16/05/2010

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (11)

Pour cette 11ème chronique, et dans cette ambiance de fin du monde où l'on nous annonce que le Golfe du Mexique est en train de se faire asphyxier par la fuite gigantesque de pétrole provoquée lors de l'explosion d'une plateforme pétrolière; où l'on continue de voir la France et tout ce qui compte d'huiles au pouvoir prendre sans aucune mesure – et sans aucun égard envers les femmes agressées sexuellement dans leur prime jeunesse – la défense du cinéaste Roman Polanski; où l'on s'interroge sur le destin futur de Zahia Dehar qui semble faire la morte alors que Paris Hilton arrive avec ses 50 valises pour se faire encore et toujours photographier et filmer sous tous les angles par des photographes soumis à son art de pratiquer la prostitution médiatique; où Draquila nous montre encore une fois les dents sanguinaires et tentaculaires de Berlusconi; donc pour cette 11ème chronique, j'ai encore envie de respirer de l'oxygène presque pur et vous causer de « Tournée » de Matthieu Amalric.

Comme le plupart d'entre vous qui me suivez, je n'ai pas eu la chance de voir la « première » de ce film. Par contre, je viens de suivre l'interview de Mathieu sur France 24. Et là, je vous le garantis, ce cinéaste a su transmettre en 5 petites minutes toute l'émotion de son film. J'ai adoré! Nous l'annonçons sans fanfare ni trompette: cet homme est la personnalité masculine du Festival 2010 et nous souhaitons que son film sera récompensé d'une Palme d'Or. Grand moment de cinéma et sans doute grand moment d'humanité tout court. Allez-y voir!

Quelques photos juste pour lui, dédicacées à sa troupe de comédiennes, à ses danseuses américaines qui nous amènent un vent de liberté délicieusement licencieuse...même si c'est en regardant dans le rétro.

 

Photos-00644.jpg

 

Mathieu Amalric pour une Palme d'Or

Suivez son regard...

 

Photos-00633.jpg

Danseuse « Nouvelle époque » I

 

Photos-00622.jpg

Danseuse « Nouvelle époque II

 

Photos-0061_22.jpg

Dernier portrait-photo d'Arthur Rimbaud

 

 

17:23 Publié dans Zahia Dahar | Lien permanent | Commentaires (0) |

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (10)

Autour de Tim Burton, Président du Jury du Festival de Cannes 2010, se met en place un nouveau casting et un remake de son film Alice au Pays des Merveilles. Au Bal des Faux-Culs, comme dirait l'ex-tennisman français et chanteur créole Yannick Noah, nous pouvons d'ores et déjà dire que Tim Burton n'est pas le pire et qu'il devait s'attendre à présider, ordre de Dieu le Père, en temps voulu ce Festival de Cannes imaginaire ou la fesse se dévoile sous des satins de dentelles...

The Casting (Rôles principaux):

Zahia Dehar, dans le rôle d'Alice, en proie à une crise d'identité en raison des métamorphoses physiques d'un corps de plus en plus sensuel qu'elle subit comme le choix obligatoire de jouer à la fille facile qui doit se faire manger par le vieux Lapin Blanc toujours pressé et avide de chair fraîche. Mais aussi, crise d'identité, à cause d'une perte de savoir scolaire qui ne lui permet pas de comprendre et de rationaliser le monde étrange et cruel qui l'entoure et la désespère depuis l'éclatement de son affaire de racolage.

Charlotte Lewis, ex-candidate Alice qui a grandi et qui désormais représente la Reine Rouge voulant imposer le Règne de la Terreur et renverser le Régime monarchiste de Lapin Blanc. Elle vient d'entrer dans le jeu il y a deux jours. Pièce maîtresse du dispositif, c'est elle qui va peut-être permettre de renverser la monarchie en soutien à Alice.

Samantha Geimer, ex-candidate Alice qui a grandi et qui désormais représente la Reine Blanche, celle qui refuse que l'on poursuive le Lapin Blanc et qui accepte de maintenir le régime de Lapin Blanc en répétant qu'elle n'a aucune rancoeur contre ce personnage trop empressé et trop avide de répéter ses opérations commandos sur toute nouvelle Alice débarquant sur sa plage cinématographique.

