17/02/2021

Restauration: après Pâques ou à la Trinité

Doit-on inventer une cagnotte en faveur des employé-e-s de la restauration?

Désormais, il faut le dire avec force. Le sinistre est plus que conséquent pour la gastronomie. Et même une prochaine réouverture, en avril voir en mai, des restaurants empêchera pendant longtemps de considérer un retour normal aux salaires de la branche déjà parmi les plus bas tous secteurs économiques confondus.

Il faut donc considérer qu'au minimum chaque personne oeuvrant dans la branche aura perdu individuellement, et à cause des mesures liées au coronavirus, une somme estimée entre fr.10.000 et fr.15.000 francs et ceci pour autant qu'une nouvelle vague ne condamne pas encore une fois à une fermeture en automne ou en hiver prochain.

Les patrons qui auront survécu à la crise seront les plus forts économiquement mais comme le manque de bénéfice réalisé sera conséquent, ceci malgré parfois des aides importantes obtenues de l'Etat, ils ne seront guère solidaires avec leur personnel pour accorder des augmentations de salaire dans leurs restaurants. Sans compter que certains exerceront des pressions à la baisse sur les salaires actuels.

Je suppose que pour le personnel de cuisine qui ne toucheront pas les éventuelles bonnes mains généreuses de clients et clientes solidaires avec la situation calamiteuses vécues par les employés et employées de la branche, il faudra poser un cochon-covid sur le bar de chaque restaurant.

Car oui, il ne faut ni compter sur les patrons ni sur le personnel de service pour être solidaire avec les cuistots. L'individualisme dans cette branche, sauf exceptions notables, est plus actuel que jamais et c'est absolument déplorable et détestable.

N'oubliez pourtant pas que celles et ceux qui font la qualité et ont la responsabilité de l'offre confectionnée dans les murs de tous les restaurants qui se respectent, ce ne sont ni les patrons (sauf s'ils sont cuistots eux-même) ni le personnel de service mais bien les cuisiniers et cuisinières qui ont appris un métier mettant en avant les qualités de création, d'anticipation et d'organisation, de gestion et d'achat de marchandises, de contrôle de qualité, des respects des règles d'hygiène sévères, avec, au final, la responsabilité de satisfaire pleinement tout en préservant la santé des clientes et clients.

Sans de bons cuisiniers, sans de bonnes cuisinières, nos restaurants perdront en qualité et en attrait. Alors, s'il vous plaît, quand vous allez manger au restaurant, pensez-y et, si vous voulez donner quelque chose au personnel de cuisine, faites-le directement parce qu'il est très rare que le personnel de service suive votre générosité et transmette plus loin votre don... Eh oui... C'est la restauration avec tous ces côtés parfois peu reluisants.

En attendant, je vais encore passer quelques semaines à imaginer un monde meilleur et solidaire...