19/05/2010

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (15)

 

Abbas Kiarostami, Juliette Binoche, Nastassja Kinski, Raja Amari. Quatre grands noms du cinéma. Quatre personnalités pour s'imprégner de nos changements, de nos vie multiples et complexes, de nos paradoxes et contradictions, de notre liberté ou de notre dictature intime.

Kiarostami dit quelque chose d'essentiel et de très beau: « La vérité n'est pas le contraire du mensonge. La vérité, c'est la découverte de l'inconnu ».

La plupart d'entre nous s'arrêtent en route. Un jour, ils ont décidé que leur maison était construite, que leurs idées étaient la vérité. Leur tente bâtie, finie l'ouverture. Petit Kadhafi en puissance, ce jour-là ils n'offrent plus d'ouverture à leur monde. Ils se barricadent derrière leur voile de certitude.

Nous avons tous envie, dans l'intention de nos existences, de fixer une fois pour toute la règle du jeu, de notre jeu, afin d'éviter d'être déstabilisé par l'Autre, celui qui pense autrement ou qui vient d'une culture qui nous est étrangère. Cette peur de l'inconnu nous renvoie à notre propre dictature psychologique. Cette peur de la rencontre nous pousse à ignorer l'Autre, à ne pas aller à la rencontre de sa différence, et aussi de son humanité pleine et respectable.

De grands philosophes éliminent ainsi de leur champ de vision des citoyens qui viennent d'Ailleurs, qui jouent ailleurs sur des terrains de jeu moins intellectualisés mais tout aussi vivants et grouillants d'idées. Ils se limitent à l'espace de leur coterie, voulant absolument se donner raison pour ne pas avoir tort devant des sentiments sortis tout droit d'un vécu autre, d'une sensibilité autre. Ainsi le monde reste sur ses préjugés et ses croyances. Ainsi le monde se haït au lieu de s'aimer.

Aller vers l'Autre n'est pas rentrer dans la règle du jeu de l'Autre. Aller vers l'Autre, c'est recréé les conditions d'un jeu nouveau pour faire avancer une cause qui paraît variable et instable selon les opinions et le ressenti de chacun. La pensée humaine ne sera jamais ordonnée et régie par les mêmes règles qui existent sur tous les terrains de foot du monde. La pensée sera toujours arbitrée par l'éphémère vision d'une vérité qui se modifie au cours du temps. L'affaire Polanski le démontre d'une éclatante manière. Nous sommes perméables et imaginatifs; sensibles et insensibles; aimable un jour et détestable un autre; gitan de l'amour une fois et tyran de l'amour une autre fois. Celle ou celui qui se définit une fois pour toute est mort à l'évolution et crée les conditions à ses propres barricades.

Pour terminer, deux extraits de film pour illustrer l'enfermement et la liberté. Un ancien « Harem » et un nouveau, « Les Secrets », film de Raja Amari. Et nous terminerons en chanson... je vous laisse la surprise de la découverte...

Si j'avais été cinéaste, si la petite graine avait eu la chance de germer, j'aurais tourné « Burqa » pour cette édition de Cannes 2010. Mais pas de cette burqa trop voyante qui frappe l'opinion européenne et qui se vautre dans nos journaux. Non. De la burqa intime que nous portons tous à un moment ou à un autre...

 

 

 

 

 

15:12 Publié dans Zahia Dahar | Lien permanent | Commentaires (2) |

18/05/2010

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (14)

Ce matin, pour Jean-Luc Godard et en souvenir d'une fille que j'ai adorée et qui m'a adoré autant qu'on a pu se haïr par moment; d'un certain mépris affiché pour la pauvreté, de son côté, d'un certain mépris affiché pour la richesse de mon côté, je ne vous passe pas la vidéo de son dernier « Socialisme » mais une scène délicieuse et ironique tournée pour le film « VIDEO VAGON » réalisé par TOMA BAQUENI tourné en Moldavie en 2007. Du grand cinéma d'aujourd'hui pour une scène aussi courte que magique qui affronte le socialisme à sa manière...