Roman Polanski, le Lapin Blanc, appelé aussi Lapin Play-Boy, toujours pressé d'arriver à ses fins et d'apaiser son appétit de chair fraîche. Pris sous la vindicte populaire, défendu par celles et ceux de sa caste, il risque d'être lynché par un jury arbitraire organisant un espèce de western à l'américaine pensant plus à renverser le roi pour en mettre un autre sur le trône, très puritain et encore plus hypocrite, plutôt qu'à songer à faire une vraie révolution des moeurs.

BHL ou Bernard Henri Levy, le Chapelier fou, toujours à l'heure du thé, défendant bec et ongle son ami le Lapin Blanc.

Yann Moix, le Lièvre de Mars. Personnage sulfureux qui s'attaque au train de la diligence au Pays du Tout-en-Ordre, ami du Chapelier fou.

Ribéry, Govou, Benzéma,  Le Dum-Dumm Three, le triplé jongleur qui joue à la baballe avec Alice.

Synopsis:

Alice se retrouve rejetée du Pays des Merveilles suite à ses aveux sur ses relations tarifées avec les jumeaux, et même un Triplé Bleu, Tweedle-One-Dum-Dumm, Tweedle-Dee-Dum-Dumm, et Tweedle-Third-Dum-Dumm. Alice aurait du se taire, Règle d'Or du système, pour garder sa place et faire prochainement la connaissance de Lapin Blanc sur la Croisette. Lapin Blanc, lui-même empêché de venir à Cannes à cause du pays du Tout-en-Ordre qui l'a arrêté en pleine représentation festivalière de ses oeuvres passées et futures sur mandat de Pays du Western. La Reine Blanche tente en vain de refermer le couvercle de la marmite qu'elle a du faire bouillir jadis pour Lapin Blanc alors qu'elle jouait le rôle d'Alice. Elle joue la carte de l'oubli, si ce n'est celle du pardon. Au pays du Tout-en-Ordre, déjà démolit par le Lièvre de Mars et par son ami le Chapelier fou qui a créé la Règle du Jeu, on hésite à extrader Lapin Blanc au pays du Western. Le Président Narcotique, chef de l'Hexagone d'Or, exerce même des pressions amicales sur la cheffe Mrs White Smileys du pays de Tout-en-Ordre. C'est alors qu'un coup de théâtre intervient du côté du pays du Western. La Reine Rouge, ex-candidate Alice et victime de Lapin Blanc, se présente au Juge Jabberwocky et est bien décidée à faire régner la Terreur pour que l'Alice de l'année 2010 ne passe jamais à la casserole de Lapin Blanc et qu'elle réintègre le Pays des Merveilles en reine du Nouveau Monde. Elle proclame d'ores et déjà la victoire des princesses et d'Alice sur l'arrogance et le droit de cuissage des princes. Est-ce que le monde de Play-Boy va s'écrouler? Est-ce que Lapin Blanc demandera pardon? Et après, vivrons-nous sous la dictatures des Reines de Beauté qui voudront se venger de tous les lapins blancs que Lapin Blanc a sorti de sa manche et qui prolifèrent au Pays des Merveilles? Total Suspens.

Le Président du Jury du Festival de Cannes 2010, Tim Burton, réalisateur du film Alice aux Pays des Merveilles ne sait décidément plus s'il vit dans une quelconque réalité ou dans la suite du tournage de son film... Quelle année, Mesdames et Messieurs les spectateurs et spectatrices. Du Grand Ecran Open Air! Et en Tournée, s'il vous plaît!


11:28 Publié dans Zahia Dahar | Lien permanent | Commentaires (0) |

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (9)

 

De Lewis Carrol à Charlotte Lewis, y a-t-il plus qu'un pur hasard fantastique dans le renversement du patronyme? Attendre 28 ans avant d'oser passer de l'autre côté du miroir de ses souvenirs; du silence de l'oubli à la parole qui abasourdit? Et si Charlotte avait voulu briser ce qui l'empêchait d'être heureuse dans la vie? Soit le souvenir insoutenable d'une relation sexuelle forcée et dégradante.

