13/04/2021

Les terrasses et les terrassé-e-s

Demain, le Conseil fédéral va probablement céder de manière partielle aux exigences de l'économie.

Nous allons très prochainement ouvrir les terrasses de restaurants. Pour le bénéfice de toutes celles et tous ceux qui piaffent d'impatience de prendre l'apéro et manger entre potes ainsi que pour quelques établissements privilégiés qui seront débordés de travail du fait de la distorsion de concurrence.

Parce que oui, si certains pourront ouvrir leurs portes, d'autres continueront de souffrir et à crevoter avec les aides minimales de l'Etat. Je parle ici des employé-es et non des patron-nes dont personne ne sait l'aide réelle accordée entre la Confédération, les aides cantonales, et les bailleurs ainsi que les assurances contractées. Certains patrons, j'en suis absolument certain, s'en tirent fort bien par temps de pandémie alors que d'autres font et feront encore faillite. C'est comme ça. Personne, et surtout pas les employé-e-s, ne peut savoir le montant global de l'aide apporter aux patrons tant cela varie pour chaque cas personnel. Il y a comme qui dirait ceux qui tiennent à rouvrir coûte que coûte leur bistrot pour une question de survie et ceux qui ont reporté leur temps libre, largement indemnisé, sur d'autres activités commerciales. A un indépendant, on ne demande pas de soustraire aux aides reçues ce qu'il va gagner ailleurs grâce à son ou ses restaurants fermés. A un employé recevant le minimum vital, on demandera des comptes si par hasard il réussit à dénicher une autre activité partielle dans un autre domaine. C'est le prix légal demandé aux travailleurs et travailleuses sous le régime des RHT... et les avantages d'un indépendant qui a su diversifier ses sources de revenus tout en touchant de la bonne thune étatique pour l'activité à l'arrêt...

Nous allons donc vers des mois assez difficiles où certains pourront à nouveau travailler et d'autres devront rester à la maison en attendant l'été et un retour au boulot, cela pour autant que la Confédération décide de nouvelles mesures d'assouplissement comme ils disent.

En attendant, on espère que nos patrons pleurnicheurs sauront rester décents à notre retour et qu'ils ne chercheront pas à profiter davantage de la situation pour mettre la pression sur les salaires, le droit aux vacances, et les horaires de travail. Parce que le bal des RHT continuera encore quelques mois au moins si la loi Covid passe, ce qui est souhaitable à certaines conditions, et que nos chers patrons s'en serviront pour jouer la flexibilité à outrance avec nous qui avons déjà vu nos revenus fondre depuis plus d'une année vers le minimum existentiel. Franchement, on n'a pas besoin de cela. Sinon autant se retrouver au vrai chômage pour échapper à ça, cette toute-puissance d'exploitation patronale qui ne dit pas son nom par temps de covid...

 

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