23/04/2021

La mortalité en Suisse avec la Covid

Des chiffres qui parlent autrement de la dangerosité de la pandémie pour notre population se trouvent à Berne dans les statistiques fédérales.

Premièrement, les naissances en 2020 restent toujours supérieures au nombre de décès dans notre pays. Jusque là, tout va bien et rien à redire. La surpopulation guette toujours notre petit pays, cela avec ou sans migrant-e-s.

Ensuite, très bonne nouvelle. Dans la catégorie d'âge qui va de 0 à 64 ans, la Suisse a eu moins de décès en 2020 (8745) qu'en 2018 (8802) et ceci malgré deux vagues d'infections virales successives pour notre pays en 2020. Donc le risque supérieur de mourir pour les moins de 64 ans à cause de la covid a été complètement atténué par les mesures de précaution prises associées aux défenses naturelles (donc sans vaccination) de la population "jeune" contre cette maladie. Même sans protection particulière et sans fermeture d'aucune sorte, les moins de 64 ans ne seraient pas morts davantage ou alors en proportion infime. Ils auraient par contre engorgés les hôpitaux lors des pics d'infection et auraient risqué de mourir par manque de soins ou soins inappropriés à cette maladie.

Pour les 65-79 ans, la différence est plus sensible, 17'245 décès en 2019 contre 18'663 en 2020. Pour cette catégorie d'âge, la vaccination fait sens sans vraiment être déterminante pour protéger de façon décisive contre la mortalité de la maladie virale. Admettons que la différence est due entièrement à la covid, seul 1'400 décès parmi cette population seraient donc à comptabiliser en 2020, soit un peu moins de 4 personnes par jour. Cela avant même la vaccination désormais efficiente pour cette catégorie d'âge.

Finalement, ce n'est que pour la population âgée de plus de 80 ans que la balance vaccinale risques/bénéfices prend tout son sens et que l'on peut effectivement dire que ces personnes ont tout intérêt à se faire vacciner pour se protéger de l'agression virale. Ce sont 42'146 décès en 2019 contre 48'593 pour 2020, soit un peu plus de 15% d'augmentation du taux de mortalité.

Il est donc probable, et comme le montre les statistiques actuelles d'Israël, qu'avec 50% de la population vaccinée, le pays pourra revivre normalement et sans barrière ni pour les vacciné-e-s ni pour les non vacciné-e-s sauf si une souche virale devient nettement plus agressive pour les populations en-dessous de 64 ans et qu'elle provoque un engorgement des hôpitaux.

Dans ce seul cas, la population encore non-vaccinée devrait sans doute soit se faire vacciner rapidement (pour autant que les vaccins de génération 2 offrent une protection efficace) soit accepter des restrictions sanitaires plus sévères comme l'exclusion des établissements publics ou salles de spectacle pour une période donnée et limitée dans le temps en fonction de la progression ou de la régression du virus.

Vouloir à tout prix créer des règles discriminatoires envers les populations non vaccinées sera totalement improductif, dangereux, antidémocratique, et apparenté à un apartheid qui refuse de porter son nom.

https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/populat...

 

22/04/2021

L'Inde et son double variant, la peur, et le vaccin

Les nouvelles arrivant de l'Inde semblent à priori effrayantes.

Des hôpitaux débordés, la course à l'oxygène, les cimetières saturés de cadavres.

Si les images sont fortes et très angoissantes, elles ne disent pas toute la vérité sur l'état réel de la progression de la pandémie pour ce pays-continent.

L'Inde c'est 1,366 milliards d'habitant-e-s, soit environ 136 fois plus que la population de la Suisse.

Le taux d'infection, qui a dépassé les 300'000 infections par jour, n'atteint pas du tout la comparaison avec la Suisse au pire moment du pic d'infection en octobre dernier avec un sommet de 10'000 infections sur une journée. Si l'on compare ce chiffre à la population indienne, ce pays est encore loin de la "tragédie collective" helvétique: 10'000 X 136 = 1,36 millions infections / jour... C'est bien au-delà des 300'000 cas que recense actuellement l'Inde pour dire la vérité.

Le taux de mortalité d'environ 3'000 décès quotidien divisé par 136 correspond à un taux quotidien de morts du covid de moins de 23 morts pour notre pays... Ce n'est pas l'hécatombe annoncée et un océan de victimes... Au pic de la pandémie, nous étions bien au-dessus aux alentours de 100 décès par jour...

