09/09/2021

Le boulevard des aliénés vers une vaccination obligatoire

L'enfer est pavé de bonnes intentions et la Berne fédérale est pleine de bonté et de fermeté pour faire plier la résistance aux vaccins.

Mais si la route est semée de ronces pour y parvenir, le but est limpide: il faut vacciner toutes et tous pour lutter contre le coronavirus. Et tant pis si la voie choisie nous rendra dépendant longtemps voir définitivement de la médecine vaccinale.

Comme des porcs ou des poulets à la ferme, il nous faudra pendre, oups lapsus révélateur, prendre la piqûre salvatrice sans broncher pour soi-disant ne pas prendre de risque d'infecter le cheptel des bien-portants dépendant pourtant de la pharma pour vivre en bonne santé... Des malades ignorants leur maladie en quelque sorte. Les récalcitrants et récalcitrantes qui iront au bout de leur refus seront mis au ban de la société. Considéré-e-s comme réfractaires et fous, ils et elles seront chassé-e-s jusqu'aux derniers de tous les lieux publics.

L'image est crue. Mais c'est bien de cela qu'il s'agit désormais.

Au bout de cet enfer pavé de bonnes intentions, que trouverons-nous comme société? Obnubilés par le tout vaccinal, nos Etats s'en remettent à la toute-puissance vaccinale pour nous prévenir d'une maladie assez inoffensive pour l'immense majorité des personnes. Mais il semble, à première vue, que malgré la vaccination globale, SARS-COV2 sera toujours là pour frapper des personnes vaccinées qui finiront à l'hôpital et aux soins intensifs. Cela a beau n'être qu'une personne sur dix actuellement, c'est quand même le cas.

Il faudra donc revacciner encore et encore pour nous redonner un booster immunitaire et nous éviter les formes graves de la maladie. Mais nous n'aurons toujours rien compris de l'origine et des mutations improbables de ce satané virus.

Avons-nous choisi la route de l'enfer médical? Avons-nous été manipulés puissance mille par des entreprises pharmaceutiques toutes heureuses de profiter d'un marché inépuisables? Avons-nous vendu nos âmes au contrôle de Big Brother?

Des questions que plus personne, ou presque, n'a envie de se poser. La route a été choisie. Il y a bien quelques sonneurs de cloche qui s'agitent dans la capitale bernoise pour nous rappeler à nos libertés chèrement et durement acquises au temps de Guillaume Tell et de la Révolution de 1789. Rien n'y fait. La Gauche, la première, est pour la vaccination obligatoire en France mais aussi en Suisse, sans doute. Elle fait pleinement confiance à la Science pour nous sortir des confinements et renie étonnement son combat contre "les puissances démoniaques de l'argent et ses représentants tout-puissants" qui usent et abusent de nous, profitant de nos peurs et de notre parano, en nous rendant esclaves de ce système ultra-capitaliste.

Plus grand chose à espérer de ce monde qui part en vrille si ce n'est de se tourner vers les poètes symboliques et la folie, le sublime, l'éternel beauté des Fleurs-du-Mal. Triste consolation mais joyeuse humanité.

 

Quelques instants plus tard, me tutoyant, elle reprenait son antienne, et me disait : « Tu es médecin, n’est-ce pas, mon chat ? »

Cet inintelligible refrain me fit sauter sur mes jambes. « Non ! criai-je furieux.

— Chirurgien, alors ?

— Non ! non ! à moins que ce ne soit pour te couper la tête ! S… s… c… de s… m… !

— Attends, reprit-elle, tu vas voir. »

Et elle tira d’une armoire une liasse de papiers, qui n’était autre chose que la collection des portraits des médecins illustres de ce temps, lithographiés par Maurin, qu’on a pu voir étalée pendant plusieurs années sur le quai Voltaire.

« Tiens ! le reconnais-tu celui-ci ?

— Oui ! c’est X. Le nom est au bas d’ailleurs ; mais je le connais personnellement.

— Je savais bien ! Tiens ! voilà Z. celui qui disait à son cours, en parlant de X. : « Ce monstre qui porte sur son visage la noirceur de son âme ! » Tout cela, parce que l’autre n’était pas de son avis dans la même affaire ! Comme on riait de ça à l’École, dans le temps ! Tu t’en souviens ? — Tiens, voilà K., celui qui dénonçait au gouvernement les insurgés qu’il soignait à son hôpital. C’était le temps des émeutes. Comment est-ce possible qu’un si bel homme ait si peu de cœur ? — Voici maintenant W., un fameux médecin anglais ; je l’ai attrapé à son voyage à Paris. Il a l’air d’une demoiselle, n’est-ce pas ? »

https://fr.wikisource.org/wiki/Mademoiselle_Bistouri

https://www.erudit.org/fr/revues/etudfr/2004-v40-n2-etudf...

https://books.openedition.org/septentrion/84596?lang=fr

https://www.ouest-france.fr/sante/vaccin/la-france-va-t-e...

