31/08/2022

L'épuisement de la guerre par le refus de la guerre

WAR 8.000 KM

Les Pussy Riot n'étaient pas nées quand un certain Cassius Clay, qui deviendra Mohammed Ali, décide, le 28 avril 1967, de refuser la conscription et d'aller combattre au Vietnam. Plus de 9.400 soldats américains sont morts cette année-là pour une cause injuste, l'invasion et la destruction d'un pays à 8.000km de chez soi.

Le 4 avril 1967, Martin Luther King dénonce l'Amérique comme étant l'agent de la violence le plus grand dans le monde. L'Amérique démocratique se pose alors les bonnes questions et le refus de la violence par la population commence à remporter la mise dans les médias. Les manifestations anti-guerres sont de plus en plus nombreuses. Les artistes adeptes de la non-violence active créent l'union populaire autour d'eux. Martin Luther King dénonce sans cesse en proclamant que l'Amérique occupe illégalement le Vietnam à l'instar d'une colonie.

Aujourd'hui, c'est l'indifférence qui règne partout au sujet de la guerre en Ukraine. Les Pussy Riot sont arrêtées à Berne et menottées pour avoir tagué des murs avec une inscription "WAR KM". Pas même le temps de noter le nombre de kilomètres qui sépare Berne, la capitale helvétique, de Kyiv la capitale ukrainienne en guerre contre l'invasion russe de Poutine. Les Suisses et Suissesses semblent peu concerné-e-s par ce groupe de rock russe qui s'oppose depuis si longtemps à la politique agressive du maître du Kremlin.

La Suisse regarde ailleurs. Sur le prix de l'essence, du mazout, du gaz et de leur pénurie probable cet hiver. On ne descend pas dans la rue pour dire merde à la guerre mais pour dire merde à la vie chère, à l'inflation, à l'incompétence affirmée des politicien-ne-s qui ont repris les sanctions européennes contre la Russie faisant de notre neutralité une neutralité de façade. Pourtant, le vrai danger ce ne sont pas les pénuries et les sacrifices demandés à la population pour soutenir l'Ukraine. Le vrai danger, c'est la guerre. C'est elle qui peut nous entraîner vers un clash civilisationnel voir vers la disparition de l'Humanité.

Pourquoi cette apathie généralisée partout dans le monde? Cette indifférence populaire face au conflit ignoble qui secoue l'Europe en ce moment montre que nous sommes devenu-e-s quasi des moutons prêts au massacre orchestré par les puissants de cette planète. Poutine a entamé une guerre injuste? Que nos politiciens se débrouillent pour régler l'affaire. Nous, le peuple, on proteste pour le prix de l'essence, du gaz, et de l'électricité, devenu stratosphérique. Nous, le peuple, on proteste contre la vie chère, les restrictions de courant et les températures basses dans les maisons durant l'hiver prochain pour économiser l'énergie...

Quel combat! Et pendant ce temps, une centrale nucléaire risque de contaminer l'Europe entière faute à la guerre. 10 millions de réfugié-e-s ukrainien-ne-s sont sur les routes de l'exil. Des dizaines, voir des centaines de milliers de morts, civils et militaires confondus. Des villes et villages détruits, des infrastructures fracassées et la misère sociale pour des millions de gens.

Notre capacité de résistance à la guerre est quasi nulle. Même les Pussy Riot ne parviennent pas à nous sortir de notre léthargie. C'est comme si nous étions impuissant-e-s face à cette guerre qui est à nos portes.

Pourtant, les opposant-e-s à Vladimir Poutine qui vivent en Russie ont besoin de notre soutien, de nos manifs, de nos collectifs d'artistes soutenant leur cause, celle qui verra Poutine privé de soldats pour faire la guerre. Car là-bas, en Russie, la grande majorité de la jeunesse ne veut pas de cette guerre injustifiable et absurde. Ils ne veulent pas se battre et mourir sur le champ de bataille pour les lubies d'un tyran obsédé par l'invasion culturelle de l'Occident.

Il serait temps de le comprendre. Notre force d'Européen-ne ce ne sont pas les sanctions et les privations de visa pour les Russes qui les isoleront encore davantage dans le bunker poutinien faisant de la Russie une prison à ciel ouvert. Notre force, c'est la lutte anti-guerre par la non-violence. Tous les canons et les chars envoyés en Ukraine ne feront pas cesser la guerre mais l'augmenteront encore avec son cortège d'horreurs et de risques d'un conflit nucléaire généralisé.

