31/10/2020

Les jeux de Darius et les tentations du pouvoir

Le journal Le Temps vient de jeter un énorme pavé dans les marécages de la TSR.

Derrière la belle vitrine reluisante se cachent toujours des femmes et des hommes, des forces et des faiblesses, des failles, des choses plus sombres que l'on voudrait dissimuler au grand public pour ne jamais écorner l'image et conserver une sorte d'aura de sainteté qui fait de la personnalité un mythe vivant.

Mais l'être humain est d'une complexité folle. La où l'on croit deviner l'ange vit la face cachée du démon et là où l'on imagine la pire des perversions et un démon libidineux se cache un ange de gentillesse et d'amour.

Rien n'est simple dans l'esprit et le caractère d'un être humain. Les jeux de la manipulation et de la séduction s'amplifient à mesure que la personne détient un poste de pouvoir et est auréolée d'une gloire publique.

Darius Rochebin tombe de son piédestal de star incontestée du petit écran. Il n'a rien commis de particulièrement abominable mais il est touché et troublé par des déviances perverses et une sorte de dédoublement de la personnalité qui lui cause désormais bien des torts publiquement. Il a sans doute mal agi en plusieurs circonstances. Cela ne fait pas de lui un monstre et un délinquant majeur. Il a juste profité de son statut pour tenter d'obtenir, par des moyens assez tordus, d'un certain raffinement florentin et sadien, envers lui-même et envers les autres, les faveurs sexuelles de femmes et d'hommes souvent bien plus jeunes que lui. A noter qu'il a vécu et grandi dans une famille où les épouses étaient bien plus jeunes que les maris. Cela pour dire au passage que la différence d'âge n'est pas si horrible que prétendue en matière sexuelle tant que la barrière et le tabou des enfants et des jeunes n'ayant pas atteints leur majorité n'est pas franchie par les séducteurs et séductrices.

Maintenant que la bombe est lâchée il ne sert à rien d'accabler l'homme de télévision. La justice, si justice est exigée par plainte pénale d'une ou plusieurs personnes, suivra son cours. Dans le même temps, il était temps que la TSR se fasse soulever le couvercle de la patate chaude par un média romand. Les comportements malsains dénoncés doivent être signalés et surtout corrigés par les personnes concernées. En cas d'abus répétés, toute entreprise de service public a le devoir de licencier des collaborateurs et des collaboratrices aux comportements inappropriés. Il en va de la réputation et de la crédibilité d'une chaîne de télévision ou d'un journal.

La TSR a largement fauté en attendant des années et des années avant d'être forcée d'agir impérativement au sein de l'entreprise par l'enquête menée par le journal Le Temps. Mais elle n'est sans doute pas la seule dans cette situation là. Des comportements inappropriés, nous en sommes tous et toutes capables à un moment ou un autre. L'important c'est que les gens nous le disent clairement afin de réussir à corriger ce qui nous semble tout simplement appartenir à notre propre sphère privée et intime alors que cela cause des dégâts psychologiques extérieurs dont nous n'imaginons même pas l'ampleur ni les conséquences négatives sur notre image et pour notre futur sur notre parcours professionnel ou/et privé.

Darius Rochebin se sentait bien comme il faisait tout ça. Il jouissait d'une impunité coupable. Mais il est certain que l'homme est en souffrance, en particulier sur les capacités réelles de sa virilité à donner du plaisir à l'autre lors des ébats sexuels. Il en doute jusqu'à l'obsession et semble se haïr par certains moments.

Le grand déballage public lui permettra aussi de sortir de son enfermement psychologique et de solliciter une aide extérieure. Darius Rochebin a de magnifiques côtés humains. Tout le monde le sait très bien. Il n'est pas temps de l'accabler mais de l'aider à faire son coming-out sur ses difficultés intimes de complexe d'infériorité virile qu'il porte comme une grande souffrance cachée lui qui est sensé être un mâle alpha qui a dominé la scène médiatique télévisuelle de Suisse Romande pendant si longtemps ces dernières années.

 

30/10/2020

"Oui" à l'initiative pour des multinationales responsables

Fin novembre, les Suisses et Suissesses sont appelé-e-s à voter pour ou contre l'initiative dite pour des multinationales responsables.

Être consommateur et consommatrices ne signifient pas être de simples Ponce Pilate et nous absoudre de toute conscience devant les crimes humanitaires et écologiques commis par des entreprises internationales ou leurs sous-traitants.

Si la justice des pays tiers n'est pas rendue dans des affaires sales, la Suisse a besoin d'une loi qui permettrait de mettre sous pression des multinationales pas en règles avec les droits humanitaires internationaux. Ce n'est pas du néo-colonialisme. C'est simplement l'honneur et le devoir d'un pays qui se veut responsable et solidaire pour sa consommation intérieure de produits fabriqués et provenant de pays tiers.