Si on veut perpétuellement angoisser la population, on peut toujours donner des chiffres effrayants qui ne correspondent pas à toute la réalité du développement de la pandémie. Si une partie de l'Inde urbaine semble souffrir assez fortement de la recrudescence des infections, il ne faut pas oublier que les restrictions sanitaires ont été nulles et que les rassemblements publics en plein air ont réuni quotidiennement jusqu'à des dizaines voir des centaines de milliers de personnes pour certains évènements. C'est comme si nous avions ouvert tous les stades de foot, toutes les patinoires, toutes les manifestations grand public, tous les festivals comme Nyon ou Montreux pour ne citer que les plus connus et les plus fréquentés durant toute cette année de pandémie avec en plus peu de gestes barrières, peu de masques, peu de gel hydroalcoolique...

Donc si l'Inde peut inquiéter les autorités sanitaires à cause d'un nouveau variant qui a recombiné deux souches elles-mêmes variantes de la souche originelle, nous ne sommes pas dans le scénario apocalyptique que les médias nous présentent au sujet de cet immense pays-continent. Tout cela, pour pousser les gens à se faire vacciner au plus vite et menacer celles et ceux qui ne le feront pas d'exclusion de la vie sociale.

C'est un peu trop gros tout de même. Le peuple sait encore compter et prendre de la distance par rapport aux informations morbides qu'on veut nous jetter crûment et quotidiennement à la figure. Faire peur n'est pas la solution. Surtout pour la jeunesse de notre pays, et pas seulement de notre pays, qui n'en plus et qui se retrouve au bord de l'effondrement psychologique.

 

Antivax et droit de réponse

Mauro Poggia, conseiller d'Etat genevois, causait ce matin sur les onde de "La Matinale" TSR1.

Si on peut lui donner raison sur la notion de responsabilité collective à se faire vacciner ainsi que sur un certain esprit de solidarité (à relativiser cependant mis en perspective avec l'obligation, pour beaucoup de personnes, de ne plus pouvoir travailler et d'en être réduit au minimum vital sans que cela ne préoccupe le moins du monde ce joli petit monde solidaire et très moral...), nous pouvons tout de même lui demander de s'interroger et de faire preuve de réflexion quant aux conséquences de punir les antivax ou simplement les personnes désireuses naturellement de ne pas risquer la vaccination et préférant s'exposer éventuellement aux risques de contracter la maladie.

Mon intention ici est d'aider nos politiciens et politiciennes dans leurs prises de décision. Et pour cela, je vais me référer à Victor Hugo:

Les minorités ont le droit d'avoir tort, elles sont violentes, pourquoi ? Parce qu'elles sont faibles. Les majorités sont condamnées à avoir toujours raison.

Victor Hugo, Choses vues

Cette première citation du grand poète et politicien français nous conduit tout droit sur les conséquences d'une politique de répression et d'exclusion.

Vouloir imposer un ordre social et moral à une minorité, c'est prendre le risque de la violence et l'escalade de la haine entre citoyennes et citoyens. Nous ne sommes pas ici en train de discuter de l'interdiction du port de la burqa en Suisse pour des questions de respect et de dignité envers les femmes, voir de sécurité pour le pays. Nous parlons de mettre en ordre de marche un projet de lois sanitaires qui exclura 20% à 30% des personnes de leur travail, de leurs droits aux loisirs et aux accès à la culture, et de leurs liberté de circuler dans les établissements publics (les bistrots étant, qu'on le veuille ou non, d'abord des lieux publics avant d'être des lieux privés dirigés par des patron-nes).

Comment est-ce possible d'imaginer cela? Pour le bien de la sécurité sanitaire du pays? Mais si le pays a un taux de contamination réduit à sa plus simple expression suite à l'immunité acquise dans le pays et un taux d'occupation de lits covid quasi nul comment pourra-t-on justifier de telles mesures de précaution?

Et, à en suivre l'évolution du taux d'infection en Israël qui a drastiquement diminué, les personnes encore non vaccinées qui sont de l'ordre de 40% actuellement n'ont pourtant aucun accès autorisé aux lieux de divertissement voir d'études en présentiel pour les étudiant-e-s. Si la Suisse pratique la même politique qu'Israël, il est à peu près certain que la réponse sera violente de la part de plusieurs antivax, spécialement parmi la jeunesse. Nous ne vivons pas dans un régime militarisé à l'extrême comme en Israël qui vit en permanence depuis des lustres sous la menace terroriste. Les personnes de ce pays sont habituées à une discipline de tous les instants face à la menace. Et elles obtempèrent facilement aux "recommandations" de leurs chefs politiques.

“Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action.”

Les Misérables, Victor Hugo

Cette deuxième citation découle logiquement de la première. Si un pays condamne, amende, et enferme sa minorité exclue pour non respect de la loi (réunions interdites dans des bistrots clandestins, bars, spectacles et danses clandestin-e-s permettant aux antivax de respirer quand même), tout une partie de citoyens et citoyennes seront prêts pour une action violente et des actes de sabotages. On ne peut pas priver les personnes de leur dignité et de leur droit à la liberté sauf pour des raisons flagrantes et valables qui donnent raison à la majorité. Un faible taux de circulation de virus, un petit nombre d'hospitalisation, ne font pas partie des raisons flagrantes et valables dans une démocratie. Cela ne peut se concevoir que dans des dictatures violentes, corrompues et hiérarchisées à l'extrême qui bafouent systématiquement les droits de leurs minorités (comme en Russie, par exemple, avec l'affaire Alexei Navalny).

“Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur.”

Victor Hugo, Choses vues

Cette dernière citation pour mettre dans le doute les dogmatiques, ces gens qui créent de l'inquisition, de la délation, de la dénonciation publique, et de la condamnation ferme et définitive.

Il n'est pas nécessaire d'en rajouter. Monsieur Poggia, je vous aime bien. Vous avez suffisamment de bon sens pour comprendre ce que j'essaye de transmettre aux autorités de notre pays. Prenez soin de bien réfléchir et d'élargir votre champ de vision. Notre pays ne pourra que respirer mieux et personne ne devrait perdre son oxygène dans l'affaire avec son cou prisonnier sous le joug du genou de l'Etat et de la majorité bien pensante.

Des victimes d'attentats nous n'en voulons pas dans notre pays. Et pour cela, il faut y mener de bonnes politiques qui possèdent la souplesse du léopard mais la fermeté de sa mâchoire pour élaborer des lois justes et équitables pour toutes et tous les citoyen-ne-s de notre pays.

http://evene.lefigaro.fr/citation/minorites-droit-avoir-t...

 

 

Des discriminations entre citoyen-nes et entre pays

L'idée d'un passeport vaccinal alors que la pandémie fait rage dans le monde entier est sans doute une très mauvaise idée.

Il existe un vaccin universel (et sûr) contre la fièvre jaune mais il existe une multitude de vaccins (pas encore expérimentés sur le long terme) pour la covid, non seulement issues de différentes firmes pharmaceutiques mais aussi et surtout de différences fondamentales entre les méthodes employées. On ne connaît pas non plus la durée de protection pour chacun de ces vaccins. Et chaque vaccin pourrait donner lieu à des bagarres juridiques et politiques entre pays sur la durée de validité admise. Des dizaines de millions de personnes pourraient être interdites de voyager pour des raisons arbitraires, sanitaires, politiques, voir économiques. De nouvelles tensions terribles entre nations pourraient naître du passeport vaccinal. On ose à peine imaginer  ce qu'il se passera entre Occidentaux, Russes, et Chinois si chacun de ces pays refuse d'homologuer le vaccin des autres et si la durée de validité de tel ou tel vaccin variera entre chaque pays... Une gabegie la plus totale pourra survenir et les victimes en seront les voyageurs et voyageuses ainsi que les relations internationales. Etant donné les tensions déjà très grandes entre les blocs on ne peut qu'imaginer le pire avec l'obligation vaccinale et les différents vaccins actuellement à disposition.

A l'interne de chaque pays, ce ne sera guère mieux. La politique d'apartheid entre vacinné-e-s et non vacciné-e-s provoquera des haines dans la population. Les exclu-e-s risquent de vouloir créer leurs propres lieux de détente tout en se retrouvant exclusivement entre eux ce qui sera une très mauvaise méthode pour éviter un potentiel retour de flamme du virus. Et si la Confédération interdit ce genre de lieux aux non-vaccinés, ce seront des lieux clandestins qui seront créés de toutes pièces avec toutes les conséquences que l'on sait, les amendes et l'emprisonnement des personnes. Exactement dans la lignée d'une politique d'apartheid où des gens obtiennent tous les droits et d'autres des droits très limités.