Le pouvoir du peuple, c'est la culture de la non-violence, la résistance par les manifestations dans la rue, l'union sacrée des artistes en faveur de la fin de la guerre en Ukraine. C'est cela notre mobilisation générale en Europe. Et rien d'autre.

Alors il serait vraiment temps de se réveiller et de sortir de notre léthargie. Notre indifférence, combien de kilomètres de lâcheté et de petitesse morale?

Merci aux Pussy Riot de mettre les points sur les i de leur combat vital pour la paix en Europe et dans le monde. Et merci aux artistes qui comprendront ce combat et mettront la machine en ordre de marche durant cet automne. Le reste du monde nous regarde et a pris trop souvent parti en faveur de la Russie de Poutine. Il est temps de lui montrer que nous aussi, Européen-ne-s, avons des valeurs morales supérieures, que la démocratie ne compte pas pour beurre, que nous avons d'autres idéaux que l'argent à n'importe quel prix et la domination sur les peuples de la planète. Nous avons besoin de Martin Luther King européens et la Russie a besoin de boxeurs comme Cassius Clay ou comme Vitali Klitschko qui mettent k.o tout recours à la guerre, pour gagner sur un combat absurde et qui n'a pas sa raison d'être, en refusant de servir dans l'armée de Vladimir Poutine.

 

 

30/08/2022

Ce marché libre qui pourrit nos vies

Les théoriciens de l'ultralibéralisme l'ont toujours affirmé. Moins l'Etat est visible plus l'être humain sera libre et heureux. Ils oubliaient de dire que cela concernait avant tout une toute petite minorité d'entre nous.

Nos sociétés se sont enfoncées avec ces gourous qui savaient manier si bien le verbe et faire miroiter des profits incommensurables au genre humain. Sauf qu'ils mentaient sans vergogne et que les sociétés humaines, évidemment désireuses de se débarrasser des taxes et des impôts, n'ont pas voulu comprendre que, si tu laisses la jungle se développer et devenir force de loi dans tous les domaines, les petits seront encore plus perdants et les gros seront toujours plus gagnants.

Et quand tout va soi-disant mal pour eux, les gros poissons savent qu'ils sont devenus "too big to fail" et qu'ils peuvent venir pleurer vers maman Etat (donc le citoyen et la citoyenne ordinaires qui remplissent les paniers de l'Etat avec les taxes et les impôts) pour obtenir des subventions afin de renflouer les pertes subies à cause du marché libre. Mais les bénéfices, ça, ils ne partageront jamais avec la populace. Il faut socialiser les pertes et privatiser les profits. Tel est leur credo unique. Voilà, toute honte bue, la vraie pratique des gourous de l'ultra-libéralisme qui nous ont tellement menti et abusé sur ce qu'est la liberté dans une société dite démocratique et fière de l'être.

La liberté ne sera jamais la loi de la jungle qui crée des clans mafieux, des cartels, une minorité d'ultra-riches tirant toutes les ficelles des pouvoirs politiques, judiciaires, voir médiatiques. La liberté ce n'est pas marche et crève pour une grosse partie du peuple tandis qu'une minorité se roule dans l'opulence la plus indécente qui soit et qu'une autre partie en profite partiellement grâce à de bons salaires. Ne plus rien brider par les lois autorise à toutes les dérives. Les milieux culturels et sportifs sont également atteints par cette gangrène de l'argent roi, de l'argent fou. Là où nos stars de jadis gagnaient très bien leur vie, mais à des niveaux encore décents pour la conscience démocratique de l'ouvrier et de la couturière qui n'y voyaient rien à redire dans une société de type libérale qui sait reconnaître les mérites des meilleurs d'entre nous, elles sont devenues aujourd'hui et trop souvent objets de haines populistes et de convoitises, de contre-modèle de société démocratique, de rejet radical au sein même des milieux paupérisés et marginalisés. L'amour du peuple pour les stars existe encore mais il est salement entaché par leur richesse absolument scandaleuse alors que beaucoup de gens triment avec deux ou trois métiers différents et s'en sortent à peine.

Tant que nous ne sortirons pas des schémas ultra-libéraux que nous nous sommes imposés de façon quasi masochiste par votations successives, nos démocraties péricliteront et les autocraties prendront peu à peu le relais un peu partout. Ce qui arrangera une fois de plus les plus riches et les plus corrompus d'entre nous. La dictature est amie inséparable de l'aristocratie et de la noblesse. Le retour et le recours aux rois et aux empereurs nous guettent. Il serait temps que le peuple s'en rende vraiment compte s'il veut garder et développer ses libertés démocratiques et ses droits humains. Il y a péril en la demeure démocratique.