Être en avance sur son temps est parfois préférable que d'être le cancre de la classe et le pays montrer du doigt pour ses manquements. L'économie n'est pas prioritaire en tous lieux et en tous temps. Notre rôle de démocratie à la pointe du progrès voudrait que nous ayons le courage d'être parfois en avance sur les autres nations du Continent européen.

Alors c'est à un oui résolu que nous pouvons appeler les citoyennes et citoyens à voter OUI à cette initiative responsable.

Nous pouvons améliorer les affaires du monde même si notre pays est si petit face aux grandes nations du monde.

 

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29/10/2020

La troublante ressemblance entre René Felber et Robert Comtesse

L'ancien conseiller fédéral René Felber vient de disparaître il y a quelques jours.

Le moustachu Neuchâtelois du Locle a vécu une vie de diplomatie active et est devenu une figure de l'ouverture à l'Union européenne et de l'EEE en tandem avec Jean-Pascal Delamuraz durant la fameuse année noire de 1992 où Christoph Blocher et ses troupes ont réussi à mobiliser la moitié du pays contre le projet d'ouverture à l'Europe. La défaite du tandem devant le peuple a sonné le glas pour une intégration au Continent. Depuis, la Suisse semble préférer la solitude pragmatique à l'aventure européenne.

Si René Felber était socialiste, un autre Neuchâtelois, de Valangin et à la moustache, devint Conseiller fédéral au tout début du XXème siècle. Il était du parti radical mais ressemblait étonnamment dans le caractère et par le parcours politique au premier cité. Pionnier de la Banque Nationale Suisse, partisan de l'adhésion à la Société des Nations, Robert Comtesse, comme René Felber, était proche du peuple et ouvert sur le monde.

Si je vous parle de ce Conseiller fédéral aujourd'hui c'est parce que j'ai acquis une plaquette en bronze assez exceptionnelle de la première rencontre entre un Président de la République française et un Président de la Confédération helvétique.

Cette rencontre a eu lieu en août 1910 à Berne. Les deux présidents semblent avoir été animés par un idéal commun d'union et de paix si l'on se réfère aux journaux de l'époque (L'Impartial archive http://doc.rero.ch/record/86743/files/1910-08-16.pdf ).

Récemment, un artiste a créé une fresque de Robert Comtesse dans sa commune d'origine, Valangin. http://www.canalalpha.ch/actu/robert-comtesse-immortalise...

Si la Suisse a représenté sur des médailles ses différents généraux de guerre,  il en va bien différemment de ses conseillers fédéraux et conseillères fédérales. Pratiquement aucun-e parmi eux et elle n'a eu l'honneur de voir son portrait affiché sur une quelconque médaille! Tout le contraire de la France et de ses présidents.

C'est donc une très rare (aucune référence connue sur Internet) et unique médaille en bronze d'un Conseiller fédéral que vous pourrez voir ci-dessous associé à la visite du Président de la République française de l'époque, Monsieur Armand Fallières. Deux très beaux portraits de ces personnalités politiques et une citation d'un illustre inconnu, un certain Christian Neuhaus, tout aussi intéressante. L'atelier, Holy Frères de Saint-Imier, étant une entreprise réputée à l'époque pour la qualité de son travail de médailler.

Parallèlement et durant la même année, a eu lieu l'Exposition agricole nationale à Lausanne. Une seconde médaille, très belle et fournie en image nationale et vaudoise, réalisée par le même atelier et le portrait d'un vacher qui ressemble étrangement au Président de la Confédération de l'époque... Tout un symbole.

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Pas une deuxième vague mais un tsunami

Tout le monde s'attendait à un hiver difficile sur la scène du Covid19.

Mais à peu près personne n'avait vu venir une telle ampleur de la contamination, et dans un laps de temps record, au niveau européen. Octobre aura été comme un coup de gel fatidique sur les feuilles d'arbre que nous représentons face à cette pandémie mondiale qui nous saigne et nous blesse dans nos âmes et nos corps.

Certes, nous n'allons pas tous mourir ni même tomber gravement malade de la covid19. Mais à force de restriction, de perte de pouvoir d'achat, de risques de grande pauvreté future, nous mourrons toutes et tous symboliquement à notre ancienne vie d'abondance et d'insouciance.

Le printemps verra naître un nouveau monde. Soit en pire, soit en meilleur. Il est impossible que les sociétés ne se mettent pas à réfléchir ensemble et prennent conscience de la gravité de la situation humanitaire et organisationnelle de notre Civilisation.

Si des leaders populistes profitent de la situation pour asservir leur peuple à leur vision du monde et aux injustices profondes qu'ils créent et approfondiront encore en divisant les populations entre bonnes et mauvaises, entre maîtres et esclaves de leur système, entre celles qui ont droit de vie et d'abondance et celles qui doivent être sacrifiées, punies, et ostracisées, nous courrons à notre perte et au chaos qui entraînera rapidement la chute notre Civilisation.