Rien que sur la base de ces terribles conséquences, les pays devraient renoncer à l'idée d'un passeport vaccinal et plutôt continuer de se baser sur la possibilité d'accepter des voyageurs et voyageuses en fonction de la virulence de la maladie pour chaque pays. Pour les pays exclus provisoirement pour cause de taux trop élevé de la maladie, alors oui, les personnes de ces pays ayant été vaccinées pourraient quand même voyager aux conditions exigées par le pays d'accueil.

A l'interne, et comme l'a relevé rapidement Alain Berset sans que cela ne soulève la moindre réflexion dans les médias, qui préfèrent largement parler de la contrainte vaccinale et des libertés que permettraient le passeport vaccinal plutôt que de laisser respirer en paix toute la population, les non-vacciné-e-s ne devraient être soumis aux restrictions que si et seulement si le taux d'hospitalisation dû à la Covid devenait trop important dans le pays en fonction d'une limite admise et stable par la Confédération.

En tous les cas, plus sévères seront les directives, plus le climat social sera délétère pour notre pays  et pour les relations internationales avec des risques de manifestations violentes et de divisions durables. Il n'est vraiment pas à souhaiter que notre pays connaisse une vague de terrorisme intérieur par la faute du peu de souplesse de l'Etat et des personnes vaccinées se croyant plus "pures" que les autres, les pestiféré-e-s. Car traiter des gens comme des animaux dangereux en les excluant de partout conduira une partie de ces gens à devenir effectivement dangereux envers la majorité des personnes vaccinées. A n'en pas douter, c'est le plus mauvais chemin à suivre que peut décider de prendre notre pays à cause de craintes infondées reposant exclusivement sur la peur extrême et excessive d'un virus qui ne tue pas forcément plus que d'autres maladies mortelles.

Chacun et chacun-e est averti-e. A vous toutes et vous tous de réfléchir aux conséquences de vos actes en votant pour telle ou telle politique fédérale. Si le virus devait apporter sa dose de poison mortel entre nous, plus précisément à la naissance d'un fascisme sanitaire, alors nous aurions définitivement perdu la guerre contre lui.

 

 

21/04/2021

Un bistrot qui meurt ce n'est pas un détail de l'Histoire

Beaucoup de personnes, hélas, imaginent encore qu'un bistrot c'est d'abord un taulier et sa taulière qui encaissent de la thune sur le dos de la clientèle.

Le café et la bière à fr.3.50? C'est un escroc. Il a encore augmenté ses prix. Le plat du jour à fr.15.--? C'est pas normal. Payer ce prix pour un bout de saucisson, quelques patates et des carottes.

Hors si certains patrons de la branche ne sont pas forcément très regardant avec les prix et la bourse de leurs client-e-s afin d'engranger un maximum de bénéfices tout en sous-payant leur personnel. d'autres patrons et patronnes se vouent corps et âmes à leur travail au prix, parfois, de leur vie privée et même de leur santé.

Aujourd'hui, un petit retour vers le passé. C'était il y a 20 ans bientôt. En décembre 2001, soit trois mois après les attentats du 11 septembre 2001, un photographe japonais débarquait dans un bled perdu du Jura. Chargé d'un reportage-photo pour une entreprise de montres du village, il profita de son séjour et honora les gens du bled perdu en mettant en évidence quelques portraits de villageois et villageoises.

Tokyo-Les Genevez, toute une histoire entre la grande ville et le bled perdu du Jura avec son bistrot au milieu, sa taulière et son taulier, comme fil conducteur de son périple parmi nous.

C'était il y a 20 ans. C'est comme si c'était hier.

Vous trouverez, ci-dessous, les liens vous permettant de regarder le travail mondial et majestueux du photographe japonais Daisuke Akita, le photographe qui vécut quelques temps parmi nous grâce au travail de photographie qu'il devait exécuter pour cette maison d'horlogerie du village. Profitant de son séjour, il croqua quelques portraits de villageois et villageoises ainsi que la beauté de la nature environnante. Quelques semaines plus tard, nous recevions, venant de Tokyo, une vingtaine de photographies de Daisuke tirées en duplicata et spécialement adressées à notre bistrot qui l'hébergea et le nourrit.

https://www.daisukeakita.com/

https://www.daisukeakita.com/Work/Daisuke/i-VdgDJG4

https://www.daisukeakita.com/Work/People/i-JWsVqFq

http://www.retineargentique.com/index.php?option=com_cont...

 

 

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Le reflet de la patronne dans la vitre, la fête au village,

la couverture de l'Hebdo avec les portraits des terroristes du 11 septembre 2001.