A lire ici, les dangers du libre marché de l'électricité:

https://www.lematin.ch/story/electricite-la-lecon-amere-d...

 

 

29/08/2022

Les guerres de religion reviennent au galop

Signe de la dictature, les dérives sectaires sont en train de prendre une extension de grande ampleur partout dans le monde.

Du Brésil, en passant par l'Amérique du Nord, à l'Europe, la Serbie, la Russie, la Turquie, les pouvoirs renforcent leurs références à Dieu et la foi crispée, dogmatique, liberticide se renforce parmi des populations déboussolées et inquiètes par les nombreux problèmes qui touchent les sociétés, à commencer par les catastrophes climatiques qui s'enchaînent les unes derrières les autres.

Il est plus simple de s'enchaîner que de de voler de ses propres ailes. Croire à l'intérieur d'un culte commun à toutes et tous renforce l'esprit de cohésion d'une société et ces croyances fidèles à un dogme permettent de désigner un ennemi commun à la société: les gens libres qui vivent et réfléchissent par eux-mêmes, les personnes qui doutent et refusent tout gourou, tout chef spirituel, tout guide leur imposant la Loi. Généralement, les premiers visés par la vindicte populaire, ce sont les artistes, les écrivains, les journalistes, et les marginaux, ces personnes qui refusent la simplicité du dogme et préfèrent la complexité de la pensée et des comportements humains. La liberté d'expression en est la première victime et avec elle viennent les procès en sorcellerie et en satanisme, les arrestations pour mise en danger de la vie en société et dissémination d'idées perverses, anti-religieuses, diaboliques, et contre Dieu.

Ce retour aux dogmes et aux traditions ancestrales des religions entraînent déjà des guerres de religion qui ne disent pas encore leur nom. Poutine est parti en guerre soi-disant pour contenir l'OTAN mais derrière ce prétexte se cache la sainte église orthodoxe qui tente de réimposer sa loi divine aux populations russophones. Dans beaucoup de pays du monde, et parmi les plus grands, l'Etat semble vouloir passer de laïque à religieux à travers des présidents qui voudraient imposer des lois liberticides avec des références directes à la religion. La société libérale semble se diriger vers une impasse. Les populations se sentent de plus en plus agressées par la mixité culturelle et les idées venues d'ailleurs. Alors chacun semble vouloir se refermer chez soi et renforcer les croyances d'antan pour refonder des sociétés axées autour de l'autorité religieuse.

Signe des temps, la crispation religieuse va entraîner guerres civiles et guerres internationales. Des esprits dogmatiques sont beaucoup plus aptes au fanatisme et à la violence en plus d'être des esprits étroits élevés dans la culture unique et la croyance béate. L'avenir de nos sociétés est de plus en plus sombre. Et à l'image de la crise énergétique, il semble qu'à l'avenir la lumière sera de moins en moins présente dans les chaumières de nos populations de plus en plus attirées par des gourous de l'apocalypse ramenant la catastrophe planétaire à nos péchés et exigeant le retour à la vraie religion qu'elle soit biblique, coranique, judaïque, ou toute autre.

Nous sommes mal pris et les esprits libres peuvent se faire encore et toujours du soucis dans ce monde qui se rétrécit comme peau de chagrin.

 

27/08/2022

Everything goes to hell

J'aimerais croire

que le voyage vers Absurdie

ne viendra pas nous abasourdir

et nous éclater la gueule

une bonne fois pour toute.

 

L'humanité part en sucette.

Je lis des trucs hallucinants,

j'entends des choses affolantes

mais je fais semblant de croire

que les femmes et les hommes

vivent sur la même planète que moi

et qu'ils rêvent et aspirent

à plus de beauté et de partage

au sein même de l'humanité plurielle.

 

"L'amour part en sucette,

surtout l'amour tantrique part en sucette

et ce n'est pas Suzie la douce

qui me la suce tout en tendresse

qui me dira le contraire."

 

Je vois les réactions réactionnaires

à la simple lecture

de cette petite provocation

qui serait jetée en pâture

sur un des méga réseaux asociaux.

Ah le grand paradoxe de notre temps tout de même!

 

"Machiste, sexiste, vulgaire,

tu insultes la femme

avec tes obsessions sexuelles.

Va te faire foutre, connard!"