Si nous prenons la mesure de la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons, que nous nous serrons les coudes et créons les gestes de solidarité nécessaires pour éviter que des pans entiers de la population ne tombent dans la précarité ou décèdent par manque de soins suite à l'engorgement des hôpitaux, nous arriverons à surmonter cette crise profonde et nous sortirons plus grands et plus sages dès le printemps prochain.

Les six prochains mois et l'hiver qui viennent vont nous démontrer si l'individualisme et l'ultra-libéralisme auront eu la peau de nos sociétés démocratiques ou si, au contraire, nos sociétés auront compris que l'ultra-libéralisme est une voie sans issue qui nous conduit tout droit à la fin de nos sociétés démocratiques.

En France, il semble que le Président ait compris le message si son discours de hier soir ne se réduit pas à des effets d'annonce et à des grandes envolées lyriques sur les valeurs essentielles de la République.

En Suisse, moins de grands mots, moins d'aides d'Etat en apparence, moins de vision d'un peuple un et indivisible... mais au final, peut-être, un peuple helvétique plus uni face au tsunami. Macron est détesté voir haï d'une bonne partie de son peuple. Le Conseil fédéral est écouté par les cantons et les citoyennes et citoyens avec respect et une sorte de discipline collective. Macron a grillé beaucoup de belles cartes qu'il avait dans son panier au moment de son élection éclair par des expressions à l'emporte-pièce qui ont choqué les plus faibles ou les moins ambitieux, "ceux qui ne sont rien et qui n'ont presque rien" pour démontrer leur brillance et leur intelligence malgré tout.

En France comme en Allemagne, les bistrots ferment leurs portes pour un mois. Chez nous, ils restent comme à demi-ouvert entre l'interdiction d'accueillir et le droit de détenir la palme des derniers lieux publics clos où le port du masque ne peut pas être imposé pour raison pratique. Si les employé-e-s de la restauration montent encore au front ce matin pour assurer leur job quotidien, que les infirmières et infirmiers ne lâchent pas leur poste pour revendiquer des augmentations de salaire en pleine pandémie, alors nous pourrons dire que les vrais héros de la nation ne sont pas les riches mais bien celles et ceux qui se cachent parmi "les gens de rien" qui sauvent des vies et nourrissent le bon peuple avec le plus grand des sourires et malgré le risque de finir malade à l'hôpital ou de mourir à domicile faute de place pour eux et pour elles dans les lieux hospitaliers...

La solidarité, ce vieux mot galvaudé, injurié, et détruit par l'ultra-libéralisme, reste le mot de la survie pour une société libérale qui se respecte et respecte le peuple et ses principes démocratique de base.

Noël 2020 sera très spécial à tous points de vue. A nous de lui donner de jolies couleurs de noblesse de coeur.

 

 

 

28/10/2020

Du gel hydroalcoolique sous le sapin

Il faut y voir un peu de dérision et pas mal d'humour pragmatique dans le titre de mon billet.

Oui. Vous avez bien lu. Au lieu d'offrir des présents de pacotille à vos connaissances et amis, il serait bien d'offrir le produit qui sauve et protège notre santé et protège les plus fragiles d'une mort atroce.

Ce n'est sans doute pas un cadeau hyper sexy. Il ne va pas être comparé et associé à un cadeau de luxe mais cette petite attention toute simple pour nos proches est une marque de respect et d'estime envers celles et ceux qu'on apprécie.

Ce petit cadeau peut aussi, et accessoirement et rien que ça, tout simplement sauver l'économie helvète d'un désastre programmé en remobilisant nos familles et nos amis quant à l'utilisation répétée du gel hydroalcoolique.

Au passage, l'hygiène parfaite de beaucoup de filles professionnelles des plaisirs charnels n'a pas provoqué de fermetures multiples des salons de massage. Preuve que le gel est utile en tous temps et en tout lieu, qu'il remplit parfaitement sa mission impossible de sauver de la maladie, et que le docteur Pittet a bien raison de promouvoir son invention à tous les étages de la population.

Alors un petit gel hydroalcoolique à prix abordable pour un petit flirt avec toi et nous passerons un meilleur hiver et un meilleur cap pour l'année 2021. 

Amis restaurateurs, promouvez le gel à vos clients et clientes si vous voulez sauver votre bistrot, votre peau, et celles de vos employé-e-s qui risquent, cela doit être écrit puisque trop peu de médias le soulignent, leur santé et même leur vie pour garder un job qui pourtant les maintient dans une certaine pauvreté et parmi la classe sociale la moins favorisée de la société.

Signé un cuisinier qui souhaite du bien à tout le monde y compris aux patrons qui ne comprennent rien au prix et au geste de la solidarité au sein d'une entreprise.

Gel hydroalcoolique à Noël pour toutes et tous. Cela coûtera nettement moins cher à tout le monde d'un point de vue sanitaire et économique.