22/07/2021

Questions à Monsieur Mauro Poggia

Cher Monsieur Poggia,

Vous vous en prenez avec virulence, dans un billet-blog, à tous les ennemis de la vaccination.

Je peux concevoir qu'un Ministre en charge puisse se barricader derrière ses certitudes pour diriger et prendre la direction qu'il pense nécessaire afin d'agir pour le bien de la communauté.

N'étant pas ministre mais simple citoyen, il m'est permis de sortir de la logique d'Etat et d'entrer "en résistance" face à la pensée dominante formatée par la science et les pharmas. Les nouveaux vaccins offrent des perspectives de libération à qui veut bien le croire mais ils n'offrent pas de garanties absolues quant à leur sécurité.

C'est aussi pourquoi il serait bon de faire voter le peuple sur la nécessité obligatoire de se faire vacciner pour lutter contre le virus plutôt que suivre comme des moutons des chefs décidant pour notre avenir commun. A la guerre, il y a des généraux qui prennent les décisions pour les soldats qui se sacrifient au combat. A l'armée, on ne demande pas au simple soldat de réfléchir mais d'obéir aux ordres.

Pensez-vous que cela soit adéquat dans la lutte contre le coronavirus? Sommes-nous assez stupides, nous citoyens et citoyennes, pour ne pas comprendre vos décisions qui conduisent pourtant à la division de la société plutôt qu'à l'union sacrée? Je pense que nous devrions voter sur la nécessité obligatoire de se faire vacciner. Nous ne sommes pas des enfants sous la responsabilité de leurs parents. Nous sommes un peuple et nous formons ensemble le devenir et le destin d'un pays, d'une nation.

Se faire vacciner n'est pas anodin. Cela engage notre volonté de nous défendre collectivement contre le virus tout en prenant le risque de subir immédiatement ou plus tard les conséquences de cette vaccination aux inconnues nombreuses puisqu'encore au stade expérimental.

Une votation populaire sur l'obligation vaccinale pour avoir le droit d'avoir encore une vie sociale égalitaire pour toutes et tous nous mettrait toutes et tous face à nos responsabilités. Ce n'est pas à l'Etat de dire si nous devons nous faire vacciner. C'est au peuple de décider si finalement nous voulons nous imposer collectivement ce vaccin ou si nous préférons laisser aux sceptiques et au anti-vax le choix de leur liberté et des risques potentiels qu'ils veulent faire courir à leur propre personne ainsi qu'à leur entourage vacciné ou non-vacciné... D'autre part, puisque la propagande vaccinale prétend tout de même assurer aux vacciné-e-s une protection efficace et durable contre les formes graves de la maladie, on devrait se calmer du côté des autorités.

Si les vacciné-e-s ont encore peur de s'enrhumer au contact d'un non-vacciné contaminé, on se demande où se trouvent les braves soldats qui osent résister à l'immense machine de guerre économique que sont les entreprises pharmaceutiques oeuvrant pour notre bien commun plutôt que pour leurs milliards de bénéfices... Il est pour ma part très difficile de faire la part des choses entre celles et ceux qui usent de toutes les propagandes possibles et imaginables pour gagner des marchés mirifiques et celles et ceux, parmi les entreprises concernées, qui oeuvrent prioritairement en faveur d'un bien commun et d'un altruisme sans faille quitte à sacrifier financièrement leur entreprise.

On ne trouvera pas un terrain d'entente sur le sujet, cher Monsieur Poggia. Mais croyez que je tiens comme vous à la liberté et à nos droits démocratiques et que, sans être soldat, je serais cependant un résistant anarchiste en cas d'invasion du pays par des fascistes et un dictateur.

https://poggia.blog.tdg.ch/archive/2021/07/19/a-la-memoir...

 

Pass sanitaire: la discrimination professionnelle

Un scandale de plus dans la campagne de vaccination française.

Non content d'imposer la vaccination pour toutes les activités du secteur des transports longue distance et du tourisme, l'Etat français prévoit un projet de lois, à mettre en oeuvre sous peu, dans lequel les employeurs auront l'obligation de licencier leur personnel non vacciné dans les secteurs sensibles comme la santé, la restauration-hôtellerie, et quantité d'autres secteurs où les travailleurs et travailleuses sont au contact des personnes.