 

Et le tweet serait signé virtuellement

par une certaine "Suzie"

en réponse à ma petite audace salace.

 

Remarquez.

J'ai essayé d'éviter

les traditionnelles fautes d'orthographe

qui accompagnent généralement

ce genre de littérature expéditive

pour ne pas enlaidir davantage

la chose me concernant brutalement.

 

Madame Suzie la furie

préfère-t-elle peut-être clairement la guerre,

la haine, la violence, la terreur,

les braves hommes forts et virils

qui ne parlent jamais de sexe,

d'extases, ou de kamasutra,

mais envoient leurs troupes

se faire écarteler et démembrer

sur les champs de bataille

pour conquérir des territoires

et des femmes par la force?

 

Madame la furie

ne voudrait plus que des hommes,

mais aussi des femmes,

vivent en poètes licencieux,

libres, émancipé-e-s,

passionné-e-s par les corps féminins ou/et masculins,

obsédé-e-s d'érotisme et de beauté?

 

Madame la furie

préfère sans doute des zombies bien formatés,

des zizis bien calibrés

qui suivent en aveugles les sirènes du fascisme,

les ordres de marche militaires,

des bien comme il faut héroïques

qui n'écrivent jamais de salacités

mais coincent leurs zobs de gros dégueulasses

entre les cuisses de leurs femmes bien consentantes

à leur théorie brune écoeurante et foireuse?

 

J'ai pas salon littéraire aujourd'hui.

J'ai pas d'ami-e-s salonnards

qui s'expriment haut et fort

sur les plateaux TV

pour doper leur célébrité

et la vente de leurs bouquins.

J'ai pas mon mot à dire

dans leurs digressions savantes

qui sortent très largement

du champ de mes compétences.

La guerre au nom de la géopolitique,

des pouvoirs, et des théoriciens d'idéologie,

j'ai de la peine avec ça.

Cela crée des génocides pour rien,

des horreurs indescriptibles pour rien.

 

Je ne suis qu'un gibier de potence

qui excitent les foules nauséeuses

prises dans les miasmes de leur vérité chérie,

non contradictoire et non révocable.

Je ne suis qu'un cerf solitaire

perché en haut de la montagne

qui fait claironner son brame

pour son grand amour macadam.

 

Au bonheur des dames,

je fuis donc dans la jungle érotique

pour oublier leur théorie théocratique,

leur fanatisme diabolique,

et leur fascisme autocratique.

 

Merci l'ami M.

Très heureux d'avoir partagé

ce moment tranquille en terrasse avec toi.

Les terroristes ne pourront jamais terrasser

les artistes et les troupes de théâtre.

Nous sommes trop vivant-e-s pour eux

et nous bougeons constamment

comme des vampires dans la nuit.

 

26/08/2022

Return to the devil

Toi, la dictature, ma fêlure,

tu ne trouveras plus le trou de ma serrure.

Je t'ai quittée pour toujours,

plus jamais abandonnée à ta violence,

j'ai jeté ta clef de sang au fond du puits,

toi qui me prenais pour ton paillasson,

toi l'abonnée au pouvoir par la force,

toi l'abusive oppression sur mon coeur,

toi le règne de la mort pour mon âme.

 

Toi, la dictature, ma blessure,

tu veux mener le bal des barbares,

le saccage des corps et la prise de possession,

à jamais reproduire les guerres

et les haines incessantes,

les cris et les pleurs,

les coups et les blessures,

les horreurs et les crimes.

 

Toi la dictature, tu as dicté ma vie,

et j'étais soumise à ma propre addiction

à travers tes mots menteurs,

tes séductions perverses sous condition,

tes désirs maladifs de pureté exclusive,

d'exclusion perpétuelle de ma liberté,

de mon émancipation de toi.

 

Alors voilà.

La dictature, très peu pour moi.

Alors voilà.

Mes valeurs sont multidimensionnelles

et mes émotions affectives non exclusives.

Alors voilà.

Tu ne me possèdes plus.

Tu ne m'obsèdes plus.

Tu ne me diriges plus.

Tu ne m'oppresses plus.

Tu ne me commandes plus.

Tu ne m'impressionnes plus.

Tu ne me violentes plus.

Tu ne me contrôles plus.

Tu ne m'enfermes plus.

Tu ne me détruis plus.

Tu ne m'assassines plus.

 

Libre dans un pays libre.

Libre dans un amour libre.

Libre pour toujours

loin de ta fêlure, toi la fatale dictature

qui gouverne ce monde obscur.