P.S. Il n'y a pas 50 valises et une pléthore de chiens photographes autour de la Belle qui ne s'appelle heureusement pas Paris Hilton. La scène est aussi dépouillée qu'une rencontre entre une blonde et un type grec qui n'a pas de problème d'argent avec sa copine, pouvant ainsi continuer à jouer au chat et à la souris avec elle sur la plage en la faisant rêver et mourir de plaisir... Mihaela, pour toi j'aurais fait ça et plus encore si le mépris pour ma condition ne t'avait pas finalement fait fuir vers un ciel moins pauvre en dollars... Restera toujours nos souvenirs et nos valises sous les yeux...

 

07:03 Publié dans Zahia Dahar | Lien permanent | Commentaires (0) |

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (13)

"Biutiful", le film de Alejandro Gonzales Inarritu sera probablement un des films primés lors de cette édition 2010 du festival de Cannes.

Le cinéaste ne dit pas grand chose sur son film. Mais quelques phrases fortes ressortent comme « même manger un sandwich était intense, tout était intense et même dangereux. Je prenais soin d'eux (les acteurs, ndlr) et de leur donner confiance était mon rôle. Je suis obsédé par l'excellence ». « Je fais du cinéma pour des gens qui m'intéressent. Barcelone est une ville qui m'intéresse mais un autre aspect m'interpelle. Le mélange des populations et cette société des petites gens qui vivent en perpétuel état d'urgence. Le monde bourgeois est ennuyeux. Tout était très intense, moi-même j'étais très intense. On riait de temps en temps mais quand on a le privilège de rencontrer des petites gens et de rencontrer quelque chose de plus grand que nous, nous nous devons de le transmettre en médium au gens qui iront voir ce film ».

Un avant-goût qui donne très envie d'aller à la rencontre de ce film sans doute très fort.

A part ça, Jean-Luc Godard rime très bien avec Zahia Dehar. Et je vous dis que si Jean-Luc a posé un lapin à Cannes, c'est qu'il avait rendez-vous avec la belle, d'où son énigmatique mot adressé aux festivaliers. C'est mon Grand Buzz qui me le dit:

« J'ai rencontré un problème de type grec, j'irai jusqu'à la mort mais pas un pas de plus »

Zahia la Grecque du Zaman Bar lui aurait promis de lui apprendre à danser le sirtaki après l'échec du téléphérique Bleu. Conquis, Jean-Luc serait à Paris pour apprendre et mettre en route son prochain film avec Zahia Dehar dans le rôle de la petite comploteuse de réseau. Le titre du film: « Telephon nique mobile Home »

Pour l'occasion, et pour fuir la presse et les gens, Zahia s'est transformée en brune. Nous avons pu dérober une pellicule à Jean-Luc et vous présentez le fond d'écran du générique de son film révolutionnaire ainsi que la chanson retenue, un remix de Jean-Jacques Goldman. On comprend pourquoi Jean-Luc a dit qu'il irait jusqu'à la mort mais pas un pas de plus...

 

BONNE NUIT ET BEAUX RÊVES A TOUS !

EN ATTENDANT "ET ZAHIA CREA JEAN-LUC GODARD"

00:15 Publié dans Zahia Dahar | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/05/2010

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (12)

Charlotte Lewis est une autre Zahia Dehar! Ahurissant et pourtant vrai!... Mais pas si étrange que ça. Charlotte a eu un parcours similaire à Zahia. Prostitution dès l'âge de 14 ans avec des gens connus, voyages au Moyen-Orient!

En plus, elle voulait devenir la maîtresse de Roman Polanski. Ce qui est bel et bien arrivé dès l'âge de 17 ans. On comprend mieux pourquoi dans sa récente intervention elle n'a pas parlé de viol à proprement dit mais de relations outrageantes. Probablement parce que la tendresse et l'amour de Roman manquaient à cette liaison et qu'il en a profité pour la traiter de manière assez « hard ».

Il y a le problème de l'âge et surtout la relation émotionnelle entre le cinéaste et sa future artiste de cinéma. Un deal a-t-il été proposé par Roman du style « Tu couches avec moi, et je te donne un rôle important dans un de mes films »? Au-delà des 18 ans, majeure, personne ne pouvait toucher Polanski. Mais à 17 ans et aux Etats-Unis, cela tombait sous le sens de la loi.