Hors personne en ce monde ne vit seul sur son île. Les gens de professions libérales et spécialisées sont au contact des autres personnes même si elles peuvent télétravailler dans leur métier respectif. D'autres part, vu leurs moyens financiers, elles ont souvent tendance à organiser des garden partys et des fêtes, ce qui implique forcément des contacts rapprochés et sans masque...

Une fois de plus. Les élus veulent écraser les gens qui travaillent dans les domaines les moins spécialisés ou peu reconnus, Les "gens de rien" qui voyagent dans les gares pour leur travail doivent s'imposer le vaccin alors que les gens qui ont un nom peuvent s'autoriser le droit aristocratique de se vacciner ou pas.

Non, Monsieur le Président Macron. Votre nouvel ordre social ne passera pas comme ça. Nous ne sommes pas les sacrifié-e-s du peuple pour protéger votre caste de la contamination au restaurant. Vous voulez de la solidarité totalitaire? Alors imposer le vaccin pour tout le monde ou alors pour personne. Mais surtout, demandez au peuple, par votation, ce qu'il en pense et ce qu'il est d'accord de mettre en oeuvre pour tenter de vaincre ce virus. Ce n'est pas à vous de dire quelle profession doit obligatoirement vacciner son personnel et quelle autre est libre de son choix.

Le vandalisme récent de locaux de vaccination n'est que la conséquence directe de vos ordres inconséquents, discriminatoires, créant de l'incompréhension, de la discrimination, de l'exclusion, de la haine, et finalement de la violence. Vous et votre gouvernement en êtes les premiers responsables.

 

21/07/2021

1888, deux artistes féminines (s)'exposent

Pour rentrer en apprentissage des Beaux-Arts au cours du XIXème siècle, il faut être un garçon, plutôt bien éduqué et de famille aisée, sans contentieux avec la société.

Les filles n'y sont point admises. Cela ferait mauvais genre. Les filles ne créent pas. Elle procréent. Les filles admirent les maîtres. Elles ne sont maîtresses que de leurs jolis corps.

En 1888, deux femmes, parmi quelques très rares présences féminines, exposent en France. Deux Parisiennes qui n'ont pas encore de nom. A peine un prénom.

Camille Claudel ne fait pas la une de l'actualité et des musées. Elle vient de connaître Auguste Rodin quelques années auparavant, un Auguste Rodin décrié pour son art érotique, pornographique pour l'époque et donc inadmissible pour certaines âmes puritaines, qui reconnait son talent artistique...comme voluptueux et qui prendra la très jeune Camille sous son aile en la conduisant sur les chemins d'une reconnaissance bien amère et sans issue au fil des années.

En 1888, Camille expose au Salon des artistes français et elle obtiendra une mention honorable du jury. C'est là sa toute première distinction.

Marie Guérin, quasi inconnue encore aujourd'hui, y compris sur Internet, sauf des réseaux d'Art, est une jeune portraitiste talentueuse qui sera invitée à l'Exposition de 1888-1889 de la société des Beaux-Arts de Nice. Marie tient son atelier quartier Chaillot à Paris. A part cela, rien. Pas de biographie, pas de date de naissance ni de mort. Il faudra chercher...

Pourquoi rapprocher ces deux jeunes femmes qui apparemment ne se connaissaient pas? Peut-être par les jeux du hasard. Marie Guérin n'aurait pas fait l'objet de ce billet si je n'avais pas acheté le précieux pastel, mis en beauté dans un cadre à la feuille d'argent, qu'elle avait envoyé  à la Société des Beaux-Arts de Nice. Préférant me nourrir à son art qu'à ingurgiter un filet de boeuf nature et sans boisson comprise pour le même prix. Et oui, de nos jours, l'art part aux enchères à des prix d'abattoir!

En dehors du fait que cela soit potentiellement une bonne affaire commerciale, le tableau méritait mon attention. Ce portrait au miroir reste énigmatique. Est-ce un auto-portrait de Marie? Et si oui, qui était-elle, qui fréquentait-elle, et quelle genre de vie a-t-elle vécue?

Je l'ai surnommée la "Punkette 1888". Parce que oui, elle n'avait semble-t-il aucun futur pour la postérité médiatico-artistique. Pourtant, elle existe, discrète, mais ces rares tableaux vus sur la Toile se vendent bien aujourd'hui.

http://www.artnet.fr/artistes/marie-guerin/

Voici le miens, acquis pour une bouchée de pain, dont j'ai retouché le portrait au goût de ma créativité artistique d'aujourd'hui.

