01/07/2021

Le recours aux RHT est-il encore admissible?

Donne aux patrons ce qu'ils demandent et refuse aux employé-e-s le droit de toucher leur salaire complet.

Voilà la ligne actuelle du Conseil fédéral qui, sous le désir d'aider encore et encore les "indépendant-e-s (SIC) ne veut rien voir des abus scandaleux qui se propagent et sévissent dans le secteur de la gastronomie.

Premièrement, la météo du jour, qui est en principe un risque assumé par le restaurateur du moment qu'il a décidé de tenir un établissement avec ou sans terrasse, est désormais un risque pleinement assumé par l'Etat, c'est-à-dire par les citoyens et citoyennes, qui donne moyen d'optimiser actuellement les revenus des patrons tout en pénalisant gravement le salaire des employé-e-s soumis à un horaire variable au gré du désir patronal et de ses intérêts financiers.

Deuxièmement, l'employé-e-, déjà gravement atteint économiquement depuis le mois de mars 2020, ne peut rien dire ni rien faire contre les pratiques détestables de son patron. Il ne peut que constater les bizarreries de sa fiche de paie où il devient nécessaire d'avoir recours à un expert comptable pour y comprendre quelque chose et surtout pour ne pas se faire rouler dans la farine par son patron à travers le décompte des heures RHT comptabilisées et les heures de travail réellement réalisées. Il semble que l'employé-e serait parfois plus en chômage technique qu'à son poste  de travail alors que la réalité est tout autre...

Enfin, grâce aux plexiglas et à l'agrandissement des terrasses généreusement accordées par l'Etat, la plupart des restaurateurs n'ont plus qu'exceptionnellement une partie de leur chiffre d'affaire réduit à cause de la règle du 1.50 mètre entre les tables. Il faut quand même être particulièrement stupide pour croire qu'un patron perd beaucoup d'argent actuellement à cause de cette mesure covid. Un bistrot est très rarement occupé à 100% toute la journée sauf pour les plus courus d'entre eux...et ils sont rares. Donc avec une jauge à 80%-90% des places habituellement disponibles (ce qui est le cas d'une majorité de bistrots), un patron ne doit actuellement que très rarement refuser des personnes qu'il aurait pu recevoir dans le cas d'une autorisation à 100% des places disponibles.

Le recours actuel aux RHT est un scandale et une faveur faite aux patrons en défaveur des employé-e-s de la gastronomie. Le cirque continue. Et la détestation de ces métiers de la restauration grandit parmi les gens qui ont été formés dans ce domaine pour recevoir des peanuts comme salaire et déclarés aux chômage technique alors qu'ils doivent faire plus encore dans un travail d'horaire prétendument réduit. Où comment presser le citron et l'orange en même temps pour faire des employé-e-s de la restauration des quasi mendiants de l'Etat tandis que les patrons s'enrichissent sur le dos de l'Etat.

Attention les aveugles qui ne voulez rien voir. Il pourrait y avoir des révolté-e-s qui décident un jour de préférer l'aide sociale au travail et de faire exploser les statistiques des gens qui y ont recours. C'est juste un avertissement bienveillant à nos autorités si peu vigilantes envers les droits bafoués des travailleurs et des travailleuses de la restauration...