08/05/2021

La disloquation des particules du désir

Il n'y a plus un seul conte de fée qui tienne debout sur la route féministe.

A chaque histoire écrite par des conteurs du passé, vient désormais se greffer son lot de symbolisme abject, cette culture du viol bien installée qui serait avérée par quelques descriptions monstrueuses et malsaines, ce simple baiser du prince, par exemple, pour sauver Blanche-Neige de la mort serait en réalité un passage forcé à l'acte sexuel dont les petites filles naïves écoutant attentivement la lecture devraient terriblement se méfier et fuir comme la peste ou le choléra.

L'homme, ce gros macho avéré de toujours, ce chasseur sans coeur, ce gros porc sauvage et dégueulasse serait bien l'ennemi de la femme quelques soient les circonstances. Même horriblement romantique, même suicidaire et finalement mort suicidé en se jetant du haut d'un pont des soupirs imaginaire, l'amant transi aurait de toute façon voulu exercer sa pression maximale de mâle et sa toute-puissance amoureuse mais possessive sur la pauvre femme victime soudainement de harcèlement amoureux téléphonique pour un seul message désespéré envoyé par jour... C'est une possibilité juridique. Il faudrait en parler au juge parce que le type n'étant vraiment pas dans son état normal, il devrait avoir des circonstances aténuantes. L'abjection de sa maladie serait bien dans le message dépressif quotidien envoyé à sa belle mais non dans la mutilation amoureuse qu'il subit de force et contre sa volonté. Le suicide romantique comme seule option envisagée, l'homme qui aurait pourtant dû contrôler ses sentiments et ses mots d'amour même si sa situation sentimentale semblait désespérée et sans retour...

Et dire que les femmes en veulent généralement aux hommes pour leur froid cynisme séducteur en les prenant pour de purs objets sexuels...

Chacun et chacune se donnent la peine de culpabiliser celle et celui qui offensera telle ou telle sensibilité, heurtera son fort intérieur, blessera sa "juste" façon de voir les choses. Nos humanités ne sont plus du siècle des Lumières. Elles sont du siècle de l'Enfer ou l'autre devient cet enfer, ce pervers, ce vicieux, ce mauvais penseur, cet obsédé, ce malade, ce désaxé mental et sexuel, ce manipulateur, ce dominateur, vieille résurgence d'un patriarcat où la femme serait encore soumise à l'homme malgré des avancées formidables de la pensée féminine.

Hors la réalité est souvent tout l'inverse. L'homme d'aujourd'hui est bien souvent moderne, ultra-sensible aux causes féministes et à l'égalité entre les sexes. Il vit avec la libération de la parole féminine et souffre avec les victimes d'abus. Il tente de tenir compte des désirs et de la liberté de la femme qu'il chérit, offre des ouvertures dans toutes les direction possibles et imaginables, y compris sexuelles, exécute les volontés de sa princesse élue, lui achète sa villa, sa voiture de luxe, lui offre de beaux voyages ou alors un compte en banque si celle-ci n'en a pas encore un de suffisamment protecteur. Et s'il n'a rien de tout ça, il fait avec les moyens du bord, il donne tout ce qu'il a quand même jusqu'à sacrifier ses propres désirs. Souvent, les hommes modernes tombent dans le piège et culpabilisent à mort de l'image du gros porc que certaines femmes d'aujourd'hui lui renvoient. Ils s'emballent vite, deviennent trop amoureux, n'imaginent plus que de partager l'existence avec celle qui leur assure le rêve romantique parfait, l'amour, la paix, la sécurité sentimentale et le cocon d'un moment amoureux exceptionnel...

Le tableau est trop beau? Oui, bien sûr qu'il est trop idéaliste pour être vrai. L'homme reste un immonde porc enfermé dans les schémas mortifères des ultra-féministes. Dans la réalité, il ne serait que cette sale bestiole cherchant à acheter la femme, "sa salope", en la manipulant, et voulant la posséder que pour lui... L'homme, selon cette pensée féministe magique et satanique, lui offrirait alors tous ses désirs par pur intérêt égoïste de la tenir sous son joug, la dominer, et la jeter dans sa prison dorée. Rien ne serait naturel chez l'homme sauf son obsession pour la bagatelle. Tout serait savamment calculé et enrobé sous un écoeurant romantisme de façade.

Sinistre définition de l'homme. Sinistre vision de l'homme romantique fou amoureux qui voit alors son amour peu à peu se libérer de l'emprise amoureuse grâce à la simple nature, trois ans au maximum disent les spécialistes de l'ocytocine, de la dopamine ou autre sérotonine, l'ennui amélioré remplaçant ensuite la passion amoureuse et donnant au désir féminin la joie de connaître d'autres horizons masculins pour se sentir libre et affranchie de ce pauvre amoureux romantique qui ne l'intéresse plus guère que pour obtenir encore des faveurs financières et des avantages en tous genres...sauf sexuels. Mais l'homme est un sale porc, paraît-il, un sale porc obsédé par sa queue et son égoïsme.

Sauf que pour s'envoyer au septième ciel, sauf que dans le sexe partagé, on est toujours deux pour se donner jouissance et volupté...et que même après trois ans, et avec pas mal d'imagination et de désir pour ne pas blesser l'homme amoureux, la femme peut encore agir et accomplir des prodiges d'amour et de volupté même si sa chimie interne lui dicte le contraire et lui font penser que l'herbe sera finalement bien plus verte ailleurs...

L'homme n'est pas pire que la femme. Il est juste un homme et elle est juste une femme. Le conte de fée romantique se casse la gueule quand le moteur est cassé et que l'aventure ne peut plus continuer. Il est possible que beaucoup de femmes soient responsables de la casse du moteur mais qu'elles en font le reproche exclusif à l'homme, cet être abominable, égoïste et tellement obsédé par sa bite qu'il n'aurait pas pris soin d'entretenir correctement la flamme amoureuse.

J'ai des doutes. Je crois plutôt que l'homme d'aujourd'hui fait énormément d'efforts de communication et de compréhension avec son amour mais qu'au final certaines femmes préfèrent largement chérir leur liberté acquise qu'à essayer de réparer le moteur une fois qu'il a flanché et que la passion a dépassé les trois ans d'âge fatidiques.

Comme le climat, l'être humain semble être déréglé, pris dans la tourmente des divisions et des haines. Plus rien de très sympa ne se lit et ne se vit quotidiennement ni dans les journaux ni dans nos propres vies. Tout se transforme en offense, hargne, et division.

Je rêve toujours de luxe, calme, et volupté mais la princesse s'est envolée et semble à jamais partie ailleurs vers de nouvelles conquêtes. Le vieux mâle est obsolète. Il devrait se regarder dans le miroir. Il y verrait grave le vieux sorcier voulant la mort de la princesse ramenée à la vie par son nouveau prince charmant. Ultime cauchemar grotesque avant sa propre mort. Il ne serait pas, dans la réalité, le prince des poètes romantiques qui s'est sacrifié pour le bonheur de sa Belle.

Selon l'évangile révisionniste des ultra-féministes, il aurait été ce vieux porc typique et libidineux qui aurait séduit une jeune femme prostituée au bordel avec son pauvre fric de vieux blanc colonialiste et dominateur.

Maman, ton fils ne sait plus à quelle sainte se vouer. C'est comme si le bonheur d'aimer n'était qu'une illusion provisoire dont il faut se défaire à jamais pour éviter toute blessure mortelle et toute attaque d'un féminisme offensé et coupeur de têtes.

 

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