« Quand les gens sont las de la vie et ne peuvent trouver le bonheur ni dans les villes ni dans les livres, alors ils se ruent vers les plages, afin de voir ce que les cabines de bains pourront faire pour eux ». Lewis Carrol

Elle a attendu Cannes et sa célèbre plage pour parler, lieu ou toutes les stars du cinéma se réunissent pour faire la fête. Mais d'abord pour parler et montrer du cinéma-vérité, du cinéma-mensonge, ou du cinéma-fiction. Elle a sans doute voulu que justice soit enfin rendue à son malheur d'adolescente, emboîtant le pas à de très nombreuses jeunes filles abusées par de jeunes hommes, voir des hommes d'âge mûr, qui n'osent pas s'exprimer avant des années.

Sur le moment, elle a pensé que le maître avait le droit d'abuser d'elle. Une admiration sans limite pour celui qui ferait d'elle une star. Il lui a fallu beaucoup de temps pour se rendre compte et accepter que cette relation était de l'ordre du sale, du mépris du corps féminin. Roman va-t-il enfin passer lui aussi de l'autre côté du miroir et se rendre compte de la saleté qui lui encombre l'esprit afin que la lumière du soleil revienne en lui. Des films de vampires, d'êtres humains violents et tourmentés, ne rendront jamais à un homme toute sa bonté. Pour cela, il devrait se rendre compte qu'il doit payer son dû aux demoiselles qui ont vécu une expérience peu positive avec lui.

Les avocats de Roman sont révoltés. Peut-être devraient-ils se poser la bonne question: Si Charlotte Lewis parle aujourd'hui, n'a-t-elle pas eu envie de mettre fin au cauchemar des apparences, d'une montée des marches rouges qui lui paraissait comme une vision d'Alice aux Pays des Merveilles, alors qu'en réalité elle portait les stigmates d'un deuil amoureux et la vision d'une relation sexuelle cauchemardesque avec son réalisateur? Une imposture. Un monde cruel et sans morale, ou il faut payer par une soumission, une souillure, l'accès au paradis des stars.

N'est-ce pas une ex Miss Suisse qui a dit il y a très peu de temps qu'il faut passer, à Hollywood, par la promotion canapé pour réussir à obtenir un premier rôle?

Revenons à Polanski et ses obsessions de viol. Rappelons qu'entre la terrible année 1977 et cette sombre année 1982, il y a eu un autre événement sulfureux: la sortie de Tess en 1979, film dans lequel l'actrice principale se fait séduire puis violée lors d'une scène du film... Un viol cinématographique de plus pourrait-on écrire. Une actrice mineure au moment de la première rencontre entre Nastassja Kinski et Roman Polanski... Des rumeurs persistantes de liaisons... toutes démenties par les deux protagonistes.

Il serait temps que Roman Polanski quitte le Bal des Vampires et nous montre la beauté de son cinéma, juste la beauté. Et qu'il laisse tomber la puissance machiste du mâle tout puissant qui se permet de trousser quand il a envie de trousser. Pour cela l'aveux sera indispensable. Ce serait une belle fin de carrière pour ce cinéaste qui a donné tant d'émotion à travers son art.

Trois clichés « maison » pour conclure cette 9ème chronique Zahia-Croisette: la montée des marches par quelques personnages de « La Tournée », film de Mathieu Amalric. Suivis d'une vidéo souvenir de Tess. Entre l'époque de Nastassja et celle de Zahia, il y a eu un sacré renversement de situation. Hier, la fille se couchait devant l'homme. Aujourd'hui, c'est la fille qui propose à l'homme de se coucher en lui demandant un cadeau en échange. Une tout autre approche de la domination sexuelle, et cette fois en ballotage favorable pour la femme...

 

Photos-0059_44.jpg

 

 

 

Photos-0060_22.jpg


Photos-0061_11.jpg


02:24 Publié dans Zahia Dahar | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/05/2010

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (8)

 

Good Morning, Everybody! Il fait toujours aussi merdique ce matin, et pas seulement dehors. Dans les coeurs aussi.