 

 

 

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La Folie-Neubourg et le château de l'Islette

Le squat et le palais royal.

Voici le contraste saisissant entre les deux demeures où Camille Claudel et Auguste Rodin ont partagé leur passion et leur travail artistique.

La Folie-Neubourg, située 68, Boulevard d'Italie, à Paris, a connu bien des péripéties avant de disparaître, détruite en 1909 vu son état de délabrement, soit 5 ans avant l'enlèvement de Camille Claudel par sa famille et sa séquestration à l'asile de fous qui durera hélas jusqu'à sa mort.

Comme si tout devait être détruit dans la vie de Camille, les lieux, les souvenirs, l'oeuvre, l'identité.

Aujourd'hui, les médias parlent beaucoup du château de l'Islette et s'attardent sur ses fastueux salons qui tenaient aussi lieu d'atelier Rodin-Claudel et de refuge amoureux au couple.

La Folie-Neubourg, vue sa disparition totale, est peu mentionnée dans la vie de Camille Claudel. Hors il est à parier que la jeune artiste s'y sentait bien plus chez elle qu'au château de l'Islette, lieu bourgeois, voir aristocratique. Si Camille veut bel et bien s'élever au-dessus du commun des mortels, ce n'est point par l'argent ou la position sociale mais par l'art, exclusivement. Et son âme libre est bien plus proche de la Folie-Neubourg que du Château de l'Islette.

La Folie-Neubourg correspond exactement à son romantisme prononcé et son goût délibéré pour l'anarchie, la table-rase, le déséquilibre, la marge, qui lui fera plus tard subir la maladie et la détresse. Cette bâtisse cossue y a probablement vu passer quelques royautés à ses débuts, au temps glorieux de sa splendeur.  Puis elle a servi de blanchisseuse pour les hôpitaux de Paris. Enfin, elle a servi de refuge au temps de la Commune pour quelques anarchistes en mal de cachette.  

Pour Camille Claudel, cette maison respire sans doute l'âme de la révolte et de la liberté. C'est en Louise Michel de la sculpture qu'elle pourrait bien s'imaginer dans ses rêves les plus secrets. Celle qui aura l'audace de renverser l'ordre des choses, révolutionner l'art et les consciences, mettre les hommes au pas de la femme et les faire enrager, ce qu'elle devait bien faire subir à Auguste Rodin, d'ailleurs, lui qui lui reprocha d'être trop cruelle avec lui.

Mais cette force qui peut faire peur et penser un peu à un esprit dictatorial et sans concession cache une faiblesse immense, un trou béant qui lui coûtera sa santé mentale. Claudel tient avant tout à la liberté et jamais elle ne se mettra physiquement en travers des plans de Rodin qui lui préfèrera son vieil amour de toujours plutôt qu'elle, la jeune passionaria de la sculpture qui pourrait bien finir par lui faire de l'ombre. Pour calmer sa douleur, elle deviendra encore plus libre à travers son art. Mais son art ne la sauvera pourtant pas. Se sentant persécutée et plus que trahie par son ex-amant, volée et spoliée de son oeuvre par un ex-amoureux qui lui paraît manigancer auprès de l'Etat pour empêcher à sa propre notoriété de grandir, elle pique des crises, insulte à peu près tous ses rares ami-e-s et soutiens, et s'isole comme un animal blessé, vivant comme une recluse dans son atelier délabré et insalubre.

Tout finira très mal et la malheureuse continuera sa pitoyable vie dans un asile de fous sans plus jamais connaître les joies de la liberté, de la grâce, de l'amour, et de l'art.

Destin tragique, comme tant d'autres artistes de génie avant elle.

https://www.histoiresgalantes.fr/blog/2018/04/20/folie-ne...

http://www.museecamilleclaudel.fr/fr/collections/camille-...

 

 

La Folie-Neubourg

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20/07/2021

Vous, Monsieur Rodin

 

Tout est silence,

tout est rompu,

tout est corrompu.

Sur votre ventre bien trop repu,

je pue, hélas, la charogne.

 

Déjà la valse funèbre,

et ces corbeaux derrière le corbillard

qui me suivent comme votre ombre.

