20/04/2020

Covid-19 et libertés individuelles, attention!

La peur d'attraper la maladie semble avoir envahi les Helvètes.

Selon un sondage, nous serions une majorité à vouloir imposer le port du masque dans l'espace public ainsi qu'un vaccin obligatoire une fois qu'il sera disponible.

Vouloir se protéger des maladies infectieuses, c'est bien. Tomber dans une crainte démesurée de type paranoïaque c'est contre-productif et dangereux pour notre santé mentale.

Premièrement et jusqu'à preuve du contraire, la Covid-19 est une maladie essentiellement mortelle et dangereuse pour les plus de 70 ans et surtout les plus de 80 ans, âge où il est généralement admis qu'un être cher puisse mourir d'une maladie quelconque. S'il faut donc que les aînés se protègent de manière efficace contre cette maladie, il est moins évident de vouloir s'en protéger d'une façon absolue chez les plus jeunes. On meurt aussi de la grippe saisonnière...mais généralement pas avant un âge avancé.

La Covid-19 est malheureusement une maladie qui semble pouvoir se transmettre d'être humain à être humain toute l'année et de façon beaucoup plus contagieuse que la simple grippe. D'où un nombre exponentiel de malades au contraire de ce que disait l'OMS et la Chine lors des deux premières semaines d'infection officielle en janvier (en réalité, la maladie était déjà présente en novembre).

Vouloir se protéger à n'importe quel prix de cette maladie n'est donc pas conseillé pour les plus jeunes. Elle est nettement moins dangereuse que le SIDA, par exemple, et les séquelles semblent inexistantes ou peu conséquentes (pas de traitement trithérapique lourd et onéreux durant toute la vie). Les gens guérissent de la Covid-19 comme on guérit d'une grippe voir d'une pneumonie.

Entraver toutes nos libertés sur le long terme c'est faire de nous des êtres maladifs, anxieux, sans joie de vivre, et ayant sans cesse peur de l'autre dans sa vie quotidienne. Je ne suis donc pas pour le port obligatoire du masque en dehors de conditions spécifiques (lieux de travail où la distanciation sociale ne peut pas être respectée, parcours longue durée en train, en avion, en bus, en métro). Dans l'espace public, nous devons avoir le droit de respirer sans masque, sinon même sur nos balcons et terrasses, nous devrons aussi porter le masque nos voisins n'étant pas vraiment loin de nous...

Et comment feraient les gens pour manger ou boire avec un masque sur le visage. Le masque obligatoire c'est la mort définitive des bistrots. Qu'on se le dise. Le Conseil fédéral a le devoir de ramener à la raison (est-ce possible?) cette majorité de sondage gagnée par la phobie de la maladie qui se serait établie parmi notre population.

Concernant la vaccin, une obligation ne me semble pas d'actualité en ce moment. D'une part, nous ne sommes qu'en phase préparatoire d'un vaccin qui n'existera peut-être jamais, ou très très tard, comme pour le sida. Il y a d'ailleurs eu de nombreux échecs d'essais sur des populations concernant le sida. L'injection d'un vaccin inapproprié peut devenir tout aussi dangereux voir encore plus dangereux pour la santé publique.

Tant qu'on n'aura pas un candidat vaccin qui aura fait toutes ses preuves d'efficacité et sans effet secondaire grave, il est très prématuré de dire qu'un vaccin devrait nous être imposé de gré ou de force. Si un jour un vaccin semble donner une bonne protection immunitaire, alors pourquoi pas le recommander chaudement. Mais forcer les gens à se vacciner contre une maladie potentiellement peu dangereuse pour eux me semble une folie parce qu'alors il faudrait aussi forcer les jeunes populations à se vacciner contre la grippe de saison puisqu'elle tue aussi des personnes âgées... Et puis, à la fin, on pourrait aussi se voir imposer le port du préservatif obligatoire par une dictature populaire et avoir des espions de l'ombre derrière nos fenêtres pour voir si tout le monde, y compris les personnes mariées, portent un préservatif au moment de faire l'amour...

Le Conseil fédéral devra aussi faire son travail pédagogique en temps voulu pour éviter la dictature hygiéniste que de plus en plus de personnes voudraient imposer à tout le monde par pure phobie individuelle de cette maladie.

N'oubliez jamais qu'à chaque fois que vous entravez votre liberté et votre libre-arbitre au nom d'une peur irraisonnée vous donnez le pouvoir à des entités de l'ombre qui vous imposent alors leur jeu et leur pouvoir en toute quiétude. Après, il est trop tard. Vous avez perdu votre liberté, vous vivez derrière des fils barbelés, et vous devenez un être soumis, sans courage, sans volonté. Une marionnette au service d'un pouvoir occulte qui se sert de votre addiction à la peur pour vous dominer et vous rendre esclave de sa volonté.

 

 

19/04/2020

Rösti Corona chez Gastrosuisse

La Suisse alémanique et la Suisse romande semble aussi très divisées quant à la réouverture des cafés-restaurants

Le Président de Gastro Suisse a laissé éclater sa colère contre le Conseil fédéral qui n'a donné aucune date précise pour la réouverture des établissements publics, ce qui est bien évidemment impossible à prévoir à l'heure actuelle.Au mieux, le calendrier est établi au début juin; au pire cela pourrait être encore plus tard.

Pour Gastro Suisse, ça ne va pas du tout. Il faut ouvrir bien avant. Ce qui n'est pas très intelligent et très responsable dans les conditions de contamination actuelle du virus. De plus, et comme vient justement de le faire remarquer le président de Gastro Vaud, il faut un plan sérieux de sortie de crise avec un soutien, moins massif certes, mais toujours présent au niveau du chômage technique parce qu'au mieux les établissements réaliseront 50% de leur chiffre d'affaire prévu en temps ordinaire. Et je suis optimiste. Ne pas avoir de plan de sortie de crise solide condamnera une multitude d'établissements à la faillite et pour tous les autres, ceux qui tiendront sur la distance, un licenciement massif de leur personnel au moins pour plusieurs mois pour justement réussir à garder la distance et ne pas disparaître tout simplement.

Laisser ouvrir les établissements trop rapidement sans aucune préparation peut amener autant une deuxième vague d'épidémie qui serait alors mortelle pour toute l'économie du pays qu'un chômage dans la branche qui exploserait toutes les statistiques. On rentrerait dans une phase absolument critique pour le pays avec un état psychologique et social de la population qui plongerait dans des abîmes dont on n'ose imaginer la profondeur.

Il faut rester très prudent et la Suisse alémanique doit le comprendre. Actuellement, nous avons une moyenne des cas avérés atteints par la Covid-19 de 300 à 350 par jour. C'est encore beaucoup trop. Si on compte qu'il faut 5 à 7 jours pour que les symptômes se développent, pour les personnes qui ont des symptômes, cela fait au moins 2'000 personnes qui ont la maladie en ce moment et qui ne le savent pas dans notre pays romand. Ajoutons celles et ceux qui ne développent pas de symptômes et celles et ceux qui se soignent à la maison sans aucune consultation médicale avec du paracétamol (il y en a plus qu'on peut l'imaginer je suppose) nous pouvons affirmer, sans trop risquer d'être à côté de la plaque, que 4'000 à 5'000 personnes sont porteuses du virus et n'ont pas encore été pris en charge par les services médicaux et placées en quarantaine stricte.

Pour la Suisse romande, il s'agit au moins de la moitié de ces cas-là puisqu'elle est largement plus touchée que la Suisse alémanique. La Suisse romande compte un peu plus de 2 millions d'habitants. Dans les conditions actuelles, il y a sans doute un peu plus d'une personne sur mille qui porte le virus sans le savoir. Même si un restaurant perd beaucoup de clients, il faut tout de même envisager la visite quotidienne de 150 personnes (sur les deux services) pour un restaurant qui ne sert que des plats de restauration. On ne parle même pas de la fréquentation des restaurants qui offrent en plus une ouverture matinale ainsi que l'après-midi et le soir pour une clientèle qui ne consomme que des boissons.

Sur un mois complet d'ouverture 7/7, un restaurant de ville de grandeur moyenne accueillera ces prochains temps un minimum de 4'000 à 5'000 personnes. Statistiquement, cela donne la possibilité à 4 à 5 clients covid-19 par mois, qui ne connaissent pas encore leur état de santé et qui sont potentiellement transmetteurs du virus, de visiter un tel établissement.

Cela donne à réfléchir si effectivement mes calculs ne sont pas trop à côté de la réalité.

Gastro Suisse veut agir bien trop rapidement que possible. alors que Gastro Vaud veut agir aussi lentement que nécessaire avec un plan solide réellement construit sur des bases objectives qui permettrait de sauver la branche d'un immense désastre prévisible. 

Pour ma part, j'appuie chaleureusement la vision de GastroVaud.

 

L'instruction, une réalité de première nécessité

Nos enfants ne sont plus pris en charge par leurs professeur-e-s où instituteurs, institutrices.

Certains parents doivent même donner les cours à la maison parce qu'il n'y a même pas de cours à distance donnés par celles et ceux qui sont, en temps normal, chargés de donner les cours et payer pour cela, au contraire des parents.

En parallèle, les enfants sont presque insensibles à l'agression virale du Covid-19. Ils seraient, en outre, de mauvais vecteurs de transmission pour les adultes.

Alors que toute la société est petit à petit sommée de retourner au travail pour des raisons évidentes de survie économique, le corps enseignant semble se trouver de bonnes ou de mauvaises excuses pour empêcher un retour à l'école avant la rentrée des vacances scolaires d'été...

Il n'est dès lors pas très normal, dans ces conditions sanitaires plus ou moins favorables au monde scolaire, de laisser nos enfants à la maison sans instruction et sans surveillance puisque la plupart des parents vont reprendre dans les prochaines semaines leurs activités professionnelles. Exiger des parents de retour au travail qu'ils doivent en plus donner les cours à leurs enfants jusqu'à l'automne prochain (rattrapage du retard scolaire durant les vacances d'été compris!), en lieu et place des titulaires payés pour cela, c'est mettre une pression énorme sur leur capacité physique et morale pour y faire face.

Le corps enseignant n'a pas le droit d'abandonner ce pourquoi il a été engagé par la société. C'est-à-dire donner des cours aux élèves contre un salaire (par ailleurs bien plus élevé que beaucoup d'autres professions invisibilisées jusqu'avant la crise du coronavirus) payé par les impôts des citoyens, donc y compris par les impôts des familles précarisées à bas revenus. Le corps enseignant ne peut pas, par ailleurs, laisser grandir l'inégalité scolaire entre les milieux favorisés et les milieux défavorisés. Il a le devoir d'instruire les couches sociales les plus défavorisées qui n'ont pas et qui n'auront jamais les moyens d'une capacité d'instruction suffisante envers leurs enfants.

Le corps enseignant a un devoir citoyen envers la population au même titre que le corps hospitalier et médical. Il ne peut pas se camoufler derrière des excuses plus ou moins valables alors que l'on demande aux autres de retourner au travail dans des conditions qui ne seront de loin pas optimales pour leur sécurité et leur santé.

Il est donc nécessaire que le corps enseignant face preuve de solidarité et qu'il développe des solutions provisoires ingénieuses pour donner les cours aux élèves d'ici deux à trois semaines et non d'ici à quelques mois.

Les parents ont besoin de se savoir soutenus dans l'instruction de leurs enfants et les élèves ont le droit de poursuivre leur cursus scolaire de manière la moins perturbante possible.

Le corps enseignant ne peut pas avoir de privilèges particuliers vis-à-vis de toutes les autres professions dont on attend la reprise avec les difficultés économiques que l'on sait. Les profs ne risquent ni une perte de travail ni une remise en cause de leur salaire actuel et de leur indexation au coût de la vie qui ira grandissant ces prochains mois et années. Alors que les parents à charge d'enfants, auront déjà toutes ces réalités usantes et angoissantes à affronter dans leur vie professionnelle. Leur ajouter le devoir d'instruction pour leurs enfants par défaut et désertion des professeurs jusqu'en septembre, c'est intenable et insupportable pour les parents d'élèves.

 

 

L'épineux problème des cafés-bars-restaurants

Le ministre de l'Economie, Guy Parmelin, n'exclut pas une réouverture d'ici à quelques semaines des restaurants selon le déclin statistique des chiffres de l'épidémie.

Si en aucun cas les employés et patrons de cette industrie ne souhaite faire durer "l'oreiller de paresse" (je rappelle au Ministre les lourdes charges locatives de la plupart des entreprises et les salaires très bas qui, à hauteur de 80% du salaire indemnisé, ne permet de vivre qu'en mode "survie" pour la plupart des familles et célibataires de la branche), il est un élément de première importance à tenir compte: durant des mois, le chiffre d'affaire de ces entreprises ne pourra, au mieux, se situer qu'aux alentours du 50% de la normale, du moins pour ceux qui font salle complète voir qui ont ont régulièrement un renouvellement des tables durant le service.

Immanquablement, de très nombreux licenciements auront lieu dans la branche avec l'impossibilité de retrouver du travail pour les employés et employées. Dans les bars et petits restaurants se sera tout aussi graves. Les patrons ou couple de patrons se sépareront de la quasi totalité de leur personnel fixe et ne feront appel qu'à des extras pour des occasions bien particulières ou pour les soirées du week-end, par exemple. Les restaurants sans terrasse, par ailleurs, et ils sont un certain nombre, n'auront aucune chance de survie durant l'été parce que le confinement a agi sur la psychologie des gens. Tout le monde cherchera d'abord des places en terrasse pour éviter les miasmes du virus qui, selon certains experts, peuvent se diffuser jusqu'à 4 mètres de la personne.

Pour les bars ne servant que des boissons et une toute petite restauration sur le pouce, le côté divertissement sera complètement mis sous cloche vu les nécessités de contrainte sur la distanciation des personnes. En terrasse, on peut encore imaginer des aménagements pour autant que la surface autorisée soit importante, ce qui est très rarement le cas sans oublier que les patrons paient une forte redevance à l'Etat pour le droit à la superficie. Une terrasse insuffisament occupée engendrerait même des frais supplémentaires pour l'établissement au lieu d'un bénéfice attendu. Sans compter les désagréments certains pour la clientèle qui se verra prier de quitter les lieux plus rapidement qu'à l'ordinaire en cas de non-renouvellement de leurs consommations.

 

Pour le personnel de service et de cuisine, le port du masque semble inévitable pour respecter les directives fédérales. Question hygiène et mesures de distanciation, les cuisiniers travaillent souvent collés-serrés avec leurs collègues et cela durant des heures. Les cuisines sont souvent petites et ne permettent en aucun cas de maintenir la distance de sécurité préconisée. Les masques seront par ailleurs relativement inutiles, d'une part parce que le cuisinier doit goûter ses préparations et, d'autres part, parce qu'ils provoqueront des sensations importantes d'étouffement chez les cuisiniers dans les locaux peu équipés pour le maintien d'une température de moins de 40 degrés, voir même de 45 degrés lors des très hautes chaleurs estivales, devant les fourneaux. Il semble peu probable que le personnel puisse supporter de garder le masque sans interruption et respecter en tous temps les directives fédérales qui seront édictées.

Le problème des locaux d'aisance est un autre soucis. Le personnel partage, dans un certain nombre de cas, ces locaux avec la clientèle. Les moyens de désinfection des locaux mis en place seront donc insuffisants sauf à imposer des nettoyeurs, avec le coût que cela engendre, qui passent plusieurs fois par jour dans les locaux ou à exiger du personnel de service qu'il s'en occupe lui-même. Ce qui ne serait évidemment ni conseillé ni devoir être une obligation contractuel admise dans le contrat des employé-e-s.

Enfin, pour compléter ce tableau assez sombre, en cas de maladie parmi le personnel, et même pour un seul cas avéré, la mise en quarantaine du personnel deviendra obligatoire pour empêcher une propagation importante parmi la clientèle. Ce qui provoquera la fermeture de l'établissement pour au moins 14 jours. C'est impensable de l'imaginer avec la quantité de marchandise fraîche perdue, un retour au chômage partiel du personnel, et des charges continuant de tomber pour les patrons.

Pour une réouverture adéquate des cafés-restaurants-bars il faudrait que l'épidémie tombe à un niveau proche du zéro cas journalier déclaré de la Covid-19. Ce qui est encore très loin d'être le cas.

Il serait donc adéquat, voir indispensable durant quelques mois, que les patrons de la branche puissent avoir la possibilité de recourir au chômage technique en leurs accordant un droit partiel (par exemple de 50%) et limité dans le temps pour autant que le personnel soit exactement informé des demandes patronales auprès des autorités cantonales afin d'éviter les risques d'abus et de travail "gratis" des employé-e-s. Une mise au chômage pure et simple du personnel devenu non-indispensable serait catastrophique pour des dizaines de milliers de personnes en Suisse puisqu'elle entraînerait pour beaucoup d'employé-e-s à charge d'enfants le recours à l'aide social en plus du chômage vu le niveau des salaires trop bas dans la branche. D'autre part elle entraînerait une perte conséquente du pouvoir d'achat moyen de la population.

Donc non, Monsieur Parmelin, nous ne souhaitons pas du tout nous reposer sur notre oreiller de paresse. Nous souhaitons juste pouvoir travailler dans de bonnes conditions, ne plus angoisser quant à l'avenir des offres d'emploi qui seront disponibles dans notre branche, et vivre avec un minimum décent du fruit de notre travail.

La restauration-hôtellerie sera sans doute, avec l'aviation, la branche la plus impactée par cette pandémie mondiale. On se passerait bien de votre remarque maladroite et injustifiée mise sur le compte de la fatigue et du stress infernal que vous subissez en ce moment au niveau du Conseil fédéral. Je crois que nous trouvons très difficilement des gens paresseux dans cette branche professionnelle parce que les patrons ne les gardent alors pas bien longtemps comme employé-e-s...

 

 

18/04/2020

Les Fleurs du Mal et le Confinement

 

 

Si tu es client d'une fille, d'un garçon,

que tu te sens bien dans cette relation,

que tu as de l'argent et une situation,

comment peux-tu ne rien faire,

ne pas l'aider,

le laisser tomber dans la rue,

la laisser seule avec son enfants

sans aucun moyen de subsistance?

 

Si tu passes du bon temps

avec une fille de joie

par beau temps,

comment peux-tu jouer

à l'innocent

par mauvais temps?

Si le coq a chanté trois fois

pour Pierre,

il chantera aussi trois fois

pour toi

si tu oses lui répondre

que tu ne la connais pas

quand elle te demande

le secours de ta main généreuse

sans condition préalable.

 

Quand tu paies pour coucher,

tu ne paies pas seulement un service.

Tu paies aussi pour une relation humaine

avec une personne

qui te fait du bien,

qui te donne sa lumière

au milieu de tes soucis quotidiens.

Quand tu paies pour coucher,

ce n'est pas ton sexe et ton plaisir

qui fera de toi cet être humain

bon et généreux

qui ose se regarder

droit dans les yeux.

 

Alors, s'il te plaît,

arrange-toi pour donner

quelque chose à ses filles, ses garçons

qui ont loué leur corps

pour un instant d'oubli,

de plaisir, et de liberté.

 

Donne de ton argent

pour sauver le métier

de ces filles, de ces garçons

comme tu donnes au commerçant

pour l'aider à repartir,

ce clin d'oeil solidaire,

et ton soutien présent et futur

pour qu'il garde son bistrot,

son épicerie, sa boucherie,

son magasin de fleur.

 

Les filles et les garçons

ne pourront plus rien offrir

à leurs clients

au moins jusqu'à l'été.

Alors si tu es un homme,

un vrai, un gentleman,

tu te devrais de donner

à celle que tu as connu,

à celui que tu as connu,

pour tes rendez-vous galants

de sexe et d'attention.

 

C'est cela l'estime

des filles, des garçons,

leur dignité de travailler

et d'être reconnu-e-s

comme des personnes

à part entière

de cette société.

 

Fais ce geste,

toi le client,

toi le gentleman.

 

L'amour te le rendra bien.

 

https://www.letemps.ch/suisse/ne-vais-faire-lamour-un-mas...

 

Le crépuscule du soir

Voici le soir charmant, ami du criminel ;
Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel
Se ferme lentement comme une grande alcôve,
Et l'homme impatient se change en bête fauve.

Ô soir, aimable soir, désiré par celui
Dont les bras, sans mentir, peuvent dire : Aujourd'hui
Nous avons travaillé ! - C'est le soir qui soulage
Les esprits que dévore une douleur sauvage,
Le savant obstiné dont le front s'alourdit,
Et l'ouvrier courbé qui regagne son lit.
Cependant des démons malsains dans l'atmosphère
S'éveillent lourdement, comme des gens d'affaire,
Et cognent en volant les volets et l'auvent.
A travers les lueurs que tourmente le vent
La Prostitution s'allume dans les rues ;
Comme une fourmilière elle ouvre ses issues ;
Partout elle se fraye un occulte chemin,
Ainsi que l'ennemi qui tente un coup de main ;
Elle remue au sein de la cité de fange
Comme un ver qui dérobe à l'homme ce qu'il mange.
On entend çà et là les cuisines siffler,
Les théâtres glapir, les orchestres ronfler ;
Les tables d'hôte, dont le jeu fait les délices,
S'emplissent de catins et d'escrocs, leurs complices,
Et les voleurs, qui n'ont ni trêve ni merci,
Vont bientôt commencer leur travail, eux aussi,
Et forcer doucement les portes et les caisses
Pour vivre quelques jours et vêtir leurs maîtresses.

Recueille-toi, mon âme, en ce grave moment,
Et ferme ton oreille à ce rugissement.
C'est l'heure où les douleurs des malades s'aigrissent !
La sombre Nuit les prend à la gorge ; ils finissent
Leur destinée et vont vers le gouffre commun ;
L'hôpital se remplit de leurs soupirs. - Plus d'un
Ne viendra plus chercher la soupe parfumée,
Au coin du feu, le soir, auprès d'une âme aimée.

Encore la plupart n'ont-ils jamais connu
La douceur du foyer et n'ont jamais vécu !
 
Charles Baudelaire