Et en Tunisie, lieu des faits? En tous les cas, Roman a bel et bien profité de son ascendant et de sa position pour proposer des relations sexuelles à ses actrices mineures. Sans doute des pressions pas très sympathiques ont aussi été exercées par lui.

Charlotte Amoureuse est devenue par la suite Charlotte Amertume car sa relation sexuelle n'a sans doute pas été à la hauteur de ses fantasmes romantiques.

C'est peut-être la faute la plus probante que l'on peut reprocher au cinéaste Polanski: avoir préféré les personnages pervers, violeurs, et sadiques de ses films aux personnages romantiques de ses créations cinématographiques. Dans la réalité, l'homme aurait du montrer son côté « amour des Femmes » et non son côté « domination des Femmes ». Il a cédé à ses bas instincts.

C'est pour moi son plus grand péché de grand homme du cinéma. Il est temps pour Roman Polanski de redonner à toutes les femmes de sa vie et aux autres le blason de l'amour et de la liberté.

Alice aux pays des Merveilles avait sans doute d'autres rêves de douceurs et de plaisirs partagés...

 

14:41 Publié dans Zahia Dahar | Lien permanent | Commentaires (1) |

Immunité pédophilique pour Polanski?

Dans ce monde, il y a ceux à qui ont ne pardonnera jamais leurs erreurs, même pas si graves que ça, et il y a ceux qui sont protégés des puissants au-delà de toute décence.

Si la filmographie de Roman Polanski fait partie du patrimoine de l'humanité, c'est une évidence, comment peut-on parler d'un être humain comme d'un patrimoine humanitaire en lui décernant une aura, une armure d'intouchabilité?

Je ne veux pas détruire un homme, et sans doute encore moins quand cet homme me touche par son art, beaucoup plus qu'un inconnu qui n'a jamais eu la chance d'avoir su exprimer un quelconque don artistique. Je ne veux pas. Mais je ne veux pas non plus de cette justice pleine de mansuétude pour les bénis et pleine de méchanceté pour les maudits.

Donc, j'en reviens au manque de courage du cinéaste qui aurait depuis longtemps dû accepter son extradition vers les Etats-Unis. Un courage qui lui aurait permis une fois pour toute de se confronter à ses anciens démons (se sont-ils vraiment échappés de son corps?) et de montrer de la grandeur devant ses juges. Il ne pouvait en aucun cas être attaqué en justice sur le continent européen, prescription oblige, par des jeunes filles l'accusant de viol. Aux Etats-Unis, on ne pouvait pas non plus sur la base de son dossier, sauf scandale judiciaire énorme, le condamner à une peine terrifiante.

Alors pourquoi a-t-il mis les pieds au mur? A-t-il peur d'autres fantômes ressurgissant du passé sur le territoire américain?

En tous les cas, la France ne montre pas l'exemple. Et certains artistes devraient se demander si défendre modérément Polanski ne serait pas une meilleure stratégie pour que le cinéaste reste aimer des peuples malgré des actes sexuels odieux commis sur des jeunes filles.

L'immunité pédophilique ne doit pas être admise. Car sinon nous acceptons que tous les pédophiles s'amusent à tourmenter nos jeunes enfants. Après l'Eglise, c'est au tour des milieux artistiques de faire le ménage.

Oui à la liberté sexuelle de tous. Non à la contrainte sur de jeunes personnes ou de moins jeunes personnes. Le viol n'est pas une arme démocratique de jouissance. C'est une arme de la tyrannie. Et c'est un comble que la culture qui défend les droits de l'Homme, dont un cinéaste iranien retenu en prison dans son pays, soit aussi aveugle que cela sur les comportements inadaptés à la liberté de Monsieur Roman Polanski.

La vision romantique de l'amour entre une adolescente et un adulte a fait jadis scandale avec Lolita. La vision cauchemardesque du viol d'une adolescente par un adulte semble moins terrible pour certaines personnalités gouvernementales. C'est grave et c'est d'une perversité affolante. Il est temps de plonger nos têtes dans l'eau glacée pour changer quelque chose à notre système et à nos valeurs humaines.

Deux performances artistiques pour rentrer dans le champ de nos violences intimes et de notre onirisme.

 

 

 

08:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (9) |