13/07/2020

David de Pury et l'humour noir

La statue de David de Pury a été vandalisée la nuit dernière.

D'emblée, je tiens à préciser que je ne suis pas dans le coup histoire d'écarter tout malentendu sur mes intentions.

C'est ce matin, de passage sur la Place Pury, que j'ai pu constater l'agression du "baron" neuchâtelois qui a tant et tant donné à sa Ville natale.

Pour beaucoup de gens, c'est une honte, un acte de barbarie, un provocation scandaleuse contre une figure locale incontournable de notre passé neuchâtelois. Pour ma part, j'estime que l'acte commis la nuit dernière est condamnable en justice mais moralement acceptable au vu du développement intellectuel de la pensée  et du métissage.

De Pury a du sang d'esclaves sur les mains qu'on veuille bien le reconnaître ou non. Il n'a jamais fait acte de repentance. Il a admis comme fait accompli que l'esclavage faisait partie des moeurs de l'époque. On ne peut donc pas l'absoudre de tout crime contre l'humanité.

Pour bien me faire comprendre, je compare cet acte de vandalisme à un acte révolutionnaire non-violent permettant d'aller plus loin dans la discussion et le changement de société. Si on compare l'acte à une oeuvre d'art vandalisé, ce qu'elle est finalement, la personne ou le collectif responsable de cet acte revendique le droit à un nouvel espace de vie au centre de Neuchâtel qui permet à chacun et chacune de se reconnaître comme citoyenne et citoyen du canton.

De Pury, aujourd'hui, ne crée plus l'unanimité. Au contraire, il divise manifestement et ne rend plus vraiment service à notre communauté. Il a participé au pillage et à l'exploitation de la main d'oeuvre noire. Difficile de le nier. Il s'est enrichi sur le dos de la soumission des Noirs en faveur des colons Blancs. On rétorquera que Christoph Blocher était pour le régime d'apartheid en Afrique du Sud et qu'il a pourtant été élu Conseiller fédéral par le peuple et le Parlement helvétique. C'est donc que l'Histoire n'a pas encore totalement banni de son panthéon les figures paternalistes, racistes, et colonialistes...

En découvrant par surprise le méfait commis envers la statue de De Pury je ne m'en suis ni réjoui ni été choqué par l'acte. Cela devait arriver. C'était dans l'air du temps.

Maintenant que l'acte de sabotage a été commis, il faut vraiment se mettre à réfléchir pour trouver un nouvel emplacement à la statue du personnage. Ceux qui ont commis cet acte ne s'arrêteront pas en chemin. La prochaine fois, si cela doit être, ce sera sans doute un acte de sabotage bien plus conséquent et dangereux. Les jeunes qui ont commis le saccage de la statue ont voulu donner un signal fort. Si le signal donné reste lettre morte de la part des autorités et de la population en général, il est à craindre que d'autres actes de vandalisme auront lieu.

Il ne faut pas céder au chantage. Mais il ne faut pas non plus fermer les yeux sur l'évolution de notre société. Nombreux et nombreuses sont les personnes qui aimeraient que David de Pury soit dégagé dans un musée (d'Art et d'Histoire?) de Neuchâtel afin de faire de cette place emblématique un nouveau symbole démocratique et d'égalité entre nous toutes et nous tous.

Comme je passais par là, j'ai pris quelques clichés de la scène du crime de lèse-majesté...et j'y ai mis quelques touches d'humour noir.

A vous d'apprécier...ou pas.

 

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Le diable est dans les détails. De Pury va être passé au karcher

pour le laver du sang des esclaves.

 

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Le diable portant sa valise et le testament en faveur de la ville de Neuchâtel. Oui, le bienfaiteur bien-aimé avait son petit côté satanique.

Cela n'enlève rien à sa contribution massive. Mais il y a un Mais gros comme un trait que l'on voudrait tiré sur son parcours d'esclavagiste.

Il faut savoir se poser les bonnes questions dérangeantes. Est-ce qu'un proxénète, qui plus est, jamais repenti exploitant la sexualité des femmes pour fonder sa grosse fortune léguée par ailleurs à sa mort à la Ville, serait le bienvenu en statue et en plein centre de la Place principale de Neuchâtel?

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Le diable relevant la tête des esclaves.

 

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Vu de profil, le rouge lui va si bien

 

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Mais attention! Un David de Pury peut en cacher un autre,

une tête d'Horus sauvant la Ville du Chaos? Egyptomanes amateurs et amatrices à vos recherches historiques.

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C'est dépaysant n'est-il pas?

12/07/2020

Restauration-hôtellerie, les Suisses mécontents des services?

"Tout est trop cher. Les prix sont surfaits. La carafe d'eau est facturée. Tu paies fr.200.-- balles la nuit dans une auberge de jeunesse. La chambre d'hôtel n'a pas été rafraîchie depuis trois générations. Le personnel n'est pas accueillant pour un sou malgré des salaires trois fois plus élevés qu'à l'étranger."

Ne jetez plus vos miettes de pain sec à Marie-Antoinette de peur qu'elle ne meurt de faim, la Révolution citoyenne gronde et vole dans les plumes des hôteliers-restaurateurs.

Mais pourquoi donc tant de critiques négatives? Existe-t-il un problème très helvétique au sujet de l'inhospitalité supposée ou réelle de notre pays?

A dire vrai, rien n'est vraiment étonnant. J'ai trente ans de métier dans la branche et toujours la même insatisfaction autant comme ex-patron que comme employé. Trop de bâtons administratifs dans les roues, de coûts indirects très élevés en rapport au travail fourni (le salaire moyen d'un employé dans la branche est de fr.25.-- l'heure. Le salaire horaire d'un technicien venant de l'extérieur pour réparer la satanée chambre froide qui tombe en panne tous les deux mois ou la caisse enregistreuse varie entre fr.150.-- et fr.300.-- l'heure. N'allez donc pas raconter qu'un employé de la restauration gagne 3 fois le salaire d'un employé français ou allemand. Comparez ce qui est comparable). Il y a aussi trop de variables concernant l'affluence et l'abondance de la clientèle (météo, manifestations, groupes de voyageurs, etc.) qui donne des tournis à l'employeur et aux employés.

La gestion d'une entreprise de restauration n'est pas simple. Il faut compter encore sur l'absentéisme des employés, l'impossibilité de les remplacer au pied levé, le manque récurent de professionnalisme, etc.

Le mal principal est relativement facile à cerner. La branche de l'hôtellerie-restauration souffre terriblement d'un manque de reconnaissance nationale et d'une défense syndicale adéquate. Très peu d'employé-e-s sont syndiqué-e-s ce qui ne favorise guère une prise de défense offensive de la part des syndicats.

Des patrons profiteurs il y en a beaucoup. Des employés non-professionnels et peu efficaces aussi. Et les patrons trop profiteurs attirent plutôt les employés mal formés ou souffrant d'une situation précaire ne leur permettant pas forcément de jouer leurs cartes avec des patrons sympas et reconnaissants.

Ce que les gens ne savent pas où feignent de ne pas savoir c'est que les travailleurs et travailleuses de cette branche ont très peu d'avantages et beaucoup trop d'inconvénients pour réussir une vie privée épanouie. Les horaires par exemple, flexibles au possible et coupé en deux avec aucune compensation et majoration du salaire le week-end, entre autre. Dernière branche à ne pas être mieux payé le dimanche avec l'agriculture... Les jours fériés inexistants et trop souvent payés par le patron sur réclamation du personnel mais rarement de bon coeur par l'employeur. Les vacances qui sont rarement accordées selon le désir de l'employé mais imposées par le patron aux dates que lui exige...

Un exemple tout bête. Le Covid-19 a laissé des traces négatives pour la plupart des entreprises. Mais quelle entreprise a-t-elle eu le culot de dire qu'elle ne fermerait pas en juillet pour les vacances annuelles comme chaque année et que les employés et employées devraient rester à l'établi pour y bosser parce qu'il fallait bosser parce que sinon il n'y avait pas possibilité de déclarer du chômage partiel? Cela s'est-il passé dans l'horlogerie, dans le bâtiment, dans les services? Sûrement pas, le personnel serait alors descendu dans la rue avec les syndicats faisant tout un tsoin-tsoin dans les médias. Mes sacro-saintes vacances d'été à l'eau parce que mon employeur a fait ses calculs en sa faveur et que ses calculs les plus favorables lui disent que l'entreprise ne doit pas fermer ses portes pour trois semaines en juillet. J'hallucine! Jamais de la vie! Une telle pratique aurait été impossible dans l'immense majorité des entreprises. Dans la restauration, c'est clairement possible et cela dans la plus grande discrétion et le silence syndical le plus total.

Donc l'employé subi et ferme sa gueule...ou presque. Aux dernières nouvelles, notre entreprise se porte bien. Elle a même réalisé un meilleur chiffre d'affaire que l'an dernier au mois de juin because la pluie et le froid au rendez-vous après deux mois de confinement resplendissant. Quand on n'a pas de terrasse, on a le cul bordé de nouilles, le flair des bonnes affaires et, en plus, la sainte trinité avec soi et le recours au temps partiel, les RHT providentielles qui tombent à pic pour le patron mais coule à pic les salaires des travailleurs et travailleuses. Par contre, mon petit Sarkozy d'employeur a trouvé encore mieux comme formule: la semaine à 36 heures mais si nécessaire prolongées jusqu'à 43 heures because les RHT. Pour l'employé, ça se résume ainsi. Tu restes au job si des clients arrivent juste après le début de la RHT. Donc tu prévois rien dans ta vie durant ce laps de temps où tu es tout de même sensé rester au travail. En plus t'as plus bossé en terme productif que l'année dernière à la même période mais t'a fait moins d'heures au final. CQFD. Donc tu gagnes moins pour avoir mieux travaillé et ton boss économise des salaires et renfloue son manque à gagner durant le confinement. Super cool. Et ce cirque pas trop sympa durera des mois et des mois, voir des siècles et des siècles. Amen. L'employé de la restauration ferme toujours sa gueule...

Maintenant, d'un autre point de vue, celui du client, si vous n'êtes pas satisfait des services de notre restaurant, il faudra repasser. Ce serait un stupide accident de notre part. Parce que chez nous le client est le plus souvent satisfait de son repas et parfois même remboursé si le menu choisi lui semblait désastreux ou pas à son goût (c'est très rare mais les clients insatisfaits et profiteurs ça existe aussi). La preuve de notre réussite même après le tsunami Covid-19: nous refusons souvent du monde, nous cartonnons même sans terrasse, nous courrons avec nos casseroles et notre cher patron sait y faire parfaitement pour vous satisfaire. Malgré le coronavirus qui a diminué nos salaires de façon durable et indéterminée et sans que la presse de toute l'Helvétie en fasse ses choux gras, malgré le manque de reconnaissance que nous subissons, nous continuons à vous servir la fleur au fusil et non au coup de fusil.

C'est notre manière à nous de faire passer le mot de la révolution en douceur et sans y avoir l'air.

Ne dites pas que nous n'avons pas le sens de l'hospitalité. Il y a seulement des établissements où le métier est de satisfaire chaque jour la clientèle, même en râlant parfois sur l'arrivée très tardive des clients, et d'autres où les clients sont des pigeons de passage qui remplissent les poches d'un patron pas très honnête ni très professionnel.

La gastronomie a besoin d'une bonne révolution!

A lire et à méditer, surtout par les patrons de l'hôtellerie-restauration de notre pays:

https://blogs.letemps.ch/veronique-dreyfuss-pagano/2020/0...

11/07/2020

La régression Erdogan

Le Président Erdogan vient de rendre à l'islam religieux un trésor multiculturel de l'humanité.

Le geste est fort et il donne un signal très inquiétant. L'ex-basilique Sainte-Sophie du IVème siècle de Constantinople reconvertit en mosquée en 1453 sous Mehmet II et l'invasion ottomane  puis finalement remise en 1934 comme "trésor de l'humanité" sous Mustafa Kemal et transformée en musée mondialement célèbre se voit donc soumise une nouvelle fois au culte de la religion musulmane.

La Turquie si prête, avant l'arrivée d'Erdogan, de rejoindre l'Union européenne laïque de par ses institutions et sa culture actuelle continue son lent recul vers un islam politique source de dangers et de conflits futurs.

C'est très inquiétant non seulement pour la stabilité et la paix en Turquie, pour les minorités qui y vivent, mais aussi pour l'équilibre du continent européen et de l'Eurasie. La Russie de Poutine ne voit pas cela d'un très bon oeil pas plus que l'Europe.

Sainte-Sophie était devenue un monument incontournable de la concorde entre chrétiens et musulmans où la religion n'était plus fanatisée et prise comme croyance absolue. La laïcité du bâtiment voulu par Mustafa Kemal était un coup de génie et d'ouverture sur le monde et la connaissance.

Tellement décevant que le retour au tout religieux devienne une priorité absolue du gouvernement turc et de son Président Erdogan.

Le monde doit déjà affronter tellement de menaces et de crises. Si en plus la religion redevient à son tour un objet de tous les combats et de tous les objectifs politiques, nous sommes vraiment fichus en tant qu'Humanité universelle solidaire et ce n'est ni Allah ni n'importe quelle autre croyance en Dieu qui sauvera notre espèce de ses fanatismes particuliers et terriblement destructeurs.

https://www.francetvinfo.fr/monde/turquie/turquie-la-fran...

10/07/2020

Le business de la mort

Certains pays semblent avoir fait leurs calculs.

A l'image des Présidents des Etats-Unis et du Brésil, ces pays ont opté pour la politique du pire, la politique du mal qui donne cepndant des effets bénéfiques à la pharma et à l'économie (pas de quarantaine, pas de gens qui ne font rien et détruisent, par leur absence au travail, le tissu économique et créent du chômage) tout en rayant de la carte la population vieillissante et "improductive".

Le monde a largement dépassé le cap des 12 millions de contaminés et du demi-million de morts attribués à la covid. Mais celles et ceux qui meurent sont d'abord les plus âgés, ensuite les plus pauvres qui ne peuvent bénéficier d'un traitement médical adéquat où, du moins, qui limite les risques de complications et de mourir.

500.000 morts en 6 mois c'est davantage que tous les morts de Syrie en huit ans de conflit. On a beau vouloir se persuader que la fatalité y est pour beaucoup, en fait il n'en est rien. Les pays asiatiques ont su circonscrire le fléau à sa portion congrue. Il est vrai, les méthodes dictatoriales de certains pouvoirs dont la Chine, ne nous conviennent pas du tout et nous ne voulons pas de ça chez nous. D'ailleurs, l'Europe, après un premier temps de panique du à un manque d'équipement et de méconnaissance de ce virus, se débrouille pour le moment fort bien pour circonscrire et réduire la force de frappe du virus.

La Suisse a connu une alerte la semaine dernière avec une remontée rapide des cas détectés sur le territoire ce qui a abouti au port du masque obligatoire dans les transports publics. La mesure est sans doute un peu trop rigide mais, aux premiers jours de la mesure, elle semble avoir porté ses fruits. Les gens, dans leur grande majorité, portent le masque mais le retirent aussitôt en quittant le véhicule de transport. Et même durant le trajet les gens ont compris qu'ils devaient s'imposer le masque en cas d'affluence et pouvaient le baisser sur le bas du visage si personne ne venait s'installer à moins de 2 mètres d'eux. C'est ce qui s'appelle de l'auto-contrôle et de la discipline communautaire bien comprise. Il ne faut pas être stupide. Si un restaurant peut laisser ses clients mangés en paix sans masque sur le visage alors le danger d'être contaminé n'est pas pire dans un cas comme dans l'autre.

Dans notre pays, nous préférons la prévention réfléchie aux risques de contamination libre. D'autres pays, on choisit de sacrifier une partie de sa population, de lui imposer, par leurs négligences et leur cynisme, non pas le masque mais l'exposition à un virus dangereux. Cela permet au business de faire des affaires comme si de rien n'était et aux pharmas de se remplir encore plus grassement les poches. La question que l'on peut poser à Trump ou à Bolsonaro, entre autres, c'est à partir de quel pourcentage de morts et de dévastation sur l'économie (développement grave de la maladie et populations décimées des plus jeunes au travail) ils décideraient enfin de prendre des mesures sensiblement égales aux nôtres pour enrayer la pandémie.

Mais les journalistes posent rarement les bonnes questions pour ne pas mettre dans l'embarras les chefs d'Etat. En attendant, ce seront donc des millions, voir des dizaines de millions de morts, à travers la planète avant de découvrir un médicament vraiment efficace voir un vaccin qui permettront de nous débarrasser en grande partie de ce virus.

Jugera-t-on un jour ces chefs d'Etat irresponsables, incompétents, et cyniques pour crimes contre l'Humanité? C'est une autre histoire que l'Histoire ignorera sans doute pour préserver la concorde et la diplomatie entre les peuples.

 

09/07/2020

Pavillons Corona (vision d'artiste)

Par les temps qui courent toute initiative est bonne pour alerter nos populations sur la dangerosité et le degré de contamination du Covid-19.

Alors imaginons-nous que durant cet été la Croisière s'amuse masquée quant il faut où il faut. Et pour cela rien de mieux que des couleurs et un pavillon pour donner le "la" du danger encouru.

Neuchâtel a réalisé une grande première suisse si ce n'est mondiale. Elle bat désormais pavillon. Lire ici: https://www.lematin.ch/suisse/neuchtel-hisse-drapeau-pand...

Bon. C'est juste une couleur. Mais avec un emoji ça serait plus drôle et sympa afin de dédramatiser la moindre.

Alors j'ai justement sous la main une photo transformée de notre lac de Neuchâtel pris au clair de lune...

C'est assez marrant comme résultat. C'est tiré d'un des clichés réservés comme défi proposé par le NIFFF. C'est assez différent de ce que je vous ai livré pour ce défi. Mais c'est pas mal aussi. Enfin, à mon goût.

 

 

Les 4 Pavillons du Coronavirus

 

 

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Cool Raoul

 

 

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Tranquille mais vigilent

 

 

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Se masquer aussi souvent que nécessaire

mais le moins souvent que possible

 

 

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Tous aux abris. Sortez couverts et masqués au bal du Corona Boat People