Vous m'avez laissé morte à l'art.

Vous m'avez laissé sans inspiration,

sans respiration,

sans même la chance d'une évasion

à vos côtés,

et ma disparition n'est due

qu'à cette côte d'Adam

que vous avez refusée à Eve.

 

Vous étiez mon dieu messager

et je ne voulais point

d'un autre dieu mensonger.

 

Tout est silence,

mais en moi vit le tumulte.

Vouliez-vous donc cette danse,

macabre, noire comme la nuit,

créant notre divin culte?

 

Regardez Monsieur Rodin d'enfer!

Mais regardez donc!

Aujourd'hui, tous ils m'admirent,

mais hier j'étais tenu dans vos fers,

brisée par vos cornes de satyre

alors que ma seule nourriture

c'était cette eau fraîche,

notre amour d'entrelacs,

nos bronzes ultimes,

nos terres cuites inouïes,

nos audaces vers cette folie amoureuse,

alors même que la pourriture

de vos sentiments impurs

me jouait déjà de vilains tours

me conduisant fracassée à l'asile.

 

Les plâtres sont renversées,

je me suis barricadée,

je ne mange plus que

des pommes en robe des champs

pour oublier vos dérobades.

 

Je vous accuse

de m'avoir empoisonné à votre séduction.

Je vous accuse

de m'avoir volé mes oeuvres

et spolié de mon nom.

Camille,

je m'appelle Camille Claudel,

ou mieux encore,

Claudel tout court

parce qu'il n'y a qu'une seule Claudel

en ce monde pour vous aimer

comme je vous ai aimé

sans arrière pensée,

sans vouloir me servir de vous

pour m'offrir la gloire,

la célébrité, les honneurs.

 

Votre monde, celui de la vanité,

je ne le connaissais pas.

Votre monde, celui des salons,

des mondanités, des insanités,

des traîtrises et des tromperies,

je ne le voulais pas.

 

Vous étiez tout à moi,

rien qu'à moi,

tout pour moi,

mais vous ne le vouliez pas.

 

Nous aurions pu devenir

une sculpture à nous tout seul,

un duo divin,

femme et homme,

dieu en quelque sorte,

féminin et masculin,

sans cette autorité patriarcale.

 

Au lieu de ça vous m'avez imposé

ce triangle amoureux vulgaire,

laid, effroyable, haïssable.

Et vous et votre vieille bourgeoise

s'arrachant à mon cri désespéré.

 

Voyez mon oeuvre,

Monsieur Rodin.

Voyez son drame.

Voyez cette vague

annonçant mon tsunami psychique,

cet art innocent en danger de mort

qui s'arrête pour l'éternité

sous la crête de la vague.

 

Les torts ne sont pas partagés,

Monsieur Rodin.

Vous avez souffert de mon départ

mais c'est vous qui l'avez voulu.

Je me suis engagée toute entière

à vos côtés

mais vous m'avez refusé

votre côte d'Adam

pour que je devienne votre Eve,

exclusive,

afin de monter au paradis

tutoyer notre dieu et sa création.

 

Alors toute notre création s'est arrêtée-là

le jour où ma mère m'a enlevé

à ma liberté et mon art.

Vous êtes mort à peine trois ans plus tard

après ma mise à l'abîme à l'asile de fous.

J'y suis restée comme une vieille femme,

sans mes outils de travail,

sans mes ailes d'artistes,

sans rien,

pauvre vieille femme attendant la mort

qui ne venait jamais

et ma famille qui ne voulait plus rien

de moi, de mon être, de mes rires,

de mes mots, de mon visage,

de mon imagination, de ma créativité,

de mon amour, de ma passion,

de cette Camille adolescente

qui brûlait d'incandescences et d'encens.

 

Morte seule, abandonnée,

sans tombe, sans mémoire,

amnésique à Camille Claudel.

 

Madame Claudel,

je vous en prie,

Monsieur Rodin.

 

Madame Claudel

qui vous tutoie aujourd'hui

dans les Musées

et qui vous dit merde.

Merde à votre lâcheté,

à votre dérobade,

pour préférer les mondanités,

et votre chère vieille chèvre

mariée à la fin à ce vieux bouc infidèle,

Vous, Monsieur Rodin.

 

Je couche toute nue

et Vous, Monsieur Rodin?