29/07/2021

Le drame caché de Camille Claudel

Elle n'en parle jamais dans ses écrits légués à la postérité.

Soit, s'ils ont existé, ils ont été détruit par Camille Claudel elle-même, soit par sa famille.

Ses écrits maudits qui n'existent pas, ce sont ceux de ses deux enfants conçus avec Auguste Rodin, placés semblent-ils dans des familles d'accueil et dont la trace a disparu à jamais pour la descendance. Ses écrits maudits qui n'existent pas, ce sont les deux avortements minimum qu'elle a subi soit parce qu'elle ne désirait pas être mère soit parce que Auguste Rodin l'aurait forcée à avorter puisque ne voulant définitivement pas de Camille Claudel comme épouse.

Comment une artiste aussi sensible que Camille Claudel peut rester muette sur ce sujet aussi intime et bouleversant. La honte? La relégation? Le rejet de la légitimité par Auguste Rodin lui-même? L'abandon définitif de ses deux enfants qui ne savent peut-être même pas le nom de leur vraie mère et qui ne viendront jamais lui rendre visite à l'asile d'aliénés?

Pourquoi tant de silence médiatique autour de ce volet tragique de la vie de Camille Claudel qui a pu l'affecter plus qu'on ne le pense dans sa création artistique et dans la dégradation de sa santé mentale?

Brique après brique, on constate combien la désolation, l'abandon, le rejet, la réprobation de sa famille et de ses proches ont affecté l'artiste laissée seule responsable de ses grossesses, de ses avortements successifs, et de ses abandons d'enfants, peut-être bien forcés par le maître incontesté de la sculpture française de l'époque.

Elle le résume pourtant si bien dans une phrase:

" Les ovations de cet homme célèbre (Rodin ndlr) m'ont coûté les yeux de la tête , et, pour moi, rien de rien ! "

dans https://information.tv5monde.com/terriennes/camille-claud...

Les yeux de la tête, c'est le cas de le dire. Pas étonnant alors qu'elle accuse Rodin d'empoisonneur. Son cerveau est contaminé par un mal irréparable dont Rodin est un des principaux protagoniste et propagateur. 

Il faudra encore chercher du côté de ces maternités refusées pour autant que l'on retrouve d'autres traces documentaires.

Quoiqu'il en soit, Camille Claudel a été laissée seule face à elle-même dans des souffrances atroces. Elle est morte de malnutrition, affamée, sans doute diffamée et délaissée par toute sa famille qui n'avait plus envie de la revoir vivre au grand jour comme au temps de sa splendeur de jadis. Sa propre mère ne lui donnera même pas son choix du couvent plutôt que de l'asile de fous. Sans doute trop scandalisée par la vie de sa fille qui ne mériterait même pas le secours de Dieu mais mériterait son sort de folle prise par le diable... 

C'est ainsi, dans cet abandon et cette misère mentale, sociale, et familiale, que disparut une des plus grandes créatrice avant-gardiste de la fin du XIXème siècle. Elle était entrée à l'asile de folles à l'aube de la première guerre mondiale. Elle mourra en pleine seconde guerre mondiale. Entre les deux cataclysmes, Camille Claudel dut subir son propre cataclysme par la faute de la société, de son traître d'amant, et de sa famille.

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Entre les barreaux de sa prison, Claudel, Madame Camille Claudel