Tout s'envenime à Cannes. Côté cinéma, nous sommes gâtés. Le « live » risque d'être plus passionnant que ce que l'on verra sur les écrans. Règlements de comptes, départs abruptes et inopinés de grands acteurs ou réalisateurs semblent dans l'air. Cannes va-t-il exploser? Cela pourrait plaire au Président du Jury, Tim Burton, qui aime explorer la noirceur des âmes humaines et la monstruosité qui guette en nous. Cette Charlotte Lewis fou un sacré bordel parmi le mobilier luxueux de la Croisette. Après l'épisode nucléaire Zahia Dehar. 16 ans, l'âge idéal pour transformer notre société qui s'endort sur ses crimes.

Alors, je ne vais pas vous casser les pieds ce matin. On se réveille tout en douceur, on pose un petit bisou bien intentionné à sa petite copine ou à sa femme, et hop sous la douche avec deux des meilleurs braqueurs de mouise, pardon de miouse, de notre époque qui nous rappelle notre jeunesse, nos folies, nos rêves en bleu.

Au fait, les gars, vous ne voulez pas braquer le juke-box du Festival 2010? Mai 2010, moi, de la Révolution des Poudres à Lessive.

 

 

 

 

LA REVOLUTION EST DANS LA RUE !

 

 

Et n'oubliez pas d'aller mater "Seven Nation Army" de Ben, l'oncle Soul.

c'est sur Y Tube en pleine activité de lessive.

 

Irrésistible! Et un supplément pour danser et swinguer à l'apéro avec les girls...

Un soul Men pour faire danser la petite Zahia Dehar...


07:40 Publié dans Zahia Dahar | Lien permanent | Commentaires (0) |

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (7)

 

Ce soir, on reparle de Roman Polanski. On est presque entré dans une partie de castagne entre gens de cinéma. Bonjour l'ambiance! Une actrice irlandaise, Charlotte Lewis, qui a tourné le rôle de Dolores dans le film du réalisateur « Pirate » dans les années 80, accuse  le cinéaste d'avoir subi un rapport sexuel forcé et outrageant avec lui alors qu'elle n'avait que 16 ans! BHL, pendant ce temps, s'en prend à Tim Burton et sans doute aussi à Michael Douglas parce que tous deux refusent de signer la pétition en faveur de la libération de Polanski.

Si cette actrice, qui dit être marquée par ce qu'elle a vécu en 1982 à Paris, avance une vérité, alors Roman Polanski risque bien de se voir définitivement extradé vers Los Angeles. Un viol pratiqué sur une jeune fille de 16 ans 5 ans après le viol sur sa première victime déclarée n'est sans doute pas un fait qui aidera le pervers (car la répétition des actes violents prouverait alors sa perversion et non un simple égarement) a redoré sa réputation déjà entachée par la première affaire.

Difficile après cela d'imaginer un 63ème festival de Cannes qui finira bien. Pendant ce temps, flon-flon et paillettes sur la carpette rouge. Rouge de sang des vampires, peut-être.

Ciel bas et nuit d'ivresse. On prétend que tous ces gens n'ont rien à cacher, lisses, beaux, people, stars, grandioses, magnifiques, exceptionnels, hors-d'atteinte de la populace, intellectuels trop chics pour être trop chocs et parfois minables...aussi. L'art vit des oublis de nos vies, de nos écarts à l'ombre du normatif, de nos vidanges louches lors de soir de vendanges gloutonnes. Mais c'est la vie privée des gens. Cela ne regarde personne. Vivre d'apparence et d'artifices excessifs. Et finalement chuter par simple accident ou sur simple dénonciation.

Zahia, t'es une artiste de la balle. Mais ils te refusent parce que leur classe à eux se distingue de ta classe à toi. Castes d'intellos qui prétendent à l'ouverture, à l'humanité, à l'échange, à l'amour entre les êtres humains. Société de beaufs qui sont arrivés en haut et qui ne daignent plus poser les pieds en bas, là où la vie grouille d'animation, de fièvre, de nouveauté. Délabrement de l'intellectualisme. Mort et fin du cinéma.

Cela suffira pour ce soir. Une très courte séquence de vampires pour terminer la longue nuit qui vient réveiller les démons de Roman Polanski...avec Charlotte Lewis comme actrice.

 

01:21 Publié dans Zahia Dahar | Lien permanent | Commentaires (0) |