04/05/2021

Interdire l'accès aux non-vacciné-e-s est une aberration

Imaginons la visite d'une personne non-vaccinée dans un EMS à l'automne prochain quand tous les volontaires au vaccin auront reçu leur "passeport vert".

Où une autre voulant aller au bistrot sans vaccin et sans test PCR.

Dans les deux cas, la personne se verra sans doute refuser l'accès à son parent en fin de vie ou à son droit naturel de consommer dans un bistrot en totale opposition au respect des règles communes démocratiques qui interdit la différenciation de traitement entre citoyens ou citoyennes.

Dans les deux cas, une très grande souffrance intime et psychologique devra être supportée par la séparation imposée et de très nombreuses incompréhensions interviendront de part et d'autre entre vacciné-e-s et non vacciné-e-s dans toutes les familles du pays. Sans compter les risques de pétage de plomb, de gens s'en prenant physiquement à d'autres personnes, voir à des attentats perpétrés contre des bâtiments produisant les doses vaccinales, par exemple, par un groupuscule d'extrémistes antivax décidé d'en découdre et de faire parler de lui par la violence pour faire triompher les droits à la liberté individuelle...

Dans un pays démocratique, il y a une belle aberration à vouloir pousser la surveillance médicale et le traçage des individus jusqu'au totalitarisme et interdire à une catégorie de personnes certains espaces publics ou hospitaliers.

De fait, nous assisterions à des scènes folles puisque la Confédération se retranche derrière la responsabilité individuelle pour se faire vacciner plutôt que d'imposer la vaccination à toutes et à tous ce qui serait contraire à la liberté des personnes de se faire traiter médicalement comme bon leur semble.

Il pourrait y avoir du personnel médical non-vacciné d'un EMS qui travaillerait au quotidien avec des personnes âgées alors que des enfants non-vaccinés n'auraient pas le droit de visiter leur papa ou leur maman. Cherchez la douleur et l'injustice. Ce n'est pas bien difficile.

Il pourrait y avoir du personnel de la gastronomie qui travaillerait sans être vacciné alors que chaque patron devrait finalement se résoudre à choisir entre licencier pour juste motif un ou une antivax et  voir celle-ci ou celui-ci se retourner en justice contre son patron pour licenciement abusif ou, alors, le patron devrait se résoudre à ouvrir son restaurant à toute la clientèle sans faire aucune différence de traitement entre clientèle vaccinée ou non-vaccinée. Là encore, la non-stratégie juridique de nos autorités fédérales créeraient des situations de grandes injustices qui seraient immanquablement attaquées en justice. Un patron ne peut pas choisir sa propre loi sur de nouveaux critères valables de licenciement. Nous aurions "Chez Alfredo" qui a décidé que son bistrot n'acceptait que les gens en possession d'un vaccin et qui a du se résoudre à licencier son cuistot non-vacciné et "Chez Nino", dans la pizzeria d'en face, qui ouvrirait son bistrot à tout le monde comme avant et qui n'aurait pas eu besoin de licencier son cuistot non-vacciné pour rester cohérent avec sa décision d'entreprise.

Face à une décision de justice du travail, le patron de "Chez Alfredo" devrait certainement des indemnités à son cuistot pour licenciement abusif puisqu'il n'y aurait aucune base légale et juridique pour avoir agi ainsi avec son cuisinier.

On le voit, la Suisse devra prendre des décisions courageuses qui permettront au pays de ne pas suffoquer et souffrir avec des comportements d'apartheid entre citoyens et citoyennes alors même que l'Etat aurait laissé une liberté aberrante et impossible à traduire pour les chefs d'entreprises dans la réalité de nos vies quotidiennes. Pareil concernant les directives d'exclusion des visiteurs ou visiteuses des hôpitaux ou EMS conduisant à des drames personnels et collectifs et des injustices intolérables.

Il est grand temps de mener le débat démocratique sur ce sujet épineux. Juillet c'est dans 2 mois... Septembre c'est dans 4 mois.

 

 

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