16/11/2019

Anas K. l'étudiant qui s'est sacrifié

Quand, dans une société, plus personne ne vous entend et que vous êtes condamné, d'une façon ou d'une autre, à la précarité par votre façon de penser ou d'agir, la faute vous revient entièrement et l'Etat refuse en général de reconnaître sa faute.

Anas K. n'en pouvait plus de vivre dans la précarité mais il se battait tous les jours avec les associations et les syndicats pour changer la vision de la société. Il portait même secours aux migrants. C'était (il n'est pas mort mais entre la vie et la mort) un jeune homme plein d'un idéal de société différente où chaque être humain aurait droit à un revenu universel de base pour simplement pouvoir vivre.

Le gouvernement français refuse à ce jeune homme la portée politique de son acte alors que tout, dans son dernier message, indique qu'il s'est immolé uniquement pour des raisons politiques et non pour sa malvie.

Il était entouré, aimé, avait une petite amie, des amis et il luttait au sein même de la collectivité. Son geste est donc éminemment politique et uniquement politique au contraire de ce que peuvent en dire les membres du gouvernement français.

Anas K. ne doit en aucun cas rester une victime pour rien. La société doit se mobiliser pour que nos jeunes renoncent à leurs tentatives de suicide en désespoir de cause. Il faut changer ce monde qui rend fou et qui tue des jeunes filles et des jeunes hommes, des vieilles femmes et des vieux hommes  pour des questions d'argent.

Il est sans doute venu le temps où l'être humain compte plus que le Capital. Mais il y a encore beaucoup de travail à accomplir pour réussir à changer les mentalités et les consciences en France comme ailleurs.

Y parviendrons-nous ou nous condamnerons nous à vivre de plus en plus sous des régimes de plus en plus violents et autoritaires, des gouvernements fascistes qui feront le tri entre leur pensée pure et celles et ceux qui subiront l'épuration ethnique et sociale, l'élimination physique et spirituelle du champ de vision des néo-nazis en pleine ascension en Europe?

A lire pour comprendre cet acte tragique irréparable d'Anas K

https://information.tv5monde.com/info/france-l-immolation...

 

15/11/2019

Quand les humains aiment se donner à un dictateur

Le guide suprême, le führer, le gourou.

Ces trois nom pour désigner un dictateur font trembler tout démocrate qui se respecte. Et actuellement, il y a de quoi trembler.

De moins en moins de femmes et d'hommes aiment la démocratie jugée corrompue, inique, ne satisfaisant qu'une frange de la population très riche et mondialisée.

Ce que ces femmes et ces hommes qui attaquent les règles démocratiques refusent de savoir, c'est que la dictature d'un seul homme, ou d'une seule femme (bien plus rare) est pire et bien plus injuste que les règles démocratiques qui se composent de plusieurs pouvoirs et d'équilibres politiques et populaires permettant de faire tomber celles et ceux qui abusent du pouvoir dont ils ont été investi soit par mandat politique soit par leurs capacités à devenir puissants économiquement et influents au sein de la population.

Aujourd'hui, nous installons peu à peu partout des dictateurs au pouvoir, y compris par voie démocratique. Donald Trump étant le pire exemple de cette tendance actuelle. Et comme les dictateurs aiment bien être roi chez eux, ils semblent être les garants de la paix internationale plus que de vrais démocrates qui auraient la responsabilité d'un pays et qui se comporteraient durement avec les chefs dictatoriaux d'autres pays.

C'est pourquoi Joe Biden est attaqué par le régime nord coréen qui dit textuellement qu'il devrait être battu à mort comme un chien enragé parce qu'il serait l'incarnation de la sénilité ultime. 

Rappelons-nous comment nommait Hitler les intellectuels et les artistes qui s'opposaient à lui: les dégénérés, terme qui est resté dans l'Histoire pour décrire les artistes qui ne plaisaient pas au Führer.

Pourquoi les femmes et les hommes se remettent à des gourous tout-puissants lors de crise démocratiques? Ont-elles, ont-ils perdu la foi dans les valeurs humaines? Sont-elles, sont-ils prêts à renoncer à leur propre liberté pour se donner corps et âmes à un pouvoir suprême? Ont-elles, ont-ils perdu le goût de la liberté qui implique responsabilité personnelle et recherche par soi-même de sa propre destinée fût-elle, cette destinée, entravée d'obstacles et de solitude, d'absence de reconnaissance et d'aura médiatique?

Je ne peux pas accepter que nos démocraties s'en remettent à des dictateurs et que cela soit finalement la victoire de l'obscurantisme qui l'emporte sur les Lumières ayant donné naissance à la volonté populaire de vivre libre et sans entrave, citoyen et citoyenne et non esclave d'un régime qui dit pour nous ce qui est bien et ce qui est mal, régime arbitraire et tout-puissant qui décide de la vie et de la mort de ses sujets comme en Corée du Nord justement.

Si Trump est ami des dictateurs c'est que justement lui aussi peut se prévaloir d'avoir des tendances dictatoriales et non plus démocratiques. c'est donc que l'Amérique est en grand danger de guerre civile entre celles et ceux qui se sont donnés un dictateur en la personne de Trump et l'autre partie du peuple qui a la volonté de rester démocrate dans l'âme et dans l'esprit.

Qu'en est-il en France? Si Emmanuel Macron, dit Jupiter, semble très autoritaire et autorisé à faire des jeux de mots pas drôles du tout, je pense qu'il reste encore le garant d'une volonté démocratique organisée par les élites du peuple, élites financières s'entend. C'est son rapport à une France pharaonique qui inquiète, son désir de transformer la France mais au profit des plus forts contre la protection des plus faibles. Cette façon de faire peut effectivement conduire à la dictature et au désir d'une partie toujours plus importante du peuple de s'en remettre non plus à un président démocrate mais à une authentique dictature à tendance fasciste qui dira le bien et le mal à travers sa répression, fera de l'étranger, du migrant, du musulman, du plus pauvre, des intellectuels, des artistes "dégénérés" des boucs émissaires. L'épuration ethnique pourra alors commencer sa sinistre mission. Et la guerre civile commencer dans les villes et campagnes de France...

Il est absolument temps de réagir si nous voulons sauver nos démocraties de leur propre perdition et disparition. L'avenir de l'Humanité ne peut pas s'imaginer sous le règne de régimes de terreur. Nous ne pouvons et ne devons pas régresser à ce point. Cela serait fatal à l'avenir même et à la survie de l'Humanité toute entière. Seule la démocratie est garante de la liberté de penser et de la liberté d'entreprendre. Seule la démocratie est garante d'une justice équilibrée qui refuse l'arbitraire donnant le souffle de vie à des causes perdues à cause de pouvoirs corrompus et cyniques (voir l'Affaire Dreyfus parfait exemple de cette liberté démocratique qui serait alors rendu impossible sous un régime de dictature).

Le peuple a aujourd'hui le pouvoir de dire non à ce qu'il ne veut pas. Qu'il n'ait pas la stupidité de dire oui à un dictateur parce qu'il souffre dans sa chair et dans son esprit. Le dictateur lui mentira encore plus et fera de lui sa chair à canon en créant un désastre encore plus important qu'aujourd'hui sous le règne de Macron. Le peuple a des alternatives. Il peut choisir, par exemple, l'option d'une VIème République avec des moyens de contrôle agrandis sur ses autorités. Il peut se doter d'une présidente au lieu d'un président, présidente (et là je ne pense pas à Marine le Pen) peut-être plus à même d'abandonner ses prérogatives offertes sous une Vème République autoritaire faite pour et par le Général de Gaulle dans des circonstances exceptionnelles. Mais par pitié, la France ne peut pas se donner à un dictateur, à un chef suprême qui mettra la France à feu et à sang.

La dictature n'est pas l'oeuvre d'un peuple évolué. Elle est l'oeuvre d'un peuple soumis, sans souveraineté, remettant sa destinée aux mains d'un gourou, d'un apprenti sorcier, d'un abuseur, d'un violent et d'un violeur, d'un criminel sans scrupule prêt à lancer ses chiens enragés sur une foule d'opposants, de les embastiller, de les torturer, de les massacrer.

Alors chassez loin de moi cette idée sinistre et nauséeuse, cette volonté lâche et arbitraire, de mettre au pouvoir un dictateur pour sauver la France de sa perdition.

https://www.lematin.ch/monde/biden-chien-enrage-pyongyang...

 

14/11/2019

La concordance des temps et le basculement

En une semaine, il s'est passé quelque chose que même les meilleurs faiseurs de scénario au monde n'auraient pu imaginer.

Ce fut d'abord l'interview d'Adèle Haenel qui, sur Médiapart, ouvre les feux avec un portrait vérité des attouchements qu'elle a subi semaine après semaine alors qu'elle n'était qu'une très jeune actrice entre les mains d'un cinéaste adulte.

Nous encaissons toutes et tous l'électrochoc de son témoignage qui frappe tel un boxeuse poids léger en apparence qui veut renverser un colosse mâle confirmé dans son rôle de prétendu ex-protecteur de la jeune ado. Et ça fait mal. Aucune complaisance envers les gestes commis. Elle les a accepté contre sa volonté et avec le plus profond dégoût pour ses gestes déplacés. Elle était sous son emprise, dira-t-elle, et sans doute n'osait-elle pas, à l'époque, contrarié le réalisateur responsable des actes commis.

Puis arrive le film de la semaine qui retrace l'affaire Dreyfus, un événement historique qui a profondément transformé la France et démasqué l'hypocrisie immonde et la haine d'une partie des Français, y compris au sein de l'armée, envers les Juifs. L'antisémitisme combattu par un lieutenant colonel admirable bien que lui-même n'aimant pas les Juifs et par un grand écrivain, Emile Zola, tous deux risquant leur carrière, la prison, et même leur vie. Emile Zola mourra d'ailleurs, quelques années après son acte héroïque, d'un accident étrange d'une asphyxie par le gaz oxyde de carbone tandis que Marie-Georges Picquart mourra lui aussi prématurément d'une mauvaise chute à cheval. Tous deux n'auront pas été récompensés pour leur acte héroïque par un destin tragique qui touche d'ailleurs souvent les anges gardiens du bien.

Le film est magistralement réalisé par Roman Polanski. Le cinéaste se dit qu'il tient là le film de sa réhabilitation pleine et entière dans son milieu artistique. Il se plaît même à  jouer un rôle de figurant dans son propre film dans les habits d'un Académicien que l'on voit très furtivement durant le film. Polanski tient son film et, par mimétisme, se confond parfois en public avec Dreyfus et la persécution qu'il a subi par le l'armée et le peuple français. Mais Polanski n'a jamais connu le déshonneur d'une dégradation par ses pairs ni vécu près de 4 années d'enfer sur la bien nommée Île du Diable. Polanski pousse un peu loin le bouchon et ça sent un peu la vieille vinasse bouchonnée qui refuse de voir sa propre réalité pas si héroïque que ça.

Et patatra pour Polanski. Adèle Haenel trouve une alliée inattendue dans le déchaînement de commentaires et d'articles qui ont suivi son interview médiapartien. Une femme photographe accuse le cinéaste de viol sur sa personne et de coups violents donnés dans son chalet après une journée de ski.

Comme si les vérités-mensonges du pouvoir militaire de l'époque et son antisémitisme notoire rejoignaient les vérités-mensonges de Polanski et de son milieu qui le défendait encore outrageusement malgré d'autres affaires d'agressions sexuelles le concernant. Comme si finalement l'antisémitisme était un miroir de l'antiféminisme de notre époque.

On ne pouvait pas imaginer plus rocambolesque affaire. On connait la fin pour l'affaire Dreifus. On ne connait pas encore la fin pour l'affaire Polanski. 

 

 

 

13/11/2019

44 ans de silence

Pourquoi une femme attend 44 ans avant de parler d'une agression sexuelle violente? Pourquoi ne pas porter plainte sur le moment des faits? Pourquoi protéger un agresseur qui risque de récidiver en gardant le silence sur son propre viol?

De l'extérieur c'est difficile à comprendre même pour certaines femmes qui peuvent aussi douter de la véracité des faits et qui peuvent penser que ces femmes se déclarant victimes d'une célébrité et qui sortent d'un long silence cherchent l'argent plus qu'une quelconque vérité.

Tentative d'extorsion, faux témoignage, et atteinte à l'honneur d'une personne se paient pourtant cash devant la justice et les célébrités ont des moyens de payer des avocats talentueux pour les défendre avec la dernière énergie.

Hors dans le cas de la nouvelle affaire Polanski à la sortie de son film remarquable (je l'ai vu aujourd'hui) sur l'affaire Dreyfus, c'est comme si Polanski payait d'un seul coup son immense hypocrisie et son identification, assez nauséeuse pour le coup, au personnage de Dreyfus (il l'a dit lui même) pour les crimes qu'on lui prête et qu'il n'aurait pas commis selon sa version.

44 ans après, il est en effet difficile de rétablir la vérité sauf que la jeune femme avait parlé à son entourage de l'acte violent qu'elle avait subi quelques mois plus tard sans pour autant en prévenir la justice. Elle avait peur de Polanski et pensait qu'il aurait pu la tuer si elle parlait...

Monnier (la victime présumée de Polanski, ndlr) a déclaré qu'il avait essayé de lui faire avaler une pilule lors de l'attaque et s'était ensuite excusé en pleurant tout en exigeant une promesse qu'elle ne le dirait jamais à personne. 

in https://www.dailymail.co.uk/news/article-7670159/Roman-Po...

Cette courte déclaration de l'actrice et photographe résume à elle seule les raisons de son silence et aussi du ressenti profond du cinéaste qui s'est alors senti coupable de son acte tout en tentant de le masquer aux yeux du monde.

Le milieu du cinéma s'est un peu comporté comme la Grande Muette lors de l'Affaire Dreyfus. On fabrique de l'artifice autour de la star. On prétend qu'il n'est pas l'homme que ses accusatrices dénoncent mais que les accusatrices sont irrémédiablement des affabulatrices. On protège l'institution jusqu'au bout pour ne pas la voir éclabousser de boue alors que seul le glamour et l'aura de lumière doivent resplendir aux yeux du grand public.

Si Polanski est coupable, le milieu du cinéma est coupable. Et si la victime n'a pas dénoncé à la justice elle s'est portée préjudice à elle-même durant toutes ces années. Tant pis pour elle.

Il est peut-être temps pour Polanski et le milieu du cinéma de faire leur coming-out et accepter la réalité des faits. 

Dreifuss était une victime toute désignée de l'antisémitisme régnant en France. Ne faisons pas d'une accusatrice de Polanski une victime de l'antiféminisme.

Pour ma part, je peux croire qu'une femme se taise durant 44 ans et que, ne supportant plus l'hypocrisie et la suffisance de son ancien agresseur qui se prend pour un cas comparable à Dreyfus, elle finisse par craquer en délivrant une vérité que le cinéma français voudrait bien voir cacher sous le tapis à jamais.

L'affaire Dreyfus au cinéma a fait éclater la vérité. Mais pas dans le sens ou la grande muette du cinéma l'aurait souhaité et pas dans le sens ou Polanski l'aurait voulu lui aussi.

Roman Polanski peut enfin à nouveau pleurer en demandant pardon à sa victime et en arrachant son masque de fer. Le fera-t-il réellement? Ce n'est pas du tout certain. Il pourrait garder avantageusement une allure méprisante tout en niant fermement les actes barbares envers celle qui a osé parler du crime alors qu'il lui avait implorer de garder le secret il y a 44 ans...juste après l'horrible scène de trahison de la féminité qu'il a commis en violant cette jeune fille.

Les Polanski d'un côté; les anti-Polanski de l'autre, deux camps qui risquent de se déchirer encore très longtemps sur cette affaire sauf si Polanski lui-même prend enfin le risque de surfer sur la vague de la sincérité et du pardon.

https://variety.com/2019/film/news/roman-polanski-rape-va...

Pourquoi Polanski malgré tout

Qui du génie ou de l'accusé triomphera? Ni l'un ni l'autre.

Le génie du cinéaste est certain. Comme sa psychologie tourmentée et son passage à l'acte certain eux aussi.

A-t-il réellement battu et violé, Valentine Monnier, cette jeune photographe, 18 ans à l'époque des faits, dans son chalet d'Helvétie, chalet qui deviendra durant quelques temps sa prison de luxe imposée par la Suisse pour un autre crime sexuelle, pédophile celui-ci, commis aux Etats-Unis et dont il a finalement reconnu les faits après les avoir nié dans un premier temps?

Roman Polanski s'affranchit de la justice en la fuyant. Et ses probables victimes ont attendu trop longtemps pour faire du cinéaste un condamné par la loi. A l'époque du Général De Gaule, il parait presque normal que l'homme domine et que la femme se soumette à son mari, même en cas de violence domestique. La loi du silence est la plus forte et la femme doit admettre qu'elle s'est mariée pour le meilleur et surtout pour le pire... Et Mai 68 n'a certainement pas voulu cette révolution de l'égalité au sein du couple... Mai 68 a donné la liberté aux hommes de séduire des très jeunes filles sous prétexte qu'elles apprendraient mieux la sexualité avec des hommes d'âge mûr... Mai 68 a libéré la femme de ses obligations de faire l'amour qu'après mariage et avec un seul homme pour la vie. Mai 68 n'a pas donné à la femme son statut d'égalité dans le couple. Et le machisme est resté ancré dans les consciences masculines et féminines.

Les abus de Mai 68 sont très nombreux, ce qui a conduit à la surconsommation, au surcapitalisme, et au...surhomme, Über en étant la marque symbolique d'aujourd'hui et le symptôme de cette espèce monstrueuse s'affranchissant des frontières, des devoirs, des obligations fiscales, soumettant les plus fragiles d'entre nous à des lois du travail hors-cadre traditionnel des rapports de force entre patrons et syndicats, et devenant, sous la seule contrainte des entreprises multinationales, la loi du plus fort et non plus la loi juste d'un capitalisme acceptable pour toutes et tous dans une démocratie ou chacun et chacune respectent les mêmes lois pour tous. 

L'homme moderne est devenu un barbe-bleu cannibale amateur de chair fraîche qui s'offre à même nos médias "libérés" un service de sexualité débridée et toute puissante, un vampire consommateur de chair se vendant à l'étale  à la place d'un homme affranchi de son injonction à la toute-puissance et au plaisir immédiat.

On demande et on admet bien à ce que la femme soit désormais consentante. On demande et on admet bien à ce que la femme soit ouverte et libre. Mais on ne demande plus à une femme d'être "respectable" dans ses rapports à l'homme et à l'amour. On la préfère putain ou/et salope. Et la pornographie, souvent hard, voir extrêmement hard, nous en dit énormément à ce sujet. Cette pornographie qui a envahi le Web et qui est omniprésente jusque dans les pubs "innocentes" vantant des crèmes glacées avec des langues féminines à damner un saint...

La femme se soumet à d'autres règles du jeu. Elle devient demandeuse et amatrice de scénario hard, bondage, fessées, gifles, viols fictifs, gang bang, et autres pratiques sexuelles dégradantes qui soumettent la femme au regard et à la violence de l'homme. Cela a beau être regardé sous le regard de la fiction pornographique. Les actrices et les acteurs sont pourtant bien réels, eux... Dans les faits, on fait de la réalité une fiction pour s'affranchir des lois punissables. Perversion sublime des hommes et soumission des femmes qui ne disent plus non...parce qu'au bout il y a un gros chèque à recevoir ou un homme qui a soumis le cerveau d'une femme grâce à une emprise réelle sur elle.

Roman Polanski a sans doute commis des actes sexuels accablants qui ont touché des jeunes femmes dans leur chair. Mais il faut s'interroger aussi sur notre façon de vivre la sexualité à notre époque où la chair a plus d'importance que l'être, où les relations entre un homme et une femme se limitent trop souvent à une chevauchée dans les toilettes d'une discothèque ou sur le siège arrière d'une voiture.

Si la violence est proscrite et bannie, que le consentement est obligatoire, les pratiques de domination et de soumission sont de plus en plus actuelles, voir 50 nuances de gris au cinéma... Et quand la réalité de nos fantasmes amoureux rejoignent la fiction, il est alors risqué de dire que le consentement est mutuel quand une femme, ou parfois un homme, se fait massacrer par son partenaire de vie lorsqu'une séparation et un divorce survient. La fiction n'est jamais bien loin du réel alors.

Attention aux pratiques sexuelles à risques. Il faudrait aussi nous prémunir du danger en plaçant volontairement un préservatif mental à nos consciences toujours capables de dérives et de manipulations de l'autre. Domination et soumission soft dans le jeu amoureux, oui, pourquoi pas. Mais domination et soumission hard, alors attention aux addictions et aux risques de violence réelle et de désordres mentaux dans la vraie vie.

Roman Polanski a dit qu'il en connaît un rayon sur les mécanisme de persécution des êtres humains. Lui et sa famille ont souffert de l'antisémitisme quand il était enfant. Mais nous savons aussi qu'une victime de persécution peut un jour devenir bourreau à l'âge adulte et créer de nouvelles victimes de ses actes. Et sans doute il y a un peu de ça dans le génie de Polanski. Un homme lumineux capable de bonté, de génie, de gentillesse. Mais aussi un homme plus sombre, tourmenté, animé par une violence intérieure et des pulsions sexuelles qui étaient alors incontrôlables à une certaine époque. Et quand on a la toute-puissance artistique, économique, ou politique, on obtient aussi l'impunité qui va hélas trop souvent avec. Les peuples victorieux écrivent l'Histoire. Les hommes victorieux en font de même. Mais la vérité est ailleurs.

J'irai voir le "J'accuse" de Polanski. Parce que le film est une oeuvre d'art, que le casting est magnifique, et que Roman Polanski reste un homme et non un monstre à bannir de notre société.

Mais je n'oublie pas ce que l'homme a fait à ses victimes libérées d'un trop lourd et trop long silence. Mais je n'oublie pas que tout génie a forcément des failles quelque part pour faire naître un tel génie. Pourvu qu'il reste d'abord du côté du bien plutôt qu'il ne se laisse emporter définitivement et tragiquement du côté du mal, voilà ce qui m'importe le plus au monde et voilà ce qui devrait compter pour la société.

Roman Polanski est un être total et un artiste total. Mais il n'est pas devenu un être totalitaire incapable de demander pardon et capable des pires crimes abominables comme un certain Adolf Hitler. Il a gardé un fort sentiment de culpabilité en lui même s'il veut nier en public certaines réalités de son existence qu'il aimerait oublier...Et plutôt que de les oublier il les sublime à travers son oeuvre cinématographique.

La fiction tirée à partir de faits authentiques qu'il a réalisé autour de l'affaire Dreyfus en est la preuve la plus éclatante. Il n'aime pas l'injustice. Il devra, un jour ou l'autre, reconnaître le mal qu'il a fait à Valentine Monnier il y a de ça 40 ans.

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La double réalité d'un phallus extraordinaire

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