14/04/2021

Baudelaire serait incendié et conspué aujourd'hui

L'affaire dite du "Flowergate" à Fribourg où un lecteur s'adresse de manière directe et assez maladroite aux femmes sortant de l'hiver en s'habillant de manière suggestive, est une forme de terreur publique exercée par certaines jeunes femmes ne supportant plus que des inconnus s'adressent crûment et directement en exposant par écrit leurs fantasmes et leurs désirs envers des corps, et non des personnes, qu'ils croisent dans la rue.

Faut-il se réjouir de cette "saine" réaction féministe, à défaut d'être féminine, alors que nos jeunes n'hésitent pas, entre eux, à se traiter sans arrêt de "fils de pute", de "grosse salope ou de grosse pute" et j'en passe et des moins belles encore? N'y a-t-il pas chez ces jeunes filles en fleur comme une grosse contradiction entre ce langage sexué et ordurier utilisé par filles et garçons dans la cour de récré et à tout bout de champ et le désir de n'être pas regardées comme des "proies sexuelles" ne serait-ce que par les regards licencieux et peu délicat d'hommes plus âgés et en mal de fantaisie amoureuse?

La misogynie est un droit en démocratie au même titre que la détestation des hommes par certaines femmes. La misogynie ce n'est pas encore le viol ni le droit d'exercer son droit de cuissage sur les femmes. C'est juste une façon ni très sympathique ni très élégante de verser son fiel, ses rancoeurs, ses frustrations sexuelles, ses désillusions, son désespoir contre le sexe féminin. Et parfois aussi, des textes affolés d'érotisme par l'ivresse exercée sur eux à travers des jeunes filles en fleur dénudées.

Les femmes ne sont-elles pas aujourd'hui ambigües dans leurs désirs d'attirer le regard des hommes (qui leur conviennent) et en même temps de le refuser (aux autres qui ne les conviennent pas) sitôt que des inconnus, plutôt âgés et pas forcément super canon ("le beau mâle au joli petit cul" ça ne se dit jamais entre vous, les filles? C'est sexiste pourtant.) couchent sur le papier tout ce qui se passent dans leurs petites têtes (celle du bas) quand ils regardent déambuler de belles jeunes filles à demi-nue, le nombril à l'air, les seins bombés bien mis en évidence sous des T-shirts très serrés, des pantalons moulant des fesses qui explosent à la figure du passant, et un visage finement ou grossièrement maquillé qui donnent des envies suggestives aux hommes?

Pour éviter ça, les extrémistes islamiques ont inventé la burqa ou le niqab pour que les hommes n'imaginent pas d'obscènes et lubriques pensées envers des jeunes filles et des femmes mariées. Mais en réalité, cela n'a fait que donner plus de pulsions répressives aux hommes qui se comportent encore plus mal, en maître et seigneur tout-puissants des corps féminins traitant leurs épouses comme des esclaves sexuels et des êtres de second rang tout en évitant ni les viols, ni les débauches sexuelles, ni l'adultère, ni les mariages forcés entre vieux hommes et jeunes filles pubères voir prépubères dans certaines contrées reculées du globe.

Il faut savoir raison garder. Peut-être bien qu'un journal grand public n'est pas le lieu idéal pour déverser ses propres fantasmes libidineux et ses images obscènes. Sur ce point, je peux vous donner partiellement raison, quoique je préfère ça aux annonces criminelles et les guerres que l'on doit subir encore et toujours sur le papier glacé ou pas.

Il y a d'autres lieux, comme un blog, un livre, des cercles de lecture, pour lire et partager certaines choses qui peuvent choquer un certain public. Mais alors, vous pourriez tout aussi dénoncer, et avec plus de force encore,  ces sites de rencontres qui prônent, en première plage d'un grand quotidien orange, l'adultère et le sexe rapide dans toute les positions possibles et imaginables avec des jeunes femmes en fleur. Mais alors, vous pourriez tout aussi bien dénoncer et condamner ces sites pornographiques, regardés parfois par vos petits copains de lycée, qui donnent à voir des scènes d'une violence sexuelle extrême, des partouzes où les femmes ne sont plus que des objets de plaisir et des déversoirs à sperme. Cela ne vous fait pas bondir de vous voir ainsi maltraitées sur un écran et que vos copains, peut-être même votre gentil petit copain pas misogyne du tout et très égalitaire, consulte ce genre de vidéos qui disent exactement l'inverse par l'image?

Il faut savoir se mettre à distance de ce que l'on regarde. Le porno n'est pas la réalité de l'homme ou de la femme. Comme un polar où plein de gens sont truandés et assassinés, et que vous regardez pourtant avec le plus grand intérêt au fil des épisodes, n'est pas la réalité que vous désirez pour votre vie quotidienne ni la réalité des acteurs et des actrices qui tournent des scènes d'une grande violence et que vous adorez peut-être.

Souvenez-vous de la vraie pornographie. De celle de ces bouchers islamistes qui ont fait d'Hollywood et de ses films de truands, leur réalité quotidienne pour modeler le monde à leurs fantasmes religieux et criminels. De celles de ces organisateurs de partouzes pédophiles, de ces bandes de jeunes hommes enlevant une collégienne pour une tournante dans les sous-sols d'un immeuble. Ceci est condamnable. Absolument condamnable. Mais certainement pas des écrits pas bien méchants ni très bien écrits par un homme tout heureux du retour des beaux jours et sentant un air de frivolité parcourir ses états d'âme.

Condamner cet homme et son petit billet, c'est comme vouloir écraser le moucheron inoffensif plutôt que de se prendre au dinosaure qui est en train de vous dévorer et contre lequel vous ne lutteriez pas dans la réalité quotidienne. Le manque de respect dans la rue entre jeunes est un de ces dinosaures inquiétant qui finit par se créer dans la réalité et qui entraîne parfois une jeune fille vers la folie d'une tournante forcée par quelques jeunes hommes qui ne savent plus le respect dû aux femmes.

Le langage de la rue est aujourd'hui bien pire que le pauvre petit billet sans grande qualité littéraire de cet homme mais qui donne pourtant un brin de gaité à notre monde qui s'asphyxie, un monde de plus en plus toxique par les déviances sexuelles qu'il vante directement dans les journaux à travers moult effets publicitaires qui font de la femme un pur objet de consommation.

La ficelle entre vos deux guitares, Mesdemoiselles, est bien tendue. Mais vos esprits devraient se détendre un peu. Cet homme ne vous a ni violé ni insulté. Il a juste jeté sur vous un esprit libertin graveleux qui ne vous veut aucun mal ni aucune agression sexuelle de quelque forme que ce soit. Bien au contraire, il ne voit en vous que des fleurs désirables mais inatteignables pour lui. C'est dommage que vous le preniez si mal et si premier degré et que pour vous cela soit considéré comme une agression grave et punissable envers vos splendeurs physiques.

La manque d'humour et de liberté d'expression crée plus d'agressivité et fini par créer plus de frontières, plus de violence, plus de guerres, plus de viols et de désespérance. Il faut savoir se détendre et accepter les hommages grivois, même maladroits, d'un homme que vous ne connaissez pas et qui ne vous connait pas.

https://www.laliberte.ch/news/aux-jeunes-filles-en-fleurs...

https://www.laliberte.ch/news/editorial/dans-la-tornade-6...

https://www.laliberte.ch/news/regions/canton/des-propos-q...

  https://www.lematin.ch/story/polemique-les-jeunes-filles-...

https://www.linternaute.com/livre/poesie/1293087-baudelai...

 

 

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