14/05/2010

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (6)

Festival de Cannes... Festival de Beaufs... Donna Summer dans le juke-box pour la cantine festivalière. De vieux riches et des rombières avalent du caviar et autres petites spécialités locales sans même en retenir le goût ou la saveur.

Le cinéma se fait vieux. Il coulisse vers des temps révolus. Les filles de Mathieu Amalric font plutôt Old Burlesque que New Burlesque. Les fleurs présentées font années 20...pas 2020...1920. La Princesse de Montpensier remonte encore davantage les labours du temps. Des mots délicats, un vocabulaire châtié, des couleurs et des repas où la royauté cause, cause, cause...

Festival de Cannes... Des jeunes filles se font filmer leur anatomie complète lors de beuveries collectives organisées sur Facebook. De très jeunes filles en déroute qui planent dans leurs effluves éthyliques. Et puis les mots... Des mots très crus, de la chair qui déambule, maltraitée par de petits machos mal éduqués et sans respect, très sûrs d'arriver à leur fin... au bout de la nuit, au bout de l'orgie... Des fleurs qui ne savent plus s'ouvrir qu'elles sont déjà fanées à 15 ans dans des tournantes improvisées au coin d'un bar... Des étudiants et des apprentis... Nos enfants... et des interdits balancés par-dessus bord comme par dessus un navire ayant perdu tout gouvernail.

Les jeunes font leur cinéma sur Internet, leur musique sur Intenet, leur porno sur Internet. Tant de choses invraisemblables il y a si peu de temps encore. Des filles qui fument la pipe devant un parterre de copains et de copines qui dansent sans danser, qui aiment sans aimer, qui se trémousse dans un bain de bulle musicale ou la house déborde de ses haut-parleurs. Ce sont des nique-parties, des Bitch-drunking, des lieux glauques où les cinéastes ne posent plus les pieds tellement ça casserait hard la morale bien pensante des adultes.

Festival de Cannes... où les canetons sont absents, où Zahia n'a pas sa place parce qu'elle serait le vilain petit canard qu'il faut rejeter à la mer...malgré ses tout juste 18 printemps. Caché ce sein que je ne saurais voir... ou alors déshabillons-le avec vulgarité, obscénité, maltraitance... Et buvons jeunes hommes, buvons à votre santé pornographique puisque les adultes se contentent de vous jeter la pierre en refermant la porte à double tours sur vos orgies, votre prostitution, votre détresse, votre abandon, votre malheur d'être venus dans un monde qui ne vous fait plus de place tout en vous demandant d'être riches et d'assumer votre avenir... Un monde qui vous ignore sauf si vous suivez la règle hypocrite des vieux beaux et des pénibles rombières qui causent, causent, causent, avec Donna Summer pour l'ambiance dans le juke-box... La règle d'or: « Jeune fille ou jeune garçon, fais ce que je te dis de me faire. Mais ne fais rien qui puisse penser que je t'ai dis de me faire des choses hors de la morale que j'expose au monde pour me faire bien voir ».

Des mots bleus pour Zahia qui a un gros bleu à l âme en ces jours de festivité ou personne parmi ces vieux pas très sages n'a songé un instant à l'inviter pour s'exprimer sur son monde à elle, ses rêves, ses délires... et son cinéma à elle.

 

P.S. Merci à Thierry Jobin du Temps pour sa carte postale d'aujourd'hui.

 

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Zahia Dehar a appris à piloter son propre navire parmi ce monde dangereux

 

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13/05/2010

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (5)

Yannick Noah sera dès ce soir à Cannes. Défendant Franck Ribéry dans l'affaire Zahia Dehar, il chantera son nouveau tube dentifrice « Angela » qui fait référence à la philosophe Angela Davis sympathisante du Black Panther Party en 1968. Elle tenta de faire évader trois prisonniers politiques surnommés les Frères de Soledad qui se solda par la mort d'un juge californien. Elle fut emprisonnée durant 16 mois avant d'être acquittée. Elle fit ensuite une carrière politique au sein du parti communiste.

Et si nos trois footballeurs, Govou, Benzéma, et Ribéry étaient nos trois Frères de Soledad et Zahia la Scandaleuse, la libératrice de ces hommes en demandant la clémence pour eux et le droit à la présomption d'innocence au juge chargé de cette affaire?

Pourquoi les Français ne prennent pas la défense de cette demoiselle mais au contraire la démolissent au marteau piqueur et au gourdin? Combien d'hommes vont aux putes, en France? Noah reconnaît lui-même avoir eu des affaires de tapin quand il était dans de mauvaises passes personnelles. Zahia est une fille qui lève le poing pour tous les hommes et toutes les femmes qui désirent leur liberté sexuelle et affective. Elle fait scandale sur le mur de nos conventions amoureuses, de nos signatures de contrat, de nos obligations d'entretien, de nos devoirs conjugaux. Tant de mots horribles s'ils sont autant de prisons, de barreaux, de boulets attachés à nos pieds.

La fidélité à un amour, à une cause, doit d'abord venir des tripes et du coeur. Toutes les trahisons ne sont que l'expression de vouloir fuir une sensation d'étouffement, de réduction, de chape de plomb qui nous fracasse notre liberté, notre indépendance, notre volonté d'avancer dans la vie de manière positive.

Si l'on trompe pour tromper son monde, c'est qu'alors nous ne sommes pas digne de confiance. Mais si l'on s'égare par désir de liberté, alors c'est que notre dignité veut encore et toujours faire confiance à l'esprit de liberté et d'entreprise de tout être humain.

Zahia sera-t-elle enfin considérée pour une personne digne de confiance ou pour une fille qui a trompé son monde? Tous ses commentaires tendent à dire que c'est une personne digne de confiance. Alors Zahia Dehar, une Angela Davis de notre temps? L'amour c'est communiste quand on le partage avec Zahia...

 

 

 

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Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (4)

Colette: « Nous courrons tous vers l'hôtel, vers la loge étouffante, et la rampe qui aveugle. Nous courrons, pressés, bavards, avec des cris de volaille, vers l'illusion de vivre très vite, d'avoir chaud, de travailler, de ne penser guère, de n'emporter avec nous ni regret, ni remords, ni souvenir... »

Mathieu Amalric; « On a cherché des équivalents aujourd'hui, dans le striptease, dans la nuit, ailleurs, mais ça n'allait pas, on ne retrouvait pas l'attrait pour le mouvement, le goût de Colette pour une provocation pleine de santé, comme une déclaration de liberté, par le corps. Tout nous ramenait à des histoires de nécessité, de prisonnière. »

Et boum! La comète Zahia Dehar, si belle si promise, et non si pute si soumise, passe en plein Festival de Cannes pour offrir au film de Mathieu Amalric une étoffe toute particulière. Visionnaire Amalric? Sans doute. Une Palme d'Or à venir? A voir...

Mathieu Amalric: « Et le lien s'est fait. L'histoire d'un homme qui lutte contre sa mélancolie. Un ancien producteur de télévision qui renaît un moment, grâce à ces filles qu'ils veut fièrement « montrer » dans son pays (la France,ndlr), comme une preuve orgueilleuse de sa résurrection, de son retour.

Qui veut rester, à sa déplaisante manière, un Prince, quoiqu'il lui en coûte. Mais sans royaume, sans pouvoir surtout, si ce n'est celui, inutile, de sa liberté. Un homme sans maison, qui ne sait plus si résister, c'est savoir partir (ce qu'il a fait) ou savoir rester (ce qu'on fait ses amis).

Une chose est sûre. Zahia, votre place serait sur les marches rouges à Cannes. Mais comme pour Polanski, la société a un sérieux problème à sa morale. Hasard des procès. La victime du cinéaste était une adolescente. Et la victime du cinéma mondain actuel est encore une adolescente. Et si Polanski montait avec vous les marches d'un festival qui a perdu sa valeur sociale pour privilégier le consensuel d'une société malade à ses artistes? Un rêve... La révolte de Godard et Cie suffira-t-elle a retourné la situation durant la durée du festival? Total suspens... Cannes 2010 débouchera-t-il sur une année 68 ou 69? Ou est-ce trop tard?

Trois images du film de Mathieu Amalric « Tournée »:

 

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18:49 Publié dans Zahia Dahar | Lien permanent | Commentaires (0) |

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (3)

Serge Gainsbourg a remplacé au pied levé les Rolling Stones qui étaient attendus sur la Croisette. Très rieur et toujours aussi fumeur de havanes, notre grand poète en tournée promotionnelle pour le film de Mathieu Amalric « Tournée » a actualité sa célèbre chanson « La Javanaise » en compagnie de la star incontestée et invisible de ce printemps 2010 pour un show burlesque d'une rare intensité. Très fort moment d'émotion quand il a pris Zahia par la main et la faisant danser et chanter sur la scène tout en lui dédiant la nouvelle version de sa célébrissime chanson. En exclusivité pour 24 Heures et la Tribune de Genève, voici le texte que Serge nous a concocté pour la grande scène du Festival qu'il chantait cette nuit même de l'Ascension pour le festival le plus célèbre au monde.

En coulisse, l'artiste nous a déclaré qu'il était très heureux d'avoir osé provoquer tout l'establishment en obtenant l'autorisation de faire monter la Dehar sur la grande scène. Il a ajouté en riant: « Cette année, Bardot a voulu fêter à sa manière la protection des animaux, la mode, et son festival de C*nnes. Moi, j'offre à toutes les femmes du monde, petites, grandes, belles, moches, minces, grosses, ma protection, et au Festival de Cannes « la » plus grande C*nne de l'année. Au lieu de toutes raser leur fourrure à la Gillette et d'en porter sur le dos lorsqu'elles font l'amour, les stars auraient dû inviter impérativement cette jeune femme à poil, Zahia Dehar, pour mettre le feu à tout ce cinéma de bienséance ». On ne saurait dire non à Monsieur Gainsbarre. Donc exécution.

Chanson-champagne, de tournée générale, et d'amour de Serge Gainsbourg accompagné en duo rêvé d'Adrienne Pauly et Bernard Lavilliers: « La Zahianaise » écrite pour le film «  Tournée » de Mathieu Amalric. (En l'absence de Zahia et de Serge, à tous les couples lecteurs de chanter pour la première fois ce duo magistral imaginé sur les paroles inédites de cette version 2010).

 

 

Govou

Gavé

Bavé

Benzema

« Je les aime tous »

 

Ribéry

Eut vent

De votre kama-sutra

Et j'en tousse

 

Ne vous déplaise

En tournant ma Zahianaise

Nous nous aimions

Le temps d'une chanson

 

J'avoue

J'en ai filmé

Sur vous

Mon amour

Décroisé Croisette

Mes gambettes

Mon amour

 

Ne vous déplaise

En tournant votre Zahianaise

Vous nous aimiez

Le temps d'un kiff tarifé

 

A votre avis

Qu'avons-nous fait

De l'amour

Mon amour

De vous à moi

Je vous ai niqué

Tout votre fric

Mon amour

 

Ne vous déplaise

En tournant ma Zahianaise

Nous nous aimions

Le temps d'une chanson

 

Hélas

Avril

Avoue

Enfin

Votre désamour

Fatiguée

De voir

En vous

L'illusion de l'amour

 

Ne vous déplaise

En tournant votre Zahianaise

Vous nous aimiez

Le temps d'un kiff tarifé

 

Le sexe

Ne vaut

Dêtre vécu

Sans amour

Mais c'est Vous

qui vouliez

Nos écus

Mon amour

 

Ne vous déplaise

En tournant ma Zahianaise

Nous nous aimions

A poil et en chanson

 

Encore!

 

Nous nous aimions

Au temps des Ballons d'Or

 

Encore!

 

Nous nous aimions

Le temps d'une Palme d'Or

 

Encore!

 

Nous nous aimions

En rade sur notre beau port

 

 

 

11:40 Publié dans Zahia Dahar | Lien permanent | Commentaires (0) |

Chronique imaginaire Zahia – Croisette, Cannes 2010 (2)

Zahia aimerait bien se retrouver au Pays des Merveilles suite à l'erreur monumentale de l'Express qui a publié son adresse actuelle sur le Web.

A force de se cacher, la Franco-Algérienne a du finalement trouver refuge chez Hamid Bouchnak, chanteur-réalisateur très connu du Maghreb qui s'amuse à faire du Tim Burton dans sa cinémathèque. Pas de tapis rouge pour Zahia qui se serait de toute façon pris les pieds dedans avec tous ces journalistes aux abois bavant sur son passage. Mais deux courts métrages pour dire aux gens de cinéma qu'avec un chapeau mexicain porté dans le désert de Mademoiselle Dahar. on dessine aussi une star, et qu'avec trois mots d'arabes on endiable tout une boîte de nuit façon Zahia aux pays des Vicissitudes pipolesques.

Et quand l'innocence finit par venir au rendez-vous, c'est Zahia qui retrouve son enfance. Tapis arc-en-ciel pour tout l'amour de sa Terre.

 

La marche dans le désert d'une star honnie...


 

Entia Zahia Ntia...


 

Zahia au Pays des Merveilles...


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