05/05/2021

La balance des morts du covid dans l'économie

La région de Madrid vient de virer à droite sous le slogan "Liberté" érigé en maître du combat idéologique par Isabel Diaz Ayuso.

Pablo Iglesias, le leader historique de Podemos, quitte la politique sur cet échec retentissant.

Malgré une région de Madrid plus touchée que le reste de l'Espagne par le Covid-19, la Droite triomphe car elle a toujours exprimé le désir que l'on restreigne au strict minimum les contraintes et les interdictions de travailler. C'est ainsi que les restaurants ont pu travailler presque normalement dans la région madrilène.

Faut-il condamner plus de gens âgés à mourir prématurément du covid en préférant une économie qui fonctionne sans restriction plutôt que de condamner économiquement et sacrifier une partie du peuple parmi la moins rétribuée du pays avec les conséquences terribles que cela peut avoir (perte d'emploi à cause de faillite de l'employeur, mise à la rue pour non paiement de loyer, misère sociale, etc.)?

Les Espagnol-e-s de Madrid ont donné leur verdict. Le manque de solidarité et de considération de cette "gauche révolutionnaire" au pouvoir dans le pays envers des professionnel-les déjà largement sous-payées dans leur métier en voulant faire porter le chapeau, par des interdictions de travailler, de la perte économique  aux catégories laborieuses les plus faibles de la population, a fini par une perte totale de confiance envers les "révolutionnaires" qui savent brandir les idéaux de fraternité mais qui ont abandonné les travailleuses et travailleurs à leur sort malheureux en préférant jouer la carte sanitaire à n'importe quel prix pourvu que l'on ait un minimum de morts de plus de...85 ans.

La Droite, et surtout l'extrême-droite, ont su largement tirer partie du raz-le-bol populaire d'une population qui n'en peut plus de se voir surveillée et humiliée par l'Etat central socialiste incapable de venir correctement en aide aux petites gens et préférant surfer sur des concept fumeux et éculé de solidarité envers nos vieux et nos vieilles.

C'est un avertissement pour toutes les gauches européennes et pour les syndicats qui ne se sont pas spécialement signalés par leur combat dans le cadre d'une justice salariale pour toutes et pour tous.

Rester à la maison n'a pas été un choix pour ces gens-là. Cela a été une obligation afin que le reste de l'économie ne soit pas mis à l'arrêt. Et le reste de l'économie, ce sont souvent des métiers nettement mieux rétribués que les métiers principaux touchés par les interdits, culture, gastronomie, hôtellerie, petit commerce.

En Suisse, les syndicats et la Gauche sont restés muets depuis que le minimum vital a été assuré pour les plus petits salaires touchés par la crise. Celles et ceux qui gagnaient le moins, ont pu toucher 100% d'indemnités RHT. Mais les autres, cela veut dire les métiers qualifiés de la branche de la gastronomie qui font la réputation et la qualité d'un bistrot, ont vu leur salaire mensuel réduit au niveau d'un garçon de plonge ou d'une fille de buffet sans qualification particulière. Pour des professionnel-le-s qui souffrent déjà d'un manque de considération général et de salaires bas de gamme en tant normal, ça la fout franchement mal.

On peut aussi mourir jeune et bien portant d'envies suicidaires quand la société ne vous montre aucun égard, que les médias ne réalisent aucun sujet de fond sur la crise covid des employé-e-s ( je souligne parce que les patron-ne-s ont eu droit à leur lot d'émissions à satiété) de la restauration, et que, pendant ce temps, la Gauche révolutionnaire regarde ailleurs...

Pour toutes ces personnes frappées de plein fouet par les interdictions de travailler va mon entière sympathie. Ce sont avant tout ces personnes, avec celles du monde médical, qui, par leur sacrifice financier, ont permis à la Suisse de limiter la mortalité chez les aînés tout en permettant à l'économie de fonctionner quasi normalement sans lockdown... mais aussi sans eux et sans elles.

A l'heure où les bistrots vont rouvrir très prochainement et que GastroSuisse réclame le recours aux RHT jusqu'en décembre 2021, il serait peut-être bien que les syndicats se bougent enfin pour la gastronomie et réclament une indemnisation à 100% des salaires quelques soit les heures chômées par le personnel qui travaillera 5 jours durant par semaine pour leur entreprise. Les 20% salarial manquant des heures chômées étant pris en charge cette fois-ci par leur employeur... exactement comme pour la Migros ou la Coop...