09/04/2021

BoDe l'Air 200ème

Le serpent métallique

 

 

 

 

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Faudra-t-il disparaître pour rester libre-sauvage?

Au jour où nous devrions fêter le 200ème anniversaire de la naissance de Charles Baudelaire, c'est une sombre question d'identité qui taraude mon esprit.

La traque du présumé criminel comme porteur potentiel d'un virus mortel, la mise en demeure de se vacciner pour se protéger et protéger les autres, la mise à distance de tout lien social et de tout lieu culturel sensés nous donner une perspective d'élévation à la beauté et aux rapports humains plutôt que de devoir croupir dans une simple et grotesque consommation des biens matériels, sont autant d'injonctions et de restrictions des libertés, autant d'abjections et de rabaissement de la condition humaine.

Si la pandémie dure encore des années, que des variants du virus entravent les prétendus bienfaits de la vaccination et provoquent plus de malheur, plus de pauvreté, plus de chaos, plus de dépressions et plus de solitude, comment pourrons-nous alors nous opposer à la dictature sanitaire de plus en plus contraignante et policière? Comment pourrons-nous échapper au rouleau compresseur des états oppresseurs, aux foules enragées par le tocsin médiatique, aux délateurs et délatrices dignes de la Gestapo et prêt-e-s à dénoncer les résistants et résistantes à la dictature s'ébrouant dans un bar de nuit improvisé au sous-sol d'un immeuble?

L'état de désobéissance, de disparition, d'anéantissement du moi social collectif au profit de l'état de nature, du libre-sauvage jouissant de sa liberté retrouvée, du rejet de toutes les entraves morales et collectives exercées par une société devenue soumise et servile à des lois répressives mises en place par des de gouvernements sanitaires totalitaires prônant le recours obligatoire au tout aux pharmas et à sa quête effrénée de profits astronomiques, cet état de désobéissance civile fleurira-t-il parmi la jeunesse dans un dernier sursaut de printemps révolutionnaire?

Au contraire des optimistes béats qui pensent que tout sera terminé dans deux ou trois mois et que, dès l'été 2021, le covid ne sera qu'une vieille histoire du passé, nous pouvons aussi imaginer un scénario bien plus sombre avec une planète totalement dépassée et envahie par des variants du virus bien plus dangereux pour toutes les couches de la population et une vaccination trop inefficace pour enrayer la pandémie, voire participante à la dangerosité de nouvelles souches apparaissant sur tous les continents. 

Nous avons le droit d'imaginer le verre à moitié vide plutôt que le verre à moitié plein en ce printemps 2021. Nous avons même le devoir de nous poser les bonnes questions sur notre façon de nous comporter dans la foule, de nous entraider en cas de maladie, de nous partager les richesses alors que certains et certaines en sont réduits à vivre quasi en état de pauvreté par imposition des lois liberticides de l'Etat.

Il serait même temps d'imaginer que notre Civilisation pourrait bien se disloquer, se disséminer de toute part en ZAD, s'essaimer en petits villages de gaulois réfractaires désirant vivre normalement et loin du monde, préférant se séparer du confort matériel et du lien à la Civilisation en créant des zones où le libre-sauvage se vit au quotidien dans des liens humains retrouvés et assumés, sans contrainte sanitaire, sans exclusion sociale, sans interdit de faire la fête et de s'aimer.

Nous ne serions plus alors avec des camps de réfugié-e-s sauvages surgissant en plein Paris mais avec des résident-e-s locaux qui se barricadent dans certains quartiers ou villages pour s'opposer à toute mesure sanitaire contraignante et échappant à la fois à la prolifération des campagnes vaccinales successives et massives imposant son rythme annuel, voir bisannuel, et aux interdits massifs appliqués par la loi et exercés par une police de plus de plus répressive.

Le tableau est certes sinistre. Mais en sommes-nous si loin? La pandémie progresse chaque jour malgré les campagnes vaccinales. Les gens sont de plus en plus à la limite et supportent de moins en moins les mesures contraignantes. A la crise sanitaire vient se greffer la crise sociale porteuse de déviances psychiatriques violentes.

Au lieu d'affirmer que tout sera terminé d'ici cet été et que nous pourrons revivre normalement, il faudrait penser un discours moins unilatéral qui donne aux pouvoirs en place le choix unique de la décision collective. Car si le virus insiste et continue sa progression malgré tous nos efforts, il faudra bien inventer un nouveau chemin pour permettre à toute la population de vivre en société et non, pour une partie de celle-ci, préféré à l'horreur et à l'étouffement, se disséminer en ZAD pour lutter contre les injustices créées, les interdits imposés, le diktat des puissants et la répression policière.

Le fait même qu'aucune discussion n'est en cours pour savoir s'il ne faudrait pas revoir le cas des travailleuses et travailleurs en RHT qui ne touchent que le 80% de leur salaire montre à quel point nos politiciens et politiciennes sont sclérosées et insensibles aux écarts grandissants et pourtant justifiés au nom de lutter collectivement contre le virus mais totalement injustifiable et injuste quant au fait que ce sont toujours les mêmes, les salarié-e-s parmi les plus mal payé-e-s de la société, qui trinquent et subissent la loi du plus grand nombre, les professions pourtant les mieux rémunérées, non atteintes dans leurs ressources financières vitales.

Il serait temps d'y réfléchir avant l'acte de sécession d'une partie de nos populations qui en ont plus que raz-le-bol de sacrifier la totalité de leur existence au profit d'un monde qui s'en fiche royalement et qui ne comprend pas le désespoir de celles et ceux voulant simplement au moins avoir la joie de revivre normalement, même sans confort (la ZAD de la Colline en est un bon exemple) à défaut de gagner normalement leur pain quotidien.

La pauvreté a un prix. Celui de s'exclure de la société et de s'exiler en des lieux plus humains fait d'accueil, de joie, de solidarité, et de fêtes communautaires toutes et tous ensemble.

Les migrants et migrantes m'ont appris cela il y a quelques années. Nous avons largement plus à gagner de nos rapports humains que de nos rapports au fric et à l'Etat une fois que nous nous sentons exclu-e-s de partout et que la police nous traque comme des chiens et des chiennes.

 

 

Spéciale dédicace à mon amour Cristina, loin de mes yeux mais près du coeur, qui fête son 33ème anniversaire aujourd'hui.