 

08/09/2021

2,5 millions d'adultes exclus de la vie participative

Sans vaccin, je n'ai plus la possibilité de voyager à l'international et de voir mes enfants et petits-enfants, de rendre visite à mon père hospitalisé, de consommer à l'intérieur des cafés-restaurants, de me rendre au cinéma ou au théâtre, en discothèque ou dans un bar de nuit.

La pression est intense et définitive. Les déjà vaccinés ont le triomphe arrogant. Nous sommes sommés de faire comme eux et surtout d'avoir compris la leçon du Conseil fédéral d'aujourd'hui qui nous demande instamment de prendre ce fichu vaccin au nom de la solidarité confédérale.

La réalité, il faut bien le constater, c'est que les personnes hospitalisées pour cause de covid sont à 9 personnes sur 10 des non-vacciné-e-s.

Face à cette réalité, le vaccin semble vraiment être l'outil le plus adapté pour nous sortir de la pandémie. Mais on ne parle jamais publiquement de l'autre réalité hypothétique. Celle à laquelle personne ne peut répondre aujourd'hui puisque le futur n'est pas écrit. Au nom d'une volonté et d'une efficacité immédiate, on nous demande instamment de passer par le stade vaccinal sans dire ce que cela pourrait nous coûter en terme de santé collective à plus long terme.

C'est donc 2,5 millions d'adultes, qui n'ont pas encore voulu de ce vaccin, condamnés aujourd'hui à mettre en sourdine leur conviction personnelle et de se soumettre à la majorité sans jamais avoir passé par le stade d'une votation populaire concernant une obligation de vaccin.

Qui est responsable du paiement de la franchise et des soins hospitaliers en cas de vaccination qui se passerait mal? La personne vaccinée, bien entendu. Berne ne fera pas cadeau des frais médicaux engendrés et d'éventuelles pertes de gain pour absence au travail (tout de même 20% du salaire puisque l'accident vaccinal tomberait sous le coup de la "maladie"). On aurait pu au moins en discuter démocratiquement pour chercher les responsabilités engagées par les firmes pharmaceutiques et l'Etat dans ce genre de cas dramatique.

Qui sera responsable à long terme d'éventuelles conséquences négatives sur la santé des personnes due à la vaccination de masse? Nous n'en n'avons pas non plus parler démocratiquement. Et pourtant, la technologie ARN n'en est qu'à son stade expérimental au niveau d'une vaccination de masse.

Désormais, il faut bien parler d'une vaccination obligatoire puisqu'il faut s'attendre à ce que près de la 90% de la population adulte subira l'acte vaccinal au final. Presque personne ne pourra résister à tous ces interdits cumulatifs.

Pour ma part, je ne sais pas jusqu'à quand je résisterai à tous ces interdits. Je suis comme Adam devant l'arbre de la tentation et le serpent Moderna me séduisant avec maints arguments et maintes pressions en arguant qu'il est vraiment temps de mordre au fruit de la science ADN messager pour retrouver le paradis sur Terre et le goût de la liberté. Ne pas se retrouver cloué sur un lit d'hôpital avec des tuyaux partout étant évidemment la dernière condamnation christique à laquelle j'échapperais fort heureusement en cas de vaccination. Comment résister à un tel choc argumentaire afin de ne pas passer pour un imbécile intégral?

De quel côté Dieu se tient-il? A suivre le pape, certainement du côté du vaccin. A suivre le Conseil fédéral, certainement du côté du vaccin. Mais pour un gars qui a passé pas mal de temps du côté des exclu-e-s et des plus faibles de la société, sa vision est forcément un peu décalée. Le vaccin permet d'abord à la machine économique de reconquérir des parts de marché très importantes et de foncer tête baissée vers une apocalypse climatique et humaine dont les ultra-milliardaires prétendent qu'elle n'existera jamais. Pourvu que tout continue comme avant selon eux.

Je suis peut-être un grand bêta mais pour le moment je résisterai encore à la pomme Moderna. J'aime la science quand elle ne contraint pas ni impose sa loi totalitaire à toutes et à tous au nom du bien commun. Il y a comme quelque chose qui ne sonne pas juste dans ce discours pour le moins ambigüe.

Je crois que de notre temps, la société me la fait à l'endroit comme à l'envers et que je ne sais plus à quelle sainte me vouer. D'où mon doute existentiel. Mylène, t'es toujours belle et exquise, tu sais?

 

12 milliards de doses vaccinales d'ici fin 2021

Il y aura suffisamment de doses vaccinales produites pour vacciner théoriquement et complètement 6 milliards de personnes sur 7,8 milliards de personnes vivant sur la Terre d'ici l'année 2022.

Il est dès lors fort probable que d'ici le printemps prochain, l'entier de la population mondiale aura, toujours théoriquement, reçue ses deux doses vaccinales et que SARS-COV2 devrait être rayé de notre planète... Sinon à quoi aura réellement servi le vaccin?...

Bien entendu, dans la vraie vie, ni l'entier de la population n'aura reçu ses deux doses vaccinales ni SARS-COV2 aura été éradiqué de notre planète grâce au pouvoir magique du vaccin. Tout au plus aurons nous d'un côté les pays riches qui se seront lancés dans une course radicale à la vaccination imposée par les Etats grâce à la chasse drastique de toutes celles et tous ceux qui auront encore échappé à la piqûre salvatrice et, de l'autre, des pays pauvres dont la population défiera la logique des pays riches en refusant de se faire piquer par des produits occidentaux ou d'autres produits fabriqués ailleurs du côté de la Chine ou de la Russie.

Logiquement, pour suivre la ligne commerciale des firmes qui produisent le vaccin, il y aura une pression énorme sur les gouvernements pour qu'ils donnent l'autorisation d'une 3ème puis d'une 4ème dose vaccinale (Israël est dans la course...) "pour enrayer la pandémie".

Non. Le virus ne sera alors pas un mauvais souvenir. Il hantera toujours nos vies et la vaccination fera partie entièrement de nos contraintes citoyennes avec son pass sanitaire qui permettra une surveillance globale de nos existences et de tous nos déplacements. En réalité, il sera un outil bien plus efficace que la carte d'identité ou le passeport pour la police et l'Etat fouineur. La liberté de déplacement des personnes sera conditionnée à l'obtention du sésame sanitaire...et tellement d'intérêts seront alors en jeu qu'une disparition hypothétique du virus gâcherait l'ambiance policière si pratique et avantageuse pour les gouvernements et les firmes cotées en Bourse voyant alors d'un très mauvais oeil la renonciation aux bénéfices mirobolants obtenus grâces aux vaccins. Ce n'est plus de la science-fiction sortie d'un roman c'est notre réalité.

La machine infernale est lancée. Il est prévisible qu'elle ne s'arrêtera pas de sitôt. Nous aurons alors basculé dans un monde parfaitement hygiéniste où, à partir d'une seule maladie relativement peu dangereuse pour l'immense majorité de la population (du moins avant les vaccins), le système aura réussi à mettre une surveillance de masse globale et intégrale sur nos vies et nos déplacements.

Il faut continuer à s'en prendre aux non-vacciné-e-s. Ils sont tellement ridicules dans leur volonté d'imaginer que la pandémie n'est qu'un vaste complot pour réduire nos libertés soumises désormais à notre prise vaccinale annuelle.

En Suisse, la maladie progresse à nouveau et aujourd'hui le Conseil fédéral devrait durcir sérieusement l'accès à la circulation et à la consommation des personnes non-vaccinées. La machine vaccinale va profiter à plein régime de ces nouvelles mesures liberticides et bientôt, comme dans les autres pays, nous atteindrons le chiffre tant espéré de 80% à 90% de personnes adultes vaccinées.

A partir de ce chiffre, plus aucune résistance sérieuse n'existera et seule une hécatombe de personnes atteintes dans leur santé suite aux vaccinations successives imposées pourrait un jour venir enrayé une machine si bien huilée et orchestrée. Il faut vraiment espérer que les produits injectés dans nos bras soient aussi purs et inoffensifs que vanter par la pub. Sinon les moutons, qui auront bien obéi aux loups aux dents aiguisées, pourraient créer quelques perturbations monstres dans la rue.

Si nous ne sommes pas à l'abri du SARS-COV2, nous ne sommes pas non plus à l'abri de foules en colère qui réclameraient réparations et sanctions contre les responsables de ce qui serait alors un nouveau scandale sanitaire à l'échelle de la planète... Mais là, nous nageons en pleine science-fiction. Le vaccin est peut-être bien cette arme fatale scientifique anti-covid et inoffensive qui nous protège et nous dorlote dans nos convictions... Wait and See.

 

 

 

07/09/2021

Pas de connaissance en vaccinologie...comme tout le monde

Non. Pour reprendre les termes d'un commentateur, je n'ai pas de connaissance en vaccinologie.

Mais doit-on connaître l'art de la médecine pour garder une certaine prudence envers tout ce qui arrive de nouveau du côté de la science?

Quand sont arrivés les OGM, on nous a présenté cela avec tellement de bienfaits pour l'Humanité que j'ai gobé le discours des scientifiques. Cela allait être super. Une population entièrement nourrie sur la Terre grâce aux nouvelles semences transgéniques ultra-résistantes. Avant de déchanter sur les conséquences réelles liées aux OGM pour la biodiversité des semences et la dépendance de l'agriculture envers ces sociétés productrices de ces semences très spécifiques.

Et puis avant cela, il y avait eu les miracles des engrais révolutionnaires de la chimie et nos paysans et paysannes ont foncé têtes baissées vers le miracle de la science, présentée tel Jésus multipliant les pains et le vin aux Noces de Cana. On tenait nos nouveaux dieux terrestres qui nous offraient monts et merveilles pour toujours...

Ouais. Effectivement. Je connais rien aux vaccins ni pas grand-chose en science mais j'ai été vaccinée quand j'étais enfant. Et j'ai même pris mon rappel et ma dose contre le tétanos avant de filer vers la Turquie il y a quelques années. Comme quoi, je ne suis pas un vieux con fini qui refuse toute la médecine moderne en bloc.

Comme chaque citoyenne et citoyen suisse, je donne juste mon avis sur un vaccin révolutionnaire et je refuse, pour le moment, de l'injecter dans mon bras malgré toutes les pressions extérieures et les ennuis que cela génèrent.

Pourquoi faudrait-il voter sur l'obligation vaccinale? Simplement, parce que certains et certaines n'ont déjà plus le choix. Ils et elles doivent se faire vacciner contre la covid si elles et ils veulent garder leur job. C'est complètement arbitraire et d'une injustice crasse pour celles et ceux qui doivent faire ce vaccin alors qu'ils et qu'elles ne voudraient pas. On les force. Et je n'aime pas ça du tout car aucun vote du peuple n'a donné son accord collectif pour un vaccin obligatoire. Et puis, une votation aussi capitale pour notre destin communautaire obligerait les médias à consulter tout le monde, les pro comme les anti-vax, et cela de manière juste et équilibrée. Cela donnerait la parole aux anti-vax alors qu'aujourd'hui, ils sont bafoués dans leurs droits d'intervention médiatiques sur les canaux officiels. Un non dans les urnes à l'obligation vaccinale forcerait les autorités à revoir leur copie. Un oui à cette obligation ne serait obtenu qui si nos autorités imposent aux pharmas des prix loin de tout calcul ultra-bénéficiaires et surtout une prise de risques financiers et une obligation de dédommagements aux potentielles victimes de la vaccination. Aujourd'hui, nous n'avons rien de tout cela. Le et la vacciné-e doivent assumer l'entier des risques consécutifs à la vaccination parce que la vaccination est basée sur le volontariat alors qu'on l'Etat l'impose de fait.

Voilà. Je crois avoir répondu par ce billet aux deux derniers commentaires laissés sur ce blog. 

Pour moi, il ne s'agit pas de croire ou ne pas croire. Il s'agit de réfléchir avec conscience et responsabilité aux conséquences de nos actes. Avoir la foi en un médicament ou un vaccin ne sert à rien. J'écoute simplement les uns et les autres. Des compétences qui s'opposent à d'autres compétences. Et je vois que la science n'est pas d'accord et qu'elle se contredit beaucoup. Je fais mon choix en fonction de ce que j'entends et j'accorde ma confiance d'abord aux personnes qui ne me mettent pas une pression incroyable pour que je me vaccine ou pas.

On peut dire que je suis vacciné contre la manipulation des esprits et les comportements moutonniers. Tant pis si cela passe mal et que les personnes m'évitent. La solitude est bonne conseillère. Les comportements moutonniers des uns et des autres sont par définition grégaires et n'apportent pas de nouvel éclairage critique sur la situation du monde. Pire. Vivre en mouton, c'est se lier au dogmatisme ambiant et n'être plus en alerte sur l'état du monde et de la société dans laquelle on vit.

 

 

La Dîneuse consolante, oeuvre perdue d'Henri Huguenin?

Egarée dans un grenier, longtemps cachée aux yeux du monde, une femme allongée, nue, ni jeune ni vieille, sans âge pourrait-on dire, est venue s'allonger sur ma table à manger.

Je la contemple et je trouve, à l'heure de l'apéro, que mes convives fantasmés pourraient bien aimer et être agréablement surpris par cette touche d'érotisme culturel tout en trinquant avec un verre d'un bon vin blanc pétillant de Neuchâtel.

Elle est revenue de Suisse allemande par la train, d'un petit bled perdu des environs de Winterthur plus précisément. Elle est en plâtre teinté d'un vernis bleu-vert émeraude grisâtre. Elle a reçu quelques coups et égratignures et le plâtre est à peine fissurée au niveau de la nuque. Elle a du être suspendu à un mur, jadis. Mais depuis quand vivait-elle dans un grenier abandonnée de tout le monde? Mystère. La personne qui me l'a vendue ne sait rien sur elle.

Elle porte une signature à sa base, un monogramme. Difficile à déchiffrer. Mais un double H collés l'un à l'autre semble probable à moins que non. Le mystère reste entier. Je l'ai déposée délicatement sur ma table de cuisine et je crois qu'elle va rester là pour nos dîners futurs. Je l'ai d'ailleurs appelé "La Dîneuse consolante" parce qu'elle me tient compagnie et qu'elle me parle réellement bien qu'elle soit muette comme un plâtre.

J'essaye de me convaincre qu'elle pourrait avoir été conçue, tiens j'utilise un drôle de mot, par Henri Huguenin peu avant sa mort. J'ai cherché des points de comparaison avec ses rares oeuvres personnelles sculptées hors médailles. C'est d'ailleurs le buste de sa mère, réalisé peu avant sa mort et intitulé "Ma mère", qui m'a tout de suite fait pensé à une oeuvre inconnue d'Henri Huguenin. Mais rien n'est moins sûr. L'artiste n'avait guère l'habitude de créer des bronzes ni même des médailles de femmes nues. La seule que je connaissance où une jeune fille est entièrement nue, à genoux, et plantant un jeune arbre, est la médaille créée pour l'inauguration de la Société des Nations, médaille d'ailleurs posthume puisque Henri Huguenin est mort plusieurs mois avant la sortie de cette médaille le 15 novembre 1920.

Voir ici un exemplaire de cette médaille: https://numispassion.ch/produit/medaille-geneve-1920-prem...

Ci-dessous, vous trouverez une page de Proust qui se trouve dans "Le Temps retrouvé". La belle dame, elle aussi, a retrouvé le temps où on l'admirait jadis. Sur ma table, elle dîne avec moi. Mais déjà, des satyres tentent de la dévorer et de me l'enlever...

" (...) C'’est d’un hochement de tête philosophe, sans haine, que, prêt à repartir pour la guerre, il disait en voyant se bousculer les embusqués retenant leurs tables : « On ne dirait pas que c’est la guerre ici. » Puis à 9 h. ½, alors que personne n’avait encore eu le temps de finir de dîner, à cause des ordonnances de police on éteignait brusquement toutes les lumières et la nouvelle bousculade des embusqués arrachant leurs pardessus aux chasseurs du restaurant j’avais dîné avec Saint-Loup un soir de perme avait lieu à 9 h. 35 dans une mystérieuse pénombre de chambre l’on montre la lanterne magique, ou de salle de spectacle servant à exhiber les films d’un de ces cinémas vers lesquels allaient se précipiter dîneurs et dîneuses. Mais après cette heure-, pour ceux qui, comme moi, le soir dont je parle, étaient restés à dîner chez eux, et sortaient pour aller voir des amis, Paris était, au moins dans certains quartiers, encore plus noir que n’était le Combray de mon enfance ; les visites qu’on se faisait prenaient un air de visites de voisins de campagne. Ah ! si Albertine avait vécu, qu’il eût été doux, les soirs j’aurais dîné en ville, de lui donner rendez-vous dehors, sous les arcades. D’abord, je n’aurais rien vu, j’aurais eu l’émotion de croire qu’elle avait manqué au rendez-vous, quand tout à coup j’eusse vu se détacher du mur noir une de ses chères robes grises, ses yeux souriants qui m’auraient aperçu, et nous aurions pu nous promener enlacés sans que personne nous distinguât, nous dérangeât et rentrer ensuite à la maison. Hélas, j’étais seul et je me faisais l’effet d’aller faire une visite de voisin à la campagne, de ces visites comme Swann venait nous en faire (...)

 

 

 

La Dîneuse consolante

( plâtre, oeuvre inconnue peut-être attribuable à Henri Hugunenin)

 

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Comparaison avec le visage de "La Moissoneuse" d'Henri Huguenin

 

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Comparaison avec le buste et la chevelure de "Ma mère" d'Henri Huguenin.

 

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Les deux Satyres s'invitent à la table de la Dîneuse