sommes en train d’organiser un événement grand et important. Le système mis en place par Poutine a de plus en plus de mal à le maîtriser. Peu importe le verdict, nous avons déjà gagné. Car nous avons appris à nous mettre en colère et à parler de politique.

Les Pussy Riot sont heureuses d’avoir été à l’origine d’un vrai mouvement collectif, et que votre passion politique soit si forte qu’elle ait traversé les frontières des langues, des cultures, des mondes, des statuts économiques et politiques. Kant aurait pu dire qu’il ne voyait à ce Miracle d’autre raison que le fondement de la moralité réside en l’homme.

Merci pour ce Miracle.

Nadezhda Tolokonnikova

Source: http://mark-feygin.livejournal.com/96072.html

Traduction: Olga Kokorina

 

Maison du Christ Sauveur, quelque part sur la planète Terre

 

Chère Nadezhda,

 

Vous finissez votre lettre par une référence à Emmanuel Kant. Quel paradoxe par rapport à la vision que les Pussy Riot présentent aux Russes et au monde! Vous la punkette vous citez le philosophe le plus abstrait à la vie, le plus réglé comme une horloge, le plus retiré de l'agora. Kant, un philosophe d'apparence totalement invisible, complètement prévisible concernant ses faits et gestes, sans aucune provocation publique, toujours à l'heure, ponctuel comme un astre solaire imperturbable.

La preuve:

«L'histoire de la vie d'Emmanuel Kant est difficile à écrire, car il n'eut ni vie ni histoire ; il vécut d'une vie de célibataire, vie mécaniquement réglée et presque abstraite, dans une petite rue écartée de Kœnigsberg. Je ne crois pas que la grande horloge de la cathédrale ait accompli sa tâche visible avec moins de passion et plus de régularité que son compatriote Emmanuel Kant. Se lever, boire le café, écrire, faire son cours, dîner, aller à la promenade, tout avait son heure fixe, et les voisins savaient exactement qu'il était deux heures et demie quand Emmanuel Kant, vêtu de son habit gris, son jonc d'Espagne à la main, sortait de chez lui, et se dirigeait vers la petite allé de tilleuls, qu'on nomme encore à présent, en souvenir de lui, l'allée du Philosophe. Il la montait et la descendait huit fois le jour, en quelque saison que ce fût ; et quand le temps était couvert ou que les nuages noirs annonçaient la pluie, on voyait son domestique, le vieux Lampe, qui le suivait d'un air vigilant et inquiet, le parapluie sous le bras, véritable image de la Providence.» (Portrait de Kant par Heinrich Heine, De l'Allemagne, 1853)

 

Qui plus est: Kant estimait que c'était Jean-Jacques Rousseau qui l'avait mis sur le "droit chemin" et provoqua chez lui une "révolution de la réflexion".

Qu'est-ce que les Lumières?

Réponse à la question (tentative du 19 août 2012):

Un groupe punk pratiquant sa proche recherche spirituelle à travers la philosophie du déisme libérant des angoisses de la mort. Un groupe provocateur du nom de Pussy Riot qui n'a sans doute pas choisi le droit chemin pour les bourgeois endormis dans leur confort personnel mais sans doute un droit chemin parti à la recherche de leur quête de l'existence, sans trucage ni tricherie, sans lâcheté mais avec courage et volonté dans l'expérimentation de l'humain.

Chère Nadezhda, je ne viendrai pas vous apporter des oranges dans votre prison de Russie. Mais je vous offre cette réflexion de Kant:

Kant a ainsi revendiqué sans ambiguïté la liberté humaine et, respectant la dignité humaine, renvoyé la perception de cette liberté au domaine de la subjectivité, dont il est principalement traité dans la Critique de la raison pratique (1788). La conclusion de cette Critique commence en ces termes: «Deux choses remplissent le coeur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s'y attache et s'y applique: le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi.» (11) (...)

L'Europe au siècle des Lumières

Prenant une part décisive à ce mouvement, Kant a su donner une expression frappante et définitive à ses arguments contre l'intolérance, l'endoctrinement, la lâcheté et la paresse, de sorte qu'ils peuvent nous servir encore aujourd'hui pour édifier une société universelle sur de bonnes assises. Souvenons-nous de sa définition des Lumières: «Les Lumières se définissent comme la sortie de l'homme hors de l'état de minorité où il se maintient par sa propre faute. La minorité est l'incapacité de se servir de son propre entendement sans être dirigé par un autre. Elle est due à notre propre faute quand elle résulte non pas d'un manque d'entendement mais d'un manque de résolution et de courage pour s'en servir sans être dirigé par un autre.
Sapere aude! Aie le courage de te servir de ton propre entendement! Voilà la devise des Lumières.» (30).

Cette lettre vous est adressée, chère Nadezhda. Mais elle est encore plus adressée à toutes celles et tous ceux qui vous vomissent et vous pissent dessus ici en Europe et chez vous en Russie. Des gens qui se réclament des Lumières et de la démocratie mais qui soutiennent là-bas, comme par exemple ce triste Réseau Voltaire de Mr Thierry Meyssan, bourreaux, dictateurs, oligarques, monarques, et autres tueurs de Conscience et de vies humaines, des criminels très ordinaires de peuples.

Nous avons encore un très long chemin à faire avant que les consciences humaines se libèrent des jougs du pouvoir et de l'argent. Notre travail individuel et collectif sera intense, fou, miraculeux, esthétique (même à travers le mauvais goût) et suffisament fort pour vaincre des démons de l'absolutisme, de la dictature des clergés et des pouvoirs. Votre foi est forte. La mienne aussi. Continuons à nous battre pour la liberté de conscience et le droit à l'expression.

"C'est bien" a prononcé au moment de mourir Emannuel Kant. Que ce "C'est bien" soit pour vous des mots de paix et de désir d'Amour.

C'est bien à vous.

Ali pacha

 

 

 

 

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18/08/2012

"Livrez-les aux cosaques!"

 

"Brûler les sorcières!" "Livrez-les aux cosaques!" telles sont les exclamations d'une foule très remontée contre les Pussy Riots à Moscou. Procès en sorcellerie, mêlé de religieux et de politique. Cela rappelle la crucifixion du Christ sauf que le Tribunal russe n'a pas jugé bon de livrer à la foule les trois filles déjantées pour qu'elles subissent les derniers outrages et les sévices du pal...Il aurait manqué plus que ça...

Qui sont les plus cinglés dans cette affaire? Les jeunes folles qui aiment provoquer et agir de façon anarchique sur le plan politique et spirituel? Ou les ultra-conservateurs qui rappellent l'époque romaine et un peuple prêt à torturer à mort le porteur d'Amour sur la planète Terre?

2000 ans plus tard, on dirait que nous n'avons pas avancé d'un iota au sujet des croyances en Dieu. Les dogmes tiennent en échec toute indépendance d'esprit, de liberté artistique, de joie, de bonheur, d'amour, de révolte, de cris d'espoir pour une Humanité enfin réconciliée décidée à avancer sur le chemin de l'Amour de Dieu et de Sa miséricorde.

N'avons-nous rien appris de neuf en près de 2'000 ans sur la façon d'interpréter la volonté divine? Nos artistes sont-ils des démons sortis de l'enfer? Et nos religieux des enfants du paradis? Allons bon... Quand on voit la haine prêchée parfois dans les mosquées, les églises, et les synagogues; les autorités religieuses de toutes confessions imbriquées dans des scandales pédophiles, homosexuels, financiers, et de soutien à des dictatures partout sur la planète, on a de la peine à imaginer Dieu, Allah, impliqué avec ces autorités religieuses corrompues et vicieuses.

Laissons aux humains le droit de vivre librement leur sexualité et de s'exprimer en artistes par des oeuvres provocantes et parfois choquantes pour des gens plus tranquilles et moins portés sur les extravagances de chairs et d'esprit de certaines personnes. Dieu nous a donné le bien le plus précieux: la liberté. Et le devoir d'en faire bon usage. Quand à l'interprétation du bon usage de la liberté, Dieu, au-delà de la justice des êtres humains, est seul Juge impartial des comportements humains. Nous ne détenons pas les clefs du mystère de la vie. Et l'humilité nous oblige à faire confiance à Dieu au-delà de nos propres limites personnelles et de nos éventuels désirs à vouloir condamner autrui sur des bases morales et religieuses.

Que l'Etat laïc et démocratique règne partout sur la planète Terre afin de donner sa chance à la Paix et à l'Amour. Tel est mon voeu le plus cher. 2 ans de camp pour une prestation musicale d'un goût très douteux, ce n'est pas la réponse à donner à ces demoiselles. La réponse était de dire que la prestation autant en choix musical qu'en paroles étaient très kamikaze pour le Seigneur et pas forcément de haute portée spirituelle. Courageuses les Pussy Riot? Oui, c'est certain. Grandes artistes? On attend de voir la suite. Le départ marketing, lui, est en tout point réussi:)) (je me permets de sourire en réponse au sourire de ces demoiselles à l'énoncé du verdict). La preuve qu'elle n'ont pas la Haine mais l'Amour...même pour Monsieur Putin qui les place en camp de rééducation civique. L'auréole planétaire et deux ans de camp. Une sorte de victoire. C'est peut-être pas trop cher payer sa liberté artistique à l'heure où il est si difficile de se faire sa place au soleil et de se faire respecter. Sauf pour les enfants des deux dames qui attendent leur maman à la maison. Chapeau les filles. Le combat continue et le plus surprenant dans cette histoire c'est de voir toutes ces cagoules colorées faisant face dans un défi des plus mondialisé, aux cagoules noirs des terroristes islamiques. Elles explosent avec le trash de leur art et prônent l'Amour. Ils explosent avec le trash de leurs ceintures meurtrières et prônent la Haine. Qui aura droit au Paradis? Qui finira en Enfer? Et surtout qui va gagner la guerre spirituelle qui se joue sur Terre entre les êtres humains.

Histoire des religions...A suivre, tout simplement et à s'impliquer spirituellement...

 

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No Pasaran!

 

L'image est forte. Elle ne s'oubliera pas. Deux ans de camp pour une punkette manquant de respect au Président russe et à l'Eglise orthodoxe. Mais qui manque de respect au peuple? Qui bourrent des urnes? Qui manipule l'opinion publique? Qui préfère l'argent à Dieu? Qui défend le plus pervers et sadique dictateur moderne proche de l'Occident au Proche-Orient? Dans ce regard se lit la détermination, le courage, l'audace et le désir immense de construire un autre monde, une autre culture, une Paix et un Amour pour toute la Terre. Oh, my God! Et dire qu'elles raffolent du sexe, les vilaines sorcières des temps modernes...Vade retro satanas. Aujourd'hui brûlée en enfer. Demain, en buste dans les nouvelles églises. C'est comme cela que la religion universelle de l'Amour est en train de se créer chez les humains... On ne sera pas là dans mille ans pour vérifier si elle a connu le succès espéré:)))

 

Mais sous les ponts, beaucoup d'O aura coulé.

 

Nadezhda Tolokonnikova